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	<title>le-chanois &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "le-chanois"</description>
	<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 10:05:05 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Cinéma : États Généraux]]></title>
<link>http://laquinzaine.wordpress.com/?p=216</link>
<pubDate>Mon, 12 May 2008 15:24:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>paulinethomas</dc:creator>
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<description><![CDATA[

Archive
“ Nous refusons un monde où la certitude de mourir de faim s&#8217;échange contre le r]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color:#3366ff;"><strong><em><br />
</em></strong></span></p>
<p><img class="alignleft" src="http://www.sens-public.org/IMG/arton558.jpg" alt="" width="241" height="343" /><span style="color:#3366ff;"><strong><em>Archive</em></strong></span></p>
<p><span style="color:#3366ff;"><strong><em></em></strong></span><em>“ Nous refusons un monde où la certitude de mourir de faim s'échange contre le risque de périr d'ennui. ”. Cette inscription sur les murs de la Sorbonne explicite mieux, dans sa concision, les raisons essentielles de la révolte estudiantine que tous les débats qu'elle a suscités.</em></p>
<p><em>Pour le cinéma les choses commencent le 12 mai</em><!--more--></p>
<p>Réunis au bureau du syndicat, les techniciens du cinéma sont avertis de la proposition de Jean-Luc Godard qui suggère d'envahir le CNC (centre national du cinéma), geste symbolique, copié sur la prise de l'Odéon, et en signe de solidarité avec les étudiants. Mais, à cause des heurts prévisibles avec la police, le syndicat s'oppose à cet investissement et par tous les moyens avertit ses membres du danger de la manœuvre.</p>
<p>La plupart des personnalités cinématographiques se trouvent bloquées dans le midi, par le fait de la grève des transports et se débattent en vase clos tandis qu'à Paris le travail se poursuit non sans beaucoup de difficultés, de discussions, d'affrontements comme dans toutes les séances de toutes les assemblées et commissions nées de la révolte exemplaire des étudiants.</p>
<p>C'est le délire verbal, à la fois utopique et concret, des premiers jours, les oppositions classiques : anarchistes (réclamant un cinéma révolutionnaire, dégagé des structures capitalistes) et syndicalistes (affirmant qu'une grève doit, d'abord, reposer sur des revendications). Enfin le dimanche 19, à l'unanimité moins une voix, le mouvement se politise définitivement et vote la lutte pour le renversement du pouvoir. Une commission de contestation composée d'environ cent cinquante personnes établit une motion pour la suppression du CNC aux structures réactionnaires, et décide (en conséquence) que “ Son existence (celle du CNC) sa représentativité et ses règlements ne sont plus reconnus par la profession ”.</p>
<p>Une commission de metteurs en scène et assistants metteurs en scène souhaite alors que se créent des groupes spontanés de restructuration de l'art et de l'industrie cinématographique. Ils présenteront des projets dont l'intérêt sera discuté au cours d'une future assemblée à Suresnes.</p>
<p>Les grands “ ténors ” du cinéma ont, enfin, regagné Paris.</p>
<p>Le 28 mai, devant une assemblée de plus de 1300 professionnels du cinéma furent lus à la suite l'un de l'autre dix neuf projets de restructuration du cinéma français. C'est dire la difficulté qu'il put y avoir à choisir les deux projets que l'on avait prévu, initialement, de retenir, et la difficulté que purent éprouver les assistants, même très attentifs, à élucider pour eux mêmes le contenu de ces propositions qu'il eût fallu pouvoir examiner, discuter, contester ou approuver dans le calme, après un temps normal de réflexion.</p>
<p>Devant l'impossibilité de réunir l'unanimité sur deux projets (encore que beaucoup se recoupassent) on en arriva enfin au choix moins limité de quatre projets : les n°, 16, 13, 19 et 4. Ils allaient susciter des journées passionnées. Le projet 16 (présenté par Louis Malle et appelé projet des metteurs en scène) trahissait deux tendances, celle des “ vieux cahiers du cinéma ” avec Doniol-Valcroze, Rivette, Malle, Kast et Jean Daniel Pollet, sur lesquels étaient branchés des metteurs en scène de “ contrôle ” tels que Vadim, Joffé, Le Chanois, et, pour la liaison entre les deux, Alain Resnais.</p>
<p><strong>LE SECOND PROJET</strong></p>
<p>Le second projet, le n° 13, rapporteur P. Lhomme, appelé projet du syndicat préconisait :</p>
<p>1. Coexistence secteur public — secteur privé (mais minoritaire).</p>
<p>2. La libre circulation des techniciens.</p>
<p>3. L'abolition du système actuel de distribution remplacé par des messageries.</p>
<p>Ce projet, peu révolutionnaire, en soi, laissait la voie ouverte à de nombreuses possibilités proposées dans d'autres projets.</p>
<p>Le projet 19, rapporté par Enrico, dit projet Lelouche, dont l'organigramme supposait une “ maison de cinéma ” apparut à beaucoup comme l'image de la “ maison du cinéma ” à sigle Lelouch. A ce titre ce projet fut accusé d'être néo capitaliste et favorable aux “ chapelles ” cinématographiques. Il fut violemment attaqué.</p>
<p>Malgré sa teneur utopique, admise par ceux qui l'élaborèrent, le projet n° 4 fut examiné pour son contenu provocateur, après tout le plus proche de l'esprit de la révolution estudiantine.</p>
<p>Présenté par Thierry Derocles, soutenu par Chabrol et de très jeunes cinéastes, il proposait, dans le cadre d'un office regroupant cinéma et télévision à l'échelle nationale :</p>
<p>1. L'accès gratuit à ses spectacles. 2. La décentralisation véritable de la culture.</p>
<p>3. La possibilité pour tous de devenir professionnels.</p>
<p>Et ce, en réclamant pour la production cinématographique une participation de tout le pays qui, à l'échelle de cent francs par cinq habitants, donnerait à l'office un milliard de francs, “ somme dépassant largement le financement dévolu actuellement au cinéma français ” et faisant ainsi les spectateurs “ producteurs ” des films qu'ils seraient appelés à voir.</p>
<p>A la fin de cette Assemblée des États généraux qui dura jusqu'à six heures du matin, une commission unique était créée. Les projets 16 et 13 fusionnaient et demeuraient en face du projet 19.</p>
<p>Mais j'en reviens à ce projet unique, mort né, qui risquait de provoquer l'effondrement des États généraux du cinéma français. Amalgame de tendances, ne reposant pas sur des bases concrètes, il fut l'objet, dans une commission composée d'une soixantaine de professionnels, d'un remaniement qui aboutit à une Charte comprenant six points de principe et le maintien de la grève. Ces six points sont :</p>
<p>LE PROJET UNIQUE</p>
<p>1. Supprimer les monopoles et créer un organisme national de distribution permettant la perception des droits de production à la base (dans les salles).</p>
<p>2. Création d'un organisme national englobant tous les moyens techniques audio visuels.</p>
<p>3. Suppression de la censure.</p>
<p>4. Création d'une école unique audiovisuelle dans le cadre des structures nouvelles de l'Éducation nationale autogérée.</p>
<p>5. Formation de groupes de production autogérés.</p>
<p>6. Relation très serrée entre télévision et cinéma dans le cadre d'une télévision autonome et autogérée.</p>
<p>Sur cette demi victoire il est trop tôt pour porter un jugement de fond, ni même pour conclure si des réformes profondes aboutiront.</p>
<p>par Anne Capelle</p>
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