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	<title>heurs-et-malheurs &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "heurs-et-malheurs"</description>
	<pubDate>Fri, 29 Aug 2008 04:54:24 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Mosaïsme intégral -2-]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=517</link>
<pubDate>Thu, 14 Aug 2008 14:39:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Passons sur les citations de l&#8217;Ancien Testament qui prouvent que Jésus Christ est bien le Mes]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Passons sur les citations de l'Ancien Testament qui prouvent que Jésus Christ est bien le Messie, puisque nous sommes entre catholiques, mais permettez-moi chers lecteurs, un mot sur Saint Paul. Les disciples rationalistes d'Hegel ont vu dans le christianisme une simple synthèse, fruit de la fusion de la théologie traditionelle juive, qui faisait figure de thèse d'une part, et de la philosophie grecque, jouant le rôle d'antithèse d'autre part. L'enseignement du maître, respecté en tout point, produit un système naturaliste, qui ne pouvait satisfaire aucune intelligence catholique, aussi n'est-ce pas étonnant que les premiers à avoir discuté la théologie de saint Paul sous cet angle soient des protestants allemands. On peut légitimement penser que de là est venue cette façon de se représenter la théologie paulinienne comme un fatras de culture grecque, aux antipodes de tout judaïsme. Et les apologistes musulmans, s'ils contestent l'authenticité de l'Evangile de saint Jean, sont moins formels concernant les épitres de saint Paul, pourvu que l'on puisse en dire comme les théologiens hégéliens qu'elles sont radicalement opposées à la Loi judaïque. Cette opinion est donc bien majoritaire hors de l'Eglise et même dans l'Eglise, malheureusement. De la part des apologistes musulmans qui n'ont le plus souvent pas lu ni l'Evangile ni les épîtres de saint Paul qu'ils accusent, de tels propos sont excusables, mais rien dans les écrits de saint Paul ne permet d'affirmer que ce géant du christianisme ne se soit pas considéré comme dans la droite ligne de la doctrine des patriarches, ou qu'il ait tenté de démarquer celle-ci de celle de Jésus Christ.  En disant de tout croyant qu'il est fils d'Abraham, saint Paul affirme bien que la foi des chrétiens est celle d'Abraham. Et saint Paul, fils de pharisien, très instruit des Ecritures, savait bien ce qu'il disait.</p>
<p style="text-align:right;">.../...</p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Mosaïsme intégral]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=512</link>
<pubDate>Wed, 13 Aug 2008 13:34:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[On peut lire de plus en plus d’auteurs chrétiens qui affirment que la révélation faite au peupl]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>On peut lire de plus en plus d’auteurs chrétiens qui affirment que la révélation faite au peuple juif n'était pas la seule, thèse gnostique, ou qu'elle n'était pas une révélation, mais une prise de conscience humaine, thèse rationaliste. Dans les deux cas, l'élection du peuple juif est niée, implicitement ou explicitement. Pourtant si l’on nie l’élection du peuple Juif, si l’on considère que Dieu n’a rien promis à Abraham, à Isaac et à Jacob, alors Jésus Christ n'est pas le Messie, et le christianisme est une philosophie plus parfaite que les autres, mais purement humaine. Et si l’on relativise comme une Simone Weil la révélation faite aux juifs et les promesses que Dieu a faites à Abraham, Isaac et Jacob, on coupe le christianisme de ses racines juives, et ce faisant on altère gravement la doctrine catholique de l’<em>Histoire du Salut</em>. Il faut remarquer aussi qu’en refusant de considérer les racines juives du christianisme, c'est-à-dire en ignorant la continuité entre la doctrine des patriarches et des prophètes, on accepte d’abandonner toute tentative de convertir les juifs, en leur laissant croire qu’ils sont les véritables disciples de Moïse et des prophètes.</p>
<p>L’<em>Histoire du Salut</em>, telle que la conçoit l’Eglise catholique, c’est celle que narre l’Ancien Testament. Adam pèche, et sa chute entraîne celle du genre humain. Dieu est miséricordieux, qui promet un Rédempteur qui naîtra de la postérité d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Le Messie naît, c’est Jésus Christ ; il rachète les péchés du monde en mourant sur la Croix. Mais avant de mourir, il fonde son Eglise, et celle-ci sert d’intermédiaire entre Dieu et l’homme jusqu’à la fin des temps, enseignant la  Foi et dispensant les Sacrements.</p>
<p>Si Jésus Christ est bien le Messie promit par Dieu aux juifs en vue de racheter les péchés du genre humain, alors le catholicisme est la continuité de la doctrine des patriarches et des prophètes. Nous catholiques qui reconnaissons Jésus Christ comme le Sauveur, ne pouvons pas penser autrement. C'est tout le sens de la phrase de Saint Paul qui fait de tout croyant un <em>fils d'Abraham</em>.</p>
<p style="text-align:right;">.../...</p>
]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Dites donc,]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=495</link>
<pubDate>Thu, 03 Jul 2008 22:36:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Pourquoi ne pas s&#8217;installer en Colombie ? Meme si la vie risque d&#8217;y etre un peu moins ex]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi ne pas s'installer en Colombie ? Meme si la vie risque d'y etre un peu moins excitante maintenant que les FARC sont nulles, je persiste a penser que c'est un pays qui vaut l'émigration, d'autant que la France ne vaut pas que l'on y reste.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://lavoixdansledesert.files.wordpress.com/2008/07/auv_oficial1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-497" src="http://lavoixdansledesert.wordpress.com/files/2008/07/auv_oficial1.jpg?w=208" alt="" width="208" height="300" /></a><a href="http://Aucun(e)"></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Organon]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=488</link>
<pubDate>Mon, 23 Jun 2008 14:49:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[La Renaissance a méprisé la philosophie du Moyen Age, et plus particulièrement le syllogisme, qu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>La Renaissance a méprisé la philosophie du Moyen Age, et plus particulièrement le syllogisme, qu'elle tenait d'Aristote. On trouve de ces moqueries chez Michel de Montaigne : <em>Le jambon fait boire, or le boire désaltère, donc le jambon désaltère</em>. C'est certes amusant, mais ce n'est pas une critique digne de ce nom, car il suffisait de conclure que le jambon faisait que l'on se désaltère, pour que le syllogisme fût exact.</p>
<p>Si vous vous attardez à lire les drôleries publiées à dessein de railler le syllogisme, vous vous rendez compte de la bêtise de leur auteur. Tenez, Eugène Ionesco, par exemple, qui s'attaque au syllogisme d'Aristote,"<em>Tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme, donc Socrate est mortel</em>", et le remplace par celui-ci : "<em>Tous les chats sont mortels, or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat</em>". N'importe quel logicien du Moyen Age aurait, l'<em>Organon</em> à dans la main droite, débusqué les sophistes qui usaient de ce genre de syllogisme, puisque la majeure, <em>Les hommes ou les chats sont mortels</em> n'implique en aucune façon que <em>seuls</em> les hommes ou les chats soient mortels. Le raisonnement d'Ionesco est un sophisme. En quoi peut-il donc être retenu comme un argument contre l'usage en bon droit du syllogisme ?</p>
<p>Le rapport qu'entretiennent les philosophes rationalistes avec le syllogisme est passionnel. Comme ils savent que la véracité du syllogisme repose sur la majeure, qui est essentiellement inductive, ils le raillent comme ils peuvent. Et pourtant, le rationalisme n'en a pas contre le syllogisme en soi, mais contre l'induction. Dès que le rationaliste s'est débarrassé de l'induction, ils se lance dans la déduction, et use alors su syllogisme à tout propos, en abuse, à en rendre ses pages indigestes.  Il refuse d'affirmer comme la majeure d'Aristote que les tous les hommes sont mortels, il attend de le prouver. Or du point de vue de la déduction pure, il est parfaitement impossible de prouver que les hommes sont mortels. Que tous les hommes soient morts jusqu'à présent ne prouve pas que <em>les hommes</em> <em>sont mortels</em>. Ici, le rationaliste devra donc sacrifier sa méthode pour se fier à l'induction ou à l'expérience, sous peine d'être absurde. Mais il est d'autres cas où il ne le fera pas.</p>
<p>Les scolastiques disent que la matière ne peut être éternelle, car c'est dans l'<em>esse</em> de la matière d'être soumise au temps.  Induction. Le rationaliste ne peut souscrire à une telle affirmation. S'il ne croit pas en l'éternité du monde, c'est parce qu'il est catholique, ou qu'il renie sa <em>Méthode</em> un instant.</p>
<p>L'induction permet de commencer un raisonnement et la déduction, de le continuer. L'usage en bon droit de la déduction permet de confirmer ou non la justesse de l'induction. Et on peut affirmer sans crainte, que la capacité inductive du philosophe grandit à mesure qu'il déduit. A l'inverse, la philosophie rationaliste serait parfaitement stérile si ses auteurs ne revenaient pas sur leurs principes de temps en temps. Bien raisonner, c'est de première nécessité, afin surtout de pouvoir améliorer sa capacité inductive, car le génie est inductif, pas déductif.</p>
<p>Etablissons cette différence entre le paradoxe d'une part, et le mystère de l'autre, qui est la pâte dans laquelle s'introduit le levain théologique. Le rationalisme est un refus du mystère, dans le sens scientifique et catholique du terme. Pas de mystère chez ces comiques qui prétendent tout prouver, mais beaucoup de paradoxes, forcément inévitables. Là où les catholiques s'en remettent à la Théologie introduisant une dimension verticale les rationalistes restent coincés dans la dimension horizontale. C'est une philosophie résolument naturaliste, et un raisonnement inductif seul aime le mystère.</p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Méditations scientifiques]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=490</link>
<pubDate>Sat, 21 Jun 2008 17:35:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;L&#8217;idée athée par excellence est l&#8217;idée de progrès, qui est la négation de la]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><em>"L'idée athée par excellence est l'idée de progrès</em>, qui est la négation de la preuve ontologique expérimentale; elle implique que le médiocre peut de lui même produire le meilleur.</p>
<p><em>Or toute la science moderne concourt à la destruction de l'idée de progrès et à établir que tout progrès vient du dehors</em>. Darwin a détruit l'illusion de progrès interne qui se trouvait dans Lamarck. La théorie des mutations ne laisse subsister que le hasard et l'élimination. L'énergétique pose que l'énergie se dégrade et ne monte jamais; qu'elle se gaspille et ne s'accroît jamais; que rien ne monte sans qu'autre chose ne soit davantage descendu; et cela s'applique même à la vie végétale et animale.</p>
<p><em>Principe de l'usage de la science moderne en faveur de la véritable foi. Très important.</em></p>
<p>La sociologie et la psychologie ne seront scientifique que par un usage analogue de la notion d'énergie, usage incompatible avec toute illusion de progrès; et alors elles resplendiront de la lumière de la vraie foi."</p>
<p>Simone Weil, <em>Cahier VIII</em>.</p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[La racine du paganisme ]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=487</link>
<pubDate>Thu, 19 Jun 2008 14:37:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Pensée détachée :
Comment en finir véritablement avec Dieu ?
Le haïr comme certains athées (je]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Pensée détachée :</p>
<p>Comment en finir véritablement avec Dieu ?</p>
<p>Le haïr comme certains athées (je pense aux communistes espagnols), c'est encore croire en Sa présence, vivre avec Lui. (Octavio Paz note dans le <em>Labyrinthe</em> <em>de la solitude</em>, que blasphémer c'est encore croire en Dieu). Notre époque estime non sans raison, que haïr Dieu, c'est encore Lui faire trop d'honneur, que Le prendre en considération, c'est encore trop L'aimer. Elle sait que l'indifférence est plus forte que la haine, car elle permet de sortir du cercle, de rompre le lien qui unit l'homme à Dieu.</p>
<p>Voici tout le paganisme moderne qui est la copie conforme de l'ancien. Le paganisme ancien ignorait la révélation primitive, et se forgeait des idoles en bois. Celui d'aujourd'hui ignore la doctrine catholique et fond des idoles en plastique.</p>
<p>Se fabriquer de faux dieux, et oublier le Vrai, c'est la méthode infaillible pour se débarrasser de Dieu.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[מסורת]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=480</link>
<pubDate>Sat, 14 Jun 2008 14:02:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://Aucun(e)"><img class="alignnone size-medium wp-image-481 aligncenter" src="http://lavoixdansledesert.wordpress.com/files/2008/06/juif-yemenite.gif?w=283" alt="" width="283" height="300" /></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Humeur]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=482</link>
<pubDate>Fri, 13 Jun 2008 12:31:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Cracher sur Bachar al Assad, voilà un rôle à la mesure de ces petits politicards ou gratte papier]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://Aucun(e)"></a>Cracher sur Bachar al Assad, voilà un rôle à la mesure de ces petits politicards ou gratte papiers français, de gauche ou de droite. </p>
<p>Il faut en faire un dictateur sanguinaire et un fanatique terroriste. Il faut rappeler que manifestement Bachar se fout de la démocratie, et que le peuple syrien ne bénéficie pas de la libre expression, de la tolérance et des supermarchés mille mètres carrés permettant à tout un chacun d'acheter son plastique quotidien à bas prix. Il faut parler d'Hariri aussi. Oh, pas parce qu'on a de la sympathie pour la cause libanaise. Mais <em>il n'y a pas de fumée sans feu</em>, dit le proverbe, alors précisons bien que Bachar est suspecté d'avoir commandité l'assassinat du libanais, entre deux émissions débiles sur les chaînes télé, les français comprendront que le syrien est un terroriste. Nous pouvons le comparer à Khadafi, aussi, profitant du fait que Sarkozy a invité le libyen pour faire des parallèles évocateurs. La démocratie la tolérance et la paix ont besoin de nous, ne les décevons pas par notre objectivité !</p>
<p>Mais voici apparemment que l'heure est venue d'oublier cette affreuse dictature rétrograde et fanatique qu'est la Syrie, pour la <em>paix</em> et les affaires, Bachar al Assad est invité à la <em>cérémonie</em> du 14 juillet. Attention, le gouvernement précise bien aux gauchos tout émoustillés que Bachar <em>n'est pas l'invité d'honneur</em>. Précision inutile en fait, car on se doute bien qu'on ne l'invitait pas par amitié ou en témoignage d'estime. Non l'invité d'honneur est bien cet obscur représentant des <em>nations unies</em>.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://Aucun(e)"><img class="alignnone size-medium wp-image-483 aligncenter" src="http://lavoixdansledesert.wordpress.com/files/2008/06/bachar-al-assad-7.jpg?w=300" alt="" width="300" height="211" /></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Suggestions]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=476</link>
<pubDate>Thu, 12 Jun 2008 14:28:43 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[1 -La philosophie n&#8217;est actuellement enseignée que durant l&#8217;année de Terminale. Et le ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:left;">1 -La philosophie n'est actuellement enseignée que durant l'année de Terminale. Et le professeur se trouve ainsi en quelque sorte, en porte à faux vis à vis de ses élèves lorsqu'il tente de leur faire saisir que la philosophie est une matière beaucoup plus grande que la géographie moderne enseignée depuis le primaire, ou l'algèbre abstrait qui importune les élèves des sections littéraires jusqu'à leur baccalauréat. Pourquoi ne pas l'enseigner dès la seconde, afin de lui rendre la place qu'elle devrait naturellement occuper ? (Ou alors, avouer que l'école républicaine méprise la philosophie point final, au moins, ce serait clair)</p>
<p style="text-align:left;">2 -Une philosophie, c'est un système. Logiquement, on devrait donc dans l'Education Nationale, considérer que le travail des professeurs de philosophie est de faire connaître aux élèves les rouages des différents systèmes philosophiques, ou du moins, des principaux. Pourquoi la façon d'enseigner qui prévaut actuellement, est elle radicalement opposée à ce principe ? Les professeurs de philosophie soit qu'ils enseignent leur matière par grands thèmes (Amour, Politique, Vérité, etc...), soit qu'ils enseignent par auteur, en sont toujours réduits à présenter la philosophie comme un vulgaire agglomérat plus ou moins réussi de pensées éparses se recoupant parfois, et parfois pas. C'est tout bonnement lamentable. Le résultat est que les élèves savent vous exprimer en fin d'année un pauvre aspect de la pensée de Nietzsche sur le travail, et sont incapables de la replacer dans le contexte plus vaste de l'ensemble de la pensée Nietzschéenne. Il faut noter l'ignorance de ces élèves malgré leurs cours, car s'ils connaissent la pensée de Nietzsche sur le travail, ils ne connaissent que ça, ils ne connaissent pas Nietzsche, et ils ne savent même pas que la philosophie est un système. Bref ils ne savent rien. Plus fondamentalement, et lié aussi à cette mauvaise façon d'enseigner, on peut dire que les élèves n'apprennent pas à résonner. Résultat déplorable, car l'enseignement de la philosophie doit viser ce but. Tant qu'on ne voudra pas faire voir aux élèves les ressorts de la pensée des auteurs qu'on leur donne partiellement à lire, ils ne comprendront rien à la philosophie. On pourrait me répliquer que les plus intelligents d'entre eux surmonteront cet obstacle. Oui, mais le fait est que le but de l'enseignement n'est pas d'être un obstacle que les élèves doivent surmonter, mais une aide, que les intelligences doivent dépasser. Le plus souvent, pour ne pas dire toujours, parce que leur capacité déductive n'est pas exploitée, la capacité inductive des élèves ne progresse pas. Bref, les élèves sont incapables de penser, ce dans le cadre d'un dispositif pédagogique qui considère que l'élève <em>possède le savoir</em> comme le maître. C'est attristant, d'où ma suggestion de remplacer le plan pédagogique que ces idéologues universitaires ont conçu par un objectif affiché de faire connaître aux élèves les tenants et les aboutissants des différents systèmes philosophiques, et ce en quoi ils se contredisent. (Mais sinon, on peut aussi avouer tout bêtement que le but de l'école républicaine n'est pas de permettre aux intelligences de se développer, mais de former de bons citoyens bien dociles et parfaitement conditionnés par les idéologies régnantes)</p>
<p style="text-align:left;">3 -On pourrait coupler l'étude de la philosophie avec une autre matière, enseignée en parallèle, l'<em>Histoire de la Philosophie</em>. (C'est dur, je sais, parce que l'éducation nationale n'aime pas beaucoup plus l'histoire que la philosophie)</p>
<p style="text-align:left;">4 -Enfin, plus concrètement, on pourrait se baser sur une pensée de Simone Weil dans un de ses <em>Cahiers</em>, je cite : <em>Identité du réel et du bien. Nécessité comme critérium du réel. Distance entre le nécessaire et le</em> <em>bien. Débrouiller cela. C'est de toute première importance. Là est la racine du grand secret</em>, pour en faire un sujet de dissertation correct, ce qui n'a pas eu lieu depuis il y a fort longtemps. (J'ai trouvé ça hier en feuilletant le deuxième Cahier. De quoi mettre à son avantage la puissance métaphysique de l'attente des résultats du baccalauréat chez les lycéens)</p>
<p style="text-align:left;">Voilà. Si quelqu'un a dans son carnet d'adresses, celle de monsieur Darcos, je le remercie chaleureusement de bien vouloir lui toucher un mot de mes petites suggestions.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le sage doux]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=471</link>
<pubDate>Sat, 07 Jun 2008 11:27:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;Un sage très doux, de la Revue des Deux Mondes, nommé M. Janet, -doux nom !- personnage d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>"Un sage très doux, de la <em>Revue des Deux Mondes</em>, nommé M. Janet, -doux nom !- personnage d'ailleurs important, appointé officiellement pour distribuer la sagesse, fait de charmants efforts en faveur de la Liberté de penser. Il voudrait délivrer cette aimable fille de ses accointances avec l'athéisme, qui induisent à mal parler d'elle; et même il ne serait pas fâché de lui donner, s'il pouvait, une certaine figure chrétienne. Je dis une figure ! M. Janet ne tient pas à lui changer le caractère. il trouverait même un peu malheureux qu'elle eût autre chose de chrétien que la figure; c'est à dire une partie de la figure, un profil par exemple. Car, toute la figure chrétienne, ce serait beaucoup!  Quelquefois, la figure engage plus qu'on en croit; et la Liberté de penser, avec la figure toute, et toujours chrétienne, serait elle encore la liberté ? Mais un profil, à la bonne heure ! On a deux profils, pourquoi l'un des deux ne serait-il pas chrétien ? La Liberté de penser montrerait ce profil aux gens qui sont méticuleux sur la morale. M. Janet se croit lui-même un peu de ceux-là; il signale des allures de la liberté qui l'importunent, qui lui feraient presque peur, qui pourraient l'empêcher de terrasser comme il faut les spiritualistes, les mystiques, les hargneux catholiques, ennemis jurés des expansions de l'esprit humain. Ces timorés crient beaucoup, et ne sont pas sans légitime crédit; le profil chrétien leur fermerait la bouche. Que si pourtant c'est trop demander, et que la liberté ne puisse absolument pas prendre ce profil, alors qu'elle porte au moins une petite croix, -une croix <em>à la Jeannette</em>, -sur sa gorge nue. Beaucoup de dames adoptent cet ornement; il leur sert de profession de foi qui ne les gêne en rien. Elles vont ici et là, elles font ceci et cela; mais, quoi que l'on puisse dire, puisqu'elles ont la croix au col, il y a toujours moyen de répondre qu'elles sont chrétiennes.</p>
<p>Ayant donné ce sage et doux conseil à la liberté, M. Janet se tourne du côté des moralistes et des catholiques, et, avec la même sagesse et la même douceur, il entreprend de les convaincre que la liberté de penser rend à la morale et à la religion des services tout à fait éminents, tout à fait incomparables, tout à fait indispensables. Dans cette vue, il leur pousse honnêtement plusieurs séries d'arguments variés. Si ce n'est pas ce qu'il y a de plus nouveau, c'est du moins ce qu'il a voulu ramasser de meilleur. Ecrivain, ennuyeux au possible, mais homme de grande conscience, et toujours sage, et toujours doux ! Enfin, il arrive à la conclusion de toutes ses majeures, de toutes ses mineures, de toutes ses définitions et de tous ses dévidages : à savoir que le doute, soumettant tout à la critique, procure la seule preuve possible des vérités qu'il faut croire. Et lui-même, M. Janet, n'a pas suivi d'autre méthode pour se procurer le soulagement de croire à l'existence de Dieu, comme toute la rédaction de la <em>Revue des Deux Mondes</em>.</p>
<p>Ils nous disent tous, et tous les jours, beaucoup de chansons que l'on sait ; mais ils les disent si ennuyeusement, si tortueusement, si obscurément ! On y est toujours pris ; on croit toujours que des gens qui se donnent tant de peine vont accoucher d'autre chose."</p>
<p>Louis Veuillot, <em>Les odeurs de Paris</em>, Livre V, La science.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Social et religieux]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=468</link>
<pubDate>Thu, 05 Jun 2008 12:57:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Comme vous le savez, Maurras avait fait son slogan de ces deux mots : Politique d&#8217;abord ! Cert]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Comme vous le savez, Maurras avait fait son slogan de ces deux mots : <em>Politique d'abord</em> <em>!</em> Certains pourront trouver là une préoccupation matérialiste, qui se fiche autant que notre monde, de rendre au monde la présence divine.</p>
<p>Dans l'ordre temporel, notre devoir en tant que catholique inclut la christianisation des personnes, contrairement à des Maurras, qui effectivement se fichent pas mal de ces considérations spirituelles. Ce but se réalise à travers les conversions individuelles et la christianisation de l'appareil politique. Or, il n'y a pas d'appareil politique sans un tissu social. C'est donc que pour christianiser l'appareil politique, il faut christianiser la société. Les deux axes du grand œuvre chrétien se rejoignent donc. C'est <em>Social d'abord</em>, que nous devrions adopter comme plan d'action. Dire <em>social d'abord</em>, c'est affirmer la primauté de l'action sociale dans la construction d'un ordre catholique, action qui s'inscrit dans une visée supérieure : <em>le but premier est religieux</em>. Il me semble même que cette primauté du social sur le politique proprement dit doit être affirmée avec d'autant plus de force qu'aujourd'hui il n'y a pratiquement parlant aucune autre alternative. Mais cette visée permet surtout de donner une importance première à la sainteté individuelle, le but de la vie chrétienne.</p>
<p>Je ne résiste pas à l'envie de vous livrer ce court extrait de <em>De la prudence, la plus humaine des vertus</em> de Marcel De Corte :</p>
<p>"On ne fait pas une société avec des individus, mais avec des animaux naturellement politiques, unis préalablement entre eux par le désir de vivre et par l'aspiration de bien vivre, et dont la prudence et l'art institutionnalisent les tendances. <em>La société est antérieure à la personne qui ne peut pratiquement en être que l'effet</em>. Si le christianisme est parvenu à édifier une société de personnes, c'est parce que ces personnes ont reçu la grâce de participer à la vie divine, qui fonde <em>surnaturellement</em> leurs relations mutuelles. En ce sens, l'Eglise est la seule société qui soit postérieure à la personne. Il n'y en a pas d'autre. Il ne peut y en avoir d'autre. Elle seule est ordonnée au salut SURNATUREL de la personne qui possède la grâce."</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Scolastique et rationalisme]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=462</link>
<pubDate>Mon, 02 Jun 2008 19:48:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[-Ludwig Feuerbach, La philosophie de l&#8217;avenir-
(36) &#8220;Alors que l&#8217;ancienne philosop]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:right;">-Ludwig Feuerbach, <em>La philosophie de l'avenir</em>-</p>
<p style="text-align:left;">(36) "Alors que l'<em>ancienne philosophie</em> commençait par la proposition : <em>je suis un être abstrait, un être purement pensant, mon corps n'appartient pas à mon essence</em>; la philosophie <em>nouvelle</em> au contraire commence par la proposition : <em>je suis un être réel, un être sensible ; oui mon corps dans sa totalité est mon moi, mon essence même</em>. C'est pourquoi l'ancienne philosophie pensait <em>dans une contradiction et un conflit continuels avec les sens</em> pour empêcher les représentations sensibles de souiller les concepts abstraits; le philosophe nouveau, au contraire pense <em>en harmonie et en paix avec les sens</em>. L'ancienne philosophie admettait la vérité du sensible (et jusque dans le concept de Dieu qui inclut l'être en lui-même, car cet acte devait malgré tout être ne même temps un <em>être distinct de l'être pensé, un être extérieur à l'esprit et à la pensée, un être réellement objectif</em> (objectives), <em>c'est à dire sensible</em>), mais elle ne l'admettait que d'une manière <em>dissimulée</em>, purement <em>abstraite</em>, <em>inconsciente</em> et <em>involontaire</em>, uniquement parce qu'elle <em>ne pouvait pas faire autrement</em>; la philosophie <em>nouvelle</em> au contraire reconnaît la vérité du sensible <em>avec joie</em>, <em>consciemment</em> : elle est la philosophie <em>sincèrement sensible</em>."</p>
<p style="text-align:left;">La première question qui vient à l'esprit après la lecture de ces lignes, est évidemment celle-ci : à quelles philosophies Feuerbach fait-il référence sous l'appellation générale d'<em>ancienne philosophi</em>e ? L'ensemble du texte nous permet de répondre avec certitude qu'il nomme ainsi la philosophie idéaliste qui est il faut dire, admirablement bien décrite au fil des lignes. On pourrait également y voir le cartésianisme, puisque Descartes est le premier à séparer l'être en deux parties parfaitement hermétiques l'une à l'autre, corps et âme, balayant avec ses principes l'unité de l'être de la philosophie aristotélicienne, et le réalisme scolastique. Ce retour à l'harmonie et à l'unité que Feuerbach appelle de ses vœux par son projet de philosophie nouvelle est une illustration de plus que ce qu'écrivent de plus vrai les rationalistes se trouve de toute façon déjà exposé dans la philosophie scolastique. L'appellation de <em>philosophie sincèrement sensible</em> pourrait parfaitement s'entendre à l'égard de saint Thomas, auteur des <em>Principes de la réalité naturelle</em>.</p>
<p style="text-align:left;">Cette proposition en dit plus long sur le programme de cette <em>philosophie nouvelle</em> :</p>
<p style="text-align:left;">(54) "La philosophie nouvelle <em>fait de l'homme joint à la nature</em> (comme base de l'homme) <em>l'objet unique, universel et suprême</em> de la philosophie, et donc de <em>l'anthropologie jointe à la physiologie</em>,<em> la science universelle</em>."</p>
<p style="text-align:left;">Il y a ici deux choses à relever. La première c'est l'athéisme de la réforme* voulue par Feuerbach. L'homme et la nature comme seuls objets de la philosophie, c'est affirmer la séparation radicale de la philosophie et de la théologie. A <em>l'arbitraire théologique</em> (pour reprendre une de ses formules), il laisse le soin de palabrer sur les attributs divins, tandis que la philosophie doit parallèlement, ne s'occuper que de l'homme. Pas question ici de voir en la philosophie un appui de la théologie, et en la théologie l'explication surnaturelle de l'homme et de la nature. Au moins Feuerbach est honnête, et emploie le mot réforme (ou peut-être est-ce la traduction française ?); car parler de révolution dans la philosophie quant à cette attitude apparemment  anti-théologique serait au moins une plaisanterie de mauvais goût.</p>
<p style="text-align:left;">Mais puisque Feuerbach ne veut pas subordonner la philosophie à la théologie, puisqu'il lui donne de nobles objets d'études tout en lui refusant le support théologique, c'est donc que cette philosophie va devoir prendre les attributs de la théologie. C'est le grand paradoxe de la philosophie rationaliste, en effet, que de créer <em>de facto</em> l'<em>arbitraire philosophique</em> qui décrète pour lui-même ce qu'il convient qu'il étudie, et comment il convient qu'il le fasse. L'expression <em>science universelle</em> utilisée à la fin du paragraphe indique déjà que la philosophie désirée de Feuerbach fait siens les attributs que la théologie scolastique considérait comme propres à la science théologique. La différence, c'est que la scolastique parlait en théologienne, tandis que la philosophie de Feuerbach doit pour ce faire, emprunter des habits qui ne sont pas les siens.</p>
<p style="text-align:left;">(61) "Le <em>philosophe absolu</em> disait, ou du moins pensait de lui, en tant que <em>penseur</em> naturellement, et non en tant qu'homme : <em>la vérité c'est moi</em>, à la manière de <em>l'Etat c'est moi</em> du monarque absolu, et de <em>l'être c'est moi</em> du Dieu absolu. Le philosophe humain dit au contraire : <em>même dans la pensée, même en tant que philosophe, je suis un homme uni aux hommes</em>."</p>
<p style="text-align:left;">Il faut entendre ici que le <em>philosophe absolu</em> est un cartésien pyrrhonien, qui affirme que la raison peut tout prouver (bien qu'une telle assertion soit un postulat crédule). Une telle expression ne peut qualifier un philosophe scolastique que par le biais de la malhonnêteté, ceci en raison de la subordination de la philosophie à la théologie, bien sûr. Un philosophe pour qui la vérité théologique est une réalité surnaturelle, ne peut se considérer comme détenteur de la vérité, sous peine d'être en contradiction essentielle avec son système de pensée. Un philosophe guidé par sa seule raison, peut également arriver à cette sage conclusion que la vérité ne lui appartient pas. Et affirmer que la vérité n'est pas un attribut humain, c'est se placer dans le domaine de l'induction, c'est à dire au seuil de la théologie.</p>
<p>Deux systèmes théologiques s'affrontent ici : le premier est ouvertement théologique, tandis que le second l'est au contraire de manière <em>dissimulée</em> (pour reprendre un mot de Feuerbach). Le premier, une fois postulée la nature divine et ses attributs, expose les caractères de la nature humaine et les attributs qui lui sont conséquents. Ce système affirme la faiblesse des attributs humains par la grandeur des attributs divins, c'est le système catholique. Le second usurpe une fonction qui ne correspond pas à sa nature, afin de déterminer les caractères de la nature humaine, et ne récupère sa nature philosophique que pour donner à l'homme les attributs de Dieu.</p>
<p style="text-align:left;">Feuerbach décrit le philosophe régénéré par la réforme qu'il souhaite, comme <em>un homme lié aux autres hommes</em>. Et nous avons écrit plus haut que la philosophie de Feuerbach est une philosophie parée d'attributs théologiques. Nous n'avons plus qu'à constater que le Dieu de Feuerbach est l'ensemble des hommes, (ce en quoi il rejoint le positivisme d'Auguste Comte), et que ce Dieu a un clergé : les penseurs de la philosophie <em>nouvelle</em>. Mais encore, cette formulation est impropre, car ce clergé et le Dieu qu'il sert ne sont pas deux essences distinctes. On touche au panthéisme.</p>
<p style="text-align:left;">Il peut-être bon de rappeler à présent, ces deux paragraphes sur lesquels commence l'ouvrage dont nous traitons ici:</p>
<p style="text-align:left;">(1) "Les temps modernes ont eu pour tâche la réalisation et l'humanisation de Dieu -la transformation et la résolution de la théologie en anthropologie."</p>
<p style="text-align:left;">(2) "Le mode <em>religieux</em>, ou <em>pratique</em> de cette humanisation fut le Protestantisme. Seul <em>le Dieu</em> qui est homme, le Dieu humain, c'est à dire le Christ, est le Dieu du Protestantisme. Le Protestantisme ne se préoccupe plus, comme le Catholicisme, de ce qu'est Dieu <em>en lui-même </em>mais seulement de <em>ce qu'il est pour l'homme </em>; aussi n'a t'il plus de tendance spéculative ou contemplative, comme le Catholicisme; il n'est plus <em>théologie</em> - il n'est essentiellement que <em>Christologie</em>, c'est à dire <em>anthropologie religieuse</em>."</p>
<p style="text-align:left;">Les ressorts du protestantisme ne sont pas vraiment différents de ceux de la philosophie de Feuerbach. Le protestantisme est comme la philosophie <em>nouvelle</em> un refus de la subordination de l'intelligence humaine à la Vérité Révélée via le principe du libre-examen, ou plus généralement, il est une mystique de l'homme qui refuse de se soumettre à Dieu.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:left;">Aubry a pu écrire au XIX ème siècle avec lucidité que la philosophie avait rendu un grand service à la théologie, et que la théologie le lui rendait bien à présent. Nous pourrions presque dire aujourd'hui, au regard de tout ce qu'à produit la philosophie rationaliste, que la philosophie rend un grand service à la théologie catholique, car d'une certaine façon, elle prouve ces mots de Donoso-Cortès, que <em>L’homme ne peut sortir des obscurités du dogme catholique sans se condamner à vivre dans une obscurité encore plus profonde. </em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;">La philosophie est bien </span></em><span style="font-style:normal;">l'histoire de la folie humaine</span><em><span style="font-style:normal;">, un témoignage qui subsistera tant que les hommes pourront raisonner, que la théologie -j'entends la théologie catholique- sauve la philosophie. Mais il faut bien dire que cette comparaison de la philosophie moderne avec la philosophie antique (à laquelle Aubry faisait référence) s'arrête là. La philosophie moderne ne présente pas un seul Socrate capable d'affirmer son impuissance. En adhérant à la philosophie des anciens grecs, on pouvait aboutir à accepter la théologie catholique (le rôle de la philosophie grecque dans l'élaboration du système scolastique suffit à prouver cette assertion pour qu'on ait à s'y attarder), tandis que s'il lit la philosophie moderne, l'homme doit la rejeter pour aboutir au catholicisme.</span></em></p>
<p class="MsoNormal">_______</p>
<p class="MsoNormal">* Allusion à un autre ouvrage du même Feuerbach, <em>Thèses provisoires pour la réforme de la philosophie</em>, dans lequel ce dernier expose sa vision de la philosophie <em>nouvelle</em>.</p>
<p style="text-align:left;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sagesse scolastique]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=461</link>
<pubDate>Mon, 02 Jun 2008 16:15:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[On raconte que saint Thomas, célébrant la messe, eut une vison du Christ, et qu&#8217;à la suite ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:left;">On raconte que saint Thomas, célébrant la messe, eut une vison du Christ, et qu'à la suite de cela, il refusa d'achever son ouvrage qui lui parut dès lors ridicule au vu de ce que cette vision céleste lui avait permis de mieux connaître son Créateur. On raconte aussi qu'au moment de mourir, il réclama que l'on brûlât la Somme théologique. La foi est la <em>connaissance de Dieu</em>, selon les mots de saint Thomas ; le paradis consiste dans le perfectionnement de cette foi : une connaissance plus parfaite de Dieu. Cette vision avait pu lui faire mieux saisir que l'exercice de sa raison combien imparfaite était son œuvre attachée à expliciter la foi catholique.</p>
<p style="text-align:left;">Ces deux anecdotes illustrent à merveille un pan de la sagesse scolastique. Le reproche que l'on fait aux philosophes scolastiques de vouloir tout prouver (Dieu sait si le reproche s'entend couramment), n'est pas fondé en ce sens que le système philosophique scolastique ne se veut pas absolu, et que dans le détail des propositions générales, on ne trouvera rien qui aille dans ce sens parfaitement rationaliste qui fait de la raison humaine qui réfléchit une machine à trouver (ou créer) la vérité.</p>
<p style="text-align:left;">L'impuissance de la philosophie est déjà considérée par un Socrate : <em>Je sais que je ne sais rien</em>, qui raisonne là en philosophe. Mais plus encore que la philosophie honnête, la théologie scolastique affirme cette impuissance : <em>La vérité est en Dieu seul</em>, dit-elle,<em> tes mots de simple philosophe ne sont que du vent</em>. C'est par un postulat théologique que s'initie la philosophie dans le système scolastique, et un tel postulat empêche automatiquement que la philosophie s'érige en principe absolu de vérité.</p>
<p style="text-align:left;">C'est cette subordination de la philosophie que les rationalistes ne supportent pas. Mais ces penseurs se sont réduits en abandonnant le système scolastique par leur manque de foi ou leur mauvais caractère, à abolir et l'ordre que ce principe énonçait, et les principes qui en découlaient. Chez les auteurs rationalistes, la théologie catholique est bannie de tout développement intellectuel, et c'est partant inévitable de voir au fil de leurs pages les deux matières et leurs caractéristiques confondues entre-elles. (Feuerbach est lucide, qui compare la logique d'Hegel à de la théologie, dans ses <em>Thèses provisoires pour la réforme de la philosophie</em>). Il y a en effet une grande confusion dans les écrits rationalistes qu'il est facile d'observer, entre les attributs de la philosophie et ceux de la théologie, avec toutes les conséquences funestes que de telles désordres peuvent provoquer, mais ce n'est pas là le coeur de mon sujet et je préfère vous livrer ici ces lignes de la plume d'Aubry :</p>
<p>"Chose curieuse que fait remarquer Sanseverino, on a fait à la philosophie scolastique deux reproches entièrement contradictoires et qui se réfutent l'un l'autre. Les protestants lui ont reproché, en faisant de la philosophie la servante de la théologie, d'avoir corrompu la théologie en y introduisant des idées platoniciennes mal comprises, et ainsi d'avoir étouffé la raison humaine. Hegel au contraire, lui reproche d'avoir préludé et ouvert la voie au rationalisme, en donnant pour devoir à l'esprit humain de s'aider de la philosophie pour chercher l'intelligence de la foi.</p>
<p>Ici, comme presque sur tous les points de la doctrine, les objections de nos ennemis de notre foi et de ses docteurs se réfutent l'une l'autre ; et il suffit, pour les confondre, de les mettre en face les uns des autres, et de les laisser se dévorer réciproquement.</p>
<p>Quant au reproche des protestants, que la philosophie scolastique a étouffé la raison, quand est-ce que la raison humaine a été plus libre, plus hardie, mais hardie sans témérité, et sans repentance, que du temps des scolastiques ? quand est-ce, au contraire, qu'elle a été le plus déroutée, plus en contradiction avec elle-même, enfin, quand est-ce qu'elle a fait plus de sottises que depuis que, sous le nom de <em>libre-examen</em>, on est venu lui ôter cette liberté véritable que la vérité lui donne en la préservant des séductions de l'erreur, et lui imposer cette servitude où elle tombe sitôt qu'on la réduit à ses propres forces ?</p>
<p>Quant au reproche d'Hegel et de son école, il est bien remarquable aussi que l'intelligence de la foi a été perdue précisément depuis que le rationalisme a plus largement envahi la société ; c'est la preuve que l'<em>intelligence de la foi</em> est tout autre que le rationalisme."</p>
<p>A. J-B Aubry, <em>Mélanges de philosophie scolastique</em>.</p>
<p style="text-align:left;">
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Gethsémani]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=459</link>
<pubDate>Sat, 31 May 2008 16:26:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Avant de mourir, le Christ prit avec lui quelques uns de ses disciples au Jardin des Oliviers, afin ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de mourir, le Christ prit avec lui quelques uns de ses disciples au Jardin des Oliviers, afin qu'ils l'accompagnent en cette heure la plus douloureuse de sa vie. L'heure tardive leur fermait les paupières, malgré leur bonne volonté. Le Seigneur leur commanda : <em>Veillez et priez</em>. Il aurait pu dire <em>Réfléchissez et philosophez</em>, ou plus directement <em>Agissez</em>, mais il a dit <em>Veillez et priez</em>.</p>
<p>C'est une grande leçon pour les catholiques de tout temps, et spécialement pour nous autres qui vivons une époque troublée, qui voit agoniser le Corps Mystique de Notre Seigneur Jésus Christ. Jésus exprime là l'ordre dans lequel les devoirs du chrétien doivent s'exécuter, et place la prière en premier lieu. Se rappeler ce commandement peut être un remède au volontarisme chrétien qui fait rage aujourd'hui. En effet, le premier acte de volontarisme chrétien est celui de saint Pierre, qui peu après la Sueur de Sang, lorsque les gardes juifs s'apprêtent à mettre la main sur Jésus, tranche l'oreille de Malchus, pensant ainsi sauver son maître. Il y a dans cet acte de saint Pierre un manque de foi : Jésus est Dieu, et dès lors, c'est folie humaine que de vouloir sauver Celui qui peut tout. Mais surtout, c'est un manque d'espérance, un instinct charnel, un espoir humain, un refus de considérer l'importance, que dis-je, la nécessité de la mort naturelle du Christ. Le catholique qui n'a pas pris au jeu du volontarisme sait que la mort est un prélude à la vie. Il sait que le Christ devait mourir pour ressusciter. L'Evangile nous dit que saint Pierre renie son Dieu peu de temps après cet acte passionné : la Foi et l'Espérance sont intimement liées.</p>
<p>Parallèlement à la conduite de saint Pierre, l'Evangile nous relate plus discrètement, celle de saint Jean, qui a suivi le Christ dans le silence (avec la Vierge Marie) jusqu'au calvaire. Lui n'a pas cherché à tuer les soldats romains qui narguaient leur victime au pied de la croix pour sauver son Maître, mais a mis en pratique son commandement : <em>il a veillé et prié jusqu'à ce que tout soit consommé</em>. Et sa foi n'a pas défailli.</p>
<p>Le premier devoir du chrétien est la sanctification personnelle, qui passe par l'oraison. Ses activités doivent se plier à cette visée spirituelle, et c'est ainsi qu'elles peuvent grandir véritablement celui qui s'y livre et le monde dans lequel il vit.</p>
<p>[En relisant <a href="http://lavoixdansledesert.wordpress.com/2008/05/20/volontariste-chretien/" target="_blank">mon article sur le volontarisme</a>, je l'ai trouvé affreusement insuffisant, j'espère que ce complément pourra réparer mes manquements]</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Noticias internationales ]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=457</link>
<pubDate>Mon, 26 May 2008 18:51:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Marulanda est mort. (&#8230;)

Sleimane devient le 11ème président du Liban.
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-medium wp-image-456" src="http://lavoixdansledesert.wordpress.com/files/2008/05/manuel-marulanda.jpg?w=300" alt="" width="300" height="220" /></p>
<p>Marulanda est mort. (<a href="http://hymnes.free.fr/hymne.php?id=Colombie" target="_blank">...</a>)</p>
<p><img class="alignnone size-medium wp-image-458" src="http://lavoixdansledesert.wordpress.com/files/2008/05/liban.jpg?w=300" alt="" width="300" height="164" /></p>
<p>Sleimane devient le 11ème président du Liban.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'homme de la Renaissance]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=442</link>
<pubDate>Fri, 16 May 2008 13:05:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Afin de clarifier à nouveau ce que j&#8217;abordais ici et là, voici un petit extrait d&#8217;un a]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Afin de clarifier à nouveau ce que j'abordais <a href="http://lavoixdansledesert.wordpress.com/2008/05/08/cartesianisme-et-rationalisme/" target="_blank">ici</a> et <a href="http://lavoixdansledesert.wordpress.com/2008/05/10/rationalisme-et-catholicisme/" target="_blank">là</a>, voici un petit extrait d'un auteur déjà cité sur ce blog, Marcel de Corte.</p>
<p>Un thomiste parle :</p>
<p>"Certes l'homme de la Renaissance reste un croyant, mais sa croyance se coupe de toutes les spéculations qu'il élabore concernant l'univers, se referme sur elle-même et brise tous les rapports que le Moyen Age avait noués fermement entre la philosophie, domaine de la preuve, et la théologie, domaine de la Révélation. Comme l'écrivait Le Pogge au sujet de son ami Laurent Valla, ce dernier "blâme la physique d'Aristote, détruit la religion, professe des idées hérétiques, méprise la Bible. Et n'a t-il pas professé que la religion chrétienne ne repose pas sur des preuves, mais sur la croyance qui serait supérieure à toute preuve !" On le voit par cette citation typique : <em>la Renaissance rompt avec Aristote et avec la théologie chrétienne traditionnelle</em>.</p>
<p>Les deux cassures sont parallèles et se retrouvent, à des degrés divers, dans tous les esprits de l'époque. L'homme de la Renaissance ne considère pas le monde comme un cosmos créé et racheté par Dieu. Il se place désormais hors de ce monde qu'il n'aborde plus que sous sa dimension purement mondaine.</p>
<p>Ne soyons pas ici dupes des métaphores qu'on emploie très souvent lorsque l'on parle de la Renaissance. Les historiens et les philosophes nous affirment que la Renaissance a substitué l'anthropocentrisme au théocentrisme médiéval. L'image du centre est assez fausse. En fait, celle du cercle convient beaucoup mieux : pour l'homme médiéval, le cycle du réel va de Dieu comme principe à Dieu comme fin en passant par les êtres finis, naturels et surnaturels. Cet accord circulaire est maintenant brisé. L'homme se trouve <em>à l'extérieur</em> du cycle de la réalité. Il n'est plus un être-dans-le-monde, mais un être-hors-du-monde, situé en face d'un monde dépouillé de la profondeur naturelle qu'avait explorée l'aristotélisme et de la profondeur surnaturelle que lui avait communiqué le christianisme. Le monde de la Renaissance est un monde <em>dénaturalisé</em> et <em>désacralisé</em>. Il n'y a plus en ce monde de principe vital comme l'estimait Aristote. Il n'y a plus en ce monde, le ferment de la grâce, comme le croyait Saint Paul. Le monde est maintenant un monde nu, désenchanté. On ne cherchera plus dans le monde les traces de l'intelligence divine qui l'a créé, ni les cheminements de l'amour divin qui l'a racheté. Le monde ne peut plus être qu'un objet de conquête pour l'homme qui se situe en face de lui comme le maître en face de l'esclave ou comme l'artiste en face de la matière qu'il modèle.</p>
<p>Un tel changement de conception aura pour conséquence immédiate de substituer aux philosophes et aux théologiens, aux contemplatifs du Moyen Age, les hommes pratiques, les artistes, les artisans, les guerriers, les conquérants, bref, les techniciens. Et comme il faut, pour s'emparer du monde et lui imprimer une forme, en connaître la résistance et la malléabilité, il faudra du même coup en déceler les lignes de force, exactement comme si le monde était une machine à construire. Le monde n'est plus désormais un <em>organisme</em> comme le pensait Aristote, mais un <em>mécanism</em>e d'où toute idée de cause est exclue, où il n'y a plus que des phénomènes qui se succèdent et dont les antécédents et les conséquents révèlent leur invariabilité à l'observation. Ainsi que le souligne Emile Bréhier, la conception nouvelle du monde "est une conception qu'on réalise plutôt qu'on ne la pense". L'homme de la Renaissance, dont Machiavel analyse le comportement, est le premier homme faustien : <em>im Anfang war die Tat </em>! On peut même dire qu'il est le premier homme de type marxiste, s'il est vrai qu'il n'agit plus, selon le prophète du communisme, de connaître le monde, mais de le changer.</p>
<p>[...]</p>
<p>Ce n'est pas que Machiavel soit un athée au sens moderne du mot. Il reste attaché à la foi traditionnelle, mais celle-ci n'a plus la possibilité de s'incarner dans le monde nouveau qu'il découvre. Il rédigera aussi bien une exhortation à la pénitence ou un discours moral -c'est le titre d'une de ses proses- qu'un règlement pour une société de plaisir -c'en est un autre. Il mourra dans le giron de l'Eglise. Son fils, Pietro Machiavel, écrit à Francesco Nellio, avocat florentin à Pise, le 22 juin 1524, ces lignes sèches : "il s'est laissé confesser par frère Matteo, qui lui a tenu compagnie jusqu'à sa mort". C'est tout. Machiavel meurt, fidèle à une institution. Rien de plus. Il n'est pas un mécréant, un négateur, un ennemi du christianisme. Il ne mine pas la foi comme le pense Abel Lefranc de Rabelais. Il vit dans deux mondes différents, séparés par des cloisons étanches. La connaissance humaine n'est plus plus pour lui intégrée à la foi chrétienne et la foi chrétienne ne s'appuie plus vitalement sur la connaissance humaine du monde. Il pratique, comme les averroïstes de son temps, la doctrine de la <em>double vérité</em> : la vérité religieuse et la vérité profane, indépendantes l'une de l'autre. Son attitude est fidéiste : <em>credo quia absurdum</em>, et non pas <em>credo ut intelligam</em>. La raison et l'expérience ne le conduisent plus au seuil du mystère surnaturel. Celui-ci ne prolonge plus les recherches de la raison et de l'expérience. Ce sont deux modes de connaissance compartimentés. le vrai monde terrestre est celui de l'action. Le monde céleste est celui de la foi irrationnelle, sentimentale, affective, englobée dans les institutions et les rites de l'Eglise ; Machiavel les adopte tous deux, sans plus découvrir leur lien, comme la plupart de ses contemporains. Les deux mondes sont dissonants, et Machiavel s'en accommode, exactement comme le font ailleurs un Montaigne, un Hobbes, et tant d'autres".</p>
<p>Marcel De Corte, <em>L'homme contre lui même</em>.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Antiracisme]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=439</link>
<pubDate>Thu, 15 May 2008 15:26:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Puis-je vous narrer ici une des nombreuses anecdotes qui ponctuent une vie passionnante ?
Un beau jo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Puis-je vous narrer ici une des nombreuses anecdotes qui ponctuent une vie passionnante ?</p>
<p>Un beau jour d'été, il y a deux ans, me voilà en grande discussion avec une brave dame antiraciste. Je ne dis rien, je l'écoute parler :</p>
<p>-Mon fils surtout, n'est pas du tout raciste.</p>
<p>- Ah ?  <em></em></p>
<p>Vous me devinez un peu incrédule. Je ne sais que trop que les gosses ont parfois des idées bizarres, je dirais presque anticonformistes... Môa, je rêvais d'acheter au Brésil un boy noir qui construirait ma maison au Pérou, pour vivre en Espagnol sur une terre dûment colonisée.</p>
<p>- Oui, il a des amis noirs, un d'entre eux surtout avec lequel il est très proche.</p>
<p>- Mais on peut en dire autant de chacun, non ?</p>
<p>Môa aussi, j'en avais des amis noirs. Je ne les considérais pas comme fondamentalement inférieurs, évidemment. Mais avec les antiracistes, ça ne suffit pas. Il faut aussi se penser égaux à tout ce qui est humain pour être bien vu. Alors je me tais.</p>
<p>- Mais mon fils, lui, il n'a jamais considéré que son ami était noir.</p>
<p>Je crains de comprendre. Elle ne me laisse pas le temps de m'étonner :</p>
<p>- Lorsqu'on lui demandait de quelle couleur était son ami, il était gêné, et finissait par répondre : "il est gris".</p>
<p>Je n'ai jamais entendu une définition plus claire de l'antiracisme. L'antiracisme, c'est d'abord la négation de la réalité, le refus forcené de la différence. Puis le mauvais goût de l'indifférenciation.</p>
<p>Enfin, je ne sais pas trop pourquoi je m'étend là dessus. <a href="http://legrandcharles.wordpress.com/2008/04/28/metissage/" target="_blank">Il y en a qui parlent de tout cela mieux que moi</a><a href="http://legrandcharles.wordpress.com/2008/04/28/metissage/">...</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les saints et les anges]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=424</link>
<pubDate>Mon, 12 May 2008 15:30:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
<guid>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=424</guid>
<description><![CDATA[Ding, dong, ding ! [Harmonieux sons de cloches couronnant la fidélité des paroissiens à leur sort]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Ding, dong, ding ! [<em>Harmonieux sons de cloches couronnant la fidélité des paroissiens à leur sortie de la messe dominicale</em>]</p>
<p class="MsoNormal">- Ah ! Quel admirable sermon, que nous a offert monsieur le curé !</p>
<p class="MsoNormal">- Quel enthousiasme ! Bonjour madame !</p>
<p class="MsoNormal">- Oui, bonjour, pardonnez-moi, je suis encore un peu émue. Vous avez bien entendu le sermon ?</p>
<p class="MsoNormal">- Hélas, madame.</p>
<p class="MsoNormal">- Ah, ne me dites pas que vous êtes de méchante humeur ! Et par ce beau temps, encore !</p>
<p class="MsoNormal">- Le refrain de monsieur le curé, qui voudrait que les fidèles se nourrissent de la lecture de la Bible me laisse un peu pantois, je vous l’avoue.</p>
<p class="MsoNormal">- Encore un<span> </span>peu, et vous allez comme d’ordinaire, me répéter que monsieur le curé est protestant !</p>
<p class="MsoNormal">- Tout juste, madame. La tendance actuelle attache à la lecture de la Bible une si grande importance est sans doute plus conforme aux mœurs protestantes qu’à l’esprit catholique.</p>
<p class="MsoNormal">- Oh, que vous êtes rabat-joie ! Vous êtes d’ailleurs mauvais prédicateur, et vous n’avez pas de références.</p>
<p class="MsoNormal">- J’en ai au moins une. Dans <em>Les soirées de Saint Pétersbourg</em>, Joseph de Maistre a eu un mot qui selon moi compte parmi ses meilleurs. « Ce n’est point la lecture, mais l’enseignement de l’Ecriture Sainte qui est utile ». Mais ni vous ni surtout monsieur le curé, ne lisez de Maistre.</p>
<p class="MsoNormal">- Non. Il est surement aussi rabat-joie que vous. Ne le prenez pas mal, je suis trop vive, je sais bien… de Maistre dites-vous… Si, j’ai lu les <em>Considérations sur la France</em>, je crois.</p>
<p class="MsoNormal">- Permettez que je revienne à notre sujet, car j’ai eu tout le loisir de réfléchir à la question durant l’Offertoire, que Dieu me pardonne !</p>
<p class="MsoNormal">Joseph de Maistre a écrit dans le même paragraphe que la phrase que je vous citais à l’instant, cet axiome fondamental : « Lue sans notes et sans explications, l’Ecriture Sainte est un poison ».</p>
<p class="MsoNormal">- Oh !</p>
<p class="MsoNormal">- Ne vous méprenez pas sur les intentions de ce véritable génie du christianisme. (Pardonnez-moi cette pique envers Chateaubriand, que vous adulez, je sais). L’Ecriture Sainte est évidemment la parole de Dieu, comme l’a rappelé monsieur le curé, et comme telle, le catholicisme en a fait la base de sa doctrine.</p>
<p class="MsoNormal">- Tout de même.</p>
<p class="MsoNormal">- Bien sûr. L’esprit catholique est éminemment attaché à l’Ecriture. Il accorde donc une impotance plus que particulière, comme le dit de Maistre, à l’enseignement des Evangiles.</p>
<p class="MsoNormal">- Vous voyez bien.</p>
<p class="MsoNormal">- Rendez vous compte, madame, du problème que je vais vous exposer immédiatement. Où trouvez vous la garantie de ce que le fidèle qui lira la Bible avec les meilleures intentions, sera capable de tirer de sa lecture la même doctrine que celle des Pères ? Il faudrait supposer notre lecteur à la fois théologien et philosophe, linguiste et historien. Ce qui demeure possible, bien entendu, mais vous conviendrez qu’un homme doué de telles capacités et d’un tel savoir, ne se rencontre pas tous les jours. L'Eglise au Moyen Age, n'avait donc pas tort d'interdire la lecture de la Bible au vulgaire.</p>
<p class="MsoNormal">- Linguiste ?</p>
<p class="MsoNormal">- Oui. Sans parler de la bible retraduite par les apôtres de l’église d'œcuméniste, la TOB *, ou autres falsifications honteuses, reconnaissez qu’un texte passé de l’hébreu au grec, du grec au latin, et du latin au français, a sans doute perdu de sa saveur. Il me semble d’ailleurs que ce n’est pas un hasard si les juifs convertis au catholicisme par la grâce de Dieu, ont fait d’admirables exégètes.</p>
<p class="MsoNormal">- Si je comprends bien votre pensée, seule incomberait aux prêtres instruits de théologie et de quelques autres disciplines complémentaires la lecture de la  Bible ?</p>
<p class="MsoNormal">- Non. Notez que c’est une tendance récente de vouloir réserver l’enseignement de la théologie aux seuls prêtres. La méthode scolastique d’enseignement le dispensait également aux laïcs. Cela avait le mérite de faire des hommes instruits de leur religion, et d’éviter un cléricalisme aussi stupide que désastreux.</p>
<p class="MsoNormal">Lorsque je parle d'hommes instruits, je ne pense pas seulement au clergé. J’ai pu lire des exégètes fameux qui n’avaient pas fait de séminaire.</p>
<p class="MsoNormal">- Mais que dites-vous à la fin de ces quelques histoires édifiantes, où des forçats, des infidèles quelconques trouvent Dieu par la lecture d’un récit évangélique. Monsieur le curé a rappelé aujourd’hui cette histoire de la vie de saint Vincent de Paul !</p>
<p class="MsoNormal">- Vous abordez en une phrase, plusieurs points que je me dois de relever. Je ne crois pas que l’Eglise ait jamais modéré la lecture des Evangiles. Et de fait, il est plus simple de tirer une leçon de morale des Evangiles, que de l’Ancien Testament. La lecture de l’évangile est propice à toucher les cœurs. Ce galérien est un bon exemple en faveur de cette dernière affirmation.</p>
<p class="MsoNormal">Mais je crois que l’on en peut ériger ce cas particulier en idéal applicable à tous. Comme on dit joliment en Espagne, <em>Catolico ignorante, seguro protestante</em>. C’est dire que l’assise de notre foi est bien d’essence intellectuelle, et non sentimentale, même si chronologiquement, le cœur a prédominance sur la raison dans ce qui nous donne la Foi.</p>
<p class="MsoNormal">- Vous êtes confus. Où voulez-vous en venir ?</p>
<p class="MsoNormal">- A ceci : la lecture des Evangiles est assurément une chose saine, mais il ne faut pas non plus s'imaginer que c’est une méthode massive de conversion que de faire lire ces pages admirables aux infidèles.</p>
<p class="MsoNormal">- Je vous entends. Mais nous nous sommes un peu écartés de notre sujet, il me semble.</p>
<p class="MsoNormal">- Ma proposition est celle-ci : qu’un catholique absolument ignorant de théologie ferait mieux de lire <em>La Chaîne</em><em> d’Or</em>, de saint Thomas que les Ecritures sans commentaires. Un catholique doit préférer le jugement orthodoxe des Pères de l’Eglise avec tout leur savoir, que le sien propre.</p>
<p class="MsoNormal">- Avec un tel raisonnement, jamais on ne remet en cause le jugement des Pères. Où est le progrès ?</p>
<p class="MsoNormal">- L’histoire de l’Eglise vous montrera facilement que les exégètes ou théologiens ont souvent disputé certaines questions importantes qui divisaient l’Eglise. Les divergences doctrinales et d’interprétation de l’Ecriture Sainte ont alors fait l’objet d’études serrées de la part de l'Eglise. Si un Père se trompe, sa proposition est écartée, et les dogmes catholiques sont approfondis : voilà le progrès appliqué aux choses divines. Ce progrès qui consiste à mettre en lumière la Vérité, afin qu’elle ne reste pas sous le boisseau, et à approfondir les questions théologiques. Et non pas à remettre en question toute proposition pour le plaisir, pensant que la vérité est sujette à changement, ou qu’elle n’est pas conservée par le magistère romain. Catholicisme et progressisme ne vivent pas en ménage.</p>
<p class="MsoNormal">C’est pour le coup que nous nous sommes écartés de notre sujet, et celui dans lequel nous versons à présent est vaste...</p>
<p>Ding, dong, ding ! [<em>Harmonieux sons de cloches couvrant les voix des paroissiens</em>]</p>
<p>---</p>
<p>* Traduction Œcuménique de la Bible. Authentique, malheureusement.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Social-démocratie]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=436</link>
<pubDate>Mon, 12 May 2008 13:56:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Cette vidéo-là restera dans mes archives&#8230;
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>[dailymotion id=x5doyn&#38;v3=1&#38;related=1"]</p>
<p>Cette vidéo-là restera dans mes archives...</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Rationalisme et catholicisme]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=434</link>
<pubDate>Sat, 10 May 2008 15:57:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Omnia restaurare in Christo.
L’action du rationalisme fils légitime du cartésianisme, c’est la]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:right;"><em>Omnia restaurare in Christo.</em></p>
<p>L’action du rationalisme fils légitime du cartésianisme, c’est la séparation. Il s’oppose au système catholique sur deux points essentiels : il sépare la foi de la raison d’une part, et la théologie des sciences, d’autre part.</p>
<p><strong>La foi catholique </strong></p>
<p>Le refus de l'induction conduit Descartes et ses suivants à affirmer l'omnipotence de la raison, et surtout, exprime un refus du mystère. Le catholique prend l'option contraire, il se sait infirme de par sa condition humaine, et accepte le mystère. C'est dans ce sens qu'il faut entendre l'affirmation de Pascal, dans les Pensées, lorsqu'il affirme que l'obscurité est un signe de véracité (Affirmation raillée par Voltaire dans la dernière de ses <em>Lettres philosophiques</em>, dans laquelle on pourra apercevoir à plusieurs reprise la mauvaise foi de leur auteur, parmi quelques réflexions pertinentes). C'est à dire que la vérité théologique est un mystère insondable pour l'intelligence, et dès lors, il vaut rejeter un système qui se veut la clarté absolue.</p>
<p>La foi est évidemment une adhésion du cœur, ce qui lui donne ce côté mystérieux que lui reconnaît tout chrétien et que raille tout infidèle, mais ce n’est pas seulement cette adhésion sentimentale qui caractérise la foi catholique. "La foi ne va pas contre de la raison", c’est à peu près la seule phrase qu’un catholique arrive à proférer face au monde contemporain qui lui crie à chaque instant que sa foi est folie. C’est une vérité qui ne doit pas faire penser à notre catholique que sa foi n’est qu’un <em>sentiment qui ne va pas contre la raison</em>, car non seulement la foi ne va pas contre la raison, mais la foi est raisonnable. Qui a la foi ? L’homme qui s’est <em>rendu aux raisons de croire</em>, <em>Credo ut intelligam.</em></p>
<p>Il faut donc s’attacher à ne pas séparer la raison de la foi, comme le font les rationalistes. Que l’on affirme la possibilité de la raison humaine de comprendre parfaitement les vérités surnaturelles, ou que l’on affirme que la raison est parfaitement étrangère à toutes choses qui la dépassent, on ne fait que consommer le divorce entre la foi et la raison.</p>
<p>La foi est rationnelle car elle est, au même titre que la loi de la gravité, une <em>adhésion de l'intelligence à ce qui est</em>, pour reprendre la formule aristotélicienne.</p>
<p>L’homme qui ne croit pas est incrédule, et cet autre qui croit sans raison est crédule, on est là dans l’ordre naturel. Or, la foi est d’une autre essence que de celle qui fait la crédulité et l’incrédulité. Elle est surnaturelle. Et penser que la Raison peut tout comprendre, dans le domaine de la foi, c’est affirmer que la foi n’est doctrine naturaliste de plus. C’est lui ôter en fin de compte, son caractère surnaturel.</p>
<p>Les rationalistes posent un <em>acte de foi</em> en ce qui concerne l’omnipotence de la raison humaine, pourrait-on dire. Mais du point de vue de la théologie, cette formulation est impropre, car l’<em>acte de foi </em>en question est d’essence naturelle. Mieux vaut dire que les rationalistes sont des naïfs, des crédules exactement et préciser que sur ce point précis, ils dépassent en sottise le rationalisme antique qui lui au moins n’a jamais postulé une telle fable. Un Socrate a même pu exprimer le contraire, si bien que l’on peut affirmer que dans le camp des rationalistes, la contradiction règne, et que nous pourrions nous borner à regarder leurs éloquences s’entredévorer sans même avoir à rappeler la doctrine de l’Eglise, s’il ne s’agissait là que d’une lutte purement intellectuelle, si le salut des âmes n’était pas en jeu.</p>
<p>[Laisser aux rationalistes leur foi concernant l'omnipotence de la raison. Laisser aussi la foi en l'impuissance totale de la raison à ceux qui veulent sombrer dans la crédulité. Rester sur la corde raide de l'équilibre. Préférer encore la sagesse à la raison et aux fables. Etre, puis demeurer catholique.]</p>
<p><strong>La philosophie catholique</strong></p>
<p>La foi est le commencement de la vie chrétienne, et le point de départ de la philosophie catholique. <em>Humanae salutis initium, fondamentum et radix omnis justificationis</em>. Salut initial de l'homme, selon les Ecritures, fondement et racine de toute argumentation.</p>
<p>La notion d'impuissance de la raison est le postulat initial de la philosophie catholique. Ce postulat ne fait que se souvenir de ces paroles du Christ "prenez garde que votre lumière intérieure ne soit ténèbres" (Evangile selon saint Luc, XI, 35), ou de celles de Saint Paul, qui ne connait <em>que Jésus crucifié</em>. Résolument, le catholique affirme que <em>tout nous crie et la raison plus fort que tout le reste, que la raison ne suffit pas</em>. Comment pourrait-il prétendre le contraire, quand l'histoire de la philosophie toute entière prouve bien l'insuffisance et la folie de la raison humaine ?</p>
<p>Il faut croire Chesterton lorsqu'il affirme qu'<em>un fou est celui qui a tout perdu sauf la raison</em>. En vérité, rien n'est plus déraisonnable que la raison humaine, sans l'itinéraire de la foi catholique, dans le domaine théologique et sans connaissance de ses limites dans le domaine de la philosophie.</p>
<p>C'est à se demander avec Donoso-Cortès, si <em>le monde se jette dans le rationalisme</em>, <em>par goût pour les ténèbres</em>, <em>par amour de l'absurde</em>. Car une chose est certaine, <em>l'homme ne peut sortir des obscurités du dogme catholique sans se condamner à vivre dans une obscurité encore plus profonde</em> (<em>Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme</em>).</p>
<p>Joseph de Maistre appelle le scepticisme, <em>dissolvant universel</em>, et Aubry note que le refus de l'induction est tout simplement <em>une forme de scepticisme</em>. C’est dire la radicalité de la différence l’esprit catholique, et l’esprit cartésien, de Maistre abhorrant ce que Descartes érige comme méthode absolue de recherche de vérité. Or la philosophie catholique se sait une science subordonnée. <em>Elle affirme ce qui se prouve par ce qui ne se prouve pas</em>, c'est à dire qu'elle accepte l'induction, c'est déjà dire, la subordination à la théologie.</p>
<p>Il ne peut y avoir deux vérités, l'une théologique et l'autre philosophique qui se contredise entre elles, c'est le gros du discours de Llull face à  Averroès, qui soutenait le contraire. La vérité est une, et découle dans toute son unité de la théologie, qui est donc la science mère de toutes les autres. Le surnaturel est universel.</p>
<p>Pourquoi enfin, peut-on dire qu'une affirmation philosophique ou théologique est vraie ? La cause première de cette véracité est dans l'autorité de l'Eglise. Parce que l'Eglise nous l'enseigne, nous pouvons garantir la véracité d'une proposition philosophique ou théologique, parce que nous sommes convaincus de la nécessité de la Révélation, parce que nous croyons que Jésus Christ est Dieu qui nous a apporté cette Révélation, parce que l'Eglise est la Sienne et que tout ce qu'affirme le magistère romain est marqué du sceau du Saint-Esprit.</p>
<p><strong>Apologétique</strong></p>
<p>"Je remarque toujours que les apôtres -dans les discours cités aux <em>Actes</em> et dans les Epîtres- pour introduire la vérité révélée dans l'esprit de leurs auditeurs, ne la font pas précéder de cette longue préface ou échelle de raisonnement humains, qui d'après beaucoup de nos écrivains et de nos prêtres, instruits mais cartésiens, doit précéder et préparer la théologie, la Révélation.</p>
<p>La prédication des Pères et des grands missionnaires qui ont prêché devant des infidèles et même des incrédules procède t'elle de la même façon ? Je ne le crois pas, mais il me semble qu'ils tout droit et sans préambule, par l'affirmation de Jésus crucifié et par la Rédemption. On dira que c'est absurde, et que l'incrédule niant même les faits sur lesquels on s'appuie et les premières vérités révélées, vous trouvera illogique, arbitraire, et ne vous écoutera pas. Et pourtant, c'est ainsi, il me semble, qu'ont procédé les apôtres, même Saint Paul devant l'Aréopage ; ils vous jettent tout de suite dans la révélation, sauf à revenir ensuite sur la philosophie et la préparation apologétique du christianisme, qui d'ailleurs, est toujours sous-entendue."</p>
<p>Abbé Jean-Baptiste Aubry, <em>Etudes sur le Christianisme</em>.</p>
<p>C’est un travers courant (que n'a pas manqué de souligner Aubry) chez certains apologistes de partir constamment du naturel pour remonter jusqu'au surnaturel, et ils n’ont rien à envier sur ce point aux rationalistes. Une théologie qui explique le naturel à partir du surnaturel semble désormais l'œuvre de fanatiques extrémistes. Il est logique qu'un tel principe n'ait mené qu'au désarroi intellectuel, pour reprendre les mots d'Aubry, puisque tout n'y est jugé qu'à travers le prisme naturaliste, et par conséquent, est vidé de son âme. Le théologien qui explique le naturel par le surnaturel fait quelque chose de plus grand que de simplement l'expliquer, il lui donne un sens, ce qu'un pur syllogisme naturaliste ne pourra au mieux que caricaturer.</p>
<p>Le raisonnement cartésien,<em> </em>malheureusement entré dans les intelligences les plus chrétiennes,<em> </em>n'a jamais formé que des rationalistes, et jamais des chrétiens. Comment pourrait-on donc une fois cette première affirmation confirmée par l'expérience, justifier l'emploi abusif qui est fait de ce raisonnement absurde? Une foi solide pourra trouver à douter dans un raisonnement cartésien, même formuler dans le but pieux de confirmer les dogmes établis par l'Eglise.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Noblesse et monde moderne]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=435</link>
<pubDate>Sat, 10 May 2008 15:56:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
<guid>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=435</guid>
<description><![CDATA[&#8220;La noblesse nous perdra, mais je ne pense pas que nous pourrons nous sauver sans elle.&#8221;]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:left;">"La noblesse nous perdra, mais je ne pense pas que nous pourrons nous sauver sans elle."</p>
<p style="text-align:left;">Marie-Antoinette, <em>Correspondance des Tuileries</em>.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Cartésianisme et rationalisme]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=423</link>
<pubDate>Thu, 08 May 2008 16:32:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
<guid>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=423</guid>
<description><![CDATA[Avant de rappeler le louable travail des néo-scolastiques de prouver la pertinence de la philosophi]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de rappeler le louable travail des néo-scolastiques de prouver la pertinence de la philosophie catholique face au cartésianisme, il faut bien signifier à quel point le cartésianisme est une philosophie subversive, dans son essence. C’est en effet un esprit négatif qui anime Descartes, que ce soit lorsqu’il s’assoit dans son fauteuil et décide qu’avant lui l’esprit humain a toujours été égaré, s’est toujours trompé, ou lorsqu’il entreprend aimablement de faire don de son intelligence au genre humain stupide et trompé, et de lui livrer un système philosophique qu’il juge infaillible.</p>
<p>Ce qu’a dit de plus vrai la philosophie cartésienne avait de toute façon déjà été dit avant par les scolastiques ou par les anciens, c'est-à-dire que même si le système a pu produire parfois de belles pages, jamais il n’a été novateur, ni plus pertinent que la scolastique ou les anciens grecs. La différence notable d’avec la scolastique restant de toute façon que les chantres cartésiens ou rationalistes prouvent par l'absurde ce que la scolastique avait brillamment démontré par la logique. Oui, le raisonnement cartésien est un raisonnement par l’absurde. Non pas que cela ne soit jamais d’aucune utilité, mais que l’idée est pernicieuse de vouloir bâtir un système philosophique sur un tel principe.</p>
<p>Parce qu'il refuse l'induction, Descartes est pyrrhonien. J'émets toutefois une petite réserve à ce jugement. Certes, Descartes refuse d'affirmer ce qui se prouve par ce qui ne se prouve pas, dans l'ordre général, mais justement, pour éviter l'induction, il faut qu'il cède à un principe infondé, celui de toute puissance de la raison. La grande différence, c'est que l'induction est hors de l'homme, tandis que le pyrrhonisme cartésien est exclusivement fondé sur l'homme.</p>
<p>Et quant aux fruits pratiques du cartésianisme, les voici : le désordre et le désarroi. Le désordre dans les matières objets d'études, le désarroi dans les esprits étudiants. Le grand effort de synthèse des scolastiques est balayé, les siècles de philosophie chrétienne sont passés à la trappe, la classification est abolie. Car tout est désormais soumis à l'arbitraire humain. Voici un penseur rationaliste sagace qui écrit des lignes pertinentes : il ne fait que répéter ce que d'autres ont dit avant lui. En voilà un autre à l'esprit moins avantagé : il passe à côté de l'essentiel, et il n'est même pas sûr qu'il pourra s'en rendre compte. Le désarroi guette donc les âmes de toutes qualités, au vu de l'immensité de l'effort à fournir pour réinventer chaque jour la philosophie, constatant l'ampleur du projet sans pouvoir jamais parvenir à la conviction de son utilité d'une part, et de sa réussite, d'autre part.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p>Lorsque l'on dit le XIIème siècle <em>cartésien</em>, c'est signifier que les productions intellectuelles de cette époque sont entachées du cartésianisme, non pas seulement en ce qu'elles sont toutes ses <em>filles légitimes</em>, mais que même les réactions au cartésianisme n'arrivent pas à se détacher du système de pensée cartésien, même si elles vont à l'encontre de certains points secondaires de la doctrine en question. J'appellerais bien ces productions <em>filles illégitimes</em> du cartésianisme.</p>
<p>A cette époque, certains hommes d’Eglise ont pu être séduits par la méthode cartésienne (Malebranche, par exemple), et il semble que l’Eglise ne se soit pas rendu immédiatement compte de l’assaut particulièrement bien cadré que cette doctrine livrait à la philosophie et à la théologie catholique. On trouve l’influence des écrits de Descartes jusque chez Bossuet, pourtant animé d'une grande foi, même si le prédicateur a pu se rendre compte du problème comme on peut le constater dans sa correspondance (Cité dans les <em>Etudes philosophiques</em>, d’Auguste Nicolas). Le XVII ème siècle voit donc pléthore de grands esprits imbus des idées de Descartes. Mais d’autres ont vécu à la même époque, qui ne partageaient pas le même enthousiasme. Pascal est de cette dernière catégorie, et s’est attaché à bien signifier l’impuissance de la  Raison dans la philosophie. Il ne faisait là que suivre à la fois la sagesse des Anciens (Socrate), que chaque page de philosophie ne fait qu’élargir l’ignorance de l’homme, et l’enseignement de notre mère l’Eglise, qui affirme la nécessité de la Révélation. Maintenant je pose la question : Pascal n’a-t-il pas exagéré cette impuissance relative, en l’érigeant en impuissance totale ? Je  ne prendrais qu’un exemple connu, celui du fameux pari, pour appuyer ma proposition. En effet, gager que Dieu existe, c'est-à-dire s’en remettre au hasard, c’est bien affirmer que la raison est incapable d’arriver à la conclusion de l’existence de Dieu, ou bien c’est une dernière tentative volontariste de convaincre un incrédule (bien maladroite).</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p>On attribue avec raison la paternité du rationalisme moderne à René Descartes (Le titre de <em>père de la philosophie moderne</em> lui a été decerné par Locke, je crois). Le doute méthodique, qu’il postule dans son célèbre <em>Discours sur la méthode</em> est à l’origine de la philosophie moderne. Lorsque les modernes usent de ce que Aubry appelle <em>la théorie de l’isolement</em>, à savoir qu’ils croient exprimer une philosophie parfaite en l’isolant parfaitement de la théologie, ils ne font autre chose que d’imiter Descartes dissolvant la Révélation dans le doute universel. Aubry dit bien que le postulat rationaliste implique que la philosophie soit sans cesse à repenser, et là encore, chaque penseur qui se livrera à cet exercice constant ne fera qu'imiter Descartes doutant de tout ce qui a été discuté avant lui.</p>
<p>Je remarque toutefois une légère différence entre les cartésiens purs et durs, et les rationalistes modernes, une différence qui n’est pas fondamentale d’ailleurs, qui tient plus à l'influence de l'époque et aux différences des caractères individuels. Descartes était de foi catholique, ce qui explique sans doute en bonne partie son côté positif, affirmatif, et sa foi a été un rempart (exactement comme chez Malebranche) à toutes les dérives possibles du système qu'il avait jeté sur papier. Descartes prêche donc l’omnipotence de la raison, son Credo est celui-ci : il n’y a rien qui ne puisse être démontré. Les rationalistes modernes eux (un Jean Paul Sartre, notamment), sont plus négatifs. La foi naïve en la raison humaine des cartésiens au fond les révulse presque autant que la foi catholique, sans qu’ils se l’avouent toujours (et pour cause, ils doivent toutes leurs pages à cette naïveté). On touche là au caractère très nihiliste de la philosophie contemporaine, qui ne vit que de négation, et qui n’aura même pas de postérité.</p>
<p>Le rationalisme moderne a un précédent dans le rationalisme antique. De sorte qu’il est marqué du double sceau du paganisme et de la régression. Les rationalistes ruinent l’édifice catholique et surestiment par là les écrits des anciens païens, qui ne sont plus considérés comme l’exercice impuissant de la raison naturelle. Si le naturalisme antique est une norme pour les rationalistes, notons outre le mépris de la  Révélation, le caractère rétrograde des constructions intellectuelles qu’un tel état d’esprit a engendré et continue d’engendrer depuis Descartes. Le rationalisme païen s'asseyait sur la révélation primitive ; le rationalisme moderne, s'assoit sur la Révélation et l'enseignement de l'Eglise.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:left;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mystique et monde moderne]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=431</link>
<pubDate>Thu, 08 May 2008 15:32:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[Sans doute le moment est-il venu de faire nôtre la mystique de Saint Jean de La Croix en particulie]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Sans doute le moment est-il venu de faire nôtre la mystique de Saint Jean de La Croix en particulier et des saints en général, de nous dépouiller totalement et de nous confier en Dieu. Reconnaître enfin notre faiblesse, et Sa force.</p>
<p>Sans doute nous faut-il mourir à l'espoir humain, pour renaître dans la véritable espérance.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Zemmour et les "sans-papier"]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=422</link>
<pubDate>Tue, 06 May 2008 15:49:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
<guid>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=422</guid>
<description><![CDATA[
Notez que les discours d&#8217;Eric Zemmour gênent le présentateur qui a peur de ne pas pouvoir f]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>[dailymotion id=x59lmq&#38;v3=1&#38;related=1]</p>
<p>Notez que les discours d'Eric Zemmour gênent le présentateur qui a peur de ne pas pouvoir finir l'émission, tandis que ce qui lieu de raisonnement de la part d'un certain Claude Regent tout aussi longs nécessitent que l'on fasse taire les autres intervenants...</p>
]]></content:encoded>
</item>

</channel>
</rss>
