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	<title>directoire &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "directoire"</description>
	<pubDate>Tue, 14 Oct 2008 08:16:10 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[MARECHAL SERURIER (1742-1819)]]></title>
<link>http://napoleonbonaparte.wordpress.com/?p=706</link>
<pubDate>Mon, 25 Feb 2008 21:13:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>napoleonbonaparte</dc:creator>
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<description><![CDATA[


Sérurier avait conservé toutes les formes et la rigidité d’un major. Il était fort sévère]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Le général Jean-Mathieu-Philibert Sérurier lors de la réddition de Mantoue (2 février 1797)" rel="attachment wp-att-855" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/25/marechal-serurier-1742-1819/le-general-jean-mathieuu/"></a></p>
<div style="text-align:center;"><a title="Maréchal Jean-Matthieu-Philibert Sérurier (1742-1819)" rel="attachment wp-att-862" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/25/marechal-serurier-1742-1819/marechal-jean-matthieu-philibert-serurier-1742-1819/"><img src="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/files/2008/03/marechal-serurier2.jpg" alt="Maréchal Jean-Matthieu-Philibert Sérurier (1742-1819)" /></a><a title="Le général Jean-Mathieu-Philibert Sérurier lors de la réddition de Mantoue (2 février 1797)" rel="attachment wp-att-855" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/25/marechal-serurier-1742-1819/le-general-jean-mathieuu/"></a></div>
<blockquote>
<p align="center"><em>Sérurier avait conservé toutes les formes et la rigidité d’un major. Il était fort sévère sur la discipline et passait pour un aristocrate… Il était brave, intrépide de sa personne, mais pas heureux. Il avait moins d’allant que les précédents [généraux <a title="Biographie du maréchal Masséna" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/21/les-marechaux-de-napoleon-marechal-massena-1758-1817-duc-de-rivoli-prince-dessling/" target="_blank">Masséna</a> et <a title="Biographie du maréchal Augereau" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/21/les-marechauxd-de-napoleon-marechal-augereau-1757-1816-duc-de-castiglione/" target="_blank">Augereau</a>], mais il les dépassait par la moralité de son caractère et la sagesse de ses opinions politiques.</em></p>
<p align="center"><em>(<a title="Biographie de Napoléon Ier - wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_Ier" target="_blank">Napoléon Bonaparte</a>)</em></p>
</blockquote>
<p><strong>Maréchal SERURIER</strong> (Jean-Matthieu-Philibert, comte), maréchal de France, né à Laon le 8 septembre 1742, mort à Paris le 21 décembre 1819. Sop père, qui était attaché comme officier à la maison du roi, lui fit donner, lorsqu'il n'avait que treize ans, un brevet de lieutenant. Pendant la campagne de Hanovre, en 1760, Sérurier eut la mâchoire fracassée. Il fit ensuite les campagnes de Pologne en 1762, de Corsa en 1768 et ne reçut le grade de major qu'en 1789. A partir de ce moment, son avancement fut rapide. Promu colonel en 1792, il fut envoyé à l'<a title="Armée du Var - wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_du_Var" target="_blank">armée du Var</a> ; mais à la suite d'une dénonciation on le raya des cadres. Au lieu d'émigrer, Sérurier demanda à servir comme soldat et peu après il était réintégré à la tête de son régiment. Sa brillante conduite à l'affaire d'Utello février 1793) lui valut le grade de général de brigade. Promu général de division en 1795, il contribua, le 23 novembre de la même année, à la défaite des Autrichiens à Loano, se distingua successivement en 1796 à Batifolo, Nocetto, Saint-Michel, prit une part des plus actives au succès des batailles de <a title="Bataille de Mondovi - wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mondovi" target="_blank">Mondovi</a> et de <a title="Bataille de Castiglione" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/11/bataille-de-castiglione-1796/" target="_blank">Castiglione</a>, continua le <a title="Siège de Mantoue - wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Mantoue" target="_blank">siège de Mantoue</a>, qui capitula en février et, après avoir assisté à la bataille du Tagliamento, il s'empara de Gorizia. Ce fut lui que, après la signature des préliminaires de paix de Léoben, Bonaparte envoya à Paris pour porter au <a title="Le Directoire - wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Muscadins#Les_Incroyables_et_les_Merveilleuses" target="_blank">Directoire</a> vingt-deux drapeaux pris à l'ennemi. A son retour en Italie, Sérurier reçut le gouvernement de Venise. En 1798, il exerça un commandement sous les ordres de <a title="Biographie du général Joubert" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/29/les-generaux-de-napoleon-general-joubert-1769-1799/" target="_blank">Joubert</a>, puis passa à l'armée, de <a title="Biographie du général Barthélemy Schérer" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/03/general-barthelemy-scherer-1747-1804/" target="_blank">Schérer</a> et donna de nouvelles preuves de courage pendant la campagne, qui fut désastreuse pour nos armes. Schérer venait d'être remplacé par <a title="Biographie du général Moreau" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/10/les-generaux-de-napoleon-general-moreau-1763-1813/" target="_blank">Moreau</a> lorsque les Russes, sous les ordres de Souvarov attaquèrent l'armée. Sérurier, cerné par 17.000 hommes dans la village de Verderio (27 avril 1799), combattit toute la journée, épuisa complètement ses munitions et se vit contraint de capituler le lendemain. Remis en liberté sur parole peu de temps après, il revint à Paris, aida activement Bonaparte à perpétrer le <a title="Coup d'Etat du 18 brumaire" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/25/bonaparte-et-le-coup-detat-du-18-brumaire-an-viii-9-novembre-1799/" target="_blank">coup d'Etat du 18 brumaire</a> et fut nommé sénateur le 24 décembre suivant. Gouverneur des <a title="Site officiel des Invalides" href="http://www.invalides.org/" target="_blank">Invalides</a> et maréchal de France en 1804, grand-cordon de la <a title="Légion d'honneur - wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Officier_de_la_L%C3%A9gion_d'Honneur" target="_blank">Légion d'honneur</a> en 1805, comte en 1808, commandant de la garde nationale parisienne en 1809, il ne fit aucune campagne sous l'Empire. Lors de l'arrivée des armées alliées à Paris en 1814, il fit brûler dans la cour des Invalides, le 30 mars, 1.417 drapeaux et étendards pris sur l'ennemi, adhéra à la déchéance de Napoléon. Lorsque l'Empereur revint de l'<a title="Île d'Elbe - wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_d'Elbe" target="_blank">Île d'Elbe</a>, le maréchal Sérurier lui présenta une adresse de dévouement qu'il signa avec les invalides. Destitué au début de la <a title="Seconde Restauration - wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Restauration" target="_blank">seconde Restauration</a>, il vécut jusqu'à sa mort dans la retraite. Son désintéressement lui avait valu en 1798 le singulier surnom de <strong>Vierge d'Italie</strong>. Sa statue en bronzé a été érigée à Laon en 1864.</p>
<p>(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)</p>
<p><em>Liens : <a title="Biographie du maréchal Sérurier" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/25/les-marechaux-de-napoleon-marechal-serurier-1742-1819-comte-dempire/" target="_blank">Maréchal Sérurier (1742-1819)</a> - <a title="Maréchal Sérurier sur wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Mathieu_Philibert_S%C3%A9rurier" target="_blank">Maréchal Sérurier</a> sur Wikipedia</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[MARECHAL MURAT (1767-1815)]]></title>
<link>http://napoleonbonaparte.wordpress.com/?p=693</link>
<pubDate>Sat, 23 Feb 2008 17:15:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>napoleonbonaparte</dc:creator>
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<description><![CDATA[

Le voilà le Bernadotte du Midi.
Murat et Ney étaient les hommes les plus braves que j&#8217;aie ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a rel="attachment wp-att-799" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/23/marechal-murat-1767-1815/joachim-murat-1767-1815-roi-de-naples/" title="Joachim Murat (1767-1815), roi de Naples"><img src="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/files/2008/02/marechal-murat.jpg" alt="Joachim Murat (1767-1815), roi de Naples" /></a></p>
<blockquote>
<p align="center"><i>Le voilà le <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/22/les-marechaux-de-napoleon-marechal-bernadotte-1763-1844-prince-de-ponte-corvo/" title="Biographie du maréchal Bernadotte">Bernadotte</a> du Midi.</i></p>
<p align="center"><em>Murat et <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/20/les-marechaux-de-napoleon-marechal-ney-1769-1815-duc-delchingen-prince-de-la-moskowa/" title="Biographie du maréchal Ney">Ney</a> étaient les hommes les plus braves que j'aie jamais vus. Cependant Murat avait un caractère plus noble que Ney. Murat était généreux et franc ; Ney tenait de la canaille. Mais, chose étrange, quoique Murat m'aimât, il m'a fait plus de mal que qui que ce soit au monde...</em></p>
<p align="center"><em>Sa mort a été un assassinat car il était bien roi, ayant été reconnu par toutes les puissances</em></p>
<p align="center"><i>(<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_Ier" title="Biographie de Napoléon Ier - wikipedia">Napoléon Bonaparte</a>)</i></p>
</blockquote>
<p><strong>Maréchal MURAT</strong> (Joachim), maréchal de France, roi de Naples, né à La Bastide-Fortunière (Lot) le 25 mars 1767, fusillé au Pizzo le 13 octobre 1815. Destiné à l'état ecclésiastique par son père, qui était aubergiste, il fit ses humanités à Cahors et étudia le droit canon à Toulouse ; mais il renonça bientôt à suivre la carrière du sacerdoce et s'engagea dans un régiment de cavalerie. Un acte d'insubordination le fit renvoyer. Toutefois, il entra quelque temps après dans la garde constitutionnelle de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/03/15/louis-xvi-1754-1793-roi-de-france-1774-1792/" title="Biographie du roi Louis XVI">Louis XVI</a>, passa, après la suppression de cette garde, dans le 21e régiment de chasseurs à cheval et devint sous-lieutenant (1791). Exalté révolutionnaire , Murat demanda à changer son nom en celui de Marat, après l'assassinat de l'ami du peuple, ce qui lui valut d'être mis en disponibilité après le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chute_de_Robespierre" title="Chute de Robespierre - wikipedia">9 thermidor</a>, comme terroriste, pendant qu'il servait à l' <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_des_Pyr%C3%A9n%C3%A9es_occidentales" title="Armée des Pyrénées Occidentales - wikipedia">armée des Pyrénées occidentales</a>. Murat était alors chef de brigade. Il revint à Paris et, le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_royaliste_du_13_vend%C3%A9miaire_an_IV" title="Insurrection royaliste du 13 vendemiaire an IV - wikipedia">13 vendémiaire an IV</a>, il fut du nombre des républicains qui se levèrent spontanément pour la défense de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_nationale" title="Convention Nationale - wikipedia">Convention</a>. On le réintégra dans son grade. Bonaparte, qui avait pu l'apprécier dans cette journée, le prit pour aide de camp dans la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_d'Italie_(1796-1797)" title="Campagne d'Italie - wikipedia">campagne d'Italie</a> (1796), pendant laquelle il récompensa sa brillante valeur à <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Dego_(1796)" title="Bataille de Dégo - wikipedia">Dego</a>, Ceva, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mondovi" title="bataille de Mondovi - wikipedia">Mondovi</a> en le nommant général de brigade, et l'envoya porter au <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Directoire" title="Le Directoire - wikipedia">Directoire</a> les drapeaux pris sur l'ennemi. De retour en Italie, Murat donna de nouvelles preuves de sa bouillante intrépidité à Mantoue, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Combat_de_Rovereto" title="Combat de Rovereto - wikipedia">Rovereto</a>, Saint-Georges, ou il fut blessé, et contribua à forcer l'Autriche à demander la paix par l'audacieuse manœuvre qu'il fit exécuter à sa cavalerie le 13 mars 1797. Appelé l'année suivante à faire partie de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_d'%C3%89gypte" title="Campagne d'Egypte - wikipedia">expédition d'Egypte</a>, Murat fit des prodiges à la prise d'Alexandrie. A la <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/13/bataille-des-pyramides-1798/" title="Bataille des Pyramides">bataille des Pyramides</a> (23 juillet 1798), il gagna le grade de général de division ; au <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Saint-Jean-d'Acre_(1799)" title="Siège de Saint-Jean d'Acre - wikipedia">siège de Saint-Jean d'Acre</a>, il monta le premier à l'assaut. A <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/08/bataille-daboukir-1799/" title="Bataille d'Aboukir">Aboukir</a>, il se mesura corps à corps avec Mustapha-Pacha, qu'il fit lui-même prisonnier, et il eut la plus grande part au succès de cette bataille. De retour à Paris avec Bonaparte, qui l'avait fait le confident de ses ambitieux projets, Murat, oubliant ses opinions républicaines, devint l'instrument docile du despote. C'est lui qui, au <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/25/bonaparte-et-le-coup-detat-du-18-brumaire-an-viii-9-novembre-1799/" title="Coup d'Etat du 18 brumaire">18 brumaire</a>, à la tête de grenadiers, violant la représentation nationale, dispersa le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Cinq-Cents" title="Conseil des Cinq-Cents - wikipedia">conseil des Cinq-Cents</a> et prononça sa dissolution. Pour prix de ce service, le premier consul lui donna le cominandement de la garde consulaire et la main de sa sœur <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/01/13/la-famille-de-napoleon-caroline-bonaparte-1782-1839-reine-de-naples/caroline-bonaparte-1782-1839-princesse-murat-reine-de-naples/" title="Biographie de Caroline Bonaparte">Caroline</a> (20 janvier 1800). Peu après, Murat suivit Bonaparte en Italie. Mis à la tête de toute la cavalerie de l'armée, il entra dans Milan le 2 juin, contribua puissamment à la victoire de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/12/bataille-de-marengo-1800/" title="Bataille de Marengo">Marengo</a>, puis fut chargé en 1801 de l'expulsion des Napolitains des Etats de l'Eglise, du gouvernement de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_cisalpine" title="République Cisalpine - wikipedia">république Cisalpine</a> et de la prise de possession de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_d'Elbe" title="Île d'Elbe - wikipedia">île d'Elbe</a>. De retour à Paris, il fut nommé député du Lot au Corps législatif, et Bonaparte l'accabla d'honneurs, le créant successivement gouverneur de Paris (1803), maréchal de l'Empire (1804), prince, grand amiral (1805), et lui conférant, après la <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/11/bataille-dausterlitz-1805/" title="Bataille d'Austerlitz">bataille d'Austerlitz</a>, dont il avait décidé le succès, le titre de grand-duc de Clèves et de Berg, avec la souveraineté de ces Etats (20 fév. 1806). Murat administra sa principauté avec un grand esprit de modération, s'attacha à ne pas pressurer ses sujets, à ne point les indisposer contre lui par des réformes administratives trop brusques, et s'attira à ce sujet de vifs reproches de Napoléon, qu'irritait la moindre apparence de liberté dans le gouvernetnent des peuples. Bien qu'habitué à subir l'ascendant de son irritable beau-frère, Murat, dit-on, refusa de mettre à exécution ses instructions tyranniques, et lui offrit un jour de se démettre de son pouvoir souverain. Tout en jouant le rôle d un petit monarque, Murat n'en était pas moins resté le lieutenant de Bonaparte. Lors de la coalition de 1806, il reprit le commandement de la cavalerie de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Arm%C3%A9e_(Premier_Empire)" title="Grande Amrée - wikipedia">grande armée</a>, et montra dans toutes les rencontres une incomparable impétuosité. Après avoir chargé les Prussiens à <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/13/bataille-diena-1806/" title="Bataille d'Iéna">léna</a>, il fit capituler Erfurt, puis Lubeck où commandait <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/03/16/general-gebhard-leberecht-von-blucher-1742-1819/" title="Biographie du général Blücher">Blücher</a>, marcha contre les Russes ; entra à Varsovie le 28 novembre. En 1807, il figura avec le même éclat aux batailles d'<a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/12/bataille-deylau-1807/" title="Bataille d'Eylau">Eylau</a> et de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/13/bataille-de-friedland-1807/" title="Bataille de Friedland">Friedland</a> et assista, le 21 iuin, à l'entrevue qu'eurent sur le Niémen le czar <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Ier_de_Russie" title="Alexandre 1er de Russie - wikipedia">Alexandre</a> et Napoléon. Murat allait, la paix conclue, retourner dans son grand-duché, lorsqu'il fut mis à la tête de l'expédition d'Espagne en 1808. Après une course rapide, les portes de Madrid lui furent ouvertes (25 mars). Peu après, il comprima dans le sang une insurrection formidable. <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_IV_d'Espagne" title="Biographie de Charles IV d'Espagne - wikipedia">Charles IV</a> l'investit de l'autorité royale et il se croyait déjà en possession de ce trône, lorsque Napoléon le donna à son frère <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/02/la-famille-de-napoleon-joseph-bonaparte-1768-1844-roi-despagne/" title="Biographie de Joseph Bonaparte">Joseph</a> (6 juin). Murat, de retour à Paris, manifesta son mécontentement, et pour le calmer son beau-frère lui donna le trône de Naples (15 juillet 1808). Le nouveau monarque, proclamé le 1er août sous le nom de <strong><em>Joachim Napoléon</em></strong>, commença, en arrivant dans son royaume, par enlever aux Anglais l'île de Capri, opéra de louables réformes dans l'administration, fit cesser les arrestations arbitraires, réorganisa l'armée et la marine, encouragea les sciences et les lettres et acquit une assez grande popularité. Son goût puéril pour la représentation, sa tenue de roi d'opéra-comique empanaché, loin de sembler ridicules, parurent au contraire plaire au peuple napolitain, avide de spectacles. Poussé par sa femme, qui avait pris sur son faible esprit un grand empire, Joachim voulut prendre son rôle de roi au sérieux et secouer la fatigante tutelle de Napoléon. N'ayant point été secondé par les troupes françaises lorsqu'il tenta, en 1809, d'enlever aux Anglais la Sicile, il en éprouva un vif mécontentement, dont il fit part à Napoléon, qui accueillit ses plaintes avec sa hauteur habituelle ; son irritation s'en accrut. Joachim demanda alors, mais sans succès, le rappel des troupes françaises, et décréta que tous les étrangers, y compris les Français, qui occupaient des emplois dans son royaume devaient, pour les conserver, se faire naturaliser Napolitains. Mais Napoléon annula ces dispositions par un autre décret, signé aux Tuileries en 1811, et dans lequel il déclarait que, « le royaume de Naples faisant partie du grand empire, les citoyens français sont de droit citoyens des Deux-Siciles. » Cette mesure causa à Murat un tel dépit, qu'il en tomba malade et, pour s'en venger, il differa de célébrer la naissance du <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/01/15/la-famille-de-napoleon-napoleon-ii-1811-1832-roi-de-rome-et-empereur-des-francais/" title="Biographie de Napoléon II">roi de Rome</a> et affecta de ne plus porter le ruban de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gion_d%27honneur" title="Légion d'honneur - wikipedia">Légion d'honneur</a> (1811). La <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_de_Russie_(1812)" title="Campagne de Russie - wikipedia">guerre de Russie</a> apaisa momentanément cette querelle de famille. Le roi de Naples dut, sur l'ordre de son beau frère, prendre encore une fois le commandement de la cavalerie de la grande armée. Il donna de nouvelles preuves de sa brillante valeur dans les champs d'Ostrowno, de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/12/bataille-de-smolensk-1812/" title="Bataille de Smolensk">Smolensk</a>, et surtout de la <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/16/bataille-de-la-moskowa-1812/" title="Bataille de la Moskowa">Moskowa</a>, où il enleva la grande redoute russe et décida la victoire (7 septembre 1812). Toutefois, il fut battu par <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Illarionovitch_Golenichtchev-Koutousov" title="Biogrpahie du général Koutousov">Koutousov</a> à Winkowa. Napoléon lui ayant confié le commandement des débris de l'armée pendant la retraite (5 décembre), Murat, découragé, le remit, à Wilna, entre les mains du <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/16/la-famille-de-napoleon-prince-eugene-de-beauharnais-1781-1824-vice-roi-italie/" title="Biographie du prince Eugène de Beauharnais">prince Eugène</a> et disparut furtivement (16 janvier 1813), abandonnant l'armée pour retourner à Naples, et, dès cette époque, pour conserver son trône, il entama de secrètes négociations avec l'Autriche et l'Angleterre. Toutefois, en 1813, il rejoignit Napoléon, prit part aux batailles de <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Dresde" title="Bataille de Dresde - wikipedia">Dresde</a>, de Vachau et de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/17/bataille-de-leipzig-1813/" title="bataille de Leipzig">Leipzig</a>, puis disparut encore, sous le prétexte de lever des troupes en Italie. Les désastres de la campagne fixèrent ses incertitudes. D'après les conseils de sa femme et de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/01/joseph-fouche-1759-1820-duc-dotrante/" title="Biographie de Joseph Fouché">Fouché</a>, il abandonna l'homme dont il voyait crouler la fortune. Par des traités des 6 et 11 janvier 1814 avec l'Angleterre et l'Autriche, il s'engage à fournir 30.000 hommes de troupes aux alliés, qui, en échange, lui garantissent sa couronne et lui promettent un accroissement de territoire. A la tète de son armée, il s'empara de Bologne, d'où il publia, le 30 juin 1814, une proclamation dans laquelle il disait, en s'adressant aux soldats : « L'empereur ne veut que la guerre. Je trahirais les intérêts de mon ancienne patrie, ceux de mes Etats et les vôtres si je ne séparais sur-le-champ mes armes des siennes pour les joindre à celles des puissances alliées, dont les intentions magnanimes sont de rétablir la dignité des trônes et l'indépedance des nations. » Cette défection fut un coup cruel pour Bonaparte, qui, d'après le <em>Mémorial de Sainte-Hélène</em>, l'a jugée en ces termes : « II est impossible de concevoir plus de turpitudes que n'en contenait la proclamation de Murat en se séparant du vice-roi. Il y est dit que le temps est venu de choisir entre deux bannières : celle du crime et celle de la vertu. C'était ma bannière qu'il appelait celle du crime. Et c'est Murat, mon ouvrage, le mari de ma sœur, celui qui me doit tout, qui n'eût rien été sans moi, qui n'est connu que par moi, qui écrivit cela ! Il est difficile de se séparer du malheur avec plus de brutalité, et de courir avec plus d'impudeur au-devant d'une nouvelle fortune. » Au mois de février 1814, Murat marcha contre le vice-roi d'Italie, qu'il força à se replier sur l'Adige, mais l'attaqua mollement. Peu après, le 2 avril, Napoléon était renversé et remplacé par <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/03/03/louis-xviii-1755-1824-roi-de-france-1814-1824/" title="Biographie de Louis XVIII">Louis XVIII</a>. Le roi de Naples trouva dans ce dernier, un adversaire déclaré. Il fut mis en discussion dans le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Congr%C3%A8s_de_Vienne" title="Congrès de Vienne - wikipedia">congrès de Vienne</a> et sentit la couronne glisser de sa tête. Il songea alors à son beau-frère, relégué à l'île d'Elbe, lui envoya des émissaires et l'assura d'une coopération efficace s'il voulait tenter de reconquérir son trône. Ayant appris, le 5 mars 1815, le débarquement de Napoléon en France, puis le succès, de son entreprise, il déclara qu'il regardait la cause de son beau-frère comme la sienne et que bientôt il le lui prouverait. En effet, il quitta Naples le 16 mars à la tête de son armée, après avoir diminué les impôts et promis une constitution représentative, et il s'avança en Italie en appelant les populations aux armes et à la liberté. Les Autrichiens se replièrent devant lui jusqu'au Pô ; mais là il fut repoussé et forcé de rétrograder à son tour. Bientôt une grande parde de son armée l'abandonna. Poursuivi par les troupes austro-anglaises, il essuya, le 2 mai, une complète défaite à <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Tolentino" title="Bataille de Tolentino - wikipedia">Tolentino</a>, après une bataille de deux jours. Rentré à Naples le 18, avec quelques hommes seulement, il promulgua la constitution annoncée ; mais il était trop tard. Dès le lendemain il dut quitter sa capitale, qui. fut occupée par les Autrichiens au nom de <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Ier_des_Deux-Siciles" title="Biographie de Ferdinand Ier des Deux-Siciles - wikipedia">Ferdinand IV</a>. Murat gagna Gaëte, débarqua à Cannes avec sa famille le 25 mai et envoya un courrier à Napoléon pour lui annoncer son arrivée et se mettre à ses ordres. Mais celui-ci ne répondit point à son beau-frère et même lui fit interdire l'accès de Paris par Fouché. Il devait regretter plus tard cette détermination, lorsqu'il disait à <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_Sainte-H%C3%A9l%C3%A8ne" title="Île de Sainte-Hélène - wikipedia">Sainte-Hélène</a>, en parlant de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/19/bataille-de-waterloo-1815/" title="Bataille de Waterloo">Waterloo</a> : « Murat nous eût valu peut-être la victoire ; car que nous fallait-il dans certains moments de la journée ? enfoncer trois ou quatre carrés anglais. Or, Murat était admirable pour une pareille besogne. Il était précisément l'homme de la chose ; jamais, à la tête d'une cavalerie, on ne vit quelqu'un de plus déterminé, de plus brave, de plus brillant. » Murat se disposait à aller habiter près de Lyon, lorsque arriva la nouvelle de la défaite de Waterloo. La sanglante réaction royaliste qui éclata alors dans le Midi le força à chercher une retraite obscure dans le Var. Là, il reçut de nombreuses visites d'officiers français et d'intrigants, qui, flattant son esprit aventureux, le poussaient à retourner à Naples, en lui montrant le peuple prêt à, se soulever en sa faveur ! Murat se laissait aller à cette illusion. « Je n'ai pas besoin, disait-il à un de ses officiers qui s'efforçait de le détourner de ce rêve d'une seconde restauration désormais impossible, je n'ai pas besoin d'un bataillon de vieux soldats pour rallier les populations à mon drapeau ; mon nom seul suffit : je partirai seul, si mes amis ne veulent pas me suivre. » Toutefois, il finit par céder aux conseils d'amis plus clairvoyants, sollicita de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Ier_d'Autriche" title="Biographie de François Ier d'Autriche - wikipedia">empereur d'Autriche</a>, par l'entremise du duc d'Otrante, l'autorisation de se rendre dans ses Etats avec sa famille et reçut une réponse favorable. Sur ces entrefaites, il fut averti par les autorités de Marseille qu'une troupe de bandits royalistes devait l'enlever ou le tuer dans la nuit du 17 au 18 juillet. Murat alla se réfugier à Toulon, où il passa quelques jours, puis se cacha près de cette ville. Il allait chercher une retraite auprès d'un de ses amis, dans les environs de Roanne, en attendant la conclusion de ses derniers arrangements avec le cabinet de Vienne, lorsqu'il apprit qu'un bâtiment de commerce allait faire voile pour le Havre. Le capitaine de ce navire consentit à le recevoir à son bord le matin, à la sortie du port. Mais Murat, empêché par la violence des flots, ne put parvenir jusqu'à ce bâtiment, qui s'éloigna. En ce moment, sa tête venait d'être mise à prix. Il dut chercher un asile dans la montagne, chez une pauvre bûcheronne. Au bout de huit jours, ses amis parvinrent à lui procurer une barque pour se rendre en Corse. Pendant la traversée, une tempête s'éleva, et l'ancien roi de Naples allait être englouti lorsqu'il fut recueilli par le paquebot de Toulon à Bastia. Arrivé dans cette ville, il ne s'y trouva point en sûreté et se rendit à Vescovato, où il put, après tant d'agitations, goûter quelques moments de repos chez le général Franceschetti. Les intrigues qui l'avaient assiégé en Provence le poursuivirent en Corse, dit Germain Sarrut, à qui nous emprunterons le dernier et dramatique épisode de la vie de Murat ; des émissaires de France et d'Italie renouvelèrent leurs suggestions perfides ; à les en croire, Naples et les principales villes du royaume attendaient et pressaient de leurs vœux le retour de Joachim. Malheureusement pour lui, les plus sages, les plus prudents de ses amis n'étaient pas à Vescovato. Leur voix ne put combattre ni balancer l'influence des mauvais conseils ; il se décida aussitôt à tenter une entreprise dont trop de gens lui garantissaient le facile succès. Il lui fut aisé de trouver, de recruter en Corse un certain nombre de soldats, et il nolisa six barques, sur lesquelles il fit transporter secrètement des armes et des munitions ; pour se procurer les fonds nécessaires à ce coup de main, il mit ses diamants en gage. Tous les préparatifs étaient terminés, lorsque le comte Macirone vint le trouver ; il lui apportait de Paris les passeports en vertu desquels il était autorisé à se rendre et à vivre dans les Etats autrichiens. Après avoir lu les conditions qui lui étaient faites, Murat s'écria : « II est troptard ! le sort en est jeté ; dans un mois, je serai à Naples. » Et il mit à la voile dans la nuit du 28 septembre 1815. II avait confié le commandement de sa petite escadrille à un ancien capitaine de frégate, qui devait à la faveur de Murat ce grade dans la marine napolitaine ; il se nommait Barbara, et bien que quelques avis fussent parvenus à Joachim sur le compte de cet homme, dont on l'engageait à se défier, il croyait à son dévouement et à son courage. Contrariés par les vents, les bâtiments dont se composait l'escadrille furent dispersés, le 5 octobre, par une tempête, et quand, dans la matinée du 6, on fut en vue des côtes des Calabres, les signaux ne purent rallier qu'une seule barque qui contenait 40 soldats. Un officier qui avait été envoyé pour répondre aux questions de la douane avait été retenu prisonnier : les douaniers menaçaient de faire feu si les barques ne s'éloignaient pas. Murat sembla reconnaître la nécessité d'une prompte retraite. Mais Barbara, qui avait reçu le prix de sa trahison, insista pour qu'on abordât au Pizzo, et Murat lui donna enfin l'ordre qu'il désirait. Quand la barque fut arrivée devant le port, les principaux officiers de Murat, qui n'avaient pas été consultés sur son nouveau projet, le supplièrent d'y renoncer ; ils voyaient bien que le roi courait à la mort. Il fut inflexible et donna le signal du débarquement. Avant de quitter sa barque, il prescrivit à Barbara de se tenir prêt a le recevoir avec sa suite dans le cas où ils seraient forcés de se rembarquer, 30 hommes environ, officiers, soldats et domestiques, l'accompagnèrent. Quelques cris de « vive Joachim ! » l'accueillirent lorsqu'il fut descendu sur le rivage ; 10 ou 12 canonniers gardes-côtes le suivirent ; mais à peine sa petite troupe avait-elle pris la route de Monteleone que des paysans, réunis, et commandés par un officier de gendarmerie nommé Cappellani, firent feu sur elle. Des rassemblements se formaient sur d'autres points. La résistance était impossible, et il fallut retourner sur ses pas. Mais lorsque Murat et ses compagnons furent revenus au rivage pour se rembarquer à la hâte, le bâtiment qui devait le recevoir et le capitaine Barbara qui devait les attendre avaient disparu, il ne restait au prince et à sa troupe aucun moyen de retraite. La populace du Pizzo s'était réunie aux paysans et aux gendarmes. Une décharge de fusils tua un des compagnons de Murat et en blessa sept autres. Fait prisonnier avec le reste de sa troupe, il fut conduit au fort ; il eut à subir les lâches insultes de Cappellani, qui le fouilla, lui enleva ses papiers et vingt-deux diamants. Le commandant supérieur de la province, le général Nunziante, arriva de Monteleone dans la nuit du s au 9, et son premier soin fut de faire transférer l'illustre prisonnier dans une chambre particulière. Le quatrième jour de sa détention, il fut prévenu par le général Nunziante que le gouvernement avait transmis, par le télégraphe, l'ordre de le retenir prisonnier, malgré ses réclamations pour être transporté sur un bâtiment portant le pavillon de la Grande-Bretagne. Dans la nuit du 13, ce général reçut l'ordre de former une commission militaire pour juger l'ex-roi de Naples : la veille, on avait éloigné de lui les généraux Franceschetti et Natale, qui étaient enfermés dans la même chambre. La commission militaire se composait d'officiers qui, pour la plupart, avaient reçu de Murat leurs grades et leurs décorations. Il était condamné d'avance ; son arrêt, prononcé dans la matinée du 13, lui fut annoncé à trois heures. Il était résigné à son sort ; il ne sollicita pas la faveur d'un recours auprès du monarque qui régnait à Naples ; il ne se plaignit pas ; à peine put-il obtenir la permission d'écrire à sa femme. Murat descendit alors dans une des cours intérieures du fort, où se trouvaient réunis 20 gendarmes ; en passant devant le front de ce détachement, il lui adressa un salut militaire. L'officier chargé de faire exécuter la sentence voulut lui mettre un bandeau sur les yeux ; il le refusa ainsi que la chaise qu'on lui offrit : « J'ai trop souvent bravé la mort pour la craindre » dit-il, d'un ton ferme, mais sans jactance. Puis il prononça, en faveur de ses compagnons, quelques paroles qui furent interrompues par le signal de mort ; il tomba, et quand on le releva pour l'aller ensevelir dans une fosse préparée au cimetière du Pizzo, il pressait encore sur son cœur le portrait de sa femme. « Sorti des montagnes des Pyrénées comme un soldat qui cherche aventure, dit <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_de_Lamartine" title="Biographie d'Alphonse de Lamartine - wikipedia">Lamartine</a>, signalé à l'armée par sa bravoure, offert au premier consul par le hasard, devenu cher et utile par le zèle et par l'amitié, élevé à la main de la sœur de Bonaparte par sa beauté et par son amour, porté aux grands commandements par la faveur, au trône par l'intérêt de famille, à l'infidélité par l'ambition de sa femme et par la faiblesse du père pour ses enfants, précipité par le contre-coup de la chute de l'Empire, disgracié à la fois par Napoléon et par ses ennemis, incapable de l'obscurité et de la médiocrité après tant d'éclat et tant de fortune, se jetant de désespoir dans l'impossible et ne trouvant que la mort, mais tombant, jeune encore, avec toute sa renommée, emportant, sinon l'estime entière, au moins tout l'intérêt et toute la compassion des contemporains, laissant à la postérité un de ces noms qui éblouissent les âges, où l'on trouvera des ombres sans doute, mais pas de crimes : tel fut Murat ! Deux patries le revendiqueront : la France qu'il servit, l'Italie qu'il gouverna. Mais il appartient,  avant tout, au monde de l'imagination et  de la poésie ; homme de la fable par ses aventures, homme de la chevalerie par son caractère, homme de l'histoire par son époque. Il mérita, plus que tout autre, l'épitaphe rarement méritée par ceux qui servent ou qui gouvernent les cours : homme de cœur, dans toute la grandeur et toute la sensibilité du mot. Aussi l'histoire, qui aura de l'enthousiasme et des reproches, aura surtout des larmes pour lui. » Murat aimait le luxe, l'apparat, les richesses du costume, la pompe des cérémonies. « Au moment d'une bataille, dit Béguin, il se revêtait de son plus brillant uniforme, il implantait dans son panache une aigrette étincelante de diamants, et il aimait à parader devant les troupes. Guerrier, il n'eut pas, comme <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/04/general-louis-lazare-hoche-1768-1797/" title="Biographie du général Louis-Lazare Hoche">Hoche</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/16/les-generaux-de-napoleon-general-desaix-1768-1800/" title="Biographie du général Desaix">Desaix</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/19/les-generaux-de-napoleon-general-kleber-1753-1800/" title="Biographie du général Kléber">Kléber</a> et <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/20/les-marechaux-de-napoleon-marechal-lannes-1769-1809-duc-de-montebello/" title="Biographie du maréchal Lannes">Lannes</a>, ce génie stratégique qui prépare un plan de campagne ainsi qu'on crée le plan d'un grand poème ; mais nul mieux que lui ne sut saisir à propos d'un mouvement, distribuer, réunir, mouvoir des masses de cavalerie, tenter d'incroyables hardiesses et forcer la fortune. Roi, il gouverna sagement, libéralement et se fit aimer. Arrivé sur le trône avec 12 millions de fortune personnelle, qu'il dépensa dans l'intérêt du royaume de Naples, il en descendit ruiné, presque sans aucunes ressources. » De son mariage avec Caroline Bonaparte, il avait eu deux fils et deux filles : Napoléon-Achille Murat, né en 1801, mort aux Etats-Unis en 1847 ; Napoléon-Lucien-Charles, né à Milan en 1803 ; Laetitia-Joséphine, née en 1802 et qui a épousé le comte Pepoli de Bologne ; enfin Louise-Julie-Caroline, née en 1805 et femme du comte Rasponi de Ravenne.</p>
<p>(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)</p>
<p><em>Liens : <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/20/les-marechaux-de-napoleon-marechal-murat-1767-1815-prince-roi-de-naples/" title="Biographie du maréchal Murat">Maréchal Murat (1767-1815), prince, roi de Naples</a> - <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joachim_Murat" title="Biographie du maréchal Murat sur wikipedia">Maréchal Murat</a> sur Wikipedia</em><br />
 </p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[MARECHAL LEFEBVRE (1755-1820)]]></title>
<link>http://napoleonbonaparte.wordpress.com/?p=707</link>
<pubDate>Fri, 22 Feb 2008 19:57:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>napoleonbonaparte</dc:creator>
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Au siège de Dantzig, il ne m&#8217;écrivait que des sottises ; mais, lorsque les Russes débarqu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a rel="attachment wp-att-770" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/22/marechal-lefebvre-1755-1820/francois-joseph-lefebvre-capitaine-du-13e-batillon-dinfanterie-legere-en-1792-1755-1820/" title="François-Joseph Lefebvre, capitaine du 13e batillon d’infanterie légère en 1792 (1755-1820)"><img src="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/files/2008/02/blog-marechal-lefebvre.jpg" alt="François-Joseph Lefebvre, capitaine du 13e batillon d’infanterie légère en 1792 (1755-1820)" /></a></p>
<blockquote>
<p align="center"><i>Au siège de Dantzig, il ne m'écrivait que des sottises ; mais, lorsque les Russes débarquèrent, il se trouva dans son élément et ses rapports devinrent ceux d'un homme qui voit bien.</i></p>
<p align="center"><i>(<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_Ier" title="Biographie de Napoléon Ier - wikipedia">Napoléon Bonaparte</a>)</i></p>
</blockquote>
<p><strong>Maréchal LEFEBVRE</strong> (François-Joseph), duc de Dantzig, maréchal de France, né à Ruffach, département du Haut-Rhin, le 25 octobre 1755, mort à Paris le 14 septembre 1820. Fils d'un meunier qui avait servi quelque temps comme hussard, il perdit son père à l'âge de huit ans. L'enfant passa entre les mains d'un ecclésiastique, son oncle, qui le garda près de lui et chercha à le pousser vers l'Eglise ; mais Lefebvre avait du sang de soldat dans les veines, et, quand il ent atteint sa dix-huitième année, il s'enrôla dans les gardes-françaises. Il lui fallut quinze ans pour arriver au grade de sergent, qu'il venait d'obtenir quand éclata la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise" title="Révolution Française - wikipedia">Révolution</a>. Incorporé dans le bataillon des Filles-Saint-Thomas, il fut chargé de son instruction militaire. Nommé capitaine au 13e régiment d'infanterie légère, puis promu, le 2 décembre 1793, au grade de général de brigade à l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_la_Moselle" title="Armée de la Moselle - wikipedia">armée de la Moselle</a>, sous les ordres de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/04/general-louis-lazare-hoche-1768-1797/" title="Biographie du général Louis-Lazare Hoche">Hoche</a>, dont il avait été l'instructeur aux gardes-françaises, Lefebvre passa général de division le 10 janvier 1794. A partir de ce moment, il commanda presque continuellement les avant-gardes aux armées des Vosges, de la Moselle, de Rhin-et-Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Danube. A <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Fleurus_(1794)" title="Bataille de Fleurus - wikipedia">Fleurus</a>, il ramène en avant les deux ailes de l'armée française qui battaient en retraite et enfonce les Autrichiens. Après la bataille d'Aldenhoven, les habitants de Lennich, incendiée par l'ennemi en retraite, viennent implorer la générosité du vainqueur. Lefebvre les présente à ses soldats, qui partagent leur pain avec ces malheureux. A Altenkirchen (1796), il enlève aux Autrichiens 4 drapeaux, 12 canons et fait 3.000 prisonniers. En 1798, il prit, après la mort de Hoche, le commandement provisoire de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_Sambre-et-Meuse" title="Armée de Sambre et Meuse - wikipedia">armée de Sambre-et-Meuse</a>, puis, l'année suivante, passa à l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_du_Danube" title="Armée du Danube - wikipedia">armée du Danube</a> que commandait <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/24/les-marechaux-de-napoleon-marechal-jourdan-1762-1833/" title="Biographie du maréchal Jourdan">Jourdan</a>. A Stockach, avec 8.000 hommes, il arrête 36.000 Autrichiens, et, grièvement blessé au bras, revient a Paris, où le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Directoire" title="Le Directoire - wikipedia">Directoire</a> lui fait hommage d'une armure d'honneur. Le 11 mai le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Cinq-Cents" title="Conseil des Cinq-Cents - wikipedia">conseil des Cinq-Cents</a> le désigne comme l'un des candidats au Directoire, à la place de <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Cinq-Cents" title="Biographie de Jean-Baptiste Treilhard - wikipedia">Treilhard</a>, membre sortant ; mais le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Anciens" title="Conseil des Anciens - wikipedia">conseil des Anciens</a> se montre hostile à son élection. Comme compensation, on le nomma commandant de la dix-septième division militaire, avec Paris pour quartier général. Mêlé aux conspirateurs de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/category/evenements-de-la-revolution-du-consulat-et-de-lempire/consulat/" title="Coup d'Etat du 18 brumaire">brumaire</a>, Lefebvre, à la tête de vingt-cinq grenadiers, décida, dans la journée du 18, par son intervention, le sort de ce criminel attentat contre la représentation nationale. Sans sa condamnable complicité, l'Empire était étouffé dans son germe ; aussi, en 1800, après la pacification des départements de l'Eure, de la Manche, du Calvados et de l'Orne, fut-il admis au Sénat sur la proposition du premier consul. Compris, en 1804, dans la première promotion des maréchaux de l'Empire, et nommé successivement chef de la cinquième cohorte, grand officier et grand-aigle de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gion_d%27honneur" title="Légion d'honneur - wikipedia">Légion honneur</a>, puis chargé du commandement des gardes nationales de la Roër, du Rhin-et-Moselle et du Mont-Tonnerre, Lefebvre prit, en 1806, dans la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Arm%C3%A9e_(Premier_Empire)" title="Grande Armée - wikipedia">grande armée</a>, le commandement d'une division dirigée contre les Prussiens, et commanda, à <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/13/bataille-diena-1806/" title="Bataille d'Iéna">léna</a>, la garde impériale à pied. Après la <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/12/bataille-deylau-1807/" title="Bataille d'Eylau">bataille d'Eylau</a> il reçut l'ordre d'assiéger <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/11/siege-de-dantzig-1807/" title="Siège de Dantzig">Dantzig</a>, défendu par. 18.000 Prussiens, 3.000 Russes et une nombreuse milice bourgeoise. Le siège dura cinquante et un jours, et, pendant tout ce temps, le général français disait à ses artilleurs : « Je n'entends rien à votre affaire, mais fichez-moi un trou, et je passerai. » La brèche faite, il se jeta dans la place et l'emporta de vive force ; mais il rendit à la garnison prisonnière et à son chef, le maréchal Kalkreuth, les honneurs de la guerre. Ce fait d'armes valut au vainqueur le titre de duc de Dantzig. En 1808, Lefebvre prend le commandement du 4e corps de l'armée d'Espagne, gagne les bataillas de Durango et d'Espinola ; puis, appelé en Allemagne en il se met à la tête de l'armée bavaroise et va soumettre le Tyrol. En 1812, il commande en chef la garde impériale, et, pendant la désastreuse retraite de Russie, marche constamment à sa tête. En 1814, il se battit à <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/09/bataille-de-montmirail-1814/" title="Bataille de Montmirail">Montmirail</a>, à <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/08/bataille-darcis-sur-aube-1814/" title="Bataille d'Arcis sur Aube">Arcis-sur-Aube</a> et à <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/09/bataille-de-champaubert-1814/" title="Bataille de Champaubert">Champaubert</a> ; quand il arriva à Paris, les alliés l'occupaient depuis quelques jours. Il se laissa faire <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pair_de_France" title="Pairie de France - wikipedia">pair de France</a> par la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration_fran%C3%A7aise" title="Restauration Française - wikipedia">Restauration</a>, puis, pendant les <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/03/20/les-cent-jours/" title="Les Cent-Jours">Cent-Jours</a>, il siégea à la Chambre impériale des pairs. A sa seconde rentrée, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/03/03/louis-xviii-1755-1824-roi-de-france-1814-1824/" title="Biographie de Louis XVIII">Louis XVIII</a> le destitua ; mais, en une ordonnance le rappela dans le corps privilégié. Au bout d'un an, une hydropisie de poitrine enlevait le duc de Dantzig, qui fut, suivant son désir, inhumé au Père-Lachaise, auprès de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/21/les-marechaux-de-napoleon-marechal-massena-1758-1817-duc-de-rivoli-prince-dessling/" title="Biographie du maréchal Masséna">Masséna</a>. Brusque, mais cordial, et dénué de toute instruction, Lefebvre avait souvent été l'objet des moqueries de la cour impériale ; l'aristocratie de la Restauration s'apprêtait à renchérir sur celle-ci. D'un mot, le soldat mit un terme au bavardage des sots. Un fat faisait devant lui, avec importance, le dénombrement de ses ancêtres. « Eh ! ne soyez pas si fier, répliqua le,maréchal, moi, je suis un ancêtre. » Alors qu'il n'était encore que sergent aux gardes-françaises, il avait épousé la blanchisseuse de la compagnie, rude femme du peuple qui conserva dans la prospérité ses allures simples et sans façon, La femme du préfet de Seine-et-Marne visitait souvent la maréchale Lefebvre, au château de Combault. Un jour, la maréchale ouvrit une armoire dans laquelle on voyait, rangés par ordre chronologique, les différents costumes qu'elle et son mari avaient portés depuis leur mariage, « Voici, dit-elle, une galerie d'habits de conditions bien diverses. Nous avons été curieux de conserver tout cela : il n'y a pas de mal à revoir ces sortes de choses-là, de temps en temps, comme nous le faisons ; c'est le moyen de ne pas les oublier. » Elle avait donné à son mari quatorze enfants, dont douze fils. Pas un ne survécut ; les deux derniers moururent à l'armée.</p>
<p>(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)</p>
<p><em>Liens : <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/25/les-marechaux-de-napoleon-marechal-lefebvre-1755-1820-duc-de-dantzig/" title="Biographie du maréchal Lefebvre">Maréchal Lefebvre (1755-1820) duc de Dantzig</a> - <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Joseph_Lefebvre" title="Biographie du maréchal Lefebvre">Maréchal Lefebvre</a> sur Wikipedia</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[MARECHAL KELLERMANN (1735-1820)]]></title>
<link>http://napoleonbonaparte.wordpress.com/?p=709</link>
<pubDate>Wed, 20 Feb 2008 21:30:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>napoleonbonaparte</dc:creator>
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<description><![CDATA[

Kellermann était un brave soldat, extrêmement actif, avait beaucoup de bonnes qualités, mais il]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a rel="attachment wp-att-861" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/20/marechal-kellermann-1735-1820/marechal-francois-christophe-kellermann-1735-1820-duc-de-valmy-2/" title="Maréchal François-Christophe Kellermann (1735-1820) duc de Valmy"><img src="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/files/2008/03/marechal-kellermann2.jpg" alt="Maréchal François-Christophe Kellermann (1735-1820) duc de Valmy" /></a><a rel="attachment wp-att-728" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/20/marechal-kellermann-1735-1820/general-francois-christophe-kellermann-vainqueur-de-la-bataille-de-valmy-20-septembtre-1792/" title="Général François-Christophe Kellermann, vainqueur de la bataille de Valmy (20 septembtre 1792)"></a></p>
<blockquote>
<p align="center"><i>Kellermann était un brave soldat, extrêmement actif, avait beaucoup de bonnes qualités, mais il était tout à fait privé des moyens nécessaires pour la direction en chef d'une armée. Il ne fit dans la conduite de cette guerre d'Italie que des fautes.</i></p>
<p align="center"><i>(<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_Ier" title="Biographie de Napoléon Ier - wikipedia">Napoléon Bonaparte</a>)</i></p>
</blockquote>
<p><strong>Maréchal KELLERMANN</strong> (François-Christophe), duc de Valmy, maréchal de France, né à Strasbourg en 1735, mort en 1820. Il s'enrôla en et fit la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Sept_Ans" title="Guerre de sept ans - wikipedia">guerre de Sept ans</a>. Envoyé en Pologne, en 1771, avec le petit corps chargé de seconder la confédération de Bar, il se distingua au combat de Cracovie et fut nommé, après son retour en France, lieutenant-colonel, colonel en 1784 et maréchal de camp en Lorsque la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise" title="Révolution Française - wikipedia">Révolution</a> éclata, Kellermann adhéra avec chaleur aux idées nouvelles. Il reçut, en 1791, le commandement des troupes de l'Alsace, parvint à déjouer les intrigues de l'émigration sur cette frontière, empocha les Autrichiens d'envahir l'Alsace et la Lorraine, et fut nommé général en chef de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_du_Centre" title="Armée du Centre - wikipedia">armée du Centre</a> le 23 août 1792. Ayant reçu l'ordre de rejoindre <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fran%C3%A7ois_Dumouriez" title="Biographie du général Charles-François Dumouriez - wikipedia">Dumouriez</a> pour repousser les Prussiens de la Champagne, il opéra sa jonction le 19 septembre, et dut, dès le lendemain, livrer bataille aux alliés sur les hauteurs de <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Valmy" title="Bataille de Valmy - wikipedia">Valmy</a>. Agitant son chapeau au bout de son sabre, au cri de : <em>Vive la nation !</em> il entraîna, dans un élan d'enthousiasme, les jeunes troupes républicaines, qui enfoncèrent ; les lignes ennemies et décidèrent la victoire. Cette victoire éclatante, dont le nom glorieux devait être ajouté plus tard à celui de Kellermann, produisit un énorme effet moral sur la nation et contraignit les étrangers, frappés de stupeur, à évacuer notre sol. Peu après, Kellermann reçut le commandement de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_la_Moselle" title="Armée de Moselle - wikipedia">armée de la Moselle</a>. Accusé par <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_Philippe_de_Custine" title="Biographie du général Adam-Philippe de Custine - wikipedia">Custine</a> de ne l'avoir pas secondé dans ses opérations sur le Rhin, il n'eut pas de peine à se justifier devant la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_nationale" title="Convention Nationale - wikipedia">Convention</a> (14 novembre). Il venait d'être nommé général en chef de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_des_Alpes" title="Armée des Alpes - wikipedia">armée des Alpes</a>, lorsque, à la suite d'une nouvelle dénonciation de Custine il dut se rendre à Paris. Il donna les explications les plus satisfaisantes et reçut, en mai 1793, le commandement des armées des Alpes et d'Italie. Chargé, peu après, de réduire la ville de Lyon, insurgée contre la Convention, il montra une certaine répugnance à faire le siège de cette ville, laissa le commandement des troupes assiégeantes au général Dumuy et alla repousser les Piémontais, qui venaient de pénétrer en France par la vallée de Sallanches pour secourir les Lyonnais. Reprenant aussitôt l'offensive, il les battit à diverses reprises, les força à évacuer la Tarentaise et la Maurienne et apprit, sur ces entrefaites, que Lyon venait de capituler. L'attitude hésitante qu'il avait prise vis-à-vis des insurgés royalistes de Lyon avait vivement indisposé les commissaires de la Convention. Sur leur rapport, Kellermann fut destitué, arrêté le 18 octobre et détenu treize mois à la Conciergerie. Mis en liberté après le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chute_de_Robespierre" title="Chute de Robespierre - wikipedia">9 thermidor</a>, il reprit le commandement de ses deux armées et soutint, pendant toute la campagne de 1795, avec 47.000 soldats, les attaques multipliées de l'armée autrichienne, forte de 150.000 hommes. Obligé de se replier devant des forces si supérieures, il livra quarante combats dans lesquels il remporta presque toujours l'avantage et empêcha l'ennemi d'envahir la Provence. Bonaparte ayant été mis, en 1796, à la tête de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_d'Italie" title="Armée d'Italie - wikipedia">armée d'Italie</a>, Kellermann n'eut plus que la seule armée des Alpes sous ses ordres, et fut réduit à une nullité presque absolue pendant la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_d'Italie_(1796-1797)" title="Campagne d'Italie - wikipedia">campagne d'Italie</a>. L'ambitieux Bonaparte était parvenu à le faire mettre à l'écart des opérations militaires, en écrivant au <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Directoire" title="Le Directoire - wikipedia">Directoire</a> : « Réunir Kellermann et moi en Italie, c'est vouloir tout perdre. Le général Kellermann a plus d'expérience et fera mieux la guerre que moi ; mais tous deux ensemble, nous la ferons mal. Je ne puis pas servir volontiers avec un homme qui se croit le premier général de l'Europe. » Lorsque l'armée des Alpes fut réunie à celle de Bonaparte, Kellermann revint à Paris et devint inspecteur général de la cavalerie de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_d'Angleterre" title="Armée d'Angleterre - wikipedia">armée d'Angleterre</a>, puis de l'armée de Hollande. Après le <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/25/bonaparte-et-le-coup-detat-du-18-brumaire-an-viii-9-novembre-1799/" title="Coup d'Etat du 18 brumaire">coup d'Etat du 18 brumaire</a>, Bonaparte le nomma membre du sénat, puis grand cordon de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gion_d%27honneur" title="Légion d'honneur - wikipedia">Légion d'honneur</a> (1802), maréchal de l'empire (1804), et enfin duc de Valmy. Pendant tout l'Empire, il ne remplit pas de commandement actif sur le champ de bataille. Il fut mis à la tête des armées de réserve du Rhin, d'Espagne et commanda les camps d'observation de l'Elbe et de la Meuse. Napoléon lui donna, non seulement la riche sénatorerie de Colmar, mais encore le domaine de Johannisberg, appartenant au prince de Mettermch. Séduit par ces dons, le vainqueur de Valmy, le chaud républicain de 1792 passa à l'état de plat adulateur du despote et demanda, en 1806, l'érection d'un monument en son honneur ; mais, en 1814, il s'empressa de voter la déchéance de Napoléon et de faire acte d'adhésion à <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/03/03/louis-xviii-1755-1824-roi-de-france-1814-1824/" title="Biographie de Louis XVIII">Louis XVIII</a>, qui le nomma commissaire extraordinaire dans la 3e division militaire, grand-croix de l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_royal_et_militaire_de_Saint-Louis" title="Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis - wikipedia">ordre de Saint-Louis</a> et <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pair_de_France" title="Pairie de France - wikipedia">pair de France</a>. Pendant les <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/03/20/les-cent-jours/" title="Les Cent-Jours">Cent-Jours</a>, le duc de Valmy se tint à l'écart et reprit, après la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Restauration" title="Seconde Restauration - wikipedia">seconde Restauration</a>, sa place à la Chambre haute, où il vota avec les libéraux.</p>
<p>(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)</p>
<p><em>Liens : <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/26/les-marechaux-de-napoleon-marechal-kellermann-1735-1820-duc-de-valmy/" title="Biographie du maréchal Kellermann">Maréchal Kellerman (1735-1820) duc de Valmy</a> - <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Christophe_Kellermann" title="Biographie du maréchal Kellermann">Maréchal Kellermann</a> sur Wikipedia</em><br />
 </p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) - LE CONSULAT]]></title>
<link>http://napoleonbonaparte.wordpress.com/?p=686</link>
<pubDate>Sat, 16 Feb 2008 23:27:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>napoleonbonaparte</dc:creator>
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<description><![CDATA[

Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l&#8217;ont commencée, elle est finie ! Il ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a rel="attachment wp-att-716" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/17/biographie-de-napoleon-bonaparte-1769-1821-le-consulat/les-trois-consuls-bonaparte-cambaceres-et-lebrun-recoivent-le-serment-des-presidents-de-section-le-25-decembre-1799-lors-de-linstallation-du-conseil-detat-au-palais-du-petit-luxembourg/" title="Les trois consuls, Bonaparte, Cambacérès, et Lebrun, reçoivent le serment des présidents de section le 25 décembre 1799 lors de l’installation du Conseil d’Etat au Palais du Petit-Luxembourg"><img src="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/files/2008/02/blog-les-trois-consuls.jpg" alt="Les trois consuls, Bonaparte, Cambacérès, et Lebrun, reçoivent le serment des présidents de section le 25 décembre 1799 lors de l’installation du Conseil d’Etat au Palais du Petit-Luxembourg" /></a></p>
<blockquote>
<p align="center"><i>Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée, elle est finie ! Il faut en commencer l'histoire et voir ce qu'il y a de réel et de possible dans l'application des principes et non ce qu'il y a de spéculatif et d'hypothétique.</i></p>
<p align="center"><i>(<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_Ier" title="Biographie de Napoléon Ier - wikipedia">Napoléon Bonaparte</a>)</i></p>
</blockquote>
<p>On sait que les vainqueurs de Saint-Cloud avaient fait rendre par un conciliabule de quelques députés complices ou gagnés, une loi qui instituait trois consuls provisoires chargés de réorganiser la République et de préparer une constitution. Le 20 brumaire, à cinq heures du matin, ces magistrats improvisés, Bonaparte, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/02/emmanuel-joseph-sieyes-1748-1836-comte-dempire/" title="Biographie d'Emmanuel-Joseph Sieyès">Sieyès</a> et <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/21/roger-ducos-1747-1816/" title="Biographie de Roger Ducos">Roger Ducos</a>, quittèrent Saint-Cloud et vinrent s'installer au <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_du_Luxembourg" title="Palais du Luxembourg - wikipedia">palais du Luxembourg</a>, qui avait été la résidence officielle du <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Directoire" title="Le Directoire - wikipedia">Directoire</a>. Dès leur première séance, le général prit plutôt qu'il ne reçut la présidence, et se dessina comme le maître réel de la situation, non sans un amer dépit de Sieyès, qui se croyait destiné au rôle prépondérant et se regardait comme l'héritier naturel du gouvernement renversé. Toutefois, sa réputation de métaphysicien politique le désignait évidemment comme le législateur du coup d'Etat. Ce fut lui, en effet, qui fut chargé d'élaborer la nouvelle constitution. La commission consulaire, qui craignait quelque tentative de résistance du parti républicain, organisa rapidement son gouvernement, et, pour s'attacher les classes riches et les débris des factions royalistes, abolit l'emprunt forcé et la <em>loi des otages</em>, qui plaçait sous la surveillance de la police les anciens nobles et les parents d'émigrés. Elle s'occupa ensuite de remédier à la pénurie du trésor, et comme aucune loi ne pouvait gêner son action dictatoriale, elle échappa facilement aux difficultés dans lesquelles s'était débattu le Directoire. L'emprunt forcé fut remplacé par une <em>subvention de guerre</em>, consistant en une addition de 25 centimes au principal des contributions foncière, mobilière et personnelle ; on obtint en outre des banquiers un prêt de millions en numéraire, pour faire face aux dépenses courantes ; enfin, on revint hardiment, en matière de contributions, à certaines pratiques de l'ancien régime ; on adopta un ensemble de mesures financières qui ramenèrent un peu d'argent dans les caisses de l'Etat. Parmi les premiers actes des consuls provisoires, il faut encore rappeler l'élargissement des prêtres réfractaires, des concessions au clergé, la fermeture de la plupart des sociétés politiques, la déportation prononcée contre les principaux chefs du parti républicain, parmi lesquels le <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/24/les-marechaux-de-napoleon-marechal-jourdan-1762-1833/" title="Biographie du maréchal Jourdan">général Jourdan</a> ; la suppression de la liberté de la presse, etc. On revint d'ailleurs, quand la victoire fut assurée, sur les mesures de rigueur prises contre les républicains, et la déportation fut changée en surveillance. En même temps Bonaparte, par l'entremise du <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Marie_Joseph_d'H%C3%A9douville" title="Biogeraphie de Marie-Joseph-Gabriel d'Hédouville - wikipedia">général Hédouville</a>, ouvrait avec les chefs royalistes des négociations qui aboutirent à une suspension d'armes dans l'Ouest, et distribuait à ses aides de camp des missions particulières auprès de certaines cours de l'Europe, comme un prince qui notifie son avènement. C'est ainsi qu'il envoya <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/16/les-generaux-de-napoleon-general-duroc-1772-1813-grand-marechal-du-palais-duc-de-frioul/" title="Biographie du général Duroc">Duroc</a> à Berlin, pour caresser le jeune souverain de la Prusse, et lui représenter que la dernière révolution était un retour à l'ordre et aux « saines traditions. » D'ailleurs, tous les actes du nouveau gouvernement portaient un caractère manifeste de réaction antirépublicaine : les émigrés rentraient en foule ; les patriotes étaient partout persécutés ou tout au moins comprimés ; tous les emplois étaient envahis par cette espèce d'ambitieux sans caractère et sans convictions, mais non pas sans talent, qui pendant un demi-siècle ont tour à tour servi et trahi tous les pouvoirs. Cependant, après les plus laborieux et les plus pénibles efforts, le nébuleux Sieyès avait enfanté son fameux projet de constitution, qui fut profondément modifié, suivant les convenances de Bonaparte. Le général se montra particulièrement intraitable sur cette conception singulière du <em>grand électeur</em>, espèce de roi fainéant qu'il nommait, dans son langage soldatesque, un <em>cochon à l'engrais</em>, et dont il ne voulait à aucun prix accepter le rôle inactif et fastueux. Ce qu'il voulait impérieusement, c'était la réalité du pouvoir suprême, sous quelque nom que ce fût ; de plus, il n'entendait en aucune manière être <em>absorbé</em> par le Sénat, comme le pouvait être en certains cas le grand électeur. Après de longues discussions, cette haute comédie politique se termina suivant ses désirs, ou plutôt sa volonté. Il fut arrêté que le pouvoir exécutif se composerait d'un <em>premier consul</em>, véritable roi qui concentrait à peu près tout le pouvoir entre ses mains et dont l'autorité pouvait même devenir perpétuelle, car il était nommé pour dix ans et de plus indéfiniment rééligible. Pour dissimuler un peu sa toute-puissance, on l'avait flanqué de deux autres consuls, nommés l'un et l'autre pour cinq ans, véritables satellites du premier, modestes assesseurs qui n'avaient que voix consultative, et qui, en réalité, n'étaient rien que de simples machines à représentation. La liste civile du premier consul fut fixée à 500.000 francs, et celle de chacun des deux autres à 150.000 francs. Le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_des_Tuileries" title="Palais des Tuileries - wikipedia">palais des Tuileries</a> leur était assigné pour résidence, et il leur, était accordé une garde consulaire. On voit que, malgré les vaines dénégations du parti dominant, c'était là une véritable restauration monarchique. Naturellement, Bonaparte fut nommé d'office premier consul, avec <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/18/jean-jacques-regis-cambaceres-1753-1824-archichancelier-de-lempire-duc-de-parme/" title="Biographie de Jean-Jacques-régis Cambacérès">Cambacérès</a> et <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/04/charles-francois-lebrun-1739-1824-architresorier-de-lempire-duc-de-plaisance/" title="Biographie de Charles-François Lebrun">Lebrun</a> pour deuxième et troisième consuls. Ces derniers, réunis aux deux consuls provisoires, nommèrent la majorité absolue du Sénat, qui se compléta lui-même, et dressa ensuite la liste des membres qui devaient composer le Corps législatif et le tribunat. En même temps, le pouvoir exécutif entrait en fonctions, choisissait ses agents et distribuait à ses créatures toutes les places créées par la constitution nouvelle, et dont la plupart étaient assez richement dotées. Après s'être ainsi constitué lui-même, le gouvernement soumit la constitution à l'acceptation du peuple français, au moyen de registres ouverts au secrétariat des administrations, au greffe des tribunaux, etc. Le résultat, connu et proclamé plus de trois mois après le <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/25/bonaparte-et-le-coup-detat-du-18-brumaire-an-viii-9-novembre-1799/" title="Coup d'Etat du 18 brumaire">coup d'Etat</a>, donna 3.011.007 suffrages eu faveur du pacte nouveau, et 1.562 contre. Cette constitution était d'ailleurs en vigueur depuis deux mois. Bonaparte déploya dès la première heure la même activité que dans ses opérations militaires. Il apporta dans le gouvernement de la République cette vigueur et cet esprit d'organisation qu'il avait appris à l'école de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise" title="Révolution Française - wikipedia">Révolution</a>. Il communiqua à tous les rouages du gouvernement une impulsion qu'il serait puéril de contester ; mais, en même temps, il se substitua entièrement à la République , il absorba toutes les libertés et profita de l'engouement dont il était l'objet pour faire rétrograder la Révolution, et ramener progressivement la France au régime avilissant du pouvoir absolu. Nous le savons, des systèmes qui ont eu leur minute de vogue ont fait de Napoléon le continuateur armé de la Révolution, le dictateur de la démocratie ; mais il n'est que trop évident qu'il n'a laissé subsister de cette Révolution que ce qu'il n'a pu détruire, que ce qu'il avait un intérêt immédiat à conserver. Bonaparte eut cette bonne fortune de trouver sous sa main un personnel de premier ordre, et il n'eut que l'embarras du choix pour organiser son gouvernement. «La Révolution française, dit M. Thiers, avait été prodigieusement féconde en hommes, dans tous les genres, et, si l'on voulait surtout ne plus tenir compte des exclusions prononcées par les partis les uns à l'égard des autres, on avait le moyen de composer le personnel de gouvernement le plus varié, le plus capable, ajoutons le plus glorieux. » Il suffïra de citer au hasard les noms suivants : <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Volney" title="Biographie de Volney - wikipedia">Volney</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine-Louis-Claude_Destutt_de_Tracy" title="Biographie d'Antoine-Louis-Claude Destutt de Tracy - wikipedia">de Tracy</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/13/gaspard-monge-1746-1818-comte-de-peluse/" title="Biographie de Gaspard Monge">Monge</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/31/lazare-carnot-1753-1823-comte-dempire/" title="Biographie de Lazare Carnot">Carnot</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Louis_Ginguen%C3%A9" title="Biographie de Pierre-Louis Ginguené - wikipedia">Ginguené</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Ducis" title="Biographie de Jean-François Ducis - wikipedia">Ducis</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/08/benjamin-henri-constant-de-la-rebecque-1767-1830/" title="Biographie de Benjamin Constant de la Rebecque">Benjamin Constant</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/04/martin-michel-charles-gaudin-1756-1841-duc-de-gaete/" title="Biographie de Martin-Michel-Charles Gaudin">Gaudin</a>, Sieyès, Roger Ducos, Cambacérès, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/02/charles-maurice-talleyrand-perigord-1754-1838-prince-de-benevent/" title="Biographie de Charles-Maurice Talleyrand-Périgord">Talleyrand</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/29/pierre-louis-roederer-1754-1835-comte-dempire/" title="Biographie de Pierre-Louis Roederer">Rœderer</a>, Lebrun, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/14/jean-baptiste-nompere-de-champagny-1758-1834-duc-de-cadore/" title="Biographie de Jean-Baptiste Nompère de Champagny">Champagny</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/20/jean-gerard-lacuee-1752-1841-comte-de-cessac/" title="Biographie de Jean-Gérard Lacuée">Lacuée</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/21/les-marechaux-de-napoleon-marechal-brune-1763-1815/" title="Biographie du maréchal Brune">Brune</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/29/les-marechaux-de-napoleon-marechal-marmont-1774-1852-duc-de-raguse/" title="Biographie du maréchal Marmont">Marmont</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Honor%C3%A9_Joseph_Antoine_Ganteaume" title="Biographie de Honoré-Joseph-Antoine Ganteaume - wikipedia">Ganteaume</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Defermon" title="Biographie de Jacques Defermon - wikipedia">Defermon</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Jacques_Claude_Joseph_Boulay_de_la_Meurthe" title="Biographie d'Antoine-Jacques-Claude-Joseph Boulay de la Meurthe - wikipedia">Boulay de la Meurthe</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Berlier" title="Biographie de Théophile Berlier - wikipedia">Berlier</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Fran%C3%A7ois_R%C3%A9al" title="Biographie de pierre-rançois Réal - wikipedia">Réal</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/13/jean-antoine-chaptal-1756-1832-comte-de-chanteloup/" title="Biographie de Jean-Antoine Chaptal">Chaptal</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Louis_Berthollet" title="Biographie de Claude-Louis Berthollet - wikipedia">Berthollet</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/04/pierre-simon-laplace-1749-1827-comte-dempire/" title="Biographie de Pierre-Simon Laplace">Laplace</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/03/michel-regnault-sain-jean-dangely-1761-1819-comte-dempire/" title="Biographie de Michel Regnault-Saint-Jean-d'Angély">Regnault de Saint-Jean d'Angely</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine-Fran%C3%A7ois_Fourcroy" title="Biographie d'Antoine-François Fourcroy - wikipedia">Fourcroy</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Jean_Georges_Cabanis" title="Biographie de Pierre-Jean-Georges Cabanis - wikipedia">Cabanis</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/01/joseph-fouche-1759-1820-duc-dotrante/" title="Biographie de Joseph Fouché">Fouché</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/22/abbe-gregoire-1750-1831-comte-dempire/" title="Biographie de l'abbé Grégoire">Grégoire</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/26/les-marechaux-de-napoleon-marechal-kellermann-1735-1820-duc-de-valmy/" title="Biographie du maréchal Kellermann">Kellermann</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique-Joseph_Garat" title="Biographie de Dominique-Joseph Garat - wikipedia">Garat</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Germain_%C3%89tienne_de_Laville-sur-Illon,_comte_de_Lac%C3%A9p%C3%A8de" title="Biographie de Bernard-Germain-Etienne de Lacépède - wikipedia">Lacépède</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph-Louis_Lagrange" title="Biographie de Jacques-Louis Lagrange - wikipedia">Lagrange</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine-Clair_Thibaudeau" title="Biogrpahie d'Antoine-Claire Thibaudeau - wikipedia">Thibaudeau</a>, Darcet, François de Neufchâteau, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Jean-Marie_Daubenton" title="Biogrpahie de Louis-Jean-Marie Daubenton - wikipedia">Daubenton</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Antoine_de_Bougainville" title="Biographie de Louis-Antoine de Bougainville - wikipedia">Bougainville</a>, Perregaux, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Malo_Corret_de_La_Tour_d'Auvergne" title="Biographie de Latour d'Auvergne - wikipedia">Latour d'Auvergne</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Joseph_Ch%C3%A9nier" title="Biographie de Marie-Joseph Chénier - wikipedia">M.-J. Chénier</a>, Andrieux, Arnault, Chauvelin, Stanislas de Girardin, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Daunou" title="Biographie de Pierre Daunou - wikipedia">Daunou</a>, Riouffe, Laromiguière, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Say" title="Biogrpahie de Jean-Baptiste Say - wikipedia">J.-B. Say</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Antoine_de_Boissy_d'Anglas" title="Biographie de François-Antoine de Boissy d'Anglas - wikipedia">Boissy d'Anglas</a>, Pastoret, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/21/jean-etienne-marie-portalis-1746-1807-pere-du-code-napoleon/" title="Biographie de Jean-Etienne-Marie Portalis">Portalis</a>, Quatremère de Quincy, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/20/les-amiraux-de-napoleon-vice-amiral-villaret-de-joyeuse-1747-1812-comte-dempire/" title="Biographie du vice-amiral Villaret-Joyeuse">Villaret-Joyeuse</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Barb%C3%A9-Marbois" title="Biographie de François Barbé-Marbois - wikipedia">Barbé-Marbois</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Jeanbon_Saint_Andr%C3%A9" title="Biographie d'André Jeanbon Saint André - wikipedia">Jean-Bon-Saint-André</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Bar%C3%A8re_de_Vieuzac" title="Biographie de Bertrand Barère de Vieuzac - wikipedia">Barère</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/10/les-generaux-de-napoleon-general-moreau-1763-1813/" title="Biographie du général Moreau">Moreau</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/21/les-marechaux-de-napoleon-marechal-berthier-1753-1815-prince-de-wagram-et-de-neuchatel/" title="Biographie du maréchal Berthier">Berthier</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/20/les-marechaux-de-napoleon-marechal-lannes-1769-1809-duc-de-montebello/" title="Biographie du maréchal Lannes">Lannes</a>, <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Louis_Alexis_Dubois_de_Cranc%C3%A9" title="Biographie d'Edmond-Louis-Alexis Dubois de Crancé - wikipedia">Dubois-Crancé</a>, Duroc, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/21/les-marechaux-de-napoleon-marechal-massena-1758-1817-duc-de-rivoli-prince-dessling/" title="Biographie du maréchal Masséna">Masséna</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/21/les-marechauxd-de-napoleon-marechal-augereau-1757-1816-duc-de-castiglione/" title="Biographie du maréchal Augereau">Augereau</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/03/bernard-hugues-maret-1763-1839-duc-de-bassano/" title="Biographie de Bernard-Hugues Maret">Maret</a>, Reinhart... Sans doute, il y avait parmi ces hommes des ambitieux sans scrupule, des lutteurs fatigués, quelques royalistes avoués, et beaucoup d'autres dont le caractère était énervé ; mais, en tout état de cause, c'étaient là des capacités de premier ordre, dont le maître de la France, merveilleusement servi par les circonstances, allait tirer, d'inappréciables services. Comme <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XIV" title="Biographie de Louis XIV - wikipedia">Louis XIV</a>, sa gloire allait absorber celle de tous les hommes supérieurs de son temps. Il célébra son avènement légal par diverses mesures propres à lui rallier le parti du passé, les vaincus de la Révolution. Les lois qui excluaient des fonctions publiques les parents d'émigrés et les ex-nobles furent abrogées ; les proscrits du <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d'%C3%89tat_du_18_fructidor_an_V" title="Coup d'Etat du 18 fructidor - wikipedia">18 fructidor</a> rappelés ; ou rendit au culte un grand nombre d'édifices religieux, et on substitua au serment à la constitution civile du clergé une simple promesse d'obéissance à la constitution de l'Etat ; enfin, les listes des émigrés furent closes, les radiations rendues plus faciles, et les fêtes républicaines supprimées, à l'exception de celles du <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_de_la_Bastille" title="Prise de la Bastille - wikipedia">14 juillet</a> et du <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_du_10_ao%C3%BBt_1792" title="Journée du 10 août 1792 - wikipedia">10 août</a>. Une suspension d'armes avait été signée avec les insurgés de l'Ouest, et des négociations entamées pour amener une pacification complète. Bonaparte fit les plus louables efforts pour arriver à ce grand résultat, en même temps qu'il faisait porter des propositions pacifiques à l'Angleterre, à l'Autriche et à la Russie. Mais cette première tentative ne servit qu'à mettre en lumière les difficultés que les prétentions mutuelles apportaient à la paix. D'un autre côté, le premier consul éprouvait à l'intérieur quelques embarras ; parmi ceux-là même qui s'étaient sincèrement ralliés à lui, il y en avait qui n'avaient pas perdu toute indépendance républicaine, et il se produisit, notamment dans le tribunat, des velléités d'opposition qui choquèrent fort le maître et augmentèrent son aversion pour les assemblées délibérantes. C'est sous l'empire de ce sentiment qu'il fit supprimer par une loi les municipalités cantonales, et qu'il confia l'administration des départements à des préfets, sous-préfets et maires, nommés par lui (janv. 1800). C'était un nouveau progrès et des plus importants dans le sens de la centralisation gouvernementale. Quant à l'organisation judiciaire, elle fut modifiée d'après les plans de Cambacérès. D'autres travaux d'administration furent encore accomplis, parmi lesquels il faut mentionner la création de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_de_France" title="Banque de France - wikipedia">Banque de France</a>. Cependant, les propositions de paix avaient été repoussées par l'Angleterre et par l'Autriche, ou du moins ces puissances y mettaient de telles conditions que l'honneur et les intérêts de la France ne permettaient pas d'accepter. Le premier consul, qui avait conduit ses négociations avec beaucoup d'intelligence et de sagesse, dut se préparer à faire de nouveau face à la coalition. Mais, avant d'entrer en campagne, il sentit la nécessité d'en finir avec la Vendée, de transformer la suspension d'armes en paix définitive ; il redoubla d'efforts, dirigea des forces vers l'Ouest, et par des concessions habiles, par un mélange de fermeté et d'esprit conciliateur, par des démarches auprès des chefs royalistes, il parvint à pacifier successivement les deux rives de la Loire, la Bretagne et la Normandie. A la fin de février 1800, les départements de l'Ouest étaient entièrement pacifiés. Ce beau résultat fut dû surtout à la vigueur et à la prudence du général Hédouville, qui seconda avec une intelligence admirable la sagesse du premier consul. Avant d'ouvrir la campagne de cette année, Bonaparte se hâta de clore la session du Corps législatif, puis d'aller s'installer en grande pompe aux Tuileries, d'où il avait fait enlever les emblèmes républicains, qu'il nommait maintenant des <em>cochonneries</em> ; enfin, de supprimer les journaux, à l'exception de treize,qui furent dûment avertis qu'à la moindre velléité d'indépendance ils seraient immédiatement supprimés. C'est à ce moment (mars 1800) que fut proclamé le vote, de la France sur la constitution, vaine et tardive formalité qui d'ailleurs n'eût rien changé au cours invincible des événements. Le lendemain du jour où il s'était installé dans le palais des rois, où palpitait encore le souvenir de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_nationale" title="Convention Nationale - wikipedia">Convention</a> et des grands comités, l'heureux Corse dit avec un sentiment d'orgueil à son secrétaire <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Antoine_Fauvelet_de_Bourrienne" title="Biographie de Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne - wikipedia">Bourrienne</a> : « Eh bien ! nous voilà donc aux Tuileries !... Maintenant, il faut y rester. » Ce trait est caractéristique, et il peint bien l'homme étrange qui, dans cet âge des grandes passions humanitaires, au milieu du combat des idées, n'eut jamais d'autre culte que lui-même, d'autre préoccupation que l'agrandissement de sa personnalité. Bientôt, cependant, il fallut se préparer à continuer la guerre contre la coalition européenne. Les derniers moments du Directoire avaient été marqués par des succès, et notamment par la mémorable victoire de Zurich. Mais l'Angleterre et l'Autriche, entraînant une partie des Etats de l'Allemagne, rentraient de nouveau en ligne et se disposaient à nous porter les plus terribles coups.</p>
<p>(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)</p>
<p><em>Suite -&#62; <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/17/biographie-de-napoleon-bonaparte-1769-1821-le-premier-consul/" title="Le Premier Consul">Le Premier Consul</a></em></p>
<p><a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/01/19/biographie-de-napoleon-bonaparte-1769-1821-bonaparte-par-pierre-larousse/" title="Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse"><i>Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse</i></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) - 18 ET 19 BRUMAIRE A SAINT-CLOUD]]></title>
<link>http://napoleonbonaparte.wordpress.com/?p=684</link>
<pubDate>Sat, 16 Feb 2008 13:06:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>napoleonbonaparte</dc:creator>
<guid>http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/16/biographie-de-napoleon-bonaparte-1769-1821-18-et-19-brumaire-a-saint-cloud/</guid>
<description><![CDATA[

Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent.
(N]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><a href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/files/2008/02/blog-18-19-brumaire.jpg" title="Napoléon Bonaparte lors du coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799)"></a><a rel="attachment wp-att-685" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/02/16/biographie-de-napoleon-bonaparte-1769-1821-18-et-19-brumaire-a-saint-cloud/bonaparte-lors-du-coup-detat-du-18-brumaire/" title="Napoléon Bonaparte lors du coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799)"><img src="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/files/2008/02/blog-18-19-brumaire.jpg" alt="Napoléon Bonaparte lors du coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799)" /></a></p>
<blockquote>
<p align="center"><i>Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent.</i></p>
<p align="center"><i>(<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_Ier" title="Biographie de Napoléon Ier - wikipedia">Napoléon Bonaparte</a>)</i></p>
</blockquote>
<p>Comme dans toutes les hautes comédies d'usurpation dont l'histoire nous offre le tableau, il s agissait toujours, dans ces projets d'envahissement de la puissance publique, de sauver la patrie. C'était par dévouement patriotique que les conjurés allaient se précipiter dans le gouffre du pouvoir absolu. On sait quels <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Curtius_%28h%C3%A9ros%29" title="Curtius - wikipedia">Curtius</a> c'étaient que les <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/02/charles-maurice-talleyrand-perigord-1754-1838-prince-de-benevent/" title="Biographie de Charles Maurice talleyrand-Périgord">Talleyrand</a>, les <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/02/emmanuel-joseph-sieyes-1748-1836-comte-dempire/" title="Biographie d'Emmanuel Joseph Sieyès">Sieyès</a> et les politiques de leur école, et combien la grandeur du pays et le bonheur public tenaient de place dans leurs préoccupations ! Un article de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_l'an_III" title="Constitution An III - wikipedia">Constitution de l'an III</a> investissait le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Anciens" title="Conseil des Anciens - wikipedia">conseil des Anciens</a> du droit de décréter, en cas de péril public, la translation du Corps législatif hors Paris. Cet article, né des vieilles rancunes girondines contre la capitale, allait servir de pivot à la conspiration. Il fut convenu que Sieyès , qui disposait de la majorité des Anciens, ferait présenter un décret de translation des conseils à Saint-Cloud, sous le prétexte d'un complot jacobin sur le point d'éclater. A cette mesure, on en ferait ajouter une autre que la Constitution n'autorisait pas, la nomination de Bonaparte au commandement des troupes de la division de Paris, de la garde nationale et de la garde du Corps législatif. Une fois les conseils réunis à Saint-Cloud, isolés et privés de tout moyen d'action, Sieyès et <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/21/roger-ducos-1747-1816/" title="Biographie de Roger Ducos">Roger Ducos</a> devaient envoyer leur démission de Directeurs ; on espérait arracher celle de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/02/paul-barras-1755-1829/" title="Biographie de Paul Barras">Barras</a> et des deux autres ; et, dans tous les cas, le gouvernement se trouvant désorganisé, on comptait imposer aux conseils la nomination du consulat tel qu'il avait été projeté. Une chose curieuse, c'est que les proclamations, par suite du retard de l'exécution, étaient prêtes plusieurs jours à l'avance. <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/03/michel-regnault-sain-jean-dangely-1761-1819-comte-dempire/" title="Biographie de Michel Regnault-Saint-Jean-d'Angely">Regnault</a> et Arnault avaient confié ce travail à un imprimeur de la rue Christine, nommé Delmonville. Le soir du 15, sachant déjà que l'affaire était remise, ils étaient allés tranquillement signer le bon à tirer, et ils laissèrent entre les mains du prote ces pièces accusatrices, dont la découverte pouvait tout faire échouer. Ils étaient niaisement convaincus que cet homme n'y comprendrait rien (un typographe ! ) On conviendra qu'en une circonstance aussi grave, une telle conduite touchait à l'ineptie. Ce prote obscur et discret, qui eut, pendant toute une nuit, entre ses mains la destinée de la France et celle de Napoléon, se nommait Bouzu. Dans la nuit du 17 au 18, les décrets furent préparés sous la direction de Cornet, membre du conseil des Anciens, et, vers 6 heures du matin, les lettres de convocation expédiées par des sous-officiers. On convoqua les Anciens pour 7 heures, et les <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Cinq-Cents" title="Conseil des Cinq-Cents - wikipedia">Cinq-Cents</a> pour 11 heures, en ayant soin d'oublier les membres dont on redoutait l'hostilité. De son côté, Bonaparte, agissant comme s'il eût été déjà revêtu du commandement, avait donné rendez-vous chez lui, pour 6 heures du matin, à tous les généraux et officiers sur lesquels il comptait. Le plus piquant, c'est que <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/25/les-marechaux-de-napoleon-marechal-lefebvre-1755-1820-duc-de-dantzig/" title="Biographie du maréchal Lefebvre">Lefebvre</a>, qui commandait la division de Paris, avait été également appelé. Il était tout dévoué au <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Directoire" title="Le Directoire - wikipedia">Directoire</a> ; mais Bonaparte l'enleva d'un mot : « Vous , l'un des soutiens de la République, la laisserez-vous périr entre les mains des avocats ? Tenez, voilà mon sabre des <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/13/bataille-des-pyramides-1798/" title="Bataille des Pyramides">Pyramides</a>, je vous le donne... » Le brave Alsacien s'écria, tout attendri : « Eh bien ! jetons les avocats à la rivière ! » Sous le nom d'avocats, c'était en réalité toute la France civile qu'on entendait écarter, pour inaugurer le règne d'une classe, celle des militaires. Comme on le voit, dans la bouche de Bonaparte, le mot <i>avocat</i> avait fait fortune. On sait que cet homme extraordinaire excellait dans l'emploi de ces dénominations à l'emporte-pièce. « C'est un <i>idéologue</i> » dira-t-il plus tard de quelque penseur que la fumée de la gloire n'aura point enivré, et voilà un homme voué au ridicule. Il savait excellemment que c'est avec des mots que l'on conduit les hommes, et il usait de cette arme puissante qu'il trouvait toujours à point dans son arsenal. Cependant les Anciens accourent aux Tuileries ; la séance s'ouvre : Cornet, personnage un peu grotesque, mais fort zélé, s empare de la tribune et déclame à froid contre les <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_des_Jacobins" title="Club des Jacobins - wikipedia">jacobins</a>, dans un langage et avec des figures qui eussent été du plus haut comique en toute autre circonstance. Suivant lui, un affreux complot est sur le point d'éclater ; les poignards sont levés, et la représentation nationale est perdue si le décret de translation n'est pas prononcé : « La République, ajoute-t-il, aura cessé d'exister et son squelette sera entre les mains de vautours qui s en disputeront les membres décharnés. » (Moniteur.) Après avoir débité cette pièce d'éloquence, il cède la place à <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2008/01/15/claude-ambroise-regnier-1736-1814-duc-de-massa/" title="Biographie de Claude-Ambroise Régnier">Régnier</a>, qui présente les décrets tout rédigés. La majorité était assurée à l'avance, et, grâce à la manière savante dont les convocations avaient été faites, toutes les mesures furent votées presque sans débat. Bonaparte, suivi d'un brillant cortège de généraux et d'officiers, vint au sein du conseil prêter le serment prescrit : « Représentants, dit-il, la République périssait, votre décret vient de la sauver... » Toutefois il évita adroitement de jurer la constitution. <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique-Joseph_Garat" title="Biographie de Dominique-Joseph Garat - wikipedia">Garat</a> voulut en faire l'observation, mais le président lui refusa la parole, sous le prétexte que le décret de translation étant prononcé, il ne pouvait plus y avoir de discussion qu'à Saint-Cloud. Cette réponse fut également faite par le président <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/03/la-famille-de-napoleon-lucien-bonaparte-1775-1840-prince-de-canino-et-musignano/" title="Biographie de Lucien Bonaparte">Lucien</a> aux membres des Cinq-Cents, qui se réunirent à 11 heures sous l'empire d'une vive émotion. Au nom de la constitution, qu'on se préparait à détruire, on ferma la bouche aux représentants, et tout débat dut être ajourné au lendemain. Paris était comme en état de siège ; les troupes prenaient position de tous les côtés, suivant les ordres donnés avant même que les décrets fussent rendus. <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/20/les-marechaux-de-napoleon-marechal-lannes-1769-1809-duc-de-montebello/" title="Biographie du Maréchal Lannes">Lannes</a> gardait les<br />
<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_des_Tuileries" title="Palais des Tuileries - wikipedia">Tuileries</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/29/les-marechaux-de-napoleon-marechal-marmont-1774-1852-duc-de-raguse/" title="Biographie du maréchal Marmont">Marmont</a> l'<a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_militaire_(France)" title="Ecole Militaire - wikipedia">Ecole militaire</a>, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/25/bonaparte-et-le-coup-detat-du-18-brumaire-an-viii-9-novembre-1799/" title="Biographie du maréchal Murat">Murat</a> fut envoyé à Saint-Cloud , <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/23/les-marechaux-de-napoleon-marechal-macdonald-1765-1840-duc-de-tarente/" title="Biographie du maréchal Macdonald">Macdonald</a> à Versailles, et <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/10/les-generaux-de-napoleon-general-moreau-1763-1813/" title="Biographie du général Moreau">Moreau</a> accepta le poste peu honorable de geôlier du Directoire, qu'il investit, au Luxembourg, sous le prétexte de pourvoir à sa sûreté, et dont il intercepta absolument toute communication avec le dehors. Pendant que ces événements décisifs s'accomplissaient, l'un des principaux Directeurs, Barras, prenait tranquillement un bain. <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Gohier" title="Biographie de Louis Gohier - wikipedia">Gohier</a> et <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Moulin" title="Biographie du général Jean-François Moulin - wikipedia">Moulin</a>, qui commençaient à ouvrir les yeux, accoururent auprès de lui ; il leur promit de les rejoindre dans la salle des séances du Directoire ; mais peu de minutes après, il cédait misérablement aux obsessions de Talleyrand et de <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/22/les-amiraux-de-napoleon-amiral-bruix-1759-1805/" title="Biographie de l'amiral Bruix">Bruix</a>, et signait sa démission, qui avait été rédigée à l'avance par <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/29/pierre-louis-roederer-1754-1835-comte-dempire/" title="Biographie de Pierre-Louis Roederer">Rœderer</a>. Presque aussitôt il partit pour sa terre de Grosbois, escorté par un détachement de dragons. Le Directoire était dissous de fait : Gohier et Moulin, restés seuls, ne pouvaient même plus légalement délibérer. Ils s'honorèrent, du moins, par la fermeté de leur attitude : ni les caresses ni les menaces ne purent leur arracher leur démission. Ils restèrent consignés au Luxembourg, sous la garde de Moreau, brisés, vaincus, joués par les grands politiques, mais inébranlables dans leur honnêteté républicaine. Bonaparte, après avoir passé une revue rapide des troupes, qui l'avaient acclamé, était remonté aux Tuileries, dans la salle ou siégeait la commission des inspecteurs, délégation permanente du pouvoir législatif, qui était entièrement gagnée. Il dictait des ordres, agissait en maître, prenait toutes ses dispositions. Le succès de sa tentative paraissant assuré, le nombre de ses adhérents grossissait de minute en minute. <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/01/joseph-fouche-1759-1820-duc-dotrante/" title="Biographie de Joseph Fouché">Fouché</a>, toujours dévoué pour les plus forts, commençait à faire du zèle. Il avait bruyamment fait fermer les barrières et empêché le départ des courriers, vieille pratique révolutionnaire, que d'ailleurs Bonaparte jugea inutile. En outre, il suspendit les douze municipalités de Paris, dont on craignait l'esprit républicain et qui pouvaient en effet servir de centres aux patriotes de différentes sections. Enfin il avait couvert les murs de Paris de proclamations, où il recommandait aux citoyens l'ordre et la tranquillité en assurant qu'on travaillait, dans le moment même, à <i>sauver la République</i>, à la préserver des complots de ses ennemis. Ces mesures ne pouvaient qu'affermir l'autorité de Bonaparte, qui paraissait assez généralement reconnue, bien que le décret qui l'en avait investi fût inconstitutionnel, car le conseil des Anciens n'avait pas le droit de nommer un chef de la force armée. Lui-même, avec son étonnante infatuation césarienne, parlait déjà et agissait en roi du moyen âge. Un peu ayant la démission de Barras, le secrétaire de celui-ci, Bottot, était venu à la commission des inspecteurs pour observer ce qui se passait. Bonaparte, l'apercevant dans la salle, saisit l'occasion pour déclamer une tirade d'apparat, certainement préméditée et destinée au Directoire. Voici cette sortie célèbre où le <i>Moi</i> impérial s'étale déjà avec si peu de gêne : « Qu'avez-vous fait de cette France que j'avais laissée si brillante ? j'avais laissé la paix, j'ai retrouvé là guerre ; j'avais laissé des victoires , j'ai retrouvé des revers ; j'avais i laissé les millions de l'Italie, j'ai retrouvé des lois spoliatrices et la misère !... Un tel état de choses ne peut durer ; avant trois ans il nous mènerait au despotisme. » Tout le monde connaît la paraphrase éloquente - mais où il y a encore plus de passion que d'éloquence - que <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/10/08/francois-auguste-rene-de-chateaubriand-1768-1848/" title="Biographie de François-René-Auguste de Chateaubriand">Chateaubriand</a> fit de cette célèbre apostrophe dans son pamphlet politique <i>De Buonaparte et des Bourbons</i>. On reste confondu en présence de cet orgueil olympien. Ne dirait-on point que les grandeurs de la République sont exclusivement son ouvrage, que personne avant lui, que personne avec lui n'y a contribué ? Certes, il avait joué nu rôle militaire brillant ; mais <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/12/04/general-louis-lazare-hoche-1768-1797/" title="Biographie du général Louis-Lazare Hoche">Hoche</a>, mais Moreau, mais <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/22/les-marechaux-de-napoleon-marechal-bernadotte-1763-1844-prince-de-ponte-corvo/" title="Biographie du maréchal Bernadotte">Bernadotte</a>, mais <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/24/les-marechaux-de-napoleon-marechal-jourdan-1762-1833/" title="Biographie du maréchal Jourdan">Jourdan</a>, mais <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/26/les-marechaux-de-napoleon-marechal-kellermann-1735-1820-duc-de-valmy/" title="Biographie du maréchal Kellermann">Kellermann</a>, mais cent autres capitaines illustres qui ont sauvé la patrie et soutenu la grande lutte contre les rois, de quel droit leur gloire est-elle ainsi confisquée ? et le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_de_salut_public" title="Comité de Salut Public - wikipedia">comité de Salut public</a>, et la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_nationale" title="Convention Nationale - wikipedia">Convention</a>, et tous les grands citoyens de l'époque héroïque, quelle part leur laisse-t-on ? En 1815, quand le sang de plusieurs milliers d'hommes aura été versé, que restera-t-il de cette France que la Convention avait laissée si puissante et si forte ? Lui-même n'avait-il eu aucune part dans les fautes qu'il reprochait au Directoire ? et n'était-ce point lui, notamment, qui avait pris l'initiative de la création de ces républiques éphémères, première cause de nos revers ? Qui donc aussi avait déterminé l'éloignement de la plus belle de nos armées pour cette folle et aventureuse <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_d'%C3%89gypte" title="Campagne d'Egypte - wikipedia">expédition d'Egypte</a>, qui coûta si cher à la France et qui fut son œuvre personnelle ? Mais, les récriminations eussent été trop faciles. On pouvait ajouter encore qu'au moment même où parlait, la République, après un moment de défaillance, était de nouveau partout victorieuse, et sans qu'il y fût pour rien. Quoi qu'il en soit, le pauvre Bottot était stupéfait de recevoir à bout portant ces phrases théâtrales qui n'avaient pas été arrondies pour un aussi mince personnage, et qu'on se hâta d'expédier à tous les journaux. La journée du 18 brumaire se termina sans que la conspiration eût rencontré une opposition sérieuse. Les patriotes s'agitèrent bien, il est vrai, dans quelques conciliabules, mais sans parvenir à organiser un centre de résistance efficace. Décimés, écrasés tant de fois, et récemment encore par Sieyès, les républicains n'étaient plus, d'ailleurs, en état de lutter contre le parti militaire. En outre, le peuple paraissait convaincu que la dictature de Bonaparte serait un événement heureux pour la République. Le lendemain 19, Saint-Cloud était encombré de troupes. Rien n'était prêt pour l'installation du Corps législatif ; il en résulta des retards qui faillirent compromettre la conjuration. Les députés se promenaient par groupes dans le parc, et s entretenaient avec la plus vive animation. Les Cinq-Cents reprochaient aux Anciens de livrer la République à une dictature militaire, et ils parvinrent à en ébranler quelques-uns. Les conspirateurs n'étaient pas sans appréhension : Sieyès et d'autres personnages avaient des voitures qui les attendaient à la grille, en prévision d'un échec. Enfin les conseils entrèrent en séance vers deux heures. Les Anciens siégeaient dans une des salles du palais, les Cinq-Cents dans l'Orangerie ; Bonaparte, avec le monde d'officiers qui l'accompagnaient, occupait un des appartements. Il attendait, non sans trouble intérieur, les délibérations qui devaient mettre la République à ses pieds. Dans la nuit, des Anciens qui hésitaient encore à violer la loi lui avaient offert une place dans le Directoire renouvelé ; les Cinq-Cents eussent adhéré à cette combinaison ; une dispense d'âge eût été accordée ; mais il refusa avec opiniâtreté. Ce qu'il voulait, c'était l'omnipotence avec une constitution faite par lui et pour lui ; il n'acceptait pas d'autre rôle que celui de sauveur. On sait ce que cela signifie. Aux Cinq-Cents, un des affidés , Gandin, ouvrit la séance par le bavardage habituel sur le prétendu danger de la République ; il félicita les Anciens sur la mesure de la translation, et finit par proposer la nomination d'une commission pour préparer des mesures de salut public. On espérait ainsi abréger les discussions. De plus, on avait tout naturellement un rapport tout préparé, dans le sens de la conjuration, avec proposition du consulat, ajournement du Corps législatif, etc. Mais à peine Gaudin a-t-il fini de parler qu'une tempête éclate dans l'assemblée, à bon droit déliante et irritée, et qui se lève en masse aux cris de : « A bas la dictature ! vive la constitution ! - La constitution ou la mort ! s'écrie Delbrel... Les baïonnettes ne nous effrayent point, nous sommes libres ici ! » Après une longue agitation, Grandmaison propose de prêter individuellement le serment à la constitution. L'appel nominal commence, et Lucien Bonaparte lui même, qui présidait, est contraint de venir prononcer son serment à la tribune. L'immense majorité des Cinq-Cents était sincèrement et énergiquement dévouée à la République, et peut-être l'eût-elle sauvée si elle eût agi avec promptitudc et décision. Elle avait sous la main Jourdan, Bernadotte, <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/21/les-marechauxd-de-napoleon-marechal-augereau-1757-1816-duc-de-castiglione/" title="Biographie du maréchal Augereau">Augereau</a> et d'autres patriotes influents qui n'attendaient qu'un signal et qu'un décret ; mais les longueurs de l'appel nominal tirent perdre un temps précieux. Cette foi naïve dans la sainteté de la parole humaine et dans la puissance de la loi était encore une tradition de la grande époque révolutionnaire ; mais elle était tout à fait hors de saison dans les temps nouveaux, où le culte de la force pure, la loi punique et le parjure officiel commençaient à passer dans les mœurs publiques. Quoi qu'il en soit, les meneurs du complot furent un instant déconcertés. Les Anciens étaient ébranlés, et beaucoup ne paraissaient pas éloignés de faire volte-face. Les membres qui, la veille, n'avaient pas été convoqués, demandaient hautement des explications sur les prétendus dangers qui avaient motivé le décret de translation. Le fameux complot jacobin avait si peu de réalité que ceux qui en avaient affirmé l'existence demeuraient honteusement confondus et bouche close quand on les sommait d'articuler des faits. La situation devenait très grave. Bonaparte était ému, inquiet et irrité. Lui qui, depuis la veille, s'accoutumait à dire à tout propos : « Je veux...» il s'étonnait, comme d'une désobéissance, des obstacles qu'il rencontrait. Après une conférence rapide avec Sieyès, il résolut de brusquer les choses et de se présenter devant les conseils à la tête de son état-major. Ici il rentrait dans son vrai rôle. Il fit mettre un régiment en bataille dans la cour, annonça à ses officiers qu'il allait en finir, et, suivi de son état-major, alla se présenter à la barre des Anciens. Une fois en présence de l'assemblée, dans cette enceinte où, malgré l'anarchie du moment, rayonnaient encore le prestige de la représentation nationale et la majesté des lois, il fut visiblement intimidé, et son émotion se trahit par l'incohérence de son discours (quelle Moniteur a eu soin de remanier et d'arranger). Après avoir assuré que la République était sur un volcan, il passa brusquement aux calomnies dont on l'abreuvait. On parlait d'un nouveau César, d'un nouveau <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Oliver_Cromwell" title="Biographie d'Oliver Cromwell - wikipedia">Cromwell</a>, on osait lui attribuer le projet d'établir un gouvernement militaire ; mais s'il avait ambitionné un tel rôle, il lui eût été facile de le prendre au retour d'Italie ; il n'en a pas voulu alors, il ne le veut pas plus aujourd'hui. Puis, reprenant le thème des dangers de la patrie, il annonça la prise de plusieurs places par les chouans, et adjura les représentants de sauver la liberté et l'égalité. Linglet lui dit : « Et la Constitution ? » Un instant déconcerté, il réplique avec aigreur en découvrant ses vrais sentiments : « La Constitution ! vous n'en avez plus ! vous l'avez violée au <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d'%C3%89tat_du_18_fructidor_an_V" title="Coup d'Etat du 18 fructidor - wikipedia">18 fructidor</a>, vous l'avez violée au 22 floréal, vous l'avez violée au 30 prairial. » Et il concluait à la nécessité d'un nouveau pacte et de nouvelles garanties - c'est-à-dire à la concentration du pouvoir entre ses mains. On lui demande de s'expliquer sur les dangers qu'il signalait. Visiblement embarrassé, il se répandit en accusations vagues contre les factions, mais sans préciser un seul fait, recommença à se plaindre de l'insuffisance de la Constitution pour <i>sauver la patrie</i>, attaqua le conseil des Cinq-Cents avec violence, et termina par ces menaces peu déguisées : « Si quelque orateur, payé par l'étranger, parlait de me mettre hors la loi, qu'il prenne garde de porter cet arrêt contre lui-même !... J'en appellerais à vous, mes braves compagnons d'armes, à vous, grenadiers dont j'aperçois les bonnets, à vous, braves soldats dont j'aperçois les baïonnettes ! Souvenez-vous que je marche accompagné du Dieu de la fortune et du Dieu de la guerre ! » Ce langage emphatique et presque inconvenant dans une pareille enceinte, produisit une fâcheuse impression. La majorité de l'assemblée était disposée à accorder au général ce pouvoir qu'il recherchait si avidement ; mais elle eût désiré qu'on lui fournît au moins un prétexte pour créer une dictature, qu'on lui donnât quelques motifs spécieux propres à faire illusion. Elle ne prit aucune détermination et attendit, circonstance qui annonce au moins de l'indécision. En quittant la barre des Anciens, Bonaparte s'était rendu aux Cinq-Cents. Dans cette assemblée, la discussion, après la prestation du serment, avait été reprise avec animation sur la question du prétendu grand complot qui avait servi de prétexte à la translation des conseils à Saint-Cloud. On décréta l'envoi d'un message aux Anciens, pour leur demander les motifs de cette convocation extraordinaire, qui semblait annoncer un grand péril public. Tout à coup, au milieu des délibérations, la porte s'ouvre, et Bonaparte, entouré de grenadiers, paraît sur le seuil. A la vue des armes, les représentants bondissent, l'indignation soulève l'assemblée entière ; de toutes parts éclatent les cris : « Quoil des sabres ici ! à bas le dictateur ! à bas le tyran ! hors la loi ! vive la Constitution ! vive la République! - Que faites-vous, téméraire ? s'écrie Bigonnet, vous violez le sanctuaire des. lois ! » Et Destrem : « Est-ce donc pour cela que tu as vaincu ? » Et d'autres encore : « Tous tes lauriers sont flétris ! Ta gloire s'est changée en infamie ! » Pâle et violemment agité, Bonaparte s'efforce cependant de gagner la barre, placée au milieu de la salle ; mais les députés l'entourent en lui reprochant sa trahison ; quelques-uns même le saisissent au collet en lui ordonnant de sortir. C'est alors que ses grenadiers, restés sur le seuil, s'élancent et l'emportent à demi évanoui. La tempête continue dans l'assemblée, et les motions se multiplient au milieu d'une agitation inexprimable. On propose tour à tour de mettre les troupes en réquisition, sous le commandement de Bernadotte, de se déclarer en permanence, de se rendre sur-le-champ à Paris. Lucien manœuvre habilement pour gagner du temps ; il essaye de défendre son frère, de rappeler ses services ; il supplie, il lutte, mais en vain : sa voix est couverte par le formidable <i>hors la loi !</i> qui avait perdu <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilien_de_Robespierre" title="Biographie de Maximilien de Robespierre - wikipedia">Robespierre</a> lui-même. Prononcé contre Bonaparte, il pouvait faire hésiter les troupes, parmi lesquelles se trouvait la garde même du corps législatif. Lucien était dans une situation vraiment tragique : sommé de mettre aux voix la mise hors la loi de son propre frère, il déploya dans sa résistance, autant de courage que d'habileté, et finit par déposer ses insignes de président pour descendre à la barre. Le terrible cri retentissait au dehors. Bonaparte envoie un groupe de grenadiers pour dégager son frère, qui monte aussitôt à cheval dans la cour et devient à ce moment le maître du mouvement et le sauveur de la conspiration. Connu des soldats comme président de l'Assemblée, il couvrit le coup d'Etat d'un semblant de légalité. Il harangue les troupes, leur représente le conseil des Cinq-Cents comme opprimé par des « représentants à stylet, par des brigands soldés par l'Angleterre, par une minorité d'assassins. » En conséquence, il requiert la force publique pour délivrer l'assemblée. L'instant était décisif et il n'y avait pas une minute à perdre. L'ordre est donné de dissoudre l'assemblée par la force ; Murat et <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/11/30/les-generaux-de-napoleon-general-leclerc-1772-1802/" title="Biographie du général Leclerc">Leclerc</a> entraînent les soldats ; les protestations des représentants sont étouffées par le roulement des tambours ; un cri suprême de « Vive la République ! » retentit, appel désespéré de la liberté mourante ; quelques instants après, la violence était consommée, la salle n'était plus occupée que par des grenadiers. Quatre années auparavant, au milieu des vagues de l'Océan, le même cri d'agonie avait retenti, dans une circonstance, nous ne pouvons pas dire plus solennelle, mais plus terrible, encore. Plutôt que de se rendre aux Anglais, les héroïques marins du <i>Vengeur</i> s'abîmaient dans les flots aux cris sublimes de : <i>Vive la liberté ! Vive la France ! Vive la République !</i> C'étaient deux naufrages ; mais combien l'un avait été plus glorieux que l'autre ! Nous ne voulons pas suspecter le républicanisme de l'honorable Assemblée ; ce serait une injustice ; mais le pouls de la nation tout entière s'était ralenti, les artères battaient moins vivement. Ce n'était plus l'époque des grands mouvements, des sublimes colères, des terribles exécutions. L'éloquence, ce levier d'Archimède auquel rien ne résiste, faisait défaut. Il aurait fallu là une de ces paroles de feu qui électrisent même les esprits timides, un de ces gestes qui excitent ou calment à leur gré les orages. O <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Jacques_Danton" title="Biographie de GeorgesJacques Danton - wikipedia">Danton</a> ! ô géant de la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise" title="Révolution Française - wikipedia">Révolution</a>, tu manquais au milieu de ce Cap des Tempêtes ! On a dit que les représentants s'étaient précipités par les fenêtres, comme affolés par la terreur ; il fallait bien rendre les vaincus ridicules après les avoir outragés ! Mais, outre que les documents officiels ne font pas mention de ce triste épisode, il résulte de l'ensemble de témoignages sérieux que les grenadiers (qui étaient de la garde du Corps législatif) s avancèrent avec lenteur, sans se livrer à aucune violence, et même avec un certain respect. Ces soldats de la République, malgré leur engouement, pour Bonaparte, ne s'étaient pas instantanément transformés en prétoriens. Ce fut pas à pas, et pour ainsi dire homme à homme, que les députés furent refoulés, poussés hors de l'Orangerie par la porte et par les couloirs. Les vainqueurs se sont calomniés eux-mêmes, quand ils ont imaginé cette circonstance. On a dit aussi, on a répété que des poignards avaient été levés sur Bonaparte dans la salle de l'Orangerie, et c'est au moyen de cette fable que Lucien excita l'indignation des soldats. Bonaparte lui-même, dans sa proclamation du 20 brumaire, où il racontait a sa manière les événements, assure que vingt assassins se précipitèrent sur lui en cherchant sa poitrine. Mais il est certain que c'est là un fantôme de l'émotion ou une erreur officielle. Si vingt assassins s'étaient précipités sur lui, qui donc à ce moment les eût empêchés de frapper ?... Rien n'eût été plus facile dans une semblable mêlée. Ce qu'il y a de sûr, c'est que le procès-verbal de cette séance, rédigé par les vainqueurs, ne dit pas un mot de cette tentative d'assassinat. Il n'en est pas question davantage dans le compte rendu très circonstancié du Moniteur du 20 brumaire. On ne le mentionna en quelque sorte qu'en post-scriptum. Ce ne fut que le lendemain qu'on imagina de raconter que le grenadier Thomas Thomé avait eu la manche de son habit déchirée par un coup de poignard destiné au général, et le Moniteur du 23 rapportait que Thomé avait déjeuné avec Bonaparte, et que la citoyenne Bonaparte avait embrassé le brave grenadier et lui avait mis au doigt un diamant de la valeur de 2.000 écus. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que, même parmi ceux des adhérents du coup d'Etat qui ont admis le fait comme vrai, pas un seul ne dit l'avoir vu de ses yeux. D'un autre côté, tous les autres témoins oculaires ou historiens du temps, depuis le sénateur Thibaudeau jusqu'à <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Charles_Dupont_de_l'Eure" title="Biogrpahie deJacuqes-Charles Dupont de l'Eure - wikipedia">Dupont de l'Eure</a>, l'ont nié énergiquement. « Je n'ai point vu de poignards levés sur lui » dit le <a target="_blank" href="http://napoleonbonaparte.wordpress.com/2007/09/16/la-famille-de-napoleon-prince-eugene-de-beauharnais-1781-1824-vice-roi-italie/" title="Biographie du prince Eugène de Beauharnais">prince Eugène</a> lui-même dans ses <i>Mémoires</i>. Lombard (de Langres), témoin oculaire et qui a publié une notice sur le 18 brumaire, discute cette question dans ses <i>Mémoires</i>, et affirme que ce fut là une fable imaginée pour appeler l'intérêt sur Bonaparte et rendre les vaincus odieux. Enfin il ajoute : « Dans cette bagarre, un poignard a-t-il été dirigé contre lui ? Cela est possible ; mais je dis non, et je dis non parce que mes yeux ne l'ont pas quitté ; parce qu'après cette journée, ayant demandé, non à ses ennemis, mais à plusieurs députés des Cinq-Cents qui étaient entièrement de son bord, s'il était vrai qu'on eût tenté de le frapper, tous m'ont répondu qu'il n'en était rien. » Lombard produit en outre le témoignage conforme de M. Sibuel, son collègue à la cour de cassation, également témoin oculaire. On avait accusé de ce coup de poignard légendaire le député <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Barth%C3%A9l%C3%A9my_Ar%C3%A9na" title="Biographie de Barthélémy Aréna - wikipedia">Arena</a>, mais il ne s'est jamais trouvé un témoin pour affirmer cette accusation, et il paraît qu'Arena se trouvait précisément, au moment de cette scène, à une extrémité opposée de la salle. Le député Savary, dans la brochure <i>Mon examen de conscience sur le 18 brumaire</i>, a prouvé que le grenadier Thomé n'avait point été frappé par un coup de poignard, mais qu'il avait eu simplement sa manche déchirée par un clou ou une ferrure en passant près d'une porte. Quoi qu'il en soit, l'heureux grenadier se laissa donner un brevet d'offlcier et une pension de 600 francs. Cette pension ayant été supprimée par la <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration_fran%C3%A7aise" title="Restauration Française - wikipedia">Restauration</a>, il réclama par une pétition adressée à la Chambre en 1818. Dupont de l'Eure fit passer à l'ordre du jour, en affirmant, lui, témoin de la journée de Saint-Cloud que le coup de poignard était une pure invention. L'éternel grenadier ne se tint pas pour battu, et plaida, dans une lettre adressée aux journaux, la réalité de ce bienheureux coup de stylet dont il avait si longtemps vécu, et que sans doute il avait fini par prendre lui-même au sérieux. Cette lettre existe encore dans une collection d'autographes, et elle est signée <i>Pomiès</i> ; ainsi le nom réel de ce célèbre personnage serait Thomas Pomiès, Ou Pomiès Thomas ; car il n'importe guère Que Thomas soit devant ou Thomas soit derrière. On trouvera encore la réfutation de la prétendue tentative d'assassinat de Saint-Cloud dans une curieuse brochure émanée probablement des papiers de Roederer, et qui parut sous ce titre : <i>La petite maison de la rue Chantereine</i> (Paulin, 1840). Cependant, après l'évacution de la salle de l'Orangerie, plusieurs députés, des Cinq-Cents coururent aux Anciens dénoncer l'outrage fait à la représentation nationale. L'impression fut extrêmement pénible ; les Anciens se montrèrent affligés d'un pareil attentat ; mais Lucien accourut à leur barre, leur expliqua que tout s'était fait dans l'intérêt de la République, et n'eut pas trop de peine à obtenir leur coucours pour réorganiser le gouvernement. Le soir, à neuf heures, à force de courir de tous les côtés, on parvint à réunir une trentaine de membres des Cinq-Cents (c'est le chiffre indiqué par Cornet lui-même, un des coopérateurs du coup d'Etat) ; on les constitua en assemblée, on les déclara et ils se déclarèrent eux-mêmes la partie saine, la majorité du conseil, tandis que les quatre cent soixante-dix autres membres n'étaient que la minorité, les factieux. Ce conciliabule décréta que Bonaparte et ses lieutenants avaient bien mérité de la patrie. Puis <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Jacques_Claude_Joseph_Boulay_de_la_Meurthe" title="Biographie d'Antoine Jacques Claude Joseph Boulay de la Meurthe - wikipedia">Boulay de la Meurthe</a> vint présenter tous les projets concertés : l'institution d'un consulat provisoire composé de Bonaparte, Sieyès et Roger Ducos ; l'ajournement du Corps législatif au 1er ventôse suivant, la nomination de deux commissions législatives chargées d'aider les consuls dans leur travail de réorganisation ; enfin l'exclusion de cinquante-sept représentants, mesure à laquelle une liste de proscription vint peu de jours après donner son complément. Les consuls et les commissions étaient en outre chargés de rédiger une constitution nouvelle. A une heure du matin, tout était voté, sans vaines discussions. Les décrets sont aussitôt portés aux Anciens, qui se hâtent de les ratifier. Bonaparte et les deux autres consuls viennent prêter serment à la légalité, à la liberté, au système représentatif ; et enfin Lucien, avec un étonnant sang-froid, prend la parole pour féciliter cette Assemblée nationale de son œuvre nocturne : «Représentants du peuple, la liberté française est née dans le <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_du_jeu_de_paume" title="Serment du jeu de paume - wikipedia">Jeu de paume</a> de Versailles. Depuis l'immortelle scène du Jeu de paume, elle s'est traînée jusqu'à vous, en proie tour à tour à l'inconséquence, à la faiblesse, aux maladies convulsives. de l'enfance. Elle vient aujourd'hui de prendre la robe virile ! A peine venez-vous de l'asseoir sur la confiance et l'amour des Français, et déjà le sourire de la paix et de l'abondance brille-sur ses lèvres ! Représentants du peuple, entendez le cri sublime de la postérité : «<i> Si la liberté naquit dans le Jeu de paume de Versailles, elle fut consolidée dans l'Orangerie de Saint-Cloud</i>. » L'histoire, croyons-nous, ne présente pas un second exemple d'une mystification de cette force. Les trente et les Anciens avalèrent en silence la harangue de l'ex-président et s'évanouirent ensuite dans les ombres de la nuit. On les retrouvera dans la domesticité consulaire et impériale, parmi ces générations de dignitaires vraiment inamovibles qui sont restés pendant un demi-siècle debout sur les ruines de tous les gouvernements qu'ils avai