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	<title>dans-lair-du-temps &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/dans-lair-du-temps/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "dans-lair-du-temps"</description>
	<pubDate>Fri, 25 Jul 2008 12:47:05 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[36ème air du temps : jap.]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/?p=723</link>
<pubDate>Fri, 25 Apr 2008 21:04:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[













Humeur : off pour six jours !
Vitalité : usé (piscine, tennis, théâtre)
Envie : d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><img class="alignleft size-full wp-image-724" src="http://guybrush.wordpress.com/files/2008/04/sushi.jpg" alt="" width="269" height="202" /></p>
<p class="MsoNormal">
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<p class="MsoNormal"><strong><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Humeur</span></em></strong><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> : off pour six jours !</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Vitalité</span></em></strong><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> : usé (piscine, tennis, théâtre)</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Envie</span></em></strong><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> : d’une Häagen-Dazs Cookies &#38; Cream</span></em></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">« La camionnette est pas là. Je prends ailleurs ou un jap ?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- Je suis en double appel. Peu importe, prends ce que tu veux. »</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Dommage qu’il ne soit pas là, le pizzaïolo dans sa camionnette blanche. D’habitude il est là tous les vendredi soirs, et de temps en temps j’aime bien aller lui commander une pizza au feu de bois (Reine ou 4 saisons, saveurs éternelles). Elles sont délicieuses, ses pizzas, à « Luigi », surtout un soir de week-end. Lorsque j’arrive ces soirs-là, derrière le comptoir, un délicieux petit brin de jeune femme prend ma commande, l'accompagnant d'un sourire pas possible (un sourire à refuser de passer la nuit dans la baignoire). Ca ne fait pas très large, l’arrière d’une camionnette, pour caser un four au feu de bois, les boîtes à légumes et fromages, les boîtes à pizzas, la caisse, les boissons, les desserts faits maison, ma jolie vendeuse avec micro-oreillette-téléphone portable intégré et, bien évidemment, Luigi (ou Jean-Paul, vas savoir…) qui, de dos, agite ses bras dans un nuage de farine puis enfourne les pâtes garnies au milieu du foyer qu’un ballet de flammes jaune vif vient égayer. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Luigi n’est pas là ce soir. Il est près de 21 heures et je l’aurais pourtant bien méritée, ma pizza, tout comme je l’ai mérité, mon week-end (j’ai encore les traces de ma chaise sur les fesses, mes doigts brûlent d’avoir trop tapoté sur mon clavier d’ordinateur et mon cerveau y est encore, au bureau). </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Direction le restaurant japonais, dans lequel je n’ai jamais eu ni le courage ni l’envie de mettre les pieds, vu l’environnement pas très réjouissant où il est implanté depuis quelques années maintenant. Il y a une agitation pas possible là-dedans. De part et d’autres de l’allée centrale où une fontaine zen accueille le visiteur en quête de poisson cru, se dressent de nombreuses tables où, dans un brouhaha général des amateurs déjà nombreux dînent sous une lumière tamisée. En m’approchant de l’îlot qui succède à la fontaine, j’aperçois trois préparateurs qui s’agitent derrière le comptoir, sur lequel attendent des dizaines de plats garnis de sushis, sashimis, makis et de bols de riz fumant. Le japonais duquel je m’approche ne lève même pas le nez, tellement il est absorbé dans la concentration que la rapidité de son geste nécessite. En observant mieux la configuration du restaurant, j’aperçois le comptoir principal qui se trouve au fond de la salle, et m’y dirige tranquillement. Ce trajet de quelques pas me donne l’impression d’être dans un autre espace-temps, si nombreux sont les serveurs et les serveuses aux cheveux noirs qui parcourent en tout sens le restaurant au pas de course autour de moi. Pendant que je consulte le menu codé, j’ouvre mes sens à l’agitation ambiante. Il y a deux téléphones qui ne cessent de retentir, des femmes en kimono et lunettes qui ne cessent de répondre, de ne rien entendre et de passer le combiné à celle qui passe à ce moment-là. Il y a une jeune femme derrière le comptoir qui fait la vaisselle, encaisse les règlements sans rendre la monnaie sur les tickets restaurant et tourne la molette des expressos. Le nom du restaurant, « Tokyo », ne brille pas vraiment d’originalité, mais elle, elle porte une tunique où est inscrit « Chitsuruya Sauce soja ». Tout un programme. A ma droite, deux portes battantes donnent accès aux cuisines, et de ses deux portes apparaît à chaque minute une tête de japonais différente. Je n’arrive pas à compter combien ils sont d’asiatiques, dans ce restaurant, sortant de tous cotés, cavalant partout autour des tables, mais c’est un véritable XIIIème arrondissement paumé dans une petite ville du Val d’Oise, Fosses (tu parles d’un trou…). Et puis c’est toujours le même cirque dans ces endroits, chaque femme asiatique à lunettes me fait penser un peu à la mienne, d’asiatique (si ma maman savait ça…). </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et c’est aussi toujours la même contrariété, chez le japonais : pas moyen de mettre la main sur mon menu idéal (soupe-salade-brochettes-riz complétés d’un peu de sushis, d’un peu de sashimis et d’un peu de makis). Comme si pour manger japonais, il me fallait toujours faire des concessions.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Après tout, c’est peut-être un précepte zen, que de faire des concessions culinaires. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Luigi, lui, il en met plein des champignons et du fromage, sur ses pizzas.</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[35ème air du temps : médecin.]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/?p=707</link>
<pubDate>Fri, 11 Apr 2008 16:54:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/?p=707</guid>
<description><![CDATA[

Humeur : RTTée
Vitalité : RTTée
Envie : d’aller à la FNAC m’acheter des bouquins pour me s]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-708" src="http://guybrush.wordpress.com/files/2008/04/file0001.jpg" alt="" width="204" height="300" /></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>Humeur </strong>: RTTée</p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>Vitalité</strong> : RTTée</p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>Envie </strong>: d’aller à la FNAC m’acheter des bouquins pour me sentir un peu intello</span></em></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>Bonne nouvelle pour la sécurité sociale : je ne vais jamais chez le médecin</strong>. Enfin, si peu… Une fois par ans chez le <strong><a title="Chez mon dentiste" href="http://guybrush.wordpress.com/2007/06/19/dans-lair-du-temps-21-chez-mon-dentiste/" target="_blank">docteur des quenottes</a></strong>, et moins encore chez le docteur qui sait tout sur rien, et rien sur tout (permettez-moi cette définition involontairement méprisante, du terme « généraliste », mais sa forme me paraissait plutôt intéressante).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Du coup cela me rend anxieux, d’aller chez le docteur, comme si l’idée stupide me venait que la loi des statistiques me ferait forcément tomber malade un jour ou l’autre, et que se rendre chez le médecin, c’était un peu les provoquer, ces probabilités, et c’était un peu le forcer, le destin. Et puis en franchissant le seuil d’un cabinet de médecins, j’ai la sensation masochiste de mettre volontairement le pied dans la convergence de toutes les souffrances et de toutes les misères. Car voilà presque une provocation, de venir moi, avec ma bonne mine et mes beaux vêtements, au milieu de tous ces pauvres gens qui sont malades (pour de vrai). </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je ne suis point exigeant. Lors de cette visite qui relève de l’exceptionnel, il n’y a qu’une seule chose qu’il me soit cher d’entendre de la part de mon médecin : <strong>« Vous êtes beau, riche, intelligent et en très bonne santé. 22 euros. Adieu, et ne perdez plus votre temps à venir m’emmerder avec votre encéphalogramme, qui est d’une normalité affligeante. »</strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Salle d’attente du cabinet de Louvres. Sur la table basse s’empilent des magazines pour bonnes femmes datant de 2004 (« Comment le rendre fou au lit», « Spécial minceur », « Etonnez vos amis avec les recettes de Noël » ou « Adolescence : comment aborder la sexualité avec votre enfant »), surmontés par un numéro de « Point de vue » dont la couverture sans intérêt, mille fois retournée, tombe en lambeaux. Mon attention se reporte rapidement sur mon carnet de santé bleu. A vrai dire, il est certainement <em>collector</em>, mon carnet de santé. Je le traîne quand même depuis 29 ans, ce bout de cahier à la couverture délavée. Il a survécu à tous les déménagements : c'est-à-dire à tous les grands génocides de papiers que ces évènements m’imposèrent tant de fois dans ma vie. C’est toujours avec beaucoup de curiosité et de plaisir que j’ouvre les premières pages de mon carnet de santé, comme si ce geste magique avait le pouvoir de me faire revivre les premiers jours de mon existence. Et quels jours !...</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">La page est tamponnée du « Service de Prématurés et de Réanimation Néo-natale » du Centre hospitalier de Chambéry : 36 semaines, c’est vrai que ça fait pas lourd. 2 kg 500, non plus. A l’endroit où est indiqué la date de l’examen, je vois que « août » est inscrit par-dessus l’ébauche de « sep ». Pendant que je braille à côté d’elle, j’imagine l’infirmière en train de remplir mon carnet. « J’en ai ras-le bol de rester ici au mois d’août. Toujours les mêmes qui bossent pour les autres. Vivement le mois de septembre. »</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le 18 août 1979 donc, 7 jours après avoir atterri sur cette planète, j’ai l’ombilic normal, je n’ai pas d’œdème, pas d’ictère, aucune pâleur (de mère asiatique, cela eût été alarmant). Mon cri est normal, je n’ai pas de dyspnée, de cyanose ou de souffle cardiaque. Pas d’hépatomégalie, ni même de splénomégalie (trop tôt, certainement, pour diagnostiquer une quelconque mégalomanie, que je ne vois pas apparaître dans la liste des critères, qui ressemblent plus à un QCM qu’à une analyse médicale). Organes génitaux : « RAS ». Comment ça « rien à signaler » ? Laissez-moi le temps de grandir un peu ! Tu m’étonnes qu’à sept jours "ils" n'aient pu voir qu’un petit bout de spaghetti fripé !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je feuillette les quelques feuillets suivants. Page 25 : <em>« Régime. SMA 6x70 (mettre 1 mesure rase de poudre de lait dans 30 grammes d’eau d’evian ou volvic) STEROGYL XX gtts par semaine à partir du 21/08/79 ».</em></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Avec ça, si j’ai pas la niak…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- Monsieur Coulot ?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">L’appel du docteur tant désiré me fait relever la tête de mes lectures médicales. […] Tension : parfaite. 1m68. 58 kilos. Je remarque, avec résignation :</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- Ca fait des années que ça bouge plus.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- Ca ne bougera plus maintenant…répond ma généraliste.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- Oh j’aimerais bien prendre un peu quand même…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- …Ah, vous parlez de votre poids ! Je croyais que vous parliez de votre taille… C’est sûr que vous ne grandirez plus par contre. Je croyais que vous faisiez de l’humour.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- C’est sûr que je n’ai plus trop l’espoir de grandir maintenant !... Par contre je me trouve un peu maigre. Je sais que c’est purement subjectif et que je suis dans la normalité mais bon…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- Oui, vous n’êtes pas si maigre que ça (elle sort les abaques d’un tiroir de son bureau). Ah oui tiens, vous êtes juste au dessus de la limite inférieure.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle se tourne vers moi d’un air qui-en-a-vu-d’autres.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- Mais mieux vaut être à la limite inférieure qu’à la limite supérieure…C’est bien d’avoir repris le sport, je vous félicite. Ca fait du bien hein ? On a l’impression d’être plus maître de son corps ?!</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Si elle savait, comment je patauge à la piscine…</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je poursuis mon parcours du malade en parfaite santé en allant faire une prise de sang dans le laboratoire d’analyses médicales qui se trouve à deux pas du cabinet. C’est pas possible, ça sent autant le chlore qu’à la piscine dans cet endroit de misère ! Les locaux sont vieux comme une vieille industrie, ses carrelages démodés, fendus de part et d’autres, meurent lentement sous les allers venues des cobayes. Aux murs, des tableaux qui ne ressemblent à rien qui puisse m’émouvoir sont maladroitement suspendus au dessus du comptoir de l’accueil. Je pose mes fesses sur un siège en cuir dont le revêtement des accoudoirs est un peu décousu. Tout cela me rappelle mes déplacements dans les vieilles usines chimiques du Nord ou de la Picardie. Je m’attends à voir un bonhomme sortir d’un bureau pour m’accueillir, vêtu d’une veste grise au logo « ATOFINA » et enfilant son casque pour aller visiter son site qui sent tout sauf la nature. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Parfois le monde est bien foutu : la pharmacie est à deux pas du laboratoire d’analyses qui est à deux pas du cabinet de médecins. Par contre comme pharmacien j’ai connu mieux. Après avoir saisi mon ordonnance avant même que j’aie fini de la lui tendre, il expédie sur son ordinateur l'enregistrement de ma commande avec la vitesse de gestes mille fois répétés, puis m’arrache des mains mes deux cartes en plastique (bancaire et vitale, la première étant malgré tout aussi vitale que la deuxième). Cela m’a toujours semblé insidieux, les vendeurs en costume : ça se voit comme le nez au milieu de la figure, cette nécessité de bâcler l’échange pour parvenir au plus vite au règlement. Dans un coin de la pharmacie, une abominable assistante en blouse longue, qui semble un apothicaire moyenâgeux, cheveux noirs hirsutes, plaisante d’une voix rauque avec mon pharmacien vénal. Il ne me fallut que deux ou trois minutes, pour sortir de cet endroit, détroussé de trente euros et emportant avec moi ces images d’un autre temps. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>Promis, je n’irai plus, chez le médecin.</strong> </span></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
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]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[34ème air du temps : piscine (vol.2)]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/?p=705</link>
<pubDate>Mon, 31 Mar 2008 20:19:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[Humeur : corporate
Vitalité : bon niveau, malgré l’heure confisquée.
Envie : d’être brillant]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><i><b>Humeur</b> : corporate<br />
<b>Vitalité</b> : bon niveau, malgré l’heure confisquée.<br />
<b>Envie</b> : d’être brillant.</i></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Sur le revêtement carrelé des vestiaires fumants, une fine pellicule d’eau manque de me faire trébucher. Une formidable agitation s’est emparée des lieux et de toutes parts me parviennent les cris aigus d’un groupe, d’une meute de culottes courtes remuantes qui sortent du bassin en courant. J’avais oublié la terrible résonance que pouvait avoir une telle colonie de vacances dans les vestiaires d’une piscine. Avec la froide sérénité qu’est la mienne, je me dirige vers les casiers du fond épargnés par l’assaut général et autour de moi, des corps pâles et grelottants courent, glissent et se faufilent. Subitement, un mioche d’une dizaine d’année tout au plus, ouvre brutalement la porte de sa cabine et disparaît aussitôt dans la confusion générale, et j’en profite pour monopoliser à mon tour ce petit coin d’intimité pour me changer. Le brouhaha, bien que dégressif, se poursuit autour de mon silence à moi. Il y a les garçons qui crient pour faire peur aux filles, et les filles qui crient de peur devant les garçons. Ca tape sur la cloison de gauche, et sur la cloison de droite. Sur le carrelage, je vois même les ombres multiples qui gigotent bruyamment dans les cabines. <b>Ce doit être sacrément fatiguant, d’être un gosse.</b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et puisque dans l’ordre du monde certaines logiques sont implacables, et qu’aucune cause n’existe sans sa conséquence, je pénètre dans l’eau tiède du bassin en faisant abstraction du voile jaune pâle qu’elle renferme aujourd'hui. Il y a deux jours encore ma tendre moitié, bouillonnant d’un enthousiasme exponentiel devant la perspective des travaux de décoration de notre chambre, tentait de justifier son impatience : « Il faut se fixer des objectifs, sinon on n’avancera jamais ! » <b>Ne pas boire la tasse</b>, voilà qui fût à ce moment-là le seul, l’unique, l’indispensable objectif de ma séance.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Tout cela n’est qu’une question de générations qui se succèdent. Après le départ agité des plus jeunes, une toute autre population investit la fosse humide. Partout dans les couloirs du bassin se mettent lentement en marche l’Arrière banc des amateurs de chlore, la Troisième génération des nageurs à l’ancienne et l’Amicale des retraités pataugeants de Compiègne. Les années qui sont passées ont affecté les corps. Ceux-ci semblent un peu plus frêles que jadis, et celles-là un peu moins sveltes qu’avant. <b>Et tout ce beau monde s’entasse au bas des échelles, s’agglutine au pied des plongeoirs, s’agrippe aux flotteurs bleus et blancs des couloirs</b>. Ca parle toujours de cuisine, de querelles de voisinage et de petits-fils qui viennent d’avoir leur diplôme de je-ne-sais-quoi (mais c’est un sacré diplôme dont on est toujours très fier…).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Alors que le crawl constitue toujours à mes yeux la nage des habitués par excellence, je me contente fort modestement de ma brasse coulée, dont les mouvements de tête plongeant alternativement dans l’eau me font spectateur d’un monde aquatique plein de surprises. De là-dessous, en même temps que j’expulse l’air de mes poumons en faisant de grosses bulles qui résonnent dans l’eau, j’observe avec curiosité les parties immergés des vieux icebergs qui gigotent : cela me semble toujours aussi incongru, de vouloir nager à l’oblique. Je ne suis pas un exemple en la matière, mais tout de même… Une dame me frôle en imprimant dans son sillage les mouvements d’une nage admirable quoique originale, qu’une sirène n’aurait guère mieux faits. Une autre me laisse même dans les narines l’odeur veloutée d’un parfum ou de quelque produit cosmétique aux senteurs plutôt bien formulées (c’est fou ce que les gens peuvent sentir, même dans l’eau). Je me retourne dans l’espérance que la douceur de cette fagrance soit aussi celle de la nageuse qui l’accompagne, mais le sport n’ayant toujours pas révélé ses vertus de guérisseur miraculeux de la myopie, je ne vois absolument rien qu’une forme qui s’éloigne de moi en remuant les bras.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il faut le vouloir quand même, pour venir s’agglutiner pendant trois quarts d’heure dans un bassin d’eau chlorée… J’espère au moins que ça va finir par me les réveiller, mes pectoraux de gringalet. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span><span> </span></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[33ème air du temps : les fantômes noirs]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2008/02/18/33eme-air-du-temps-les-fantomes-noirs/</link>
<pubDate>Mon, 18 Feb 2008 22:05:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il est 5h45 lorsque le réveil retentit, comme tous les matins depuis tant d’années. Maria se lè]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il est 5h45 lorsque le réveil retentit, comme tous les matins depuis tant d’années. Maria se lève péniblement, se frotte les yeux encore endormis puis dans l’obscurité, elle se dirige silencieusement vers la chambre du petit Lucas. Elle aime bien, tous les matins, avant qu’il ne se réveille à son tour, ouvrir discrètement la porte sans faire de bruit et observer son visage d’enfant paisible. C’est son petit bonheur quotidien à elle, avant d’affronter tout le reste (il y en a tellement des choses, à endurer…). </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il fait terriblement froid, dans la cuisine de son modeste appartement. Même si elle en a l’habitude, maintenant, Maria dort en pull. Le chauffage, ça coûte trop cher, et de toute façon le propriétaire ne l’a toujours pas réparé, depuis un an qu’il ne fonctionne plus, pas plus que la douche où l’eau chaude ne coule que par intermittence. La jeune femme découpe quelques tranches de la baguette de la veille, les introduit dans le grille-pain puis place ses deux mains au dessus des résistances. C’est si bon, l’odeur du pain grillé, et surtout la chaleur qui s’en dégage !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle est savoureuse, cette baguette. Depuis quelques semaines, un nouveau boulanger s’est installé au pied de la barre d’immeuble. Maria n’a jamais vraiment manifesté aucun comportement raciste. D’ailleurs elle ne s’est jamais sentie raciste, elle pensait juste « je n’ai rien contre les noirs ou les arabes, mais quand même… ». Et puis un jour le petit algérien a ouvert les portes de sa boulangerie (c’est vrai qu’il est bon son pain, à l’algérien). Maria se dit que finalement, il n’y a vraiment aucune raison pour avoir de mauvais ressentiments pour les étrangers (et d’ailleurs elle, elle est d’origine portugaise, non ?). </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">En buvant son café, Maria feuillette distraitement les publicités qu’elle vient de recevoir : elle aimerait tant s’acheter ça… Et ça… Et ça ! Ce serait tellement bien, de faire du shopping ! Mais avec son seul salaire pour nourrir le petit Lucas et payer son loyer (rien que cela), c’est un peu juste tout de même. Dans un mois ou deux, si tout se passe bien, elle pourra s’acheter une nouvelle paire de chaussures au marché, et peut-être même un deuxième pull, ça ne sera pas de trop, du moins essaye t’elle de s’en convaincre.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Une étrange sensation s’empare subitement de Maria. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Au dehors, le jour ne s’est pas encore levé sur la cité. Mais il y a comme un souffle noir qui semble s’élever du pied des immeubles. En regardant à travers sa fenêtre, Maria les aperçoit. Ils sont plusieurs dizaines, plusieurs centaines peut-être. Il est difficile de les compter tellement ils sont nombreux, et partout, sortant des camions et se faufilant comme des ombres entre les arbres du petit parc. Mais si elle avait pu les compter, elle aurait pu en dénombrer un millier. Vus d’ici, du dixième étage, ils ont tous un uniforme bleu sombre ou noir. En regardant bien, elle voit scintiller les lettres « police » sur le dos de certains. D’autres fantômes portant les lettres « RAID » (elle ne sait pas ce que cela signifie) sont vêtus de casques à visière, de gilets par balles et ils transportent tout un arsenal militaire qui fait vraiment peur à voir.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Maria se met sur la pointe des pieds pour saisir les moindres détails de cette inquiétante armada qui se déverse au pied de son immeuble. « Ils viennent tourner un film, ici, à Villiers-le-Bel ? » C’est vrai après tout, c’est plutôt étonnant d’apercevoir plusieurs caméras au milieu de ce déploiement de forces. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Mais ce n’est pas un film. Maria observe les fantômes noirs pénétrer dans les immeubles avec une froide coordination. Et après quelques secondes d’une attente qu’une anxiété fiévreuse rend insupportable, elle entend les coups de béliers qui défoncent les portes à différents étages de l’immeuble. Le cœur de Maria vibre d’effroi à chaque coup qui résonne et à chaque cri qu’elle perçoit. Elle se met les mains sur les oreilles pour ne plus endurer ces instants tragiques et, dans un souffle d’instinct de survie qui la secoue, elle se précipite vers la chambre du petit Lucas.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il y en a tellement, des choses à endurer…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[32ème air du temps : avis de décès]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2008/01/30/32eme-air-du-temps-avis-de-deces/</link>
<pubDate>Wed, 30 Jan 2008 16:51:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[
 
Humeur : normalisée
Vitalité : exceptionnellement bonne, pour un mercredi
Envie : d&#8217;une ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img width="292" src="http://guybrush.wordpress.com/files/2008/01/image.jpg" alt="hl2" height="206" /><br />
<span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"><em><strong> </strong></em></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"><em><strong>Humeur : </strong>normalisée</em></span><br />
<span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"><em><strong>Vitalité :</strong> exceptionnellement bonne, pour un mercredi</em></span><br />
<span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"><em><strong>Envie :</strong> d'une pomme</em></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"><strong>Paix à son âme. Samedi soir, il s'est éteint pour toujours.</strong> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">Il fût fidèle, et courageux. Parfois capricieux et impulsif, parfois incompréhensible aussi. Souffrant d'un excès de ventilation dès lors que nous désirions voir une vidéo, s'échauffant terriblement au moindre surmenage. Mais toujours là, surmontant les épreuves.<span>  </span>Il survécut au sombre Half Life 2, bien mieux que moi qui en fis des cauchemars monstrueux. Il survécut à la campagne de Normandie de 44, dans Call of Duty, encaissant par centaines grenades, obus et balles de mauser. Il survécut à Mammouth, qui comprit vite que la chaleur de son clavier était l'endroit rêvé pour le repos paisible d'un félin casanier. </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">Il y a deux ou trois semaines déjà, il s'était éteint subitement à deux reprises sans aucune raison, ne répondant de son commutateur marche/arrêt qu'au terme d'une angoissante attente de plusieurs minutes. Certes il avait souffert de nos caprices, de notre insouciance. L'une des charnières de l'écran avait rompu, nous contraignant de le laisser toujours ouvert, accumulant poils et poussière et dans la crainte constante que la deuxième charnière ne cède et nous le décapite. Et puis il y avait aussi l'alimentation, dont la pièce de contact finit par se dessouder (nous avions bien bricolé deux ou trois fois, j'y avais mis un vieux ressort pour caler la pièce, garantir le contact. J'ai même récemment tenté<span>  </span>de ressouder la pièce, dans un dernier espoir de sauvegarde). </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">Mon ordinateur portable est mort samedi soir. </span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">Et depuis ce jour, il est assez étrange de se sentir contraint à l'abstinence, comme on pourrait l'être par une cure de désintoxication. Plus de mails, plus de blog, plus d'Internet. Plus d'ebay, plus de fnac.com, ni d'amazon.com. Plus de wikipedia.org.fr. Et par-dessus tout, j'ai perdu une partie de mon travail d'écriture de ce début d'année. </span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">Mais tout cela s'oublie relativement vite devant la perspective d'acquérir enfin un Mac. Oh bien sûr, il n'a pas fallut beaucoup de talent à mon ami Matthieu pour me convaincre, ce fanatique incontesté de l'iMac, iPhone et autre i-chépaquoi. En réalité il y a des i partout dans sa vie. Matthieu, Caroline... Paris, gastronomie, marlboro light… Tout un programme, pour ce parisien à la mode, hédoniste, passionné de nouvelles technologies, qui ressemble un peu à Bill Gates (sacrilège !). "Samedi, tu l'achètes à la fnac, tu passes chez moi, j'te montre comment ça marche. Tu verras, c'est que du bonheur."</span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">Ne reste plus qu'à convaincre ma chérie.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">"Si c'est pour dépenser des sous juste pour le design, je suis pas d'accord !</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">- Rhooo… C'est pas juste pour le design ! Les Mac sont plus fiables, ils plantent moins, et puis c'est un autre univers. Et puis j'ai envie de changer. Ca fait des années que j'ai dit qu'je passerai sur Mac !</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">- OK. Alors tu me rachètes PhotoShop Element 6 ! Tu sais au moins s'il existe sur Mac ?</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">- Mathieu 'i dit que sur Mac le logiciel photo il est vachement bien…</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">- £*ù^¨=*:;ç&#38;"'_àèç_\[&#124;- !!!!!!"</span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';">Va falloir s'accrocher, pour croquer la pomme.</span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"><img width="1004" src="http://guybrush.wordpress.com/files/2008/01/apple_microsoft_desktop1.jpg" alt="mac" height="733" style="width:346px;height:265px;" /></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:'Arial Narrow';"></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[31ème air du temps : piscine]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2008/01/15/31eme-air-du-temps-piscine/</link>
<pubDate>Tue, 15 Jan 2008 20:46:44 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2008/01/15/31eme-air-du-temps-piscine/</guid>
<description><![CDATA[
Humeur : chlorée
Vitalité : chlorée
Envie : chlorée
Résolution 2008 : faire du sport
(mais tou]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2008/01/255_baywatch38_1.jpg" alt="baywatch" height="278" width="205" /></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><i><b>Humeur</b> : chlorée<br />
<b>Vitalité</b> : chlorée<br />
<b>Envie</b> : chlorée</i></span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><b><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Résolution 2008 : faire du sport</span></b></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">(mais tout faire pour ne pas ressembler à David Hasselhoff).</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center">&#160;</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Une forte odeur de chlore me prend les narines dès que nous franchissons la porte. Je dis à mon collègue que j’accompagne :<br />
« Ca fait au moins dix ans que je n’ai pas senti cette odeur ! »<br />
Au moins quinze ans, en réalité, que je n’ai pas mis les pieds dans une piscine. Au guichet un grand panneau de pictogrammes confirme clairement mes craintes. Les shorts de bain sont interdits. Je baisse la tête dans la guérite :<br />
« Pour quelle(s) raison(s) exactement ?<br />
- Parce qu’y’en a qui les portent toute la journée. »<br />
Et ça ne serait pas hygiénique… En tout cas, vraiment pas commode de porter un short de bain sous un pantalon, à mon avis, mais passons.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Une espèce de maître nageur nous écoute, à l’entrée des vestiaires. Avec ses cheveux longs et cette odeur de chlore, il me fait penser à Philippe Lucas, mais en picard profond (nez rougeaud, dents gâtées). Mon collègue l’interroge :<br />
« Vous ne pouvez pas lui en prêter, un maillot ? »<br />
Le bonhomme répond, avec un accent de baraque à frites :<br />
« Môa déjà personnellement j’en prête pô, c’est pô hygiénique. »<br />
Sans façon, quoiqu’il arrive.<br />
Je me dirige vers Decathlon avec ce souvenir vieux de deux ans, de cet essayage de maillot qui m’avait immédiatement dissuadé d’aller à la piscine, après avoir observé ma petite silhouette emmaillotée d’un petit bout de tissu noir moulant. Mais l’idée me vient d’un shorty (d’ailleurs ça fait un peu plus athlétique, au premier abord, et soldes aidant, je m’en tire pour moins de 6 euros).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J’ai toujours eu une haine furieuse contre la piscine. Car s’il est des mauvais souvenirs d’école, celui de la natation accède aisément aux toutes premières places de mon classement. Parce que la piscine avait toujours lieu en hiver, parce que l’eau y était toujours froide, parce que nos heures de piscine étaient toujours à la première heure, parce que, parce que, parce que… j’ai toujours détesté la piscine. <b>Nous étions tous là, dans ce bassin uriné, à patauger comme des animaux, les cheveux tirés par ce foutu bonnet en caoutchouc qui faisait « clac ! », et à grelotter de fureur au bord du bassin lorsque venaient les évaluations</b>. Il ne m’en reste pas beaucoup, de ces heures de naufrage, si ce n’est quelques images furtives. Celle d’un maître nageur en claquette – T-shirt blanc, des cuisses grosses comme mon ventre et avec dix kilos de barbaques dans le slibard. Il faisait la gueule à longueur de séance, nous tendait la perche par un sursaut de pitié lorsque nous semblions nous noyer après avoir bu cent fois la tasse de cette eau infâme, et sifflait de temps en temps, d’un sifflement strident résonnant dans tous les coins, lorsqu’un gaillard faisait le zouave en sautant dans l’eau n’importe comment. Il arrivait que notre professeur d’ « EPS » (Education Physique et Sportive) fasse trempette aussi, histoire de montrer l’exemple. Une année, une femme plutôt athlétique d’une trentaine d’année, pas forcément sympathique, était notre professeur de sport. Un beau matin, alors qu’elle remontait l’échelle du bassin devant notre paquet de gosses agglutinés, nous la vîmes sortir partiellement dévêtue du fait d’un maillot qui devait être un peu trop lâche, ce qui laissa entrevoir un peu la pilosité de son entrejambes, et bien sûr ce jour-là nous avons bêtement et grassement ricané. Et enfin, un matin mémorable, je décidai pour la première fois de ma vie d’ouvrir mon cahier d’excuses pour y m’auto-accorder une dispense de piscine, non sans avoir déployé un talent remarquable à reproduire les caractères arrondis de l’écriture maternelle (pardon maman…). D’ailleurs les filles étaient régulièrement dispensées de piscine, j’en ignorais totalement la raison à l’époque, aussi avais-je considéré qu’au titre de la parité homme-femme, je pouvais aussi débrayer ce jour-là sans trop de remords. Le professeur de sport examina mon carnet (j’avais pris soin de venir emmitouflé dans une grosse écharpe et toussais d’une toux certes un peu forcée mais ma foi crédible, puisque le bonhomme signa la dispense puis se dirigea vers l’autocar sans aucune autre forme de procès). <b>Je passai alors l’une des plus délicieuses matinées de ma scolarité, en salle de permanence, à faire distraitement mes exercices de mathématiques en pensant à toutes les filles dont j’étais amoureux cette semaine-là</b>, et surtout à mes petits camarades pataugeant dans la fosse humide pendant que j’étais moi, en train de me laisser doucement bercer par les premiers rayons du soleil qui perçaient les vitres de la grande salle sentant le vieux bois. <span> </span><span> </span><span> </span><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Retour à la piscine. Parcours du combattant dans ce labyrinthe chloré. Un premier bac m’incite à me déchausser avant d’accéder aux vestiaires jonchés de flaques d’eau. Après avoir inséré 1 euro dans le casier je me déshabille, enfile le shorty flambant neuf et quitte, avec le plus grand regret, ma paire de lunettes sans lesquelles je ne suis rien. En marchant vers le bassin, je ne vois absolument rien sauf l’inscription « douche obligatoire ». J’appuie sur le bouton pression et suis surpris par la chaleur du jet qui coule sur mes épaules. C’est un bonheur inouï, et je me dis que je serais même prêt à débourser chaque midi 3 euros 80 pour venir me réchauffer sous cette douche. Une grande luminosité traverse les baies vitrées de la piscine. Dans le bassin, je vois dans le plus grand flou des bras rentrer et sortir de l’eau, éclaboussant les couloirs que plusieurs lignes de flotteurs viennent délimiter. Il y a des robots partout, avec des yeux en plastique bleu et des crânes lisses de toutes les couleurs. Je dois </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">presque </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">coller mes yeux aux panneaux disposés au pied des plongeoirs pour pouvoir lire la ségrégation des niveaux. Sans aucune honte, je me dirige vers le couloir « nageurs lents » puis pénètre dans l’eau tiède. J’essaye de puiser dans mes automatismes d’enfant pour retrouver les bons gestes, et bonnant malant je nage dans le sillage des quelques bonnes femmes qui pataugent dans mon couloir.<br />
« Ma grand-mère… elle faisait tout à l’époque !... allait au marché…. achetait des bouts de tissus… et elle fabriquait tous les manteaux des petits… ah oui c’était un boulot ! ».<br />
On se croirait dans un salon de coiffure. Certaines nagent même avec leurs lunettes. J’observe, à l’autre bout du bassin, quelques athlètes plonger vigoureusement les bras dans l’eau dans un puissant mouvement de crawl. La semaine prochaine, j’essaierai…<br />
<b> Tout mon corps souffre, sans vraiment que je m’en aperçoive, et je m’agrippe à l’échelle comme un naufragé pour reprendre mon souffle</b>, au bout de chaque longueur, puis peu à peu toutes les deux longueurs.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Lorsque je remonte l’échelle, mes mollets se réveillent, comme si sortir de l’eau avait subitement réveillé mon corps un peu chamboulé par l'effort. J’ai la sensation d’être enflé de partout, gonflé des bras et des jambes, comme sortant d’une longue séance de musculation, avec l’impression d’avoir pris dix kilos de muscles, comme par magie. </span></p>
<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Allez, moi aussi je veux faire l’homme. La semaine prochaine, je mets des lentilles, m’achète des lunettes de robot, et j’essaye le crawl !</span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[30ème air du temps : Noël]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/12/24/30eme-air-du-temps-noel/</link>
<pubDate>Mon, 24 Dec 2007 19:46:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/12/24/30eme-air-du-temps-noel/</guid>
<description><![CDATA[&nbsp;
« Allez, vas-y ! »
 Alors que j’arrive dans le couloir, j’entends piétiner dehors des ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="margin:0;" class="MsoNormal">&#160;</p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><i><b><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">« Allez, vas-y ! »</span></b></i></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span> <span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Alors que j’arrive dans le couloir, j’entends piétiner dehors des voix d’enfants, juste derrière la porte d’entrée de la maison. Je m’immobilise silencieusement pour prêter l’oreille aux murmures.</span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><i><b><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">« Tu dis que c’est pour acheter un cadeau à ta mère, ça marche bien ça. »</span></b></i></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span> <span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le bruyant ding-dong de la sonnerie retentit dans tout le rez-de-chaussée. J’ouvre la porte, habité par un sadisme frémissant certes un peu involontaire, mais que j’espère bien pouvoir mettre en œuvre.</span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">C’est souvent comme ça, dans une fine équipe de trois. Garçon ou fille, il y a toujours le ou la meneuse, aussi dégourdi(e) qu’effronté(e), la grande perche qui rit bêtement, et le ou la troisième, terré dans un silence maladif, observant le monde avec les yeux de bête d’un animal promis à l’abattoir. </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span> <span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Les trois adolescentes emmitouflées se tiennent au seuil de la porte, par ordre de taille. La meneuse, une enfant d’une dizaine d’années au minois délicat, prend la parole comme convenue :</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></p>
<p><i><b><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">« Bonjour monsieur, on vend du thym, c’est pour acheter un cadeau à ma maman.»</span></b></i></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">L’adolescente me tend une main gantée au creux de laquelle j’observe trois pitoyables branchettes probablement arrachées à un jardin du quartier. La greluche de derrière, une grassouillette aux cheveux frisés, me tourne brusquement le dos la main sur la bouche et pouffe de rire. La troisième est immobile comme un piquet, figée de peur, saisie de honte peut-être, je ne la vois pas, elle n’existe pas. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je prends mon air rigide et dépité que je maîtrise si bien :</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></p>
<p><i><b><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">« Qu’est-ce que c’est que ça… »</span></b></i></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">La meneuse me fixe d’un regard édifiant de témérité et poursuit avec un aplomb surprenant :</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></p>
<p><i><b><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">« C’est pour acheter un cadeau à ma maman, c’est dix centimes le brin. »</span></b></i></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J’observe d’un air fatigué les branches de thym puis pose mon regard sur les traits angéliques de ma vendeuse d’herbes en herbe, puisant dans les ressources endormies de ma bonté d’âme. </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span> <span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Mes doigts fouillent dans le fond de mon portefeuille et y dénichent une pièce de deux euros. L’adolescente recueille la pièce au creux de sa main, tente de contenir son étonnement puis me tend à nouveau le thym.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je refuse d’un geste agacé de la main.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><i><b><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">« Allez, oust ! ».</span></b></i></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 29 : Toan]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/12/07/dans-lair-du-temps-29-thang/</link>
<pubDate>Fri, 07 Dec 2007 19:56:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/12/07/dans-lair-du-temps-29-thang/</guid>
<description><![CDATA[C&#8217;était il y a environ quatre ans, lorsque je travaillais à Chauny. Un petit restaurant sino]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">C'était il y a environ quatre ans, lorsque je travaillais à Chauny. Un petit restaurant sino-vietnamien venait d'ouvrir en centre-ville, et c'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'avais invité mes collègues à venir découvrir cet endroit sympathique tenu par un asiatique d'une trentaine d'années à la jovialité invraisemblable répondant au nom de Toan. Le restaurant s'appelait "Le ravissement d'Asie" et nous, nous disions simplement "Chez Toan", en référence à son heureux propriétaire.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">C'était presque comme à la maison, chez Toan. Ses nems étaient fantastiques. Régulièrement je passais la tête dans l'arrière boutique où le père de Toan préparaient les nems selon une recette gardée un peu secrète qu'il m'aurait été de toute façon bien inutile de connaître, puisqu'il me manquait quoiqu'il arrive l'inimmitable savoir-faire, le geste ancestral. Quant aux plats, Toan nous régalait d'immenses assiettes de porc au caramel, de poulet citronnelle ou bœuf au basilic, accompagnés par de généreuses portions de riz et de nouilles sautées. Après tout cela, Toan nous rapportait, pour ainsi dire à volonté, diverses friandises asiatiques engouffrés jusqu'à ce que mort s'ensuive, ou presque. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J'avais ainsi pris mes habitudes avec Stéphane, un collègue de travail. Il nous arrivait de passer près de deux heures chez notre ami Toan. Celui-ci était d'une gentillesse remarquable, toujours soucieux de notre confort, déployant une infatigable et contagieuse bonne humeur, et c'était aussi pour cela, que nous allions "Au ravissement d'Asie". Pendant une période, Toan avait embauché une jolie jeune métisse prénommée Annabelle en tant que serveuse. Ce qu'il faut dire sur Annabelle, c'est qu'elle était d'une timidité hors norme. Et dans un premier temps, cette timidité nous privait en totalité du plaisir de sa voix, ce qui manquait beaucoup à la mission que Toan lui avait confiée. Stéphane et moi, avec la patience rigoureuse de vieux habitués, nous déployâmes toute notre énergie pour provoquer son épanouissement, et un beau jour Annabelle s'ouvrit enfin à nous. <strong>Et dès ce jour il n'y eut pas d'autres paradis que celui d'aller déjeuner chez Toan</strong>. Lorsqu'arrivait le moment du dessert, nous avions instauré, Annabelle, Stéphane et moi, un jeu quotidien. La jeune femme préparait en secret différents types de thé, et nous avions comme défi de deviner chaque jour quel parfum avait eu sa faveur. Puis nous passions de longues minutes à savourer nos liquides parfumés, jusqu'à la dernière tasse.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Toan fit preuve d'une générosité à toute épreuve. Régler la totalité de nos repas n'était pour lui qu'une préoccupation secondaire. Il oeuvrait pour notre bonheur, tout simplement. Et pour satisfaire les appétits les plus exigeants, Toan fit même l'effort d'élargir son menu à des plats européens. Nous eûmes donc aussi droit au steak frites ou à la blanquette de veau. Mais tout cela commençait à nous inquiéter. A force de générosité, Toan ne rentrait visiblement plus vraiment dans ses frais.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>Un beau jour nous nous trouvâmes orphelins devant la devanture grise de notre restaurant préféré totalement baissée</strong>, et mon agence fût délocalisée à Compiègne, à trente minutes de voiture de Chauny.</span></p>
<p class="MsoNormal" align="center"> *******</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Aujourd'hui c'est avec un plaisir sans nom que je me rendais au restaurant "La baie d'Halong", à l'occasion d'un déplacement à Chauny. J'avais appris que Toan avait persévéré, et reprit un local du centre ville pour ouvrir un nouveau restaurant. Au bout du fil je reconnus la voix de mon ami To</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">an, qui s'enthousiasma immédiatement de ma venue à Chauny. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le restaurant était superbe. Toan avait investi dans un très joli service d'assiettes décorées de fines d'orchidées. Il avait décidé de proposer un buffet à volonté, sur lequel nous attendait une grande variété d'entrées et plusieurs plats asiatiques savoureusement préparés. Je me régalai. Peu à peu le restaurant s'emplissait de convives visiblement habitués, et Toan passait de tables en tables, riant d'un rire inimitablement généreux, et il venait régulièrement me voir pour prendre de mes nouvelles et m'exposer ses projets :<br />
" Bientôt je vais proposer des plats plus européens, pour que ça plaise à tout le monde. Et puis moi aussi, j'en ai marre de manger tout le temps la même chose. Tu vois, un bon rôti de porc avec des patates, j'aime bien ça !!! (rires)".<br />
Une adorable petite fille d'environ dix-huit mois fit son apparition. La petite Florine s'approcha de notre table et Toan se tourna vers sa fille :<br />
"Allez dis bonjour à tonton Rémy !"<br />
Florine, après avoir gigoté de droite à gauche avec la timidité touchante des enfants de son âge, me regarda de ses petits yeux et plia les jambes dans un geste superbe de révérence. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je passais ainsi un déjeuner à l'inimitable saveur. <strong>Je quittais mon ami Toan, ravi d'avoir retrouvé ses nems et ses viandes en sauce, son rire de bonheur</strong>, et emportant avec moi deux barquettes de viande et de légumes pour me régaler à nouveau le soir même. Je saluais enfin ce bonhomme hors du commun qui m'appelait "mon frère", absolument persuadé que quoiqu'il arrive, lors de mes prochaines visites ses portes seraient toujours grandes ouvertes pour m'accueillir.  </span></p>
<p class="MsoNormal"> </p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 28 : Automne]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/11/04/dans-lair-du-temps-28-automne/</link>
<pubDate>Sun, 04 Nov 2007 14:53:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Humeur : maussade
Vitalité : lendemain de mariage
Envie : de faire un bel article
Tout est arrivé]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/11/automne2.jpg" alt="Automne" height="279" width="373" /></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><em>Humeur : maussade<br />
Vitalité : lendemain de mariage<br />
Envie : de faire un bel article</em></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Tout est arrivé en quelques jours seulement. Lorsque je regarde par la fenêtre, j’observe l’automne qui s’est définitivement installé. L’authentique automne. Celui des livres, celui que l’on nous apprenait à l’école. Avec ses feuilles mortes, ses matins calmes où les rayons du soleil viennent lentement mourir sur la fraîcheur du mois de novembre. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Les arbres se sont subitement couverts de vermillon, d’orange et de jaune, donnant aux rues un éclat particulier, sublime, presque éblouissant. L’automne s’est abattu sur la nature qui lentement se prépare au grand sommeil de l’hiver. En attendant la neige du mois de décembre, dont on espère qu’elle sera abondante à Noël pour raviver nos souvenirs et nos délices d’enfance, l'automne nous offre, dans un lumineux silence, son dernier spectacle.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span>L’automne est comme une aquarelle sur laquelle est venue mourir une goutte d’eau, entraînant avec elle au pied des arbres, ses feuilles sans vie aux couleurs diluées. <span> </span><span> </span><span> </span><span> </span></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 27 : les petites vieilles]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/10/03/dans-lair-du-temps-27-les-petites-vieilles/</link>
<pubDate>Wed, 03 Oct 2007 20:36:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le restaurant était bondé et bruyant, son atmosphère pesa sur moi dès mon arrivée. Le très pol]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>Le restaurant était bondé et bruyant</strong>, son atmosphère pesa sur moi dès mon arrivée. Le très poli chef de salle m’accueillit à la seconde où je franchis le pas de la porte et me demanda de choisir de m’installer en zone fumeur ou non fumeur. Mourir à petit feu pendant mon déjeuner n’était pas précisément l’objectif de ma venue, aussi fis-je simplement part de mon souhait d’être installé sur les cotés, près d’une fenêtre.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">La place était idéale, dans un coin de la salle près de l’entrée, m’épargnant ainsi l’épreuve de devoir manger au milieu de tables occupées par des groupes posant sur ma solitude un regard de curiosité ou de compassion. Juste à coté de ma table pourtant, à quelques dizaines de centimètres pour ainsi dire, je vis immédiatement deux vieilles dames sagement installées face à face. Dire que ces deux dames se ressemblaient à première vue, étant donné leur âge, était dire la vérité. Mais quelques secondes d’observation me suffirent à immédiatement saisir le contraste émergeant de ces deux personnages dont absolument personne, sauf évidemment une serveuse blonde et joviale, ne se souciait.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Car l’une d’elles, manifestement la plus âgée, se distinguait par une courbure du corps démesurée, au point que son visage me parût presque en dessous du niveau de ses épaules et que je crus la dame sous l’emprise de quelque médicament aux effets de somnolence aigus. <strong>Ses cheveux gris, dont la raréfaction laissait entrevoir la peau de son crâne, ses rides fatiguées ainsi que les poils emmêlés et particulièrement nombreux qui émergeaient de son menton, tout cela me frappa immédiatement</strong>. A dix ou quinze centimètres de son assiette, la vieille dame, avec une lenteur stupéfiante, procédait à la découpe d’une tranche de terrine de campagne accompagnée de deux ou trois cornichons. Les cucurbitacés, déjà découpés en minuscules morceaux, s’obstinaient à ne pas se faire embrocher par la fourchette, aussi la dame déploya t’elle une patience éternelle à piquer chacun d’eux, un par un. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>En face de l’embrocheuse de cornichons, la deuxième vieille dame paraissait bien plus alerte</strong>. Quoi qu’alerte soit un mot bien mal choisi pour le caractère de cette dame. Elle se portait bien, avec son brushing gris clair et son regard bienveillant. Elle avait fini son entrée depuis bien longtemps et attendait patiemment que les cornichons d’en face, se rendent enfin. Je perçus les premiers mots d’une conversation épurée.<br />
« Ah ça va mieux hein ? demanda la deuxième, tu avais faim ! ».<br />
La mangeuse de cornichons, sans relever les yeux, fit un lent mouvement de la tête négatif.<br />
Alors que je dévorais mon magret de canard grillé, elles se firent servir une pièce de bœuf avec des frites. Le même schéma se reproduit et la première mit un temps considérable à découper et manger sa viande, pendant que l’autre opérait à une vitesse assez proche de la normale. La dame courbée avait manifestement une affection de la main droite l’empêchant tout à la fois de tenir fermement ses couverts et de découper plus rapidement sa grillade fumante.<br />
« Il te fait des misères ton doigt… » remarqua la deuxième.<br />
L’autre, relevant les yeux.<br />
« Ah oui… »<br />
Silence.<br />
« J’ai peur de faire tomber des frites !<br />
- Quoi ?<br />
- J’ai-peur-de-faire-tomber-des-frites ! »<br />
Silence.<br />
« Si tu les fais tomber tu les ramasseras… ».</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>A</strong><strong>lors que tout autour s’agitait, dans un brouhaha permanent, les petites vieilles étaient impassibles, paisibles, lentes</strong>. J’avais englouti mon dessert bien avant qu’elle ne termine les quelques frites froides subsistant dans le creux de leur assiette.<br />
« Je cale, dit l’une.<br />
- Ne vas pas te forcer, répondit l’autre, mange ce qui te fait plaisir. »</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Avant de partir, j’entendis encore quelques mots échangés à propos du dessert, de glace au cassis, et uniquement au cassis. En me levant, j’octroyai un poli « bonne journée » à l’attention de mes deux dames, et celle qui l’entendit, on imagine laquelle, fût parfaitement charmée par mon geste et me rendit une formule que je ne compris pas vraiment, dans mon empressement, accompagnée d’un sourire dont je revois encore maintenant la sincère beauté.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je me dis alors que moi, je courrais après ma vie, pendant qu’elles, elles regardaient la leur lentement s’en aller.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><br />
<strong><span class="style1"><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Telles vous cheminez, stoïques et sans plaintes,</span></em></span><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
<span class="style1">A travers le chaos des vivantes cités, </span><br />
<span class="style1">Mères au coeur saignant, courtisanes ou saintes, </span><br />
<span class="style1">Dont autrefois les noms par tous étaient cités.</span></span></em></strong></p>
<p align="center"><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></em><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire, </span></strong></span></em></p>
<p align="center"><em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Nul ne vous reconnaît ! un ivrogne incivil </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Vous insulte en passant d'un amour dérisoire ; </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Sur vos talons gambade un enfant lâche et vil.</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Honteuses d'exister, ombres ratatinées, </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs ; </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Et nul ne vous salue, étranges destinées !</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Débris d'humanité pour l'éternité mûrs !</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille, </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">L'oeil inquiet, fixé sur vos pas incertains, </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Tout comme si j'étais votre père, ô merveille !</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins :</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Je vois s'épanouir vos passions novices ; </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ; </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Mon coeur multiplié jouit de tous vos vices !</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Mon âme resplendit de toutes vos vertus !</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Ruines ! ma famille ! ô cerveaux congénères !</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Je vous fais chaque soir un solennel adieu !</span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Où serez-vous demain, Eves octogénaires, </span></strong></span></em><br />
<em><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong><span class="style1">Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu</span></strong>                       </span></em><strong><em><span class="style1"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> ?</span></span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal" align="center"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> Charles Baudelaire</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 26 : rentrée picarde]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/09/14/dans-lair-du-temps-26-rentree-picarde/</link>
<pubDate>Fri, 14 Sep 2007 11:35:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/09/14/dans-lair-du-temps-26-rentree-picarde/</guid>
<description><![CDATA[C’est la rentrée ! Et avec elle, toutes les réjouissances « qui se profilent à l’horizon ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">C’est la rentrée ! Et avec elle, toutes les réjouissances « qui se profilent à l’horizon », comme disait mon professeur de Français en sixième Madame Lefevre, en parlant des avertissements. Point de matinées grises et humides, comme j’imagine chaque rentrée depuis que j’ai été écolier.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Depuis que le monde ne tourne plus rond, et surtout cette année, il n’y a plus de saisons. C’est certainement la nouvelle expression, venant remplacer le vieux « Y’a plus de jeunesse ! ». Non, la rentrée me gâte d’un temps certes frais mais ensoleillé. Et puis je ne sais pas ce qu’il m’a pris cette année, au retour de vacances, mais j’étais presque heureux de retourner au travail. <strong>J’avais presque l’impression que j’allais m’acheter un nouveau cartable, de nouvelles chaussures et que j’allais retrouver mes petits copains pour faire plein de nouvelles conneries</strong>.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">C’est vrai qu’il en fallait un peu, de bonne humeur, pour retrouver ma Picardie. Je prenais avant-hier mon courage (et mon volant) à deux mains, pour aller dans une vieille usine de Chauny, au fin fond de l’Aisne. Il me fallait rejoindre Noyon, aux confins de l’Oise puis traverser d’improbables villages picards en briques rouges : Chiry-Ourscamp est un village de mille cinq cents âmes à l’accent plein de « o », traversé par une route encombrée des travailleurs noyonnais qui se rendent à Compiègne, bouchonnant au pied de deux malheureux feux rouges. Il y a aussi un magasin discount d’aliments pour animaux, une restauration rapide flambant neuf, un bar-tabac-press ainsi qu’un fleuriste un peu dégarni.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">A Chauny je décidai de retrouver un petit restaurant avant d’aller à mon rendez-vous. J’avais fréquenté « Le Chateaubriand » à plusieurs reprises lors d’une mission de deux semaines à Chauny, et j’espérais qu’il n’ait pas changé de propriétaire. Je poussais la porte vitrée de la salle et m’installai sur une table de deux personnes. J’aperçus et reconnu sans difficulté, derrière le comptoir, l’imposante silhouette du chef de la maison. Un homme grand, rustique, avec un bidon à ne pas vouloir s’y frotter, mais à mon souvenir il était un homme généreux et sympathique. Lui ne reconnu ni ma discrétion ni mon visage, ou du moins il ne m’en fit pas part, et je décidai de ne pas évoquer mon passage datant d’au moins un an.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Tripes et pommes vapeur au menu : pas ma tasse de thé. J’optai plutôt pour une omelette aux lardons, et m’accordait pour débuter un avocat-crevettes, plat se chamaillant la première place de mes entrées favorites, entre l’œuf mayonnaise et le filet de harengs – pommes de terre. Ma solitude, toujours difficile à supporter au restaurant, m’incita à observer avec attention les lieux. Devant moi un aquarium, vide d’eau, était encastré dans un mur de fausses pierres en plastique blanc. Son fond était rempli de différents sables et granulats hétérogènes sur lesquels mourraient trois ou quatre cactus de formes variées. Aux murs, une décoration d’une étonnante disparité venait intriguer mon regard. Un miroir publicitaire de la marque Thonon, deux ou trois reproductions de peintures inconnues au bataillon surmontant la marque Perrier, et puis à droite encore, une vieille carte usée du réseau de chemins de fer français.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Alors que l’avocat-crevettes frisait l’imposture, j’eus concernant l’omelette une ration pour deux jours, et de la compote de pomme maison choisie en dessert, une ration pour trois. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Finalement je sortais du Chateaubriand l’estomac tendu et gonflé. A bien m’en souvenir, c’était déjà le cas lorsque j’y venais les premières fois.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et puis tout cela n’était pas prêt de changer au Chateaubriand. Ici, à Chauny, au cœur de la Picardie. </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 25 : l'effet boomerang]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/08/13/dans-lair-du-temps-25-leffet-boomerang/</link>
<pubDate>Mon, 13 Aug 2007 13:08:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[J’ai 28 ans ! Et toutes mes dents comme on dit. Enfin, une couronne en plus par rapport à l’an]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>J’ai 28 ans</strong> ! Et toutes mes dents comme on dit. Enfin, une couronne en plus par rapport à l’année dernière.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Mais bon, cette année mon anniversaire fut un jour comme les autres. Autant dire que je ne l’ai pas du tout fêté cette année. Le matin au réveil il y eut certes mon petit bout de femme me chuchotant à l’oreille un « bon anniversaire le chéri ! » et son bon petit gâteau au chocolat (« j’ai divisé les quantités par deux parce que c’était pour quatre… »), ce qui me rappela un peu la spécificité de ce samedi matin. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et puis j’attendis patiemment que mon téléphone portable retentisse, ou bien quelques signaux sonores de SMS, mais la journée fut loin d’être une symphonie. Deux amis et une collègue de travail (salut Manmande). Mes deux sœurs, légèrement en retard (juste retour des choses), et mes parents, ayant retenu les réclamations de mon 27<sup>ème</sup> 11 août l’année précédente : j’avais crié au scandale devant le silence radio de mes géniteurs. « Si si, je t’assure, on pensait à toi ! ». </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J’essayais de compter le nombre de personnes qui auraient pu me faire signe ce jour-là. Allez, peut-être dix. Quinze, tout au plus.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Au travail je parle souvent de l’effet « boomerang ». C’est un principe clair comme de l’eau de roche : <strong>un jour où l’autre on reçoit forcément sur le coin du crâne ce dont on ne s’est pas ou mal occupé dans le passé</strong>, juste retour des choses. C’est imparable, quasi mathématique. Et aujourd’hui je constate que la vie est aussi un grand boomerang. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">A qui ai-je souhaité l’anniversaire cette année ? </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">A force d’être égoïste on se retrouve tout seul, comme un con. <em>C’est imparable, quasi mathématique.</em> Je sais, je ne suis pas très expressif. Je suis bavard comme un gorille et joyeux comme un ours. Alors voilà, j’adresse mes plates excuses à tous ceux à qui je n’ai pas souhaité bon anniversaire, que je n’ai pas appelé ou à qui je n’ai pas écrit depuis des semaines et des mois. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><strong>A tous ceux qui se reconnaîtront dans le terme d’amis et de proches, je leur dédie toute l’affection de mon message.</strong></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 24 : sommeil...]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/08/10/dans-lair-du-temps-24-sommeil/</link>
<pubDate>Fri, 10 Aug 2007 12:28:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/08/10/dans-lair-du-temps-24-sommeil/</guid>
<description><![CDATA[ J&#8217;aime m&#8217;endormir. 
J&#8217;adore m&#8217;endormir. 
Cet instant est de loin celui d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J'aime m'endormir.</span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J'adore m'endormir.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Cet instant est de loin celui de ma journée que je préfère. Loin, bien loin, à l'autre extrémité du moment de lutte et de souffrance qu'est le réveil. Oui oui, moi je suis "ravi au lit".</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">C'est un moment privilégié et sacré, que cet instant où je m'allonge sous la couette, concentrant toute mon attention sur mon sens du toucher, de manière à sentir chaque endroit de mon corps s'abandonnant au divin matelas. Je dépose mon crâne sur l'oreiller mœlleux et parfumé des promesses de la nuit, glisse ma main dans la caverne fraîche de sa face inférieure, puis je ferme les yeux : libération. Parfois, souvent même, quelques minutes seulement me suffisent à basculer du coté obscur. Mais point de Mal dans cet univers parallèle, dans cette seconde vie qu'est la nuit. Que du bonheur. Celui de s'abandonner à la nuit, corps et âme.</span><span style="font-size:11pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Des milliers d'heures de sommeil à mon actif. Des heures magiques, des heures exquises, peuplées de souvenirs, de créatures fantastiques ou de créatures de rêves, parsemées de fantasmes et de regrets, de rires et de fous rires, de regards volés ou insistants et de tant d'autres choses. Sombres rêves aussi parfois, nuits agitées brisées par des réveils soudains et couverts de sueur, cauchemars insidieux et confusions mentales. Cris dans la nuit noire.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Les nuits de mon enfance furent agitées. Ma famille en garde encore des souvenirs aujourd'hui. Elle évoque mes états somnambules, où je me levais la nuit pour aller au chevet de mes grands-parents déblatérer des phrases sans queue ni tête. Plus jeune encore, je me souviens à quel point j'aimais dormir dans le lit de ma grand-mère maternelle lorsque nous habitions dans le sud de la France. Une nuit je me levai pourtant, me mis debout sur le lit et criai "Non ! Non !". Oppression, angoisses et malaises troublèrent à de nombreuses reprises mes nuits de petit garçon, et il m'arrivait, dans l'étrangeté de ces moments, d'allumer la lumière sans m'en rendre compte, et de me réveiller dans l'atmosphère réchauffée par ma lampe de chevet comme émergeant d'un voyage hors du temps.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le temps qui passe apaise nos angoisses. Où plutôt il en change la nature. Toujours quelques sursauts et des paroles en l'air, d'une cohérence parfois douteuse. Il y a quelques années, en pleine nuit, je mis subitement en garde ma compagne contre un perroquet qui allait faire ses besoins sur nous. Je refuse toute analyse psychiatrique sur cette surprenante vision, trop inquiet quant à la possibilité d'une interprétation traumatisante pour ma petite personne. Des rires aussi, dans les premières heures de mon sommeil, qui ont tendance à me réveiller moi-même. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J'aime m'endormir.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J'adore m'endormir.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Ce soir c'est week-end, et demain, pour mon anniversaire c'est grasse mat' !</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-family:Arial;"> </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 23 : bouleversement climatique]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/07/13/dans-lair-du-temps-23-bouleversement-climatique/</link>
<pubDate>Fri, 13 Jul 2007 12:47:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Rien ne va plus par là-haut. Le ciel va nous tomber sur la tête et jamais je ne m’étais senti ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/07/pluie-de-soleil.jpg" alt="airdutemps23" height="202" width="303" /></p>
<p>Rien ne va plus par là-haut. Le ciel va nous tomber sur la tête et jamais je ne m’étais senti aussi gaulois qu’en ce mois de Juillet 2007. Parce que le mois d’avril s’écoulait sous un soleil généreux et constant, il n’était pas stupide d’imaginer un été caniculaire. Pourtant, de la Picardie d’où je subis la météo depuis la fin du printemps j’observe, la mine dépitée, l’alternance des nuages gris foncé et gris clair, l’omniprésence de la pluie lourde ou de la bruine et, à de rares, très rares occasions, l’apparition timide d’un soleil boudeur et feignant.</p>
<p>Quand j’étais petit, il faisait beau en été. Tous les jours sans exception. C’est peut-être la vision déformée et particulièrement joyeuse de petit garçon qui me donne ce souvenir : il faisait forcément un temps magnifique pendant les mois de juillet-août, et le jour de la rentrée de septembre était forcément une matinée grise et froide. Mais la vérité sort toujours… du souvenir des enfants.</p>
<p>Nous habitions dans le Var, dans un petit lotissement en bord de forêt qu’on appelait « Le hameau des Sauvans ». Les mois d’été étaient secs et lumineux, mon teint de peau légèrement hâlé issu de mon métissage asiatique était renforcé par le soleil de plomb qui venait égayer chaque jour de notre insouciante existence. Je passais le plus clair de mon temps avec mon copain Loïc qui habitait au bout de la rue. Nous étions torse nu et pieds nus, la tignasse en bataille et crasseux d’une manière générale, à force de traîner partout là où des enfants de nos âges étaient capables de se faufiler. Loïc avait réussi à me convaincre qu’en buvant du lait notre masse musculaire allait augmenter considérablement. Alors après avoir bu deux ou trois verres de lait nature, nous faisions plusieurs fois, toujours pieds nus, le tour du lotissement en courant puis nous nous arrêtions, s’observant mutuellement, s’impatientant d’observer les bienfaits de la boisson. Mais rien ne vint jamais.</p>
<p><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/07/sherif.jpg" alt="RémyVar" height="312" width="210" /></p>
<p>Le temps était sec. Et pendant les vacances notre petit groupe de gamins s’affairait à imaginer d’impensables bêtises dont les conséquences étaient tant bien que mal dissimulées à nos parents respectifs. De l’autre coté de la route, il y avait une bâtisse abandonnée dont on disait qu’elle était hantée. Nous nous étions un jour aventurés à pénétrer à l’intérieur de ses murs, mais le traumatisme de cette expérience fût tel que mon esprit en rejette encore aujourd’hui la commémoration. La maison était entourée d’un vaste terrain couvert d’herbes hautes. Un après-midi caniculaire, nous eûmes la brillante idée de faire un petit feu au milieu de cette étendue. Nous avions trouvé un vieux morceau de canalisation en fonte, disposé par terre et qui devait contenir les flammes en son centre. L’euphorie ne dura qu’une petite minute, puisque le feu indomptable voulut très vite étendre ses longs bras meurtriers aux alentours. Oubliant avec une force peu commune l’existence de mes petits camarades, n’ayant pour obsession que celle de sauver ma peau, je sautai dans le creux asséché du cours d’eau voisin pour m’échapper et rentrer chez moi incognito, fuyant le brasier exponentiel. Les pompiers étaient intervenus à temps pour ne pas nous infliger le spectacle de notre petit lotissement partant en fumée. Mais le soir même mon père m’offrit la plus belle correction de ma vie de petit garçon.</p>
<p>Aujourd’hui premier jour de vrai beau temps en Picardie, depuis fin avril. Il était temps, j’en ai marre de me peler les miches.</p>
<p><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/07/feu4fe.jpg" alt="Feu" height="215" width="325" /></p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Dans l'air du temps 22 : un kebab à Montreuil]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/07/03/dans-lair-du-temps-22-un-kebab-a-montreuil/</link>
<pubDate>Tue, 03 Jul 2007 20:17:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/07/03/dans-lair-du-temps-22-un-kebab-a-montreuil/</guid>
<description><![CDATA[Montreuil,
Banlieue peuplée et multicolore, aux portes de Paris, où se côtoient toutes les races ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Montreuil,</p>
<p>Banlieue peuplée et multicolore, aux portes de Paris, où se côtoient toutes les races et toutes les origines. Ville hétéroclite où s'invitent, entre deux immeubles gris, les appartements de standing de la nouvelle vague immobilière. Frappant contraste que cette juxtaposition de pauvreté et d'architecture moderne, destinée à accueillir les travailleurs de la capitale n'ayant pas les moyens de vivre au cœur de la grande ville.</p>
<p>J'étais arrivé dans l'artère principale de Montreuil une heure en avance avant une représentation de théâtre, confiant dans l'idée de localiser un petit traiteur japonais bon marché pour satisfaire mon appétit du soir. Mais j'entrepris une longue marche vers l'est, observant sans conviction les vieilles devantures des vendeurs de pizza, des brasseries délabrées et des Kebabs si nombreux, handicapé comme souvent après un long trajet en voiture par une envie d'uriner que je contenais avec beaucoup de courage. Au bout de longues minutes d'errance et devant le constat que Montreuil n'avait pas investi un seul euro dans les toilettes public, je dus accepter la double nécessité de trouver un endroit pour manger, celui-ci devant être doté de toilettes.</p>
<p>Je pénétrai alors dans l'étroite pièce de "l'Istanbul", où la lourde odeur si caractéristique des Kebabs me prit d'assaut. Le propriétaire des lieux, un homme de petite taille mais dont l'hypertrophie crânienne me frappa immédiatement, se leva pour aller derrière le comptoir. Il était vêtu d'un survêtement bleu usé, et il portait d'épaisses chaussettes grises enserrées dans des claquettes Adidas. Après quelques instants de réflexion je commandai une "assiette Doner". L'homme me proposa, dans un accent indigeste, un accompagnement dont je ne compris pas le nom. Je regardai alors la vitrine et vis un reste de riz épais mourrant dans un récipient en inox. Non, je ne voulais pas de ce vieux riz, et je demandai des frites tout simplement.</p>
<p>Au fond de la salle je devinai la présence du cabinet de toilettes tant désiré. Je m'en approchai et pénétrai dans cette petite arrière cours en réprimant ce mélange de honte et de dégoût. Le cabinet avait le mérite d'exister certes, mais il n'était pas le genre d'endroit dans lequel j'aimais m'attarder. Au moins y avait-il un peu de papier toilette. Je ressortis du cabinet puis approchai mes mains du lavabo. A ma gauche je vis un seau dans lequel marinait un balai serpillière, dans une eau noire. Avant de revenir dans la salle honorer ma commande, je m'essuyai les mains sur le pantalon, à l'ancienne. Le patron s'approcha de moi une grande assiette à la main, garnie de frites et de salade. Malgré l'accent, je compris le très gentil "Bon appétit monsieur" de mon interlocuteur.</p>
<p align="center"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/07/doener.jpg" alt="kebab" height="172" width="318" /></p>
<p>Il était bon, son kebab, il faut le reconnaître. Mon cuisinier vint s'asseoir derrière moi, pour regarder la télévision. Je n'y comprenais rien, à cette chaîne turque. On y voyait des actualités politiques (des hommes en costumes s'adressaient à la foule en levant les bras), et puis ensuite ce devait être un moment dramatique (des femmes tout de noir vêtues menaient un lent cortège). Et puis ensuite le petit homme changea de chaîne, zappant sur une série grand public, qui le fit rire à plusieurs reprises. Il avait l'air maussade malgré tout. Il avait du déchanter, depuis son arrivée en France. Et depuis que Sarkozy avait fermé les portes de l'Europe à la Turquie, il préférait rester dans sa petite échoppe de Montreuil, à préparer des Kebabs en regardant sa télévision turque.</p>
<p>A mi-parcours de ma dégustation, une voix de femme me parvint. "Salam Alikoum". Le film "Kingdom of heaven" m'avait appris la réponse, qui aurait dû être "Alikoum Salam", mais en réalité rien ne vint. La vieille femme s'était approchée de moi en tendant la main, demande à laquelle je répondis par un signe négatif de la tête. La mendiante me regarda de ses petits yeux fatigués, elle avait le teint hâlé et les dents grises. Elle consacra quelques instants à me parler dans son patois maternel. Pour m'insulter, certainement. Je ne savais pas de quand datait ce pichet d'eau, sur la table, pourtant j'avais soif. Alors je me suis décidé à en boire un verre, au moins, convaincu qu'Escherichia Coli ne mesurait que quelques micromètres et que par conséquent sa présence passerait parfaitement inaperçue à mes yeux d'homme.</p>
<p align="center"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/07/452622-555243.jpg" alt="Coli" height="273" width="224" /></p>
<p><strong>Je suis sorti de "l'Istanbul" complètement repu, dégageant tant par l'haleine que par les vêtements une puissante odeur de kebab. Je l'avais payé cher, ce kebab. Six euros cinquante. Enfin... j'espérais simplement que ces six malheureux euros suffisaient à le faire vivre, ce gentil petit homme au crâne hypertrophié.</strong></p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Joyeux anniversaire l'art niak !]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/06/28/joyeux-anniversaire-lart-niak/</link>
<pubDate>Thu, 28 Jun 2007 20:06:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/06/28/joyeux-anniversaire-lart-niak/</guid>
<description><![CDATA[Un an déjà ! Le temps est un géant qui avance à grands pas sur l’échelle de l’existence, et]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Un an déjà ! Le temps est un géant qui avance à grands pas sur l’échelle de l’existence, et cette année s’est écoulée pour moi comme un battement de cil. Belle occasion que ce 28 juin 2007 pour lever la tête du clavier, relever les compteurs et faire le bilan de ces 365 jours de passion.</p>
<p align="center"><strong> Relevé des compteurs</strong></p>
<p>103 articles ont été publiés sur l’art niak, soit environ 2 articles par semaine en moyenne, visionnés au cours de 16 827 visites (46 par jour en moyenne, pointe à 540).<br />
111 commentaires sont venus faire vivre ces billets.<br />
Mon article « <strong><a href="http://guybrush.wordpress.com/2007/01/22/sex-blog-sex-blog-youre-my-sex-blog/" target="_blank">Sexblog</a></strong> » est bien évidemment le plus consulté de l’art niak (1 419 visionnages), preuve concrète que les mots clés les plus recherchés sur les moteurs de recherche sont à connotation sexuelle !</p>
<p align="center"><strong> Ce qui m’a traumatisé</strong></p>
<p>Je me suis rendu compte très récemment que je confondais depuis des années et en toute impunité Paul Verhoeven et David Cronenberg, en d’autres termes je pensais que « Basic Instinct », « Total Recall », « Robocop » d’une part, « La mouche », « Existenz » et « Crash » d’autre part, étaient du même homme. Confusion pardonnable pour le commun des mortels me direz-vous, mais profondément traumatisant pour le mortel cinéphile que je suis.</p>
<p>Le jour où m’a stagiaire m’a expliqué sans honte aucune qu’elle n’avait jamais vu « Pulp Fiction » d’une part, et qu’elle venait de comprendre que Anakin Skywalker était le futur Dark Vador d’autre part, m’a secoué. Toujours dans le domaine de Star Wars, ma femme a comparé un jour mon sexe à Jabba The Hutt. Que ce personnage soit une grosse et répugnante limace baveuse qui finit étranglée par les chaînes de sa belle esclave en bikini, voilà qui me fait parfois réfléchir au réel dessein de mon épouse.</p>
<p class="MsoNormal" align="center"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/jabba-real_v.jpg" alt="Jabba" height="232" width="214" /><span style="font-family:'Arial Narrow';"><span> </span></span></p>
<p align="center"><strong>Ce qui m’a passionné</strong></p>
<p>Beaucoup de choses, bien évidemment, puisqu’il n’y a point d’écriture sans passion. Mon goût pour le cinéma ne cesse de s’affirmer : sur le grand écran, « <strong><a href="http://guybrush.wordpress.com/2006/12/27/babel-dalejandro-gonzalez-inarritu/" target="_blank">Babel</a></strong> » et « <a href="http://guybrush.wordpress.com/2006/09/26/cinema-je-vais-bien-ne-ten-fais-pas-de-philippe-lioret/" target="_blank"><strong>Je vais bien ne t’en fais pas</strong></a> » m’ont bouleversé, « <a href="http://guybrush.wordpress.com/2007/03/24/cinema-la-cite-interdite-de-zhang-yimou/" target="_blank"><strong>La cité interdite</strong></a> » m’a subjugué et « <a href="http://guybrush.wordpress.com/2007/04/04/cinema-300-de-zack-snyder/" target="_blank"><strong>300</strong></a> » m’a profondément secoué.</p>
<p>Dans le domaine de la bande dessinée, l’année a été marquée par la découverte de l’œuvre « <a href="http://guybrush.wordpress.com/2006/10/09/bd-murena-le-cycle-de-la-mere-dufaux-et-delaby/" target="_blank"><strong>Murena</strong></a> » au travers de son premier cycle et dont je découvre en ce moment la suite. Les deux tomes de « <a href="http://guybrush.wordpress.com/2006/09/13/bd-toxic-planet/" target="_blank"><strong>Toxic planet</strong></a> » ont égayé ma bibliothèque et « <a href="http://guybrush.wordpress.com/2007/04/16/bd-chevaliers-dragons-ange-dohe/" target="_blank"><strong>Chevaliers dragons</strong></a> » entre contre toute attente dans mon panthéon des bulles.</p>
<p>J’ai assisté à mon premier concert de <a href="http://guybrush.wordpress.com/2006/08/31/radiohead/" target="_blank"><strong>Radiohead à Rock en Seine</strong></a>, après dix ans de passion pour ce groupe hors du temps. Soirée marquée à l’encre indélébile dans mon esprit de musicien. Ce même soir je me passionne pour <a href="http://guybrush.wordpress.com/2006/09/15/musique-grand-corps-malade/" target="_blank"><strong>Grand Corps Malade</strong></a>. Son inspiration, sa sincérité et son sens artistique sont aujourd’hui pour moi une grande source d’admiration. Enfin, je me suis rendu compte qu’à chaque écoute, le solo de guitare de « The wall » des Pink Floyd est un des moments de musique qui me fait le plus vibrer au monde.</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/thom-york-of-radiohead.jpg" alt="Yorke" height="301" width="200" /></p>
<p>Théâtre, enfin et pour finir, puisque l’improvisation a changé ma vie, elle m’a prit dans ses bras, m’a enserré avec fougue et offert un voyage intense hors du temps, coloré, joyeux et dont le seul carburant était le bonheur. Le bonheur de s’ouvrir aux autres, de rire, d’oublier, d’apprendre, de s’envoler, de se sentir être. Mon spectacle de fin d’année fût l’une des expériences les plus intenses que j’aie pu vivre en l’espace de vingt-huit ans. L’improvisation n’est peut-être qu’une étape, une porte d’entrée, mais elle m’a insufflé le goût de la comédie.<span>  </span></p>
<p align="center"><strong> What else ?</strong></p>
<p class="MsoNormal" align="left">J'avais fait des catégories Dessin, Figurines, Improvisation et Ecriture les quatre piliers de l'art niak. Force est de constater que le dessin ne fait malheureusement plus partie de mon univers. Pour l'instant du moins. La révélation de Grèce, il y a un peu plus d'un an, s'était suivie de quelques très beaux coups de crayon. Mais je me suis retrouvé un beau jour dépourvu de toute inspiration, comme si le dessin avait été une énergie furtive m'ayant traversé comme un don magique... Peut-être que ce souffle me reviendra un jour.</p>
<p class="MsoNormal" align="left">Ma passion pour la figurine s'est aussi essoufflée. Activité trop répétitive à mes yeux, m'ayant incité à fréquenter des concours où le même petit groupe, dont j'ai fait partie à ma manière un certain moment, avait pour habitude de s'auto-congratuler, donnant aux médailles un goût amer, surtout lorsqu'elles m'échappaient assez injustement...</p>
<p class="MsoNormal" align="left">L'écriture est toujours le fil de mon existence. Plus que jamais. L'art niak m'a permis de donner des ailes à mon écriture et surtout, suprême récompense, de trouver des lecteurs, des lectrices, dont certains m'ont témoigné un très chaleureux soutient. <strong>Merci infiniment à cette poignée de fidèles dont la seule présence suffit à m'insuffler la détermination de poursuivre dans cette voie.</strong></p>
<p class="MsoNormal" align="left">J'ai appris, j'ai compris que le talent ne s'invente pas.</p>
<p class="MsoNormal" align="left">Il ne s'achète pas, il ne se dérobe pas, il ne se provoque pas.</p>
<p class="MsoNormal" align="left">L'inspiration est un souffle qui me traverse par moments et me donne l'énergie de la création. Le temps d'un mouvement de stylo sur ma page blanche, ou l'instant d'un geste et d'une réplique, sur scène. Je sais pertinemment que lorsqu'une agitation s'empare soudain de moi, qu'il m'est vital de prendre un bout de papier pour écrire, je sais alors que cette énergie m'appartient.</p>
<p class="MsoNormal" align="left"><strong>L'art niak est pour moi une clé de lecture qui m'a permis de faire le bilan concret de ce que j'ai pu faire jusqu'à présent de mon existence et la manière dont se profile mon futur. C'est par conséquent une manière de bâtir à mes pieds le chemin de l'art, marche après marche, pierre après pierre, alimentant ainsi une détermination profonde et intime de vouloir être meilleur chaque jour qui passe.</strong></p>
<p class="MsoNormal" align="left"> </p>
<p class="MsoNormal" align="left"> </p>
<p class="MsoNormal" align="left"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:'Arial Narrow';"> </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 21 : chez mon dentiste...]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/06/19/dans-lair-du-temps-21-chez-mon-dentiste/</link>
<pubDate>Tue, 19 Jun 2007 14:13:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/06/19/dans-lair-du-temps-21-chez-mon-dentiste/</guid>
<description><![CDATA[ 
Ce midi je me suis rendu chez mon dentiste, certes avec quelques minutes de retard mais avec un c]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p> <img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/dentiste-rigolo.jpg" alt="Dentiste" /></p>
<p>Ce midi je me suis rendu chez mon dentiste, certes avec quelques minutes de retard mais avec un courage dont il faut nécessairement se doter pour ce genre de rendez-vous. Je parle de courage mais en réalité depuis trois ans, même si je n'ai pas l'entière rigueur des rendez-vous annuels, la peur du dentiste s'est peu à peu évaporée puisque le mien est un homme formidable.</p>
<p>Finies donc les douloureuses séances du centre commercial des 3 Fontaines à Cergy, où une femme peu scrupuleuse, impatiente et mal aimable expédiait mes opérations, perçait à coup sûr mes joues de ses outils aiguisés et poussait même le scandale à poser ses instruments sur moi. Non, monsieur Marois lui est un homme charmant et un chirurgien-dentiste de talent, au geste net, précis et tout en douceur. Savoir rassurer, savoir expliquer, voilà des compétences qui nous font revenir chez le dentiste sans trop rechigner. Car dans ces situations de don de soi, ou du moins de don de sa bouche (ce qui n'est pas rien), rien de tel que de bonnes explications, fussent-elles trop scientifiques et par conséquent, pas totalement transparentes à notre égard. Mais bon…</p>
<p>Tout n'avait pas commencé dans les meilleures conditions puisque handicapé par un retard de quelques minutes sans en avoir averti le cabinet, je me précipitai dans la rue et sentis en descendant du trottoir le contact mou et glissant si caractéristique des crottes de chien fraîches. Celle qui avait eu l'honneur de recevoir mon pied devait être d'une belle taille à l'origine, mais l'inertie de ma précipitation l'avait bien étalée sur le macadam tiède. Fort heureusement pour moi tout autant que pour mon dentiste les semelles de mes chaussures, parfaitement lisses, furent vite nettoyées contre le montant d'un panneau d'affichage compiégnois. Je tiens d'ailleurs à présenter mes excuses aux services techniques de la ville impériale, la culpabilisation du propriétaire du chien concerné permettant certainement de pardonner mon geste précipité.</p>
<p>Le docteur Marois s'était mis très vite au travail. C'est cela que j'aime chez monsieur Marois, dès le début nous avons commencé à discuter. Enfin lui plus que moi, articuler avec un tube dans la bouche étant bien évidemment un exercice voué à un échec inévitable et humiliant. Les inondations de la semaine dernière sur Noyon, l'émergence de la Chine, les mutuelles… Comme d'habitude je ne comprenais rien de ce qu'il pouvait bien trafiquer dans ma bouche : je le voyais  s'affairer à changer ses outils divers et bruyants, il m'indiquait successivement "Fermez la bouche", "Ouvrez grand" ou "Tournez vers moi". Et puis j'apercevais, dans la lumière des deux spots qui me fixaient tel un robot muet, les petites éclaboussures s'envolant de ma bouche et venant parfois s'échouer sur mes lunettes.</p>
<p>J'étais tendu, malgré tout, de cette tension naturelle d'instinct de survie, convaincu inconsciemment que l'acte de dentiste constitue malgré tout une certaine forme d'agression. Mais au final tout s'était déroulé dans d'excellentes conditions et je sortis même plutôt heureux, en me disant que j'avais beaucoup de chance de l'avoir, monsieur Marois.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 20 : Petit Syracuse illustré...]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/06/08/dans-lair-du-temps-20-petit-syracuse-illustre/</link>
<pubDate>Fri, 08 Jun 2007 21:30:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/06/08/dans-lair-du-temps-20-petit-syracuse-illustre/</guid>
<description><![CDATA[
Nous sommes tous un peu &#8220;artistes&#8221; dans la famille. Ma mère est une pianiste sensible ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/syracuseillustre.jpg" alt="Suracuseillustré" /></p>
<p>Nous sommes tous un peu "artistes" dans la famille. Ma mère est une pianiste sensible et douée, une guitariste éternelle et mania même pendant quelques temps les baguettes de batterie. Qu'elle ait eu pendant longtemps crayons et pastels à la main et qu'elle soit aujourd'hui un peintre aquarelliste ou huilée complètera l'ampleur de ses talents. Mes soeurs de leur coté effleurèrent aussi avec plus ou moins de passion les touches du piano pendant plusieurs années et la plus jeune démontra à plusieurs reprises sa sensibilité de dessinatrice. Quant à mon père, c'est au travers de l'objectif d'un appareil photo qu'il s'exprime.</p>
<p>C'est avec beaucoup de fierté que je présente les clichés qu'a réalisé mon père à l'occasion des élections présidentielles. Certes l'idée est simple et tout le monde ne pourra pas adhérer au sujet, cependant je trouve que ces bouts d'affiches électorales malmenées, collées les unes sur les autres, ont une profondeur et un pouvoir d'évocation certains. <strong>Tout comme la musique, le dessin ou la peinture peuvent le faire à merveille, la photographie fait vivre tout autant le souvenir du passé que l'impact du présent et l'imagination du futur. La photographie invite a un voyage, dont chacun est libre de choisir le chemin.</strong></p>
<p align="center"><em>Merci 'Pa</em></p>
<p align="center"><a href="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47351.jpg" title="Royale2"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47351.thumbnail.jpg" alt="Royale2" height="87" width="128" /></a>         <a href="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47281.jpg" title="Royale3"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47281.thumbnail.jpg" alt="Royale3" /></a></p>
<p align="center">     <a href="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47301.jpg" title="Bayrou"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47301.thumbnail.jpg" alt="Bayrou" />         </a><a href="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47381.jpg" title="Sarkozy"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47381.thumbnail.jpg" alt="Sarkozy" />    </a><a href="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47411.jpg" title="Devilliers"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47411.thumbnail.jpg" alt="Devilliers" height="130" width="92" /></a></p>
<p align="center"><a href="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47441.jpg" title="Royale"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47441.thumbnail.jpg" alt="Royale" />         </a><a href="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47211.jpg" title="Lepen"><img src="http://guybrush.wordpress.com/files/2007/06/img_47211.thumbnail.jpg" alt="Lepen" /></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 19 : Syracuse (3) !]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/06/04/dans-lair-du-temps-19-syracuse-3/</link>
<pubDate>Mon, 04 Jun 2007 15:41:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il y a quelques temps j&#8217;écrivais que &#8220;la politique, c&#8217;est la vie&#8220;. Effectiv]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques temps j'écrivais que "<a href="http://guybrush.wordpress.com/2007/05/22/dans-lair-du-temps-18-syracuse-2/" target="_blank" title="Syracuse 2"><strong>la politique, c'est la vie</strong></a>". Effectivement, qu'on le veuille ou non, que l'on s'intéresse ou non à la politique, celle-ci est indissociablement liée à notre existence. Certes il est très fréquent , surtout lorsque ce sujet nous est fortement étranger, de se demander par exemple si aller voter aurait une quelconque influence sur notre vie quotidienne. Nous ne devrions jamais se poser ce genre de questions, car le simple fait de réfléchir quelques instants sur notre condition individuelle, que ce soit d'un point de vue privé, social ou professionnel, a un caractère profondément politique : <strong>la politique fait partie de notre vie quotidienne, et parfois de manière surprenante.</strong></p>
<p>Hier soir je rentrai d'un délicieux week-end entre amis dans les environs de Nantes. Le week-end avait été festif, très joyeux et nous avions profité jusqu'à ses derniers instants d'un temps aux allures estivales. Aux portes de Paris dimanche soir, comme un signe du retour inéluctable, nous subîmes la double pénitence des bouchons franciliens et des averses de la fin de week-end. Bref le retour au bercail peu avant vingt-deux heures, fût tout autant mérité que bienvenu.</p>
<p>Aux alentours de vingt-trois heures, alors que je m'apprêtais à préparer mes vêtements du lendemain, je jetai un rapide coup d'œil par la fenêtre de l'étage. Au bas de l'immeuble d'en face, un homme bedonnant visiblement perturbé parlait à l'interphone. De la chambre j'entendais la voie stridente de l'interlocutrice que j'imaginais facilement comme étant sa femme, puis l'homme se mit à pleurer. Il s'éloigna, s'appuya contre la rambarde devant le local de poubelles l'air à la fois pensif et dépité puis revint à l'interphone, plusieurs fois. La conversation montait en puissance et je captai, par bribes, les mots essentiels qui la constituait : "ta mère", "l'autre salope" était ce qui m'était parvenu, avant qu'un véhicule de gendarmerie, duquel deux militaires et un policier sortirent, vint s'immobiliser devant l'immeuble. Investi soudainement du rôle de commère d'un soir, j'ouvrai discrètement la fenêtre de mon bureau pour mieux saisir l'essence de ce qui se passait devant chez moi. Les gendarmes avaient reçu l'appel d'une femme frappée par son mari. Je prêtai l'oreille et certains mots vinrent y résonner. "visage en sang", "vous avez bu". "Vous ne croyez pas que la gendarmerie a autre chose à faire ?" se lamentait le gradé. L'homme, la voix tremblante, ému tout autant par la gravité de son acte que par cet interrogatoire inattendu, fit quelques efforts d'explication.<br />
"Elle voulait pas que je sorte coller des affiches et j'avais un peu bu".<br />
- Vous avez bu, vous être alcoolique ?" demandait le gendarme.<br />
- J'ai bu de la bière cet après-midi, et un whisky ce soir, avant de partir coller les affiches".<br />
- Mais la politique et l'alcoolisme c'est deux choses différentes" interrompit le gendarme.<br />
Ces deux collègues entreprirent de faire souffler le malheureux dans un ballon et consacrèrent plusieurs minutes à observer le résultat du test sous la lumière d'une lampe torche, avant que l'un d'eux ne sonne à l'interphone pour s'entretenir avec la victime. "Vous allez rester-là, je vais voir votre épouse".</p>
<p>Quelques minutes plus tard, l'homme redescendit. "Vous avez frappé votre femme, j'espère que vous vous rendez compte de ce que vous avez fait." "On va la ramener et la prendre en charge". J'en profitai pour m'éclipser et aller paisiblement repasser une chemise à rayures, essayant de ne pas trop condamner la curiosité qui m'avait poussé à suivre incognito cet évènement auquel il m'était donné très rarement d'assister.</p>
<p>Le lendemain matin j'ouvris la petite porte de la terrasse, fis quelques pas endormis dans la rue avant de me retourner. Partout dans cette rue qui descendait vers l'église - ici même d'ailleurs où à deux reprises la vitre de mon véhicule avait été brisée - sur le vieux lampadaire, le panneau de signalisation ainsi que sur les plots en métal hérissant le trottoir, je vis les petites affiches tricolores, collées de travers. <strong>Elles sautaient aux yeux, sur toute la distance de rue qu'il m'était possible d'observer, comme une rangée de militants FN alignés en file indienne</strong>. D'une certaine manière j'étais un peu privilégié. Moi je savais. Moi je savais, quel avait été le prix à payer pour coller ces quelques affiches.</p>
<p><strong>Oui</strong> <strong>la politique fait partie de notre vie quotidienne, et parfois de manière surprenante.</strong></p>
<p><img src="http://guybrush.files.wordpress.com/2007/06/cimg1493.jpg" alt="FN" /></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 18 : Syracuse (2)]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/05/22/dans-lair-du-temps-18-syracuse-2/</link>
<pubDate>Tue, 22 May 2007 20:01:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[ 
Ce soir je cède à cette grande tentation de poursuivre l’embryon de réflexion abordée il y a]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"> <img src="http://guybrush.files.wordpress.com/2007/05/060109_autoplus_sarko.jpg" alt="Sarko1" /></p>
<p class="MsoNormal">Ce soir je cède à cette grande tentation de poursuivre l’embryon de réflexion abordée il y a quelques jours dans mon premier « <strong><a href="http://guybrush.wordpress.com/2007/05/09/dans-lair-du-temps-17-syracuse/" title="Syracuse" target="_blank">Syracuse</a></strong> ». Oui, c’était trop tentant, après avoir lu le commentaire politico philosophique de mon « papounet » (salut ‘pa, content de voir que tu lis mon blog…) s’y rapportant. Qui aurait pu croire que je puisse un jour aborder un sujet politique sur l’art niak ? Certes mes <strong><a href="http://guybrush.wordpress.com/2007/03/19/dans-lair-du-temps-14-randonnee-et-elections-presidentielles/" title="Randonnée et élections présidentielles" target="_blank">vacances d’hiver</a></strong> furent pour moi l’occasion de sonder mon âme sur la question, mais de là à en poursuivre l’écriture…</p>
<p class="MsoNormal">C’est très amusant. Jusqu’à aujourd’hui j’ai toujours cru que la politique était un sujet binaire, soit noir, soit blanc. J’ai toujours imaginé que la gauche c’était le « bien », les « plus gentils » et la droite le « mal », les « moins gentils ». Lorsque la gauche est arrivée à la mairie de Paris et que tout le monde parlait de cet « évènement » j’ai naïvement pensé que la vie dans la capitale allait être plus paisible, les parisiens plus solidaires et le cœur gonflé de plus d’amour. <strong>C’est assez comique de constater en grandissant, les « raccourcis intellectuels » de nos années passées. Ces raccourcis ne sont autres que de l’ignorance et je persiste à dire que ces raccourcis, ces ignorances sont sources de bien des maux comme l’est le racisme par exemple. </strong></p>
<p class="MsoNormal">Bref, à mes yeux la politique, bien que le sujet ne m’inspirât aucune sorte d’intérêt jusque là, était une simple équation. Lors des élections de 95, je votais par procuration à droite, certain qu’il s’agissait du vote par défaut et certain surtout que je suivrais ainsi l’orientation de mes parents. A la lumière de toutes ces années passées j’imagine la tête de mon père au bout du fil, lui lecteur de Télérama et du Monde, à ma demande de voter Chirac… Jusqu’au jour où je me suis pris de passion pour la campagne de 2007. Ca m’a prit comme ça, un matin de vacances, je me suis acheté un journal et puis j’ai commencé à suivre avec attention une, puis deux puis trois émissions politiques. <strong>Fascinant constat : la politique, c’est la vie. Et un véritable homme politique l’est à chaque instant de son existence et ne peut jamais vraiment cesser de l’être. </strong></p>
<p class="MsoNormal">Je commençais à « comprendre ». Visualiser les camps, les clans et les partis, à mettre des têtes sur des noms, des noms sur des têtes et à nuancer mon modeste savoir en la matière. Commencer à façonner mes convictions intimes. Alors voilà, les élections sont terminées, un nouveau personnage porté par une énergie peu commune dont certains excès font des vagues accède à l’Elysée, et moi je suis un peu moins ignorant qu’avant. Et puis maintenant je peux débattre. Il y a tant à débattre…</p>
<p class="MsoNormal" align="center"> <img src="http://guybrush.files.wordpress.com/2007/05/sarko-610x867.jpg" alt="Sarko2" /></p>
<p class="MsoNormal" align="center"> *****</p>
<p class="MsoNormal"> Ah… Sarkozy et ses trois malheureuses petites journées à bord d’un yacht de luxe. Mais celui qui certes veut réhabiliter le travail, l’effort, celui qui devrait donner l’exemple, aurait-il franchement dû planter sa tente dans un camping municipal ? Condamner son excès de zèle et ses diverses conséquences pourquoi pas, mais doit-on préférer l’immobilisme et la léthargie pour un homme de sa fonction ? Oui je sais, Sarkozy est radical. Mais je n’ose imaginer le cataclysme national s’il avait proposé l’encadrement militaire des jeunes délinquants tel que l’a soutenu à l’époque sa concurrente du PS ! Remémorons-nous notre enfance, et interrogeons-nous sur la meilleure manière que nos parents aient employé pour nous éduquer. Fermeté et répression ou dialogue et laxisme ? <strong>Sujet si complexe, surtout lorsqu’il s’agit d’un peuple tout entier, contrasté par sa diversité d’âge, d’origine ou de culture.</strong></p>
<p class="MsoNormal">Solidarité, certes. Ouverture à l’autres, certes.</p>
<p class="MsoNormal">Mais comment supporter une solidarité à sens unique, un don de soi gratuit et sans retour ? Alors effectivement l’égoïsme, que j’identifie grossièrement comme un caractère de droite, est un repli sur soi rapide et rassurant. J’ai donné à des SDF, j’ai aidé des personnes dans le besoin, à mon échelle, sans rien demander en retour. Mais trois pavés sur les vitres de ma voiture en trois ans, voilà qui me pousse, sans que je n’aie rien demandé à personne, à l’égoïsme. Comment prendre sur moi et tendre la main à mon vandale pour lui dire : « Dialoguons toi et moi, toi qui est envieux de mes biens car les biens sont si mal répartis entre nous, marchons ensemble et faisons en sorte que nos différences s’estompent. » ?</p>
<p class="MsoNormal">Tant de sujet à débattre, tant de sujet passionnants…</p>
<p class="MsoNormal">Il n’y a qu’une chose que je puisse craindre en politique. C’est que les gens adhèrent à un homme non pas pour ses convictions, mais pour la manière dont il sait les communiquer. Un peu comme une star de rock anglais : on se passionne pour son style, on admire son charisme et sa puissance scénique sans jamais rien comprendre à ce qu’il chante. <strong>Allez Nicolas, vient faire un petit pogo dans les cités, soixante millions de Français t’observent. </strong></p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p style="text-align:center;"><img src="http://guybrush.files.wordpress.com/2007/05/police_pour_blog_1.jpg" alt="Police" /></p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
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<p class="MsoNormal">&#160;</p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Dans l'air du temps 17 : Syracuse...]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/05/09/dans-lair-du-temps-17-syracuse/</link>
<pubDate>Wed, 09 May 2007 13:14:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il y a certains matins comme ceux-là dont je me passerais bien, surtout lorsqu&#8217;ils ont un cer]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a certains matins comme ceux-là dont je me passerais bien, surtout lorsqu'ils ont un certain goût de "déjà vu". En ce mercredi matin, lendemain de jour férié, j'avais les yeux embués de cette fatigue provoquée par le rythme cassé de ces deux dernières semaines, tronquées respectivement par le 1er et le 8 mai. Je descendais donc la rue Saint Justin de Louvres, consolé par la perspective de mon acquisition très prochaine d'une nouvelle maison dans un joli quartier de la ville, lorsque j'aperçus au pied de ma clio jaune de société, les débris bleutés de la vitre conducteur. En m'approchant du carnage, je vis un pavé logé entre les deux sièges avant, sur le levier de vitesse, et puis des traces de chaussures sur les sièges. Ma pochette à CD était laissée ouverte sur le siège passager. Entre Radiohead, Garbage ou Bjork, rien de bien excitant aux yeux de mes délinquants nocturnes. Un petit Rap ou R'n'B aurait été peut-être plus convoité, mais le vandalisme est par nature gratuit et désintéressé.</p>
<p align="center">*****</p>
<p>Pendant la campagne présidentielle, je dialoguais avec ma mère et ma sœur sur la nature de notre vote du second tour. <em>"Notre niveau social et notre éducation nous donnent la conscience pour ne pas soutenir cet homme"</em>, disait la première. <em>"Il fait peur quand même…". "Il ne faut pas voter pour quelqu'un qui cloisonne comme ça les gens"</em> soutenait la seconde. Débat pacifique et intellectuel au terme duquel j'avais conclu très clairement l'idée que <strong>si je voulais voter en pensant un peu aux autres, effectivement je devais voter à gauche. Vote de solidarité, d'humanisme. Par contre, si je souhaitais voter pour moi, uniquement pour moi et dans ma situation actuelle, c'est-à-dire si je procédais à un vote égoïste, mon vote irait à droite.</strong></p>
<p>Parfois il est si bon d'être égoïste.</p>
<p>En sortant du second tour, mon épouse remarquait : "Oh là là… il n'y avait que des Ségo dans la poubelle de l'urne…". Pas étonnant, les beaux quartiers du 92 votent "égoïste".</p>
<p align="center">*****</p>
<p>Mon CD de Yves Montant était au milieu des débris de verre, dans la voiture. J'entendais intérieurement sa voix aussi virile que fragile et la douceur de son timbre. <em>"J'aimerais tant voir Syracuse..."</em>. Amer, je vis dans Syracuse une évocation qui vint à point et je revisitai la mélodie. <em>"J'aimerais tant voir Sarkozy"…</em></p>
<p>Finalement voilà, c'était peut-être cela, ce pavé. Un pavé anti-Sarkozy, comme il y en a eu de nombreux suite aux résultats du 6 mai. Mais j'adresse un message personnel à celui qui a eu la gentillesse de déposer délicatement un pavé dans mon véhicule : tu es révolté par l'élection de Sarkozy ? Alors j'ai deux choses à te dire. Premièrement il a été élu à la majorité absolue dans le cadre d'une élection : cela s'appelle la démocratie, et ton geste est par conséquent une action anarchique, anti-démocratique. Et deuxièmement, si tu penses que ton geste apportera une solution à tes aspirations ou tes revendications, tu n'as pas ta place dans cette société. </p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 16 : Nourrir la planète]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/04/27/dans-lair-du-temps-16-nourrir-la-planete/</link>
<pubDate>Fri, 27 Apr 2007 20:44:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
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<description><![CDATA[ 
Nous manquons de nourriture !
Enfin je dis &#8220;nous&#8221;&#8230; Moi personnellement, je n]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p> <img src="http://guybrush.files.wordpress.com/2007/04/famine1a.jpg" alt="Famine1" /></p>
<p><strong>Nous manquons de nourriture !</strong></p>
<p>Enfin je dis "nous"... Moi personnellement, je n'en manque pas. Je n'en ai d'ailleurs jamais manqué de toute ma vie. Et vous non plus, lecteur assidu ou accidentel de l'art niak, vous qui avez aujourd'hui l'opportunité de me lire, n'éprouvez point ce manque : dis-moi si tu as Internet et je saurai si tu manges à ta faim.</p>
<p>D'ailleurs à l'instant où vos yeux parcourent de gauche à droite puis de haut en bas mes modestes lignes, peut-être avalez-vous machinalement quelque friandise, quelque produit sucré, salé, ou sucré-salé sans la conscience du privilège de ne pas appartenir pas à ces quelques 900 millions de personnes dans le monde qui, puisant dans les dernières ressources de leur dignité humaine, crient famine. Et oui, <strong>il y a certaines choses comme celles-là, sur Terre, qui sont imparables, logiques, inévitables: elles "sont", tout simplement</strong>. Et aucun héros, aucun gourou, aucun Dieu quel qu'il soit n'y pourra jamais rien : en considérant du moins qu'une personne bien nourri doit manger une pomme entière, lorsque nous produisons dix pommes nous ne pouvons nourrir que dix personnes, pas une de plus.</p>
<p>Alors voilà d'ici cinquante ans, si nous voulons répondre au double besoin de nourrir les 900 millions de terriens qui n'ont pour nourriture qu'une espérance insensée, et de donner également aux 3 milliards d'individus supplémentaires ayant gonflé la planète d'ici là, il faudra mathématiquement doubler notre production de nourriture et savoir la rendre accessible à tous. Certes la planète regorge de millions de m2 exploitables mais ces millions de m2, des millions de petits hommes démunis n'ont pas les moyens de les cultiver. Et puis d'ailleurs, à l'heure où le biocarburant à le vent en poupe, de vraies questions pointent le bout de leur nez : par exemple face à cette problématique, quelle part énergétique réserver à la production de maïs et à la canne à sucre ? Agir pour l'environnement, préserver la planète ou bien nourrir la planète ? Mon Dieu (tiens le revoilà lui) que la vie sur Terre est cruelle. Je crois que s'il existe une forme de vie évoluée quelque part dans la galaxie, sans en douter un seul instant elle serait confrontée aux mêmes défis de survie sur sa planète. Ce qui me fait penser qu'elle aurait certainement autre chose à faire que de venir nous rendre visite à bord de soucoupes volantes... Désolé Mulder et Scully, je viens en quelque sorte de démontrer que sur une planète évoluée il y a forcément une majorité d'individus affamés, rendant peu plausible la visite sur Terre de petits hommes verts, ou de quelque couleur que ce soit.</p>
<p>Et pourtant, comme s'insurge régulièrement ma tendre épouse devant le petit téléviseur de la cuisine, malgré des images comme celles-ci des millions d'euros et de dollars partent dans les programmes spatiaux. <strong>Parfois je préfèrerais ne pas respirer l'air du temps, tellement il est difficile d'en supporter l'odeur macabre.</strong></p>
<p><img src="http://guybrush.files.wordpress.com/2007/04/famine-blog.jpg" alt="Famine2" /></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dans l'air du temps 15 : Guerre du Nord pour un ticket de métro]]></title>
<link>http://guybrush.wordpress.com/2007/03/28/dans-lair-du-temps-15-guerre-du-nord-pour-un-ticket-de-metro/</link>
<pubDate>Wed, 28 Mar 2007 12:26:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>guybrush</dc:creator>
<guid>http://guybrush.wordpress.com/2007/03/28/dans-lair-du-temps-15-guerre-du-nord-pour-un-ticket-de-metro/</guid>
<description><![CDATA[
Ce matin, peu avant une heure du matin au cœur de la Gare du Nord et ses environs, s&#8217;apaisai]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://guybrush.files.wordpress.com/2007/03/57.jpg" alt="Métro" /></p>
<p>Ce matin, peu avant une heure du matin au cœur de la Gare du Nord et ses environs, s'apaisaient lentement la haine et la brutalité. Dans une odeur âcre, quelques poubelles finissaient de se consumer alors que les commerçants s'affairaient encore à balayer la devanture de leurs petites échoppes. L'un d'entre eux se lamente amèrement devant le spectacle de son magasin de chaussures qui vient d'être pillé. Un autre a décidé d'appeler ses 