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	<title>culture-et-judaisme &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/culture-et-judaisme/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "culture-et-judaisme"</description>
	<pubDate>Thu, 21 Aug 2008 06:32:00 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[La "religion civile" de la Shoah, concept nouveau de l'antisionisme]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/?p=86</link>
<pubDate>Tue, 18 Mar 2008 16:25:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
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<description><![CDATA[Un nouveau concept est en train de  se développer dans les milieux critiques de la politique israel]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Un nouveau concept est en train de  se développer dans les milieux critiques de la politique israelienne, en particulier dans les milieux intellectuels pacifistes , israeliens ou européens, qui se trouvent mis en porte à faux par la désaffection de la population israelienne pour le discours  oecuménique des pacifistes, devant la montée de la violence extremiste islamiste, et la confirmation de l'existence d'une frange palestinienne qui ne cache pas son refus d'admettre l'existence d'Israel, et qui revendique une guerre à mort.</p>
<p>Le livre de   georges Bensoussan,"Un nom impérissable", développe la thèse suivant laquelle le sionisme, privé de  "légitimité" par l'épuisement de l'idéal socialiste initial et  de  la mythologie de la construction d'un homme nouveau, tenterait d'en retrouver une en développant un nouvel appareil mythologique autour d'une identité victimaire, centrée sur l'évènement historique de la Shoah.</p>
<p>Ce livre rejoint la thèse de Esther Benbassa, "La souffrance comme identité" qui développe avec complaisance une thèse semblable :celle de l'autoperception du peuple juif comme communauté de souffrance, de la description de l'histoire juive comme "une vallée de larmes culminant dans l'holocauste",et de la définition du peuple juif par Hermann Cohen comme "peuple de la souffrance".</p>
<p>Le corollaire immédiat de cette thèse -et à mon avis  peut-être le  moteur même de la recherche-, c'est  que cette vision du monde  entraîne les Juifs dans une "tour d'ivoire morale" qui les rend insensibles... à la souffrance du peuple palestinien (présentée elle comme réelle a côté d'une sorte d'auto-apitoiement permanent sur un mythe de souffrance qui serait la face inversée d'une élection, donnant droit à tous les hors-droits imaginables-vieux mythe antisémite du peuple qui se croit non soumis aux obligations communes)</p>
<p>Il y a dans la façon dont certains se font les procureurs implacables du sionisme sur le plan des idées, la poursuite du refus fondamental de ce sionisme qui ne peut plus actuellement s'exprimer ouvertement. Comme ils n'osent pas remettre en cause le fait accompli du sionisme, ce qui conduirait à l'idée gauchiste  d' un état démocratique bi -national dont tout le monde sent bien qu'il est un nonsens même plus politiquement correct,  ils expriment leur rejet de ce nationalisme par des critiques de tout et de son contraire.</p>
<p>On reproche au sionisme d'avoir ignoré la Shoah, et après, de lui donner une place trop importante. On lui reproche d'avoir nié la faiblesse juive, et après on  lui reproche d'identifier les juifs à cette faiblesse. On lui reproche sa dureté, de ne faire que des victimes autour de lui, et maintenant , de larmoyer sur les souffrances juives.</p>
<p>Finalement, rien ne trouve grâce  aux yeux de ces  historiens, qui rejoignent les "nouveaux historiens "israeliens dans leur travail de 'déconstruction" qui leur permet d'être aussi vierges de toute compromission morale que remarqués pour leur "courageux anticonformisme".</p>
<p>Leur conceptions générales, plus ou moins orientées par une construction intellectuelle "de gauche", ne sont pas vraiment compatibles avec un mouvement nationaliste comme le sionisme; ce nationalisme ne peut trouver aucune place dans leurs grilles de lecture, et  si ils  l'admettent du bout des lèvres pour ne pas se couper des peuples et des autorités morales qui le comprennent intuitivement , cette acceptation les met en contradiction avec tous leurs schémas de pensée, ce qu'en tant que intellectuels, ils supportent particulièrement mal.</p>
<p>L'identité juive ne se résume pas à la persécution, la culture juive est une des plus anciennes et des plus importantes du monde , mais, politiquement, le destin juif a été un destin d'angoisse et de négation , de persécution et d'exclusion, dont les Lumières n'ont pas suffi à les extraire. On ne peut oublier que les raisons de la naissance du rêve sioniste ont été les conditions épouvantables d'existence des Juifs de l'Est, et les poussées d'antisémitisme en Europe Occidentale.C'est le fait politique du nationalisme juif qui est inadmissible pour des gens qui ne peuvent admettre que la lutte des classes ou la révolution comme issue  moralement concevable à un malheur politique. Le nationalisme, sauf pour les pays colonisés, ne rentre pas dans leurs cadres de pensée</p>
<p>Le fondement de la légitimité de l'Etat Israelien reste là:L'antisémitisme polonais de 1967 qui a conduit à l'émigration les derniers juifs ou presque de Pologne date quand même de 20 ans après la naissance d'Israel,il n'y aplus de vie possible pour les juifs dans le monde arabe; comme le disait le rabbin Eisenberg:"Tout ça n'est pas grave. Il n'y a de danger pour les Juifs que dans deux endroits: Israel et la Diaspora.</p>
<p>La bataille qui s'engage dans la période actuelle entre Israel et ses adversaires, est au moins autant une bataille dans le champ des idées que dans le domaine des armes. Le combat des Arabes depuis le début de l'existence d'Israel est celui d'une affirmation de l'illégitimité de celui-ci, au nom de la légitimité ( apparue ensuite) du nationalisme palestinien.Or, ces deux légitimités sont égales, c'est pourquoi il faudra un compromis,faute de quoi on s'acheminera vers une lutte à mort .</p>
<p>Présenter les juifs comme des oppresseurs impitoyables et en même temps larmoyant sur leur sort, vise à les déconsidérer et à les déligitimer  dans une opinion déja très orientée par la victimisation médiatique   du peuple palestinienà laquelle participent les démagogues variés du monde antioccidental,qui usent et abusent de la vision moralisatrice qui est si efficiente dans le monde occidental et pas du tout dans le leur.</p>
<p>La société israelienne vit certainement une crise morale et politique avec l'accentuation de ses lignes de division internes, mais elle veut continuer à vivre;</p>
<p>Le sens de son existence est d'abord le droit qu'elle a d'exister en vertu du principe du droit des peuples à disposer d'eux mêmes, qui est exactement aussi valable pour eux que pour les anciennes colonies parvenues à l'indépendance, et d'affirmer leur identité dans cette liberté. La contestation de ce droit, directe ou camouflée, doit être combattue sans relâche, y compris chez ceux qui cherchent à plaire à tout le monde , même à leurs ennemis.</p>
]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[OPINION LIBRE :DEFENDRE LE JUDAISME OU DEFENDRE LES JUIFS ?]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/?p=70</link>
<pubDate>Wed, 13 Feb 2008 17:42:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/?p=70</guid>
<description><![CDATA[A l&#8217;heure  ou la question de l&#8217;identité juive hors de la religion se pose avec une insi]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>A l'heure  ou la question de l'identité juive hors de la religion se pose avec une insistance grandissante d'un coté, et ou de l'autre les inquiétudes sur l'avenir de  l'Etat hébreu vont croissantes avec les progrès de l'islamisme extremiste et le danger nucléaire iranien, il devient important d'éclairer les choix  qui se présentent aux juifs de la Diaspora</p>
<p>La multiplication  des mariages mixtes, la réduction de la croyance religieuse, la dilution dans la population générale font que objectivement , le mode de vie juif se réduit, les traditions se perdent, malgré la volonté d'une minorité de faire des efforts pour les faire survivre.</p>
<p>Clairement,un monde s'efface,celui qui liait une foi et des rites , et même  une langue, le Yiddish,effacement aussi bien lié  au recul général des religions que à l'assimilation qui ne rencontre plus les obstacles antérieurs, et à la disparition d'une partie de cet univers avec la population détruite dans la Shoah.</p>
<p>Cette disparition produit une réaction de refus de la part de la génération de ceux qui  ont suivi la génération détruite ou rescapée de la Shoah, et qui se sentent coupables de ne pas  maintenir la continuité des 20 siècles ou le peuple juif a préservé son existence en l'accrochant à la religion et en s'identifiant à cette religion.</p>
<p>Mais comment maintenir en vie un peuple qui s'est confondu avec une religion quand la foi n'est plus là?</p>
<p>Israel a été une réponse partielle à  cette question. L'acquisition d'un Etat, la résurrection d'une langue qui est redevenue vivante , la transformation d'une nature, la reconquête d'une fierté, ont justifié la création d'un Etat qui a pris la succession de l'Etat juif initial, au prix d'un fait accompli qui a suscité des problèmes de plus en plus lourds. La nation  juive a vécu une renaissance qui a stupéfié le monde, et par ce seul fait, a justifié son existence. Car la justification des nations, c'est leur apport à l'humanité, et l'apport d'Israel, c'est la dignité retrouvée,la fin de la soumission, l'arrêt des humiliations subies sans riposte.C'est l'illustration du droit à l'autodéfense des agressés, la reconquête d'une humanité par ceux à qui elle a été déniée pendant des millénaires.</p>
<p>Le problème n 'est pas que celui de la survie du peuple juif. Il est avant tout des conditions de sa survie, et même l'hypothèse la plus terrible, celle d'une défaite israelienne, et d'un éventuel autre génocide, nucléaire, ne changera pas cette donnée nouvelle: les juifs ne se laisseront plus faire sans se battre, les assassins paieront le prix de leurs crimes.</p>
<p>L'histoire du peuple juif est exemplaire pour l'humanité, pas seulement parce que elle démontre, à son détriment, les ressources de sauvagerie qui existent dans la nature humaine, mais parce que elle est symbolique de ce qui est vital de dignité pour que l'existence vaille d'être vécue, et des capacités de regagner une dignité humaine qui a été perdue ou détruite du fait d'autres humains.</p>
<p>Bien plus que le mythe biblique, qui a participé à la civilisation du monde entier, c'est l'histoire concrète de ce peuple, qui fait symbole universel de la  résistance  à l'esclavage,et à la déshumanisation:  Il a symbolisé ces deux faces de l'humanité: la capacité à produire de l'inhumain et le pouvoir de perdre, mais aussi de retrouver une humanité perdue.</p>
<p>De cela, les juifs doivent être éternellement reconnaissants à Israel et à ceux qui ont construit ce pays. L'identité de ce peuple est avant tout celle de ce destin: perte et restauration de l'humanité.et d'une fierté humaine; La Shoah et Israel sont les deux faces indissociables, et rapprochées chronologiquement  d'un être au monde qui s'est détaché de la religion à laquelle il avait suspendu son identité  et sa lutte pour ne pas cesser d'exister.</p>
<p>Comme une fusée qui largue son premier étage pour s'adapter à des conditions différentes de pesanteur et de densité de l'atmosphère, l'identité juive doit se rebâtir sur le tournant qu'ont constitué la naissance d'Israel et la Shoah.Sans victimisation, mais en s'adossant  à cette insécurité du gain de l'humain sur la barbarie, sans moralisme, mais dans la prise en considération de la dimension éthique des choix politiques et stratégiques qui s'imposent, sans angélisme et sans faiblesse.</p>
<p>Les traces de l'intrication de l'identité juive avec la religion sont gravées dans la mémoire juive, mais ce n'est pas la remise au goût du jour de souvenirs qui fera vivre le peuple juif. C'est la  dialectique vivante entre les questions d'existence à résoudre au jour le jour et les effets du destin juif sur les consciences qui créera une pensée juive, visible dans les productions de la culture moderne (cinéma, romans, pensée philosophique, morale et politique) et dans la vie politique et citoyenne, c'est à dire l'Histoire en train de se faire.</p>
<p>Les Juifs de la Diaspora ont donc un devoir de solidarité et de défense de l'Etat israelien, en dehors de leurs devoirs de citoyens français, et de solidarité et de défense de leur communauté,  et un devoir  de penser les implications politiques et historiques du destin juif,  de la place de la tradition et de la religion dans la question de l'identité d'un groupe, une obligation de réfléchir à la question de l'identité sans tomber dans le repli identitaire qui menace actuellement.</p>
<p>La Diaspora doit accepter de n'être que ce qu'elle est: une fraction du peuple juif, dont le destin se détermine plus sur sa terre d'origine  que dans les pays ou elle est diluée, comme c'est le cas pour toutes les diasporas, ce qui ne veut pas dire qu'elle est sans importance. La lutte pour déterminer qui a le droit de parler au nom du peuple juif, Diaspora ou Etat israelien, est stupide. Mais la volonté de la Diaspora de représenter l'essence du peuple juif est  l'expression de la nostalgie d'un mode de vie ancien, qui traduit la tendance à figer l'histoire  dans le passé ,propre  a l'histoire juive et à son regard tourné vers le passé.</p>
<p>La haine qui poursuit les juifs, qu'ils soient dispersés en diaspora ou rassemblés sur la terre juive, continue, qu'on le veuille ou non, a être le lien ombilical qui les relie à leur destin, bien plus que la pensée de tous les grands penseurs juifs.  Cette haine se développe maintenant  dans le sillage de l'islamisme extrêmiste, qui se répand à la surface du globe comme une infection, réduisant à néant l'espoir né après guerre  d'une disparition  des  racismes extrêmistes.C'est cette position au carrefour des passions humaines qui définit les coordonnées de l'identité juive, liée à cette négation d'elle qui l'a entourée pendant 20 siècles</p>
<p>Le repli sur le religieux est une erreur grave qui choisit l'identité passée contre l'identité actuelle, et rabat l'être juif sur une vision d'un monde rétracté dans un ghetto intellectuel , dans un temps figé ,  qui fait du juif un objet  pour  gardien de musée. Les racines d'un arbre ne sont pas cet arbre, et ce qui fait la valeur de l'arbre, c'est sa ramure, son feuillage et éventuellement ses fruits.</p>
<p>G.Blond</p>
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<title><![CDATA[DIASPORAS EN DIALOGUE]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2008/01/13/diasporas-en-dialogue/</link>
<pubDate>Sun, 13 Jan 2008 13:03:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>pl</dc:creator>
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<description><![CDATA[
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://ajhl.wordpress.com/files/2008/01/afficherencontres-3.jpg" title="Affiche rencontres"><img src="http://ajhl.wordpress.com/files/2008/01/afficherencontres-3.jpg" alt="Affiche rencontres" /></a></p>
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<title><![CDATA[L'ECOLE JUIVE AU BORD DU DIVORCE AVEC LA REPUBLIQUE]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2008/01/09/lecole-juive-au-bord-du-divorce-avec-la-republique/</link>
<pubDate>Wed, 09 Jan 2008 13:53:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2008/01/09/lecole-juive-au-bord-du-divorce-avec-la-republique/</guid>
<description><![CDATA[    (d&#8217;après un article du &#8220;Monde de l&#8217;Education&#8221; de Janvier 200  
Des anec]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>    (d'après un article du "Monde de l'Education" de Janvier 2008)</p>
<p>Des anecdotes glanées au hasard, collées bout à bout, suggèrent que l'école juive, (en plein essor), glisserait vers le communautarisme: ici, une directrice parisienne interdit un partenariat avec un établissement de province" parce qu'il n'est pas juif";là," quand on demande aux élèves de dessiner leur drapeau, ils gribouillent spontanément l'étendart israëlien."</p>
<p>"Certaines écoles juives recrutent leurs élèves sur critères religieux. C'est une discrimination interdite par le contrat d'association, un sacré marqueur de communautarisme " dit un inspecteur général.</p>
<p>Il suffit pour vérifier,de décrocher son  téléphone, de jouer une mère pressée d'inscrire son fils. Presque partout les secrétariats réclament la ketouba, le document certifiant le mariage religieux des parents, prouvant leur confession comme celle de l'enfant. Sinon? "Cette attestation de judaïsme est obligatoire, désolé." réplique-t-on.. Pour les couples mixtes-père juif, mère goy-même tarif, pas d'admission possible: parce que la judéité se transmet par la mère, celle ci doit entamer une conversion pour décrocher une place, fournir un certificat signé du consistoire. Si certaines écoles font exception , en particulier celle de l'ORT, ces pratiques illégales sont aujourd'hui largement répandues.</p>
<p>A l'institut André et Rina Neher, qui forme des professeurs d'établissements juifs, le nouveau directeur, Benjamin Touati, justifie cette entaille au contrat:"Ca ne rime à rien d'accueillir des élèves athées ou catholiques pour leur imposer les commandements de la Torah. C'est aussi un moyen de prévenir, chez nos enfants, les mariages mixtes... (!!!)N'y voyez pas un rejet de l'autre: pour le judaïsme, c'est une question de survie".</p>
<p>Si nombre d'équipes entretiennent un esprit d'ouverture, le tableau peut s'assombrir dans les écoles du mouvement loubavitch,ultraorthodoxe et messianique, en plein essor(22 % des effectifs). Deux responsables  débattent en ces termes:l'un d'eux dit:"sans les loubavitch,leur activisme, quasiment leur prosélytisme, les juifs de France sont condamnés à disparaître d'ici trois générations. Ils mettent pourtant le reste de la communauté sous pression, la poussent à se communautariser..."</p>
<p>Les traditionalistes et les orthodoxes sont les principaux utilisateurs de l'école juive en france, indique une étude publiée par le Fond Social Juif Unifié.. 77 % des parents l'ont choisie pour transmettre une culture, 70 % pour permettre à leurs enfants de pratiquer la religion et "seulement" 32% pour les préserver de l'antisémitisme.<br />
Raphael Elmaleh, auteur d'"Une histoire de l'éducation juive moderne en France" n'y voit pas un repli généralisé, mais décrit quand même des familles désorientées: "Certaines prennent la Torah pour GPS, d'autres Israël; je veux croire que la majorité réfléchit, continue de s'interroger sur son rapport à la cité. Ce qui est sur, c'est que l'école juive transformait hier de petits juifs en petits Français; et qu'on lui demande aujourd'hui de métamorphoser de petits Français en patits juifs.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[DIASPORA JUIVE ET DIASPORA IRLANDAISE:l'ARTICULATION DES FIDELITES]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/07/diaspora-juive-et-diaspora-irlandaiselarticulation-des-fidelites/</link>
<pubDate>Fri, 07 Dec 2007 21:31:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/07/diaspora-juive-et-diaspora-irlandaiselarticulation-des-fidelites/</guid>
<description><![CDATA[La caractéristique de toutes les diasporas est l&#8217;existence d&#8217;un fonctionnement psychiqu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>La caractéristique de toutes les diasporas est l'existence d'un fonctionnement psychique intégrant une double appartenance et une double fidélité. Ce système psychique ne fait que matérialiser le fait que chez tout individu, il existe une multitude de systèmes d'appartenance et donc de définitions de l'identité en réciprocité avec les groupes d'appartenance (religieux, partisan, professionnel, culturel ou national).</p>
<p>Il existe pourtant  , dans les consciences, une sorte de rivalité entre ces groupes pour avoir priorité l'un par rapport à l'autre, sans parler de ce que certains exigent que soit proclamée cette priorité.</p>
<p>On en arrive parfois ainsi à des situations qui ressemblent à celles ou l'on demande à un enfant lequel de ses parents il préfère ( ce sont parfois les parents eux-mêmes qui posent cette question aberrante). Si on veut rester dans ce parallèle familialiste, la comparaison qui s'impose est plutôt celle  du rapport entre les devoirs dus à ses parents et ceux dus à la famille que l'on crée soi-même (femme et enfants): il peut y avoir des conflits de priorité dans certaines situations, mais à priori , il n'y a pas d'antinomie. Bien au contraire, on peut penser que plus ces liens sont intenses, plus grande est la richesse d'existence de ceux qui les vivent.</p>
<p>Pour essayer d'éclairer cette question du rapport entre diaspora, fidélité à une communauté et fidélité à une patrie, on peut , pour décaler le regard, se pencher sur la façon dont elle est vécue par d'autres diaspora que la juive, l'irlandaise par exemple .</p>
<p><em>La diaspora irlandaise</em></p>
<p>Issue  pour l'essentiel de la grande émigration du milieu du 19 ème siècle consécutive à la grande famine créée par la poitique économique génocidaire (un million et demi de morts, un quart de la population de l'époque ) des Anglais, elle constitue avec ses 40 millions d'"IrlandoAméricains" un des piliers constitutifs de la société américaine, avec un rôle historique dans la création et la direction du parti démocrate, des syndicats, de l'administration fédérale et de l'Eglise Catholique américaine, et elle tient une place importante dans la production littéraire, cinematographique et la presse.</p>
<p>"Ce qui définit sans doute le mieux les Irlandais ", écrit Philippe O'Rorke, "c'est sans doute ce sens aigu de l'Histoire. Soudés par l'expérience du malheur, comme les Juifs, conscients d'avoir été persécutés et martyrisés, ils ont la conscience, après une histoire longue et tourmentée, d'être un vieux peuple, doté d'un caractère irréductible et d'une foi en soi ancestrale".</p>
<p>La diaspora irlandaise, comme les autres, se caractérise  par une capacité à faire naître des communautés unies entre elles par la mémoire, une mémoire collective sociale, fusionnelle, qui ne nécessite pas de longs discours pour se faire comprendre.</p>
<p>Cette communauté irlandaise, soudée par la mémoire de ses souffrances, l'est aussi par la façon dont elle cultive la fidélité à la culture irlandaise (celtique), et sa solidarité avec le combat de la nation irlandaise pour acquérir son indépendance, y compris en Irlande du Nord, face à la violence de la politique anglaise.</p>
<p>Les mythes irlandais (mythes celtiques, geste arthurienne ) sont des symboles  qui ont modelé l'imaginaire collectif irlandais et la vision du monde qui en découlait, le différenciant en particulier de celui de l'oppresseur anglais, exprimant quelque chose de la façon dont les paysages et les conditions de vie ont déterminé le rapport au monde de la population.</p>
<p>La langue, la musique, les légendes ont forgé une sensibilité au monde qui s'appuie sur ces  symboles: romanesque, rêveuse, généreuse, combative, elle irrigue une identité collective qui constitue un des harmoniques de chaque identité individuelle.</p>
<p>Sur le plan collectif, elle ancre une résistance à la volonté hégémonique de l' Angleterre, arrimée elle même à une culture aristocratique et protestante.</p>
<p>Cette sensibilité n'empêche en rien les Irlandais de se sentir profondément et totalement américains. Ils ont pu être intensément solidaires de l'Irlande, soutenir ses luttes pour l'indépendance et même éventuellement les combats de l'IRA en Irlande du Nord, ils n'ont jamais cessé de se vivre comme  totalement américains . Jamais le patriotisme américain et la défense des valeurs américaines ne sont entrés en concurrence avec la solidarité communautaire. Jamais le soutien à la perennité du peuple irlandais n'a passé par un recul vis à vis de l'identité américaine.Jamais ils n'ont remis en cause les valeurs et les institutions qui fondent la Nation américaine.<br />
Les grandes nations, qui sont issues  de la fusion de plusieurs composantes (aux Etats Unis, les communautés irlandaises, noires, italiennes, indiennes, anglo saxonnes, etc.,en France,les diverses provinces et leurs cultures traditionnelles, les tribus celtes et franques;) on toutes construit des équilibres entre le dépassement de ces particularismes au sein d'une unité qui les transcende, et le maintien d'une loyauté à ces collectivités d'origine.</p>
<p>Les juifs de France ont pu hésiter, de par leur histoire de rejet et d'exclusion, à croire qu'ils étaient réellement considérés comme composante de cette unité supérieure.Pourtant, ils le sont effectivement, et dans la partie moderne de l'histoire, c'est la période de l'occupation allemande, qui a correspondu de fait à une guerre civile française, qui a remis en cause cette intégration. De même,  au moment de l'Affaire Dreyfus, c'était toutes les forces ennemies de la République, l'extrême droite monarchiste et l'Eglise dressée contre la République qu'elle vivait comme l'ennemi mortel de ses privilèges, qui s'étaient saisies du cheval de bataille antisémite pour monter à l'assaut des valeurs républicaines. Le paradoxe était alors que c'étaient  les défenseurs des juifs qui défendaient les vraies valeurs françaises, celles des droits de l'homme et de l'individu et ceux qui accusaient les juifs au nom du patriotisme , qui trahissaient ces valeurs. Comme la communauté irlandaise, qui a pu souffrir elle aussi d'un racisme à son égard à l'arrivée dans le pays, la communauté juive  a trouvé sa place dans l'histoire nationale, tout en conservant son identité culturelle. Son histoire fait partie de l'histoire française, y compris avec la déportation et avec les Justes qui s'y sont opposé, avec la Résistance Juive  et les réseaux qui ont protégé la plus grande partie des juifs de France de l'extermination qui s'est produite dans la majorité de l'Europe.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[ALAIN FINKIELKRAUT: TOUJOURS PLUS D'ENRACINEMENT, TOUJOURS MOINS DE LUMIERES ? ]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/11/22/alain-finkielkraut-toujours-plus-denracinement-toujours-moins-de-lumieres/</link>
<pubDate>Thu, 22 Nov 2007 09:26:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2007/11/22/alain-finkielkraut-toujours-plus-denracinement-toujours-moins-de-lumieres/</guid>
<description><![CDATA[La parution de l&#8217;entretien de AF et P.Thibaud dans le monde du 11/11/2007 ou il se saisit de l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>La parution de l'entretien de AF et P.Thibaud dans le monde du 11/11/2007 ou il se saisit de l'opportunité du débat sur l'évolution des rapports juifs/chrétiens  après la Shoah pour exposer et résumer ses thèses  peut être une occasion de faire le point sur les théories qu'il développe et qui sont  au coeur même du débat ,explicite ou implicite dans le monde juif, sur la question de la fidélité, de la transmission, et du maintien de l'identité juive.</p>
<p>Dans son ouvrage,"La défaite de la pensée", paru en 1987, il abordait déja ces questions du rapport des particularismes des cultures et de l'idéal universaliste, qu'il définissait comme l'opposition de l'esprit des Lumières, incarné dans la Révolution Française, et du Romantisme , en particulier allemand, et de sa passion du subjectivisme.</p>
<p><em>Identité culturelle et individualité<br />
</em></p>
<p>La critique féroce qu'il dressait des effets pervers de la décolonisation lui donnait l'occasion de montrer  comment "le thème de l'identité culturelle qui permettait aux colonisés de se dégager de la dégradante parodie du colonisateur, en même temps, les déssaisissait de tout pouvoir face à leur propre communauté . Ils ne pouvaient prétendre se situer en dehors, à l'abri de ses impératifs, à l'écart de ses coutumes, puique c'était justement de ce malheur là qu'ils avaient voulu se délivrer en secouant le joug de la colonisation. Accéder à l'indépendance , c'était d'abord pour eux retrouver leur culture".D'où l'attachement des états à veiller que nulle critique intempestive ne vienne troubler le "culte des préjugés séculaires", et "au triomphe définitif de l'esprit grégaire sur les autres manifestations. "On ne se révolte pas contre soi" et "rendus à eux mêmes, les anciens colonisés se retrouvent captifs de leur appartenance, transis dans cette identité collective qui les avait affranchis de la tyrannie des valeurs européennes.. "A peine ont ils dit "Nous avons gagné"  qu'ils perdent le droit de s'exprimer autrement que à la première personne du pluriel. "Nous, c'était le pronom de l'authenthicité retrouvée,  c'est désormais celui de l'homogénéité obligatoire,c'était la naissance à elle même d'une communauté, c'est la disparition de tout intervalle et donc de toute confrontation entre ses membres. Il n'y avait pas de place dans la logique coloniale pour le sujet collectif,; il n'y a pas, dans la logique identitaire,  de place pour l'individu".</p>
<p>Critiquant le fameux livre de Frantz Fanon, "les damnés de la terre",il relevait que F.F. place l'individualisme" au premier rang des valeurs ennemies ". Dans ce livre, les combattants, au lieu de cultiver stérilement leurs particularités, sont invités à s'immerger dans "la marée populaire". "Abdiquant toute pensée propre, ils retournent dans le giron de leur communauté. La "pseudo-réalité individuelle" est abolie: chacun se retrouve pareil aux autres, porteur de la même identité. Le corps mystique de la nation absorbe les âmes; et AF conclut que" une nation dont la vocation première est d'anéantir l'individualité de ses citoyens ne peut pas déboucher sur un état de droit".</p>
<p>Il concluait que dans le débat entre les deux idées de la nation qui a partagé la conscience européenne depuis la Révolution  française, FF prend parti  pour le "Volk"  ,opposant à la société des individus  le génie national, "l'affirmation échevelée d'une originalité posée comme absolu", rejoignant par là l'idéologie des anti-Lumières  qui sonnent le rappel de tous les  adversaires de la révolution et de l'universalisme rationaliste qui triomphe avec la révolution.</p>
<p>Herder est  le maître à penser  de ce courant qui trouve un echo très favorable en Allemagne ou il sert de drapeau au nationalisme allemand furieux de voir l'hégémonie française s'imposer à l'Europe, militairement et idéologiquement. Les intellectuels allemands s'enrôlent dans le combat contre les idées de raison universelle ou de loi idéale. "Sous le nom de culture, il ne s'agit plus pour eux de faire reculer le préjugé et l'ignorance, mais d'exprimer, dans sa singularité irréductible, l'âme unique du peuple dont ils sont les gardiens."</p>
<p>"Parallèlement, les penseurs traditionnalistes   accusent les jacobins d'avoir profané par des théories abstraites le génie national...</p>
<p>Libérés de leurs attaches , les individus l'étaient aussi de l'autorité transcendante qui  jusqu'alors régnait sur eux . La puissance ne venait plus du ciel,mais d'en bas de la terre, du peuple,de l'union des volontés qui formaient la collectivité nationale.</p>
<p>AF a parfaitement raison d'indiquer là ce qui est aux yeux des conservateurs le "péché originel", "la présomption fatale d'où découle la dissolution de l'ensemble social.</p>
<p>C'est effectivement ce qui les met en rage , l'idée inouïe que pour la première fois de l'histoire de l'humanité, les humains pourraient essayer de fonder une société non pas sur ce qui a toujours été,sur l'immuabilité d'une attribution des roles et des places, mais sur des aussi vieilles idées humaines que la justice, la raison, et si possible,la pensée libre appuyée sur la raison- qui n'est pas le rationalisme abstrait qu'ils caricaturent, mais une raison raisonnable,qui prenne en compte la réalité et les idéaux.</p>
<p>Ce qu'ils s'évertuent à  démontrer comme impossible, une nation existant sans Dieu et sans Roi, est ce qui se développe sous leurs yeux ,et qui aboutit à la Démocratie,l' horreur absolue pour eux, le sacrilège même.</p>
<p>Ce qu'ils affirment que l'on a jamais vu,unenation qui se donne son contrat, c'est ce qui se passe avec les constitutions successives, alors qu'ils continuent à affirmer, contrevérité évidente, que les constitutions , on ne les fabrique pas , on les trouve , que leur développement est spontané,organique et non intentionnel, que elles ne résultent pas d'un dessein clairement conçu par une ou plusieurs personnes.</p>
<p>Que penser, alors des constitutions françaises successives, et du débat sur les institutions. Que penser de la constitution israelienne, ou de celle des Etats Unis, et de tout ce qui est la place du politique  dans l'évolution des sociétés.</p>
<p>Ce que  les "contrerévolutionnaires "du 18 ème siècle et les anti Lumières  qualifient de délire prométhéen,c'est la réappropriation par les humains de leur destin projeté hors d'euxmêmes  dans les figures diverses et emboîtées de l'hétéronomie.<br />
En fait pour eux, l'homme est le produit de son environnement ,et c'est folie de vouloir lui mettre entre les mains la responsabilité de ce qui le dépasse infiniment.</p>
<p>Il est vrai que les utopies révolutionnaires du 20 ème siècle ont montré à loisir la folie que pouvait produireune vision parfaitement et symétriquement opposée a celle ci et qui serait que l'homme peut faire table rase de tout et créer un monde issu de l'arbitraire de ses rêves ou de ses raisonnements abstraits . La vision d'une humanité toute puissante  devant la réalité est aussi fausse que celle d'une humanité réduite à l'obéissance et à répéter indéfiniment ce qui a été fait par les générations antérieures. Les idéologies progressistes ont pu pécher par suffisance et balayer en pensée des réalités bien plus durables que leurs catéchismes bien pensants, mais l'idée d'une dignité liée à l'exercice d'une liberté, et donc d'une responsabilité, est bien plus haute que celle d'une soumission  acceptée et même revendiquée au nom du respect pour les générations qui ont vécu auparavant. La création de l'Etat d'Israel en est un des plus beaux exemples. Fallait il, au nom du passé et des traditions, perpétuer l'abaissement et la dépendance dans lesquels vivaient les juifs, jusqu'à la conclusion de l'extermination?</p>
<p>AF  démonte très  efficacement la mécanique de la logique des contre révolutionnaires ( De Maistre, Bonald, etc.) et la ramène à leur but profond:"enseigner la soumission aux hommes, leur donner la religion du pouvoir établi,, substituer "l'évidence de l'autorité à l'autorité de l'évidence". Comme il le remarque,, ils dénoncent fanatiquement la pénétration de l'esprit d'examen dans la sphère religieuse et s'"emploient à mater le doute, à enchaîner la raison". Pour eux ," plus un ordre est ancestral, plus il mérite d'être préservé, et la valeur des institutions est fixée par leur ancienneté, non par leur proximité avec un modèle idéal.".</p>
<p>Contre les Lumières qui ont choisi comme devise "Sapere aude", ose savoir, ose braver tous les conformismes, "aie le courage de te servir de ton propre entendement, sans le secours d'un directeur de conscience ou la béquille des idées reçues", ils proclament leur amour du préjugé: "Le préjugé est bon en son temps, déclare Herder, car il rend heureux. Il ramène les peuples à leur centre,les rattache solidement à leur souche,les rend plus florissants selon leur caractère propre,plus ardents et par conséquent plus heureux dans leurs  penchants et leurs buts".</p>
<p><em>Nation contractuelle ou Nation organique </em></p>
<p>AF expose bien comment le développement du positivisme remet en question les certitudes des Lumières  et comment les sciences de l'inconscient divulguent la logique des lois et des croyances qui échappait aux Lumières, mais l'exemple de l'Alsace,qui  parle allemand et est de culture allemande, et qui pourtant choisit de rester française oblige par exemple Renan  à réviser ses certitudes.  Il est ainsi prouvé que "l'idiome, la constitution héréditaire ou la tradition n'exercent pas sur les individus l'empire absolu que tendent à leur conférer les sciences humaines. Il est ainsi prouvé que le sentiment national ne résulte pas d'une détermination inconsciente, mais d'une libre détermination." . Renan, qui combattait cette idée, fait maintenant de la nation l'objet d'un pacte implicite quotidiennement scellé entre ceux qui la composent. "Une nation est donc une grande solidarité constituée par le sentiment des sacrifices que l'on a faits et d e ceux que l'on est disposé à faire. Elle suppose un passé: elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible:le consentement, le désir clairement exprimé de poursuivre la vie commune.  L'existence d'une nation est un plébiscite de tous les jours." Ainsi, "ce n'est pas le Volkgeist, communauté organique de sang et de sol ou de moeurs et d'histoire, qui soumet à sa loi les comportements individus c'est le concours volontaire des individus qui forme les nations.</p>
<p>Les positions  soutenues par AF dans ce livre penchaient clairement vers la défense de la conception contractuelle de la Nation, celle des Lumières, avec cependant un intérêt et une sensibilité pur les thèses romantiques.</p>
<p>En 1991, dans la revue ethnologique  "Terrain", il écrivait pourtant: "Après coup, il m'a paru que dans ce livre, j'avais adhéré un peu trop naïvement aux Lumières. Certes, l'idéal de l'universalité rest le mien,(...) mais je ne peux plus dire: face aux dégats provoqués par le Romantisme,revenons aux Lumières. Car nous sommes les héritiers de l'un et des autres; les héritiers de ce qu'ils ont chacun de grand,mais aussi de l'impasse ou chacun nous a mis: le Romantisme, avec le risque d'enfermer les hommes dans leurs appartenances, et les Lumières , avec le triomphe de la raison instrumentale et de la technique.</p>
<p>Un début de virage s'opérait là, même si le refus du sectarisme philosophique pouvait se défendre. Dans le même texte, il apportait une nouvelle formulation,belle,  de l'idéal des Lumières ,comme celui de la critique et de l'"arrachement", et le caractérisait comme la part de l'héritage occidental qui méritait d'être conservée.</p>
<p>Mais AF disait en même temps qu'il travaillait à une évaluation plus positive du Romantisme</p>
<p>Dans le livre "L'ingratitude",  la bascule s'accentuait, et le balancier repassait du côté du Romantisme. Par un renversement complet,AF donne ses nouvelles formulations qui laissent de côté la définition des nations qu'il approuvait dans "la défaite de la pensée".</p>
<p><em>Nation politique et Nation culturelle</em></p>
<p>"La Nation dont la France a proclamé la souveraineté à  la face du monde,dit il,  ce n'est pas une identité qui s'exprime, ce sont des citoyens qui récusent le statut de sujet que leur a légué l'Histoire et que leur impose la religion à travers l'axiome paulinien que tout pouvoir  vient de Dieu"." Ce n'est pas un ethnos qui fait valoir ses droits (?), c'est un demos qui s'insurge contre les abus du roi"." La Nation, dit il, transforme les hommes attachés à leurs croyances particulières en hommes universels et rationnels. Bref, la France  a légué au monde une définition de la nation politique et non pas culturelle. Le Français se sent avant tout citoyen dit Louis Dumont,et la France, pour lui, c'est la Démocratie, la république,et s'il est un peu instruit, il dira que la France a montrét au monde la voie des droits de l'homme et du citoyen, qu'elle est l'institutrice du genre humain</p>
<p>Mais pour AF ce gain de liberté signifie maintenant une perte d'identité, et l'homme soumis à ses propres lois renie son passé, son  histoire et son identité culturelle. Ses mots deviennent de plus en plus durs. IL parle de l'"idéologie française", des penseurs "superfrançais" pour attaquer ceux, les penseurs allemands contemporains par exemple,qui veulent "dénationaliser la démocratie", "découpler la loyauté républicaine et la communauté de destin historique, prôner la remise en cause des filiations culturelles au profit de l'assentiment donné  à des institutions et à des symboles politiques relevant de l'universalisable. Il oppose à ces discours universalisateurs le général De Gaulle, "qui plaçait plus haut que tout la sauvegarde des "patries charnelles", il ironise sur le 'postnationalisme" des allemands échaudés par le nationalisme nazi,qui prennent parti contre le nationalisme culturel quebecquois.</p>
<p><em>Sommes nous ,avant toute autre chose,des héritiers,ou bien n'estce qu'une dimension parmi d'autres?</em></p>
<p>Au fil du livre, dont le titre, "l'ingratitude", donne l'axe essentiel, le plaidoyer devient de plus en plus passionné ,et violent,</p>
<p>L'interviewer, le quebecquois Antoine Robitaille, finit par lui poser la question: ce discours n'est il pas purement et simplement un discours conservateur?</p>
<p>La réponse  de AF est ambigüe. La description, très juste , qu'il donne du discours conservateur correspond  cependant tout à fait à ce qu'il dit lui même.</p>
<p>Le conservateur, dit il,né en réaction à la Révolution Française,c'est d'abord l'homme qui proteste contre les droits de l'homme. Burke "soutient que le lengage des droits de l'homme attente aux conditions d'une vie humaine. La Déclaration fait des hommes des individus, alors qu'ils sont avant tout des héritiers, etque l'Etatdoit se concevoir comme une association non seulement entre  les vivants , mais entre les vivants et les morts et tous ceux qui vont naître."</p>
<p>Au rebours de "l'orgueilleuse raison des Lumières", la "sagesse conservatrice" fait crédit aux morts, c'est à dire à la raison cachée dans les coutumes ,dans les institutions,  dans les idées reçues</p>
<p>"A l'homme en général, le conservateur oppose des traditions particulières .A l'abstraction, l'autorité de l'expérience. Au "chimèrique individu", la réalité effective de l'être social. Aux revendications présentes, la piété envers le passé.</p>
<p>Thomas Paine, au contraire, polémiquant avec Burke, "dénonce cette apologie de la provenance, de la circonspection, et de l'humilité. L'égalité et la liberté,, affirme t il en substance ne régissent pas seulement les rapports entre les contemporains, mais ceux que les hommes d'aujourd'hui entretiennent avec les générations défuntes. Le passé n'est plus péremptoire, il est périmé;"</p>
<p>Il déclare: "Je défends les droits des vivants, et je m'efforce d'empêcher qu'ils soient aliénés , altérés ou diminués par l'autorité usurpée des morts".</p>
<p>AF appelle à la rescousse Hannah Arendt et affirme que elle prend,( avec lui), le parti du conservateur dans cette polémique. L'homme nu, réduit à lui même,extrait de toute communauté,de tout ancrage, c'est la personne déplacée, l'apatride, tel qu'on l' a rencontré au XX ème siècle, et qu'elle évoque dans "Les origines du totalitarisme".</p>
<p>Sauf que l'apatride,  ainsi dénommé sur le plan administratif, est tout sauf un homme sans mémoire, sans histoire et sans références. La démonstration est trop belle pour être vraie.Et jusque dans les camps d'internement, ils gardent leur appartenance, leurs affiliations partisanes, etc. C'est au contraire cette description dramatique de l'homme privé de références qui est mythique et mystificatrice, parce que un tel homme n'existe pas, même dans les camps. La référence à l'universel ne dépouille pas l'homme de ses dimensions, elle lui en ajoute une. C'est le consevateur qui crée lui même une abstraction pour pouvoir étayer sa lutte contre les abstractions.</p>
<p>AF  evite pourtant une vision trop simplificatrice et univoque  en affirmant que Hannah Arendt est "à la fois " conservatrice et non conservatrice."</p>
<p>Conservatrice, parce que "elle a peur pour la trame symbolique, la communauté de sens qui nous relie non seulement  à nos contemporains, mais aussi à ceux qui sont morts et à ceux qui viendront après nous. Elle a peur pour le passé , pour le temps humain, pour la continuité  qu'instituent les objets et les oeuvres, pour le cadre durable au sein duquel peuvent se déployer l'action et la création.</p>
<p>Pas conservatrice, car elle n'aspire pas davantage au rétablissement de l'ordre qu'à l'instauration d'une société organique ou les tâches s'accompliraient naturellement, sans discussion,sans intervention, sans projet, indépendamment des volontés individuelles. IL ne s'agit en aucune façon de restreindre la faculté d'agir à ce que la tradition prescrit ou de fondre la multiplicité des personnes dans l'unité substantielle d'on ne sait quel Volkgeist. Le monde dont elle se soucie est bien un héritage, mais cet héritage ne se présente ni comme unmodèle de comportement,ni comme une identité collective.</p>
<p><em>Que conclure de cette évolution de AF, reconnue par lui même?</em></p>
<p>Visiblement, le centre de sa préoccupation s'est déplacé au fil du temps. Sa vision de l'homme s'est de plus en plus rapprochée de celle des anti Lumières , l'homme s'est de plus en plus identifié pour lui à l'héritier. Finalement pour lui, ce sont les déterminations inconscientes (le jeu de la langue, le poids de l'histoire ("l'histoire, c'est le code") qui donnent sa vraie nature à l'individu. Un peu comme les psychanalystes qui identifient leur patient à son inconscient, oubliant que Freud n'avait jamais pensé une telle chose, puisque pour lui,"Là où Ca était, Je dois advenir".  L'arrachement qu'il admirait chez les Lumières est devenu pour lui synonyme de dé-solation, d'abandon des devoirs et des dettes, d'illusion présomptueuse et sa vision du monde a tourné à la nostagie, comme le lui suggérait un peu son ami interviewer. Il est devenu de plus en plus identifié au sentiment de responsabilité dans le maintien des éléments d'enracinement culturel des peuples et des individus, dont il s'affirme de plus en plus comme le gardien.</p>
<p>Pourtant, sa réflexion reste d'une acuité exceptionnelle, la matière de pensée qu'il brasse fournit des matériaux extrêmement riches pour l'élaboration des questions portant sur les questions vitales dans le monde actuel que sont les identités individuelles et collectives, le sentiment national et la nature des nations, la transmission des cultures et la défense des "petites nations". Sa pensée,  qui a  évolué dans le sens d'un conservatisme  éclairé reste vivante et évolutive, et originale dans le paysage politique et philosophique français</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[SUPERMAN, UN HEROS JUIF]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/11/03/superman-un-heros-juif/</link>
<pubDate>Sat, 03 Nov 2007 16:08:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>pl</dc:creator>
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<description><![CDATA[d&#8217;après l&#8217;article du Monde du 25/10/2007  de S. Blumenfeld et YM Labé au sujet de l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>d'après l'article du Monde du 25/10/2007  de S. Blumenfeld et YM Labé au sujet de l'exposition du Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme.</p>
<p>L'exposition du MAHJ "De Superman au chat du Rabbin, bande dessinée et mémoires juives" montre le rôle déterminant des auteurs juifs dans la bande dessinée américaine. "Personne ne pourra plus l'ignorer après avoir visité l'exposition du MAHJ, Superman est juif. Ne pas le savoir ne change rien au plaisir pris à la lecture des aventures du super-héros. Mais en prendre connaissance permet de mieux saisir comment, et pourquoi, la minorité juive aux Etats Unis a utilisé la bande dessinée pour, dans une première phase, raconter sa proprre histoire, puis, modifier, de manière aussi inattendue qu'imprévisible, la culture populaire de son pays d'accueil".</p>
<p>" De 1910 à 1921, les immigrés arrivés à  Ellis Island, et parmi eux une forte population de juifs d'Europe Centrale, racontent dans la presse leurs premiers pas en Amérique, leur vie quotidienne et le choc des cultures dans les quartiers New Yorkais du Lower East Side, du Bronx et de Brooklin. La presse écrite, alors média de masse , publie des comics strips... L'exposition montre que dans la période qui sépare la Grande dépression de la guerre froide, l'industrie de la bande dessinée devient en grande partie juive, et dépasse de loin le simple cadre de la presse yiddish pour toucher l'imaginaire populaire.</p>
<p>Le dessinateur Will Eisner voit dans l'apparition du Super héros, à partir du succès de Superman, en 1938, l'expression d'un particularisme juif. "Le Golem, une créature d'argile façonnée par un rabbin pour protéger le sjuifs de Prague, selon une légende juive  du XVI ème siècle, est le précurseur de la mythologie du super-héros. Les juifs, persécutés  depuis des siècles en Europe, avaient besoin d'un héros capable de les protéger des forces obscures. Siegel et Shuster, les créateurs de Superman, l'ont inventé".</p>
<p>De fait, presque tous les créateurs de superhéros sont juifs, originaires d'europe centrale:Bob Kane(Batman), Will Eisner(Le Spirit), Jack Kirby(Les Quatre fantastiques,Hulk, les X-Men), Joe Simon(Captain America), et Stan Lee(Spiderman).</p>
<p>"Logiquement, Superman croise le fer avec les nazis, suivi plus tard par Captain America et Les Quatre Fantastiques. Ce qui apparaît, dans un premier temps, comme un désir de voir les Etats Unis s'investir dans le second conflit mondialet, plus tard, comme la réparation fantasmatique d'une catastrophe-la destruction des Juifs  d'Europe- qu'aucune armée alliée n'a pu éviter</p>
<p>L'exposition s'intéresse aussi à d'autres dessinateurs juifs (Art Spiegelman pour Maus, Robert Crumb,Jules Feiffer,etc.)</p>
<p>Exposition ouverte jusqu'au27 Janvier 2008</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La légende malmenée de david et salomon]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/03/12/la-legende-malmenee-de-david-et-salomon-3/</link>
<pubDate>Mon, 12 Mar 2007 14:41:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2007/03/12/la-legende-malmenee-de-david-et-salomon-3/</guid>
<description><![CDATA[La légende malmenée de David et Salomon
    (Quand l’archéologie démythifie la  Bible)
&nbsp;
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><b><span style="font-size:14pt;">La légende malmenée de David et Salomon</span></b></p>
<p class="MsoNormal"><span>    </span>(Quand l’archéologie démythifie la  Bible)</p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal">Article de Le Monde 2 du 23 décembre 2006</p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal"><span> </span>Cet article est une interview de deux archéologues, l’israélien Israël Finkelstein et l’Américain Neil Asher Silberman, auteurs des « Rois sacrés de la Bible » (Bayard,320 p) et de « La Bible dévoilée » (Bayard,430p,2006)</p>
<p class="MsoNormal"><span>  </span>I.Finkelstein est coresponsable des fouilles du site de Megiddo et ancien directeur de l’Institut d’archéologie de l’université de Tell Aviv.</p>
<p class="MsoNormal"><span> </span>N.A. Silberman est directeur du Ename Center for Public Archaeology and Heritage Presentation et éditeur associé de la revue Archaeology</p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal">Dans cette article, les auteurs remettent en cause la vision littérale ,inspirée<span>  </span>des textes sacrés, de la période historique des rois David et Salomon. La<span>  </span>conception d’une monarchie unifiée, à cette époque, leur paraît erronée et devoir être<span>  </span>remplacée par la coexistence de cités-états, gouvernées par de minuscules roitelets. Les vestiges de grands monuments ,datés jusque là de cette époque, paraissent devoir,grâce aux procédés scientifiques de datage par le carbone 14, être considérés comme liés à la période ultérieure de la dynastie Omride en Israel. Jérusalem aurait été, d’après les fouilles extrêmement nombreuses de cette région une bourgade de 2000 habitants au maximum avec ses environs ..</p>
<p class="MsoNormal"><span> </span>L’unité du peuple israelien paraît aux auteurs bien postérieure à cette mythique monarchie unifiée, et leur semble le produit de l’émigration vers le sud des populations<span>  </span>d’Israel ,après l’écrasement de leurs forces par le royaume assyrien, alors au faîte de sa puissance. La population du sud –le royaume de Juda aurait alors doublé en une vingtaine d’années seulement. C’est la classe dirigeante qui aurait du alors chercher à réunir ces populations par une idéologie et une histoire commune. On aurait alors assisté en Juda à la fondation d’une nouvelle idéologie d’Etat, fondée sur l’unicité du peuple hébreu, sur la centralité du culte dans le Temple de Jérusalem, sur l’unicité de la dynastie légitimement régnante, c’est à dire la lignée davidique.</p>
<p class="MsoNormal"><span> </span>Les auteurs disent que nous avons tous l’idée que le Temple de Salomon à Jérusalem était le lieu de culte unique,mais que c’est un non- sens et qu’il existe des preuves archéologiques que à son époque et même plus tard, il y avait,dans les endroits reculés de Juda des cultes parallèles organisés par les aristocraties locales. C’est seulement sous Ezéchias, que ces petits temples sont détruits et que débute la centralisation du culte à<span>  </span>Jérusalem.La centralisation du culte est une décision politique,certainement pas religieuse ni spirituelle. Cette dimension spirituelle n’interviendra que vers le VI ème et V ème siècle avant JC, avec l’introduction de la notion de Dieu unique. Auparavant, il s’agit de Dieu local, ou national, comme partout à cette époque.</p>
<p class="MsoNormal"><span> </span>Ce bouleversement apparaît lié pour les auteurs à la défaite de Megiddo, ou le pharaon Néchao II tue le roi de Juda,Josias. Cette défaite, qui aurait pu signifier l’échec du Dieu nationzl, est au contraire présentée comme une punition des fautes du peuple juif, faisant du Dieu un Dieu universel, et pas seulement protecteur des ressortissants de son «  implantation »</p>
<p class="MsoNormal">locale.</p>
<p class="MsoNormal"><span> </span>Le messianisme apparaît alors aux auteurs comme un moyen d’entretenir l’espoir d’une suite à l’histoire en annonçant la venue d’un nouveau roi qui sera, à son tour, choisi par Dieu parmi les descendants de David et Salomon . Ainsi se crée la matrice du Christianisme<span>  </span>à venir.</p>
<p class="MsoNormal"><span> </span>Il y a quelque chose de vertigineux dans cette remise en perspective de l’histoire et de la masse d’idées reçues<span>  </span>charriées par<span>  </span>la transmission de la vision littérale des textes sacrés, et dont on voit l’impact sur des visions politiques dans cette région.</p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal">Lien utile :</p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://histoireenprimaire.free.fr/ressources/bible.htm"><span>  </span>http://histoireenprimaire.free.fr/ressources/bible.htm</a></p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal"><span>Georges Blond</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[CULTURE ET FILIATION: DESACRALISER LE JUDAISME]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/03/02/10/</link>
<pubDate>Fri, 02 Mar 2007 15:20:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>izio</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2007/03/02/10/</guid>
<description><![CDATA[ 
                                      Izio Rosenman
              
 
  Depuis la chute des hégém]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"><span>                                      </span>Izio Rosenman</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"><span>              </span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"><span>  </span>Depuis la chute des hégémonies géographiques et culturelles (les grandes Weltanschauungen), les religions et le fait religieux en général, sont de nouveau fréquemment invoqués. On parle tantôt du besoin religieux de tout être humain, tantôt plus sociologiquement du retour du religieux. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">J’aimerais évoquer ici quelques personnalités qui ont voulu se démarquer de la dimension religieuse et institutionalisée du judaïsme sans pour autant rompre avec leur communauté. Figures emblématiques de ce que l'on pourrait appeler un judaïsme laïque et qui illustrent bien les difficultés d'une telle entreprise et le rejet qu'elle provoque. Dans la suite de ce texte j'utiliserai indifféremment les termes "judaïsme" et "identité juive".</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;">Les précurseurs</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span>Il y a près de 340 ans, le 27 juillet 1656, dans la communauté juive d'Amsterdam, le philosophe Baruch Spinoza était excommunié<span>  </span>par une procédure aussi solennelle qu'exceptionnelle dans l'histoire juive: le<em>Herem</em>. Celui-ci, qui fut prononcé par un tribunal rabbinique, impliquait non seulement l'interdiction pour Spinoza de fréquenter les lieux juifs consacrés, mais encore l'interdiction pour tout juif de le fréquenter, et en particulier de lire ce qu'il écrivait : il devenait mort pour les juifs, socialement et intellectuellement. Cette exclusion, suivait de quelque vingt-cinq ans la mort<span>  </span>de Uriel Da Costa, autre intellectuel juif, qui se suicida suite à son exclusion,<span>  </span>après une série de<span>  </span>repentirs publics humiliants.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Mentionnons également un troisième personnage, contemporain de Spinoza et lui aussi d'Amsterdam, Juan-Daniel de Prado, médecin et philosophe, lui aussi banni de la communauté par un <em>Herem</em>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Tous trois avaient en commun : d’être d'origine <em>marrane</em>, c'est à dire d'avoir redécouvert le judaïsme après que leurs familles et eux mêmes aient vécu longtemps un judaïsme clandestin, sous des dehors chrétiens, en Espagne ou au Portugal. De s'être alors plongés dans l'étude du judaïsme traditionnel, dont ils n’accepaient pas tous les aspects<span>  </span>: Da Costa, rejette la valeur sacrée de la tradition orale; de Prado remet en question, la théologie juive au profit du rationalisme scientifique de son époque, enfin Spinoza - si l’on veut définir très schèmatiquemnt sa position- rejette la religion juive, comme toutes les religions historiques au profit d'un déisme panthéiste.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span>-<span>  </span>Tous trois rejettent la dimension sacrée du judaïsme, sans pour autant se convertir à la religion dominante, le christianisme. Ils veulent rester néanmoins Juifs, membres de leur communauté.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Minoritaires en leur temps, ils subissent le même sort : l'exclusion. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Dans le contexte historique de cette époque où la communauté juive vivait culturellement repliée sur elle-même, la contradiction entre le désir d'appartenance ou d'affiliation historique à une collectivité et les attitudes individuelles opposées aux normes religieuses énoncées par cette collectivité était trop forte pour être supportée. Cette contradiction s'est résolue par l'exclusion <em>(Herem)</em>.<em> </em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Le philosophe israëlien Yrmiyahu Yovel écrit </span><a href="#_edn1" title="_ednref1" name="_ednref1"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[1]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">:<span>  </span>"La communauté s'est trouvée devant une question, que personne ne s'était posée auparavant: Voici un Juif qui refuse de couper ses liens avec elle et pourtant, refuse ses croyances. Est-il possible qu'existe dans le cadre historique juif, un homme qui n'accepte pas les vues de la religion juive et se moque de ses commandements (<em>mitsvot </em>)? C'est en cela qu'il (Prado) annonce la question d'un judaïsme laïque .. En fait la catégorie d'un judaïsme laïque<span>  </span>n'existait pas à cette<span>  </span>époque ni comme possibilité intellectuelle ni comme possibilité existentielle...comme concept qui permet à l'individu à s'identifier."</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span>A l'époque moderne , cette problématique n'a rien perdu de son acuité, ainsi cette longue citation de Gershom Scholem</span><a href="#_edn2" title="_ednref2" name="_ednref2"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[2]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">, qui fut l'artisan central du renouveau des études juives au XXème siècle, et qui en particulier introduisit l'étude scientique de la tradition mystique juive (la Kabbale) est suffisamment éclairante pour se passer de commentaire:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">" Les traditionalistes pensent<span>  </span>qu'un juif qui prend ses distances à l'égard de la tradition s'exclut de l'ensemble. Je tiens cette affirmation pour fausse: elle ne correspond pas à l'existence de l'individu qui se sent et se sentira juif. Pour celui qui abandonne l'unité de la <em>halakha</em><span>  </span>(loi religieuse juive) et dit pourtant: je suis un juif dans la totalité du judaïsme, même si je n'adhère pas, dans les conditions actuelles, à cette tradition ou si j'admets qu'elle va peut- être, du moins en partie, se transformer elle-même, le conflit est inévitable, pour lui et pour tous les autres qui sont aujourd'hui la majorité des juifs.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Peut-il y avoir un judaïsme qui se passe de "Je suis le Seigneur ton Dieu"?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">.. Un judaïsme pris comme un corps vivant, avec tout un ensemble de phénomènes historiques et d'expériences<span>  </span>possèdant une signification historique considérable. Est-ce qu'une explication athée des choses est possible? Alors qui est juif? ... Je crois qu'un athée peut être juif, et qu'il peut proposer de manière tout à fait légitime une explication correcte ou incorrecte de nos manifestations historiques."</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;">La judéité et l'athéisme de Freud.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Plus près de nous les liens de Freud<span>  </span>au judaïsme sont aussi une illustration de la difficulté à se revendiquer comme Juif, en dehors du cadre religeux.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">La richesse et la complexité des liens de Freud au judaïsme ont été longuement analysées par Marthe Robert</span><a href="#_edn3" title="_ednref3" name="_ednref3"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[3]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;"> et , plus récemment,<span>  </span>par Jacques Le Ridder</span><a href="#_edn4" title="_ednref4" name="_ednref4"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[4]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;"><span>  </span>ainsi que par Peter Gay</span><a href="#_edn5" title="_ednref5" name="_ednref5"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[5]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10pt;font-family:Helvetica;">. </span><span style="font-family:Helvetica;">Comme l’indique le titre du livre de Gay, “Un Juif sans Dieu”,<span>   </span>Freud , était Juif mais <em>un Juif athée</em>. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Freud a baigné toute sa vie dans un milieu familial et social juif, notamment il a fait parti d’associations comme le Bnai Brith ou<span>  </span>du Conseil de l’Université Hébraïque de Jérusalem. Ilt s'est nourri de la  Bible et de ses personnages jusqu’à la fin de sa vie, bref comme il l’écrit lui-même: il s’est “montré solidaire de son peuple”.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Malgré son enracinement très profond dans la judéité, Freud<span>  </span>parle de lui-même, même si c’est avec un certain humour, comme d'un "juif infidèle"</span><a href="#_edn6" title="_ednref6" name="_ednref6"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[6]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;"> , "étranger à la foi de ses pères" , je suis tenté de penser : “juif infidèle<em>car<span>  </span></em>étranger à la foi de ses pères". En effet ce que nous démontre à l’évidence ici la formulation de Freud, c'est la difficulté qu'il a à tenir cette double place, de juif et d'athée. Il ne pouvait concevoir un judaïsme athée, il ne pouvait que difficilement se concevoir comme un juif laïque.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Marthe Robert souligne justement comment cette ambivalence à l'égard de son judaïsme, intriquée avec son Oedipe est présente tout au cours de son oeuvre depuis l'<em>Interprétation des rêves </em>jusqu'à <em><span> </span>L'Homme Moïse et la religion monothéiste</em>, édité en 1939 à la veille de la deuxième guerre mondiale et fort mal accueilli par une très grande partie de l'opinion juive. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Freud pensait qu’il avait bouleversé la condition de l’Homme, en lui révélant qu’il n’était pas maitre de lui-même. Il pensait ainsi, qu’il était l’auteur d’une Révolution intellectuelle qu’il comparait à celle produite par Copernic, lorsque celui-ci avait démontré que la Terre n’est pas le centre du monde. Freud pensait qu’il avait introduit une nouvelle Loi dans le Monde de l’Homme, celle qui lui montrait l’existence de l’Inconscient. En cela Freud s’identifiait<span>  </span>à Moïse qui le premier avait bouleversé la condition humaine en y introduisant la dimension de la Loi éthique. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Démontrer , ou tenter de le faire, comme le fait Freud, que Moïse, le fondateur de cette nouvelle religion n’était pas Juif, mais Egyptien c’était ,comme l’écrit Marthe Robert, en même temps, inconsciemment, essayer de nier sa propre <u>filiation</u>, par rapport à Jacob Freud, son père.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Cette ambivalence par rapport à la <u>filiation</u> se traduit à son tour par la difficulté de la <u>transmission</u> par Freud de son identité juive.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">On peut le constater à propos d’un incident rapporté par P. Gay : lors de son mariage<span>   </span>à Vienne, un de ses fils, Ernest, ignorait à ce point les traditions juives, qu'en<span>  </span>entrant dans la synagogue<span>  </span>il se découvre, comme on le fait dans les églises.<span>  </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">En effet Freud ne peut transmettre le judaïsme de son père qu'il vit comme un passé mort. Ce père qui lui-même aspire à entrer dans la société viennoise en laissant à la porte ses traditions réduites à un savoir sans vie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Pris dans ses multiples et contradictoires identités culturelles<span>  </span>qui représentent bien la condition du juif moderne, Freud cherche, jusqu'à la fin de sa vie à éclaircir la nature de l'identité juive, de son identité juive.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Mais il semble finalement renoncer à pouvoir l'expliciter, et écrit à propos d'un ami analyste, que sa nature juive était un élément difficile à saisir, indéfinissable, qu'il portait en lui : " Nous étions juifs tous les deux et nous<span>  </span>savions aussi tous les deux, que nous avions en commun ce je ne sais quoi de miraculeux - jusqu'ici resté inaccessible à toute analyse- qui est le propre du juif"<span>  </span></span><a href="#_edn7" title="_ednref7" name="_ednref7"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[7]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;"> .</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">On pourrait en exagérant peut-être dire que pour Freud, au fond, l'identité juive, ou du moins son identité juive, était comme la féminité<span>  </span>un "continent noir" que<span>  </span>cependant il ne désespérait pas d'éclaircir.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Que pourrait précisément apporter une étude<span>  </span>des composantes de l'identité juive, sur la question de la transmission de l'identité culturelle et des relations de l'individu au groupe. J’envisagerai ce qu’une approche désacralisée des fondements du judaïsme et de la transmission juive traditionnelle permet de reprendre dans une conception d’un judaïsme laïque.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span>L'identité juive<span>  </span></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Un des aspects les plus passionnants de l'identité juive ou du judaïsme contemporain est sa complexité, son éclatement en diverses modalités et l'intrication des divers niveaux de réalité et des divers niveaux ou modes d'identifications de l'individu, ainsi que la complexité du lien social qui en résulte. En effet dans l'identité juive, plus encore que dans d'autres identités, coexistent des aspects historiques, géographiques, linguistiques, religieux, nationaux ou ethniques , culturels et éthiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">On a à juste raison souligné la force du lien de l'individu à la collectivité dans le judaïsme, lien qui dans le judaïsme traditionnel, à l'occasion des fêtes et des rites, est constamment et périodiquement renouvelé , et à travers lequel l'individu affirme son identité. L'homme juif traditionnel est pris dans le lien symbolique et social du groupe et dans le système des générations et de la filiation (souvent évoqué dans les prières.). Ce lien met en jeu pour lui, l'altérité et l'éthique, la mémoire et l'histoire.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Ces aspects du judaïsme traditionnel et la manière dont ils ont pu se<span>  </span>modifier au cours de l'histoire. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span>Altérité, éthique</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Rappelons l'importance fondatrice de <u>l'altérité,</u> et la place centrale de <u>l'éthique</u> dans la pensée juive.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">En effet même dans le judaïsme traditionnel la dimension de la foi à proprement parler est réduite au profit de la loi et de la relation éthique. L'importance de l'altérité-séparation est marquée dès l’origine par rapport à la divinté. Ainsi dans un des récits kabbalistes de la création du monde il est dit que pour créer le monde, c'est à dire quelque chose de différent, Dieu qui emplissait le monde a dû se retirer d'une partie de celui-ci. Ainsi l'homme est conçu comme un être, qui bien qu'à l'image de Dieu est fondamentalement autre, différent de celui-ci; de même que la mise à l'épreuve de l'homme sur terre se fait par la médiation de son rapport à l'autre homme. L'objet de la loi, qui s'impose à chacun est précisément cela, et non uniquement, comme par exemple dans la culture grecque la gestion du rapport aux dieux.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Lisons Emmanuel Lévinas:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span>"(Le judaïsme ) est dès l'origine<span>  </span>une conception<span>  </span>éthique:<span>  </span>l'homme est posé et pensé dans sa relation fraternelle aux autres hommes, c'est la vocation humaine par excellence. Aussitôt qu'on a dit "obéir à Dieu", on a inclus dans cette obéissance même, un certain comportement à l'égard des autres hommes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Je suis absolument responsable, le premier responsable, et responsable de ce que je n'ai pas fait. Responsable là où je n'ai aucun tort. C'est cela la rencontre de l'autre homme.<span>   </span>Tout le monothéisme est rassemblé dans cette responsabilité pour l'autre.(évoquée par le "tu ne tueras point")</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Abraham priant pour Sodome est pour moi une figure fondamentale de la pensée. C'est déjà l'accès au visage de la veuve, de l'orphelin, et de l'étranger.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Le Dieu du monothéisme pur n'est pas reconnu à partir d'une image, mais par la médiation d'un homme qui prend sur lui la responsabilité pour l'autre homme.... C'est là le dépassement véritable de l'idôlatrie. Pas d'image fût-elle celle de l'Incarné. Le visage de Dieu apparait dans l'amour du prochain. " </span><a href="#_edn8" title="_ednref8" name="_ednref8"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[8]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span>Dans le judaïsme traditionnel, une faute commise à l'égard d'un autre homme ne peut être pardonnée que<span>  </span>par celui qui a été offensé, ou comme dit Lévinas: " La faute qui offense l'homme ne relève pas de Dieu.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">La responsabilité personnelle de l'homme à l'égard de l'homme est telle que Dieu ne peut l'annuler. " </span><a href="#_edn9" title="_ednref9" name="_ednref9"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[9]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">. A la veille de Yom Kippour, le jour du Grand Pardon , considéré comme le jour le plus important de l'année juive, une des coutumes précisément est d'aller demander pardon à ceux que l'on croit avoir offensés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Cette responsabilité, cette prise en charge d'autrui et du monde en général, est également présente dans la tradition mystique du judaïsme, dans le concept de <em>Tikkun<span>  </span></em>c’est à dire de Rédemption, ou de Réparation : c'est le mythe des vases brisés qui contenaient la lumière à la création et qui ont éclaté. L'homme ayant pour tâche de rassembler les étincelles de lumière dispersées dans le monde.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Cette dimension éthique, de responsabilité face à autrui, cet aspect du judaïsme comme humanisme, à l'intérieur duquel l'individu trouve sa place dans le groupe par un lien symbolique, <u>éclairé par la loi et la mémoire </u>est un aspect fondamentalement séculier qui peut éclairer la manière dont le lien social tisse l'univers symbolique de chacun et l'inscrit dans la filiation.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;">Mémoire, histoire, et transmission de l'identité.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"><span> </span></span></strong><span style="font-family:Helvetica;">Dans ce même entretien, Lévinas dit:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">"L'Ecriture est le passé non révolu, qu'interprètent les rabbins du <em>Midrash</em>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">La mémoire seule n'est rien. Il faut l'interpréter."</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Ici s'intriquent également les divers niveaux de mémoire et leur fonction identifiante.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"><span>  </span>Mémoire des évènements, par exemple mémoire de la “révélation”, mémoire des origines, mémoire des traumas individuels et collectifs.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Mais dans la mémoire collective juive traditionnelle, jusqu'à ce trauma unique que fût la  <em>Shoah</em>, chaque évènement postérieur à l'histoire biblique<span>  </span>en particulier les catastrophes, qui furent le lot constant de l'histoire juive, ne pouvaient se comprendre que sur le modèle des évènements bibliques, ceux où Dieu est censé être présent au monde, comme si le présent ne pouvait être que la reproduction du passé. Yossef Haim Yerushalmi a bien montré ce point dans son livre <em>Zakhor</em> (souviens-toi)</span><a href="#_edn10" title="_ednref10" name="_ednref10"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[10]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Cette injonction de se souvenir : "<em>Zakhor</em> " est présente tout au long de la <em>Thora</em> et a pour<span>  </span>fonction de créer une <u>mémoire vivante</u>, une mémoire où se mêlent passé et présent, où le passé peut revenir comme présent, une mémoire vécue au présent, c'est à dire une mémoire où l'affect est constamment présent à la représentation.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Un exemple me parait fondamental:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Au principe et au centre de <em>Pessah, </em>la Pâque juive, il y a le <em>Seder</em>,<em> </em>récit de la sortie d'Egypte, qui en constitue la partie essentielle. La sortie d'Egypte est en effet l'évènement inaugural de l'histoire collective juive, de l'histoire des juifs comme peuple: ils sont entrés en Egypte comme individus, comme une famille, Jacob et ses enfants, y ont été esclaves, et en sont sortis comme un peuple, un peuple libre. Au coeur du <em>Seder</em> il y a une injonction:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">" Chacun doit se considérer comme s'il était lui-même sorti d'Egypte", et chacun revit ce jour là pour son propre compte en quelque sorte, la sortie d'Egypte. Il revit en quelque sorte son propre mythe d'origine.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Voilà un exemple de mémoire vivante où il y a intrication de l'individuel et du collectif. Mémoire qui peut être conçue hors du cadre religieux, et qui montre ce lien symbolique de l'individu à la collectivité et la manière dont peut prendre place la filiation.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">La<u> mémoire de cette expérience historique</u> collective douloureuse que fut l'esclavage des "enfants d'Israël" en Egypte, évoquée très fréquemment dans la  <em>Thora</em>, sert d'ailleurs de fondement à une injonction essentielle du judaïsme traditionnel, qui est tout à fait d'actualité:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">"Tu n'opprimeras pas et ne molesteras pas l'étranger car vous avez été étrangers en terre d'Egypte" (Exode XXII,21).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Rappelons que l’étranger est celui qui est fondamentalement autre, l'altérité absolue, surtout dans une société ancienne</span><a href="#_edn11" title="_ednref11" name="_ednref11"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[11]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><u><span style="font-family:Helvetica;">L'éthique et la loi</span></u><span style="font-family:Helvetica;">, telle que les institue le judaïsme traditionnel, sont fondées sur la mémoire. Dans<span>  </span>l'identité juive contemporaine la connaissance, et l'expérience historique, ont pris le pas sur l'injonction religieuse ancienne de se souvenir.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">C'est ce rôle majeur de la mémoire et de l'histoire<span>  </span>que nous retrouvons dans le judaïsme sécularisé, athée: Gershom Sholem parle de "ceux qui pensent que leur identité leur est donnée par l'histoire". </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Cela est particulièrement vrai depuis la Shoah, à propos de laquelle Emile Fackenheim parle de la "<u>voix prescriptive</u>" à se souvenir, et à continuer de vivre pour témoigner après Auschwitz</span><a href="#_edn12" title="_ednref12" name="_ednref12"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[12]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;"> . </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;">V.La sacralisation des textes.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Le système du judaïsme traditionnel lie intimement l'identité au savoir, à la connaissance<span>  </span>et une des conséquences de cette pratique a été un développement extraordinaire de l'intérêt pour la chose intellectuelle au cours des siècles, depuis le judaïsme le plus ancien.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Mais avec le temps le judaïsme, au moins officiel, en tant que tradition religieuse s'est rigidifié. Il a suivi en cela un processus que Marcel Gauchet a bien décrit bien pour les systèmes religieux</span><a href="#_edn13" title="_ednref13" name="_ednref13"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[13]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;"> :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">"Ce système, c'est celui de l'antériorité radicale du principe de tout ordre, et partant, un système de la dépossession, de l'héritage et de l'immuable. Rien de ce qui nous tient, de ce que nous agissons quotidiennement, n'est de nous, mais d'autres que nous, d'une autre espèce qui l'établirent en des temps autres, dont nous n'avons qu'à préserver le leg intangible et qu'à répéter la leçon sacrée....Les événements et les actes fondateurs ont eu lieu, ils sont irrémédiablement révolus et simultanément à jamais destinés à se perpétuer, au travers de rituels qui les font revivre et de la piété filiale qui commande la reproduction de leur héritage à l'identique. La coupure pure d'avec le modèle des origines est en même temps le vecteur de de sa dictature pure."<span>  </span>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">La vérité est repoussée de plus en plus loin dans le passé. C'est dire que plus l'histoire avance plus nous sommes censés être loin de la vérité c’est à dire du moment de la révélation où cette vérité pouvait être saisie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Ce principe structure la tradition religieuse juive: les Maitres suivants ne peuvent changer ce que les précédents ont dit. Il y alors, dans l'après coup, l'établissement d'une sorte de chaine officielle de <strong>transmission</strong> codifiée de la tradition orale (<em>Thora </em>orale) à partir du texte écrit (<em>Thora<span>  </span></em>écrite).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Les textes traditionnels sont censés nous rapprocher de la vérité: On assiste à la constitution d'un corpus de textes dont le statut sacré et la hiérarchie à l'intérieur de ce statut a été codifiée. Ceci apparait dans la présentation typographique du texte même du <em>Talmud</em>, où le texte de la  <em>Mishna</em>, suivi de la <em>Guemara</em> (texte de commentaire de la <em>Mishna</em><em> </em>)<span>  </span>apparait au centre de la feulle, in-quarto, entouré des commentaires écrits avec des lettres dont la taille est en proportion de leur place dans la hiérarchie (<em>Guemara, Rachi, Tosaphot</em>)<span>  </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">On voit bien combien une pareille évolution<span>  </span>a pour effet de déposséder l'individu de sa capacité à atteindre la vérité, elle <strong>délègue</strong> cette capacité, en même temps que l'authenticité, aux dépositaires codifiés des textes. Cela a pour corollaire<span>  </span>pour ceux qui s'éloignent de cette tradition un sentiment à la fois d'inauthenticité, de <strong>culpabilité et d'infidélité</strong> ( qui fut aussi me semble-t-il aussi celui de Freud). Cette situation pose à son tour des questions sur la <strong>filiation </strong>et la <strong>transmission</strong>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">-Pour que le mouvement d'intérêt renouvelé pour les questions religieuses ne se traduise pas par un simple <strong>retour</strong> <strong>régressif </strong>au religieux, qui enfermerait l'accès au religieux dans le système<span>  </span>de la compulsion de répétition et sous le de l'instinct de mort;<span>  </span>il faut pratiquer une sorte de <strong>retour subversif</strong><span>  </span>aux textes et mythes fondateurs juifs, ce qui implique une véritable connaissance. Seule une approche <strong>désacralisée</strong> de la culture et des traditions religieuses peut faire<span>  </span>qu’ils nous questionnent et nous parlent encore, à nous laïques. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">C’est ici qu’on peut s’interroger sur la place de la religion dans la culture juive sur la place et la fonction identifiante des mythes dans celle-ci comme dans d’autres types de cultures.Mythes qui se mêlent à d’autres mythes auxquels chacun d’entre nous se réfère dans ses divers modes d’appartenance même dans une société séculière comme la société française contemporaine. Ces mythes ne fonctionnent plus alors comme normes de vérité mais comme supports du lien social.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">C’est par cette approche renouvelée que la religion peut prendre sa place dans un judaïsme laïque à la fois enraciné dans la culture et créateur de nouveaux contenus</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><strong><span style="font-family:Helvetica;">VI. Peut-on échapper à la sacralisation ?.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Paradoxalement au moment même où le peuple juif est engagé dans un long processus de sécularisation,<span>  </span>et où les juifs, dans leur grande majorité, ont<span>  </span>cessé d'être religieux et de vivre en communautés séparées, on constate une double sacralisation:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">-Une sacralisation de la <em>Shoah</em>, comme si le destin juif ne pouvait s'identifier qu’au martyre du peuple juif. La force du lien social est alors décuplée, à la mesure du trauma individuel et collectif : autre manière de lier l'individu et la collectivité, et de rendre présent le passé en chacun de nous. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">-Une sacralisation du lien à l'Etat d'Israel et de l'Etat d'Israël lui-même, qui sert lui aussi d'appui identificateur dans le judaïsme moderne.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:28pt;line-height:24pt;"><span style="font-family:Helvetica;">Voici donc quelques unes des questions que pose le judaïsme ou l'identité juive sur la façon dont se crée et se perpétue l'identité culturelle de l'individu. Comment s’effectue la filiation à travers son lien plus ou moins institué au groupe, à travers les mutations de l'identité juive, à son lien très particulier aux rites, aux textes anciens, et à l'histoire, dans les mouvements de sécularisation auxquels nous assistons.</span></p>
<p><!--[if !supportEndnotes]--></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />  <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:2pt;"><a href="#_ednref1" title="_edn1" name="_edn1"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[1]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10pt;font-family:Helvetica;">Y. Yovel, in <em>Baruch Spinoza , 300 années après sa mort, </em>en hébreu p. 38-39. Voir aussi son dernier livre <em>Spinoza et autres Hérétiques</em>, Le Seuil, 1991, ainsi que l’article dans ce numéro.</span><span style="font-family:Helvetica;"></span></p>
<p class="MsoEndnoteText">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:1pt;"><a href="#_ednref2" title="_edn2" name="_edn2"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[2]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10pt;font-family:Helvetica;">(Gershom Scholem: entretiens avec Pierre Bourdieu sur l'identité juive in Actes de la recherche en Sciences sociale, No 35, nov 1980). Dans cet entretien G. Scholem dit de lui-même: “Moi-même, je crois en Dieu. Mais je suis un anarchiste de la religion. Je ne crois pas à la loi révélée à<span>  </span>Moïse sur le Sinaï, dans le sens traditionnel...”<span>  </span>il dit, "croire au judaïsme sans être un croyant de la religion juive"</span></p>
<p class="MsoEndnoteText"><span style="font-family:Helvetica;"> </span></p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref3" title="_edn3" name="_edn3"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[3]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">Marthe Robert<span>   </span><em>D'Oedipe à Moïse</em> , Plon 1989.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:27.25pt;text-align:justify;text-indent:1pt;line-height:24pt;"><a href="#_ednref4" title="_edn4" name="_edn4"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[4]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-size:10pt;">Jacques Le Ridder, </span><em><span style="font-size:10pt;font-family:Helvetica;">Modernité viennoise et crises de l'identité</span></em><span style="font-size:10pt;font-family:Helvetica;">, P.U.F.,Paris 1990.</span></p>
<p class="MsoEndnoteText">&#160;</p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref5" title="_edn5" name="_edn5"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[5]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">Peter Gay<span>  </span><em>Un juif sans Dieu. Freud , l’athéisme et la naissance de la psychanalyse. </em>P.U.F. 1989.</span></p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref6" title="_edn6" name="_edn6"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[6]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">Lettre à<span>  </span>un médecin juif américain in SE XXI, 170, cité dans P Gay p.122 </span></p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref7" title="_edn7" name="_edn7"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[7]</span></span><!--[endif]--></span></span></a> in P. Gay p. 127</p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref8" title="_edn8" name="_edn8"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[8]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">E. Lévinas in Les Juifs entre la mémoire et l'oubli, éditions de l'Université de Bruxelles, 1987, 1/2</span></p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref9" title="_edn9" name="_edn9"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[9]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">E. Lévinas <em>Difficile Liberté</em><span>  </span>p 136</span></p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref10" title="_edn10" name="_edn10"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[10]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">Yossef Haim Yerushalmi, <em>Zakhor</em>, <em>Histoire juive et mémoire.</em>,La Découverte 1984.</span></p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref11" title="_edn11" name="_edn11"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[11]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">Mentionnons ici le livre de Julia Kristeva, <em>Etrangers à nous mêmes,</em>Fayard 1989</span>.</p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref12" title="_edn12" name="_edn12"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[12]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">Emile Fackenheim ,<span>  </span><em>Penser après Auschwitz</em>, Editions du Cerf.</span></p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref13" title="_edn13" name="_edn13"><span class="MsoEndnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'New York';">[13]</span></span><!--[endif]--></span></span></a><span style="font-family:Helvetica;">Marcel Gauchet, <em>Le désenchantemnt du monde</em><span>  </span>p. XV, Gallimard.</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mythes bibliques, sacré et identité juive]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/02/25/mythes-bibliques-sacre-et-identite-juive/</link>
<pubDate>Sun, 25 Feb 2007 20:34:14 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2007/02/25/mythes-bibliques-sacre-et-identite-juive/</guid>
<description><![CDATA[ 
La possibilité d’une identité juive séparée de la religion constitue une question essentiell]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span></span>La possibilité d’une identité juive séparée de la religion constitue une question essentielle de l’époque récente pour le monde juif . Cette question se double d’une autre : est il possible de maintenir<span>  </span>une identité juive sans le recours aux mythes immenses condensés dans la religion et sans les symboles qu’elle charrie, ainsi que sans, par exemple, les fêtes traditionnelles ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>La question s’est ainsi posée d’un « Seder » laïque, contradiction dans les termes puisqu’il s’agirait d’une fête « religieuse laïque » . En même temps, la proposition n’est pas absurde puisqu’il existe des fêtes religieuses qui ont fini par devenir des fêtes universelles (Noël, dont la version laïque avec le Père<span>  </span>Noël s’est superposée à la fête de la naissance du Christ) mais il est vrai que beaucoup de fêtes religieuses ont intégré les fêtes païennes qui les précédaient (exemple Pâques et les fêtes du Printemps) .</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>Les fêtes religieuses ont eu pour fonction d’encadrer la vie quotidienne des populations dans un système serré, rythmé de façon redondante par la référence aux textes sacrés religieux ( rythme du travail et du repos, régimes alimentaires, cérémonies des moments clefs de l’existence :naissance, mort, mariage, fiançailles, etc..) de façon que tous les évènements du quotidien prennent une signification religieuse.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Ce système a uniformisé et unifié la population et constitué une forme extrêmement forte d’identité commune, de partage des croyances, des idéaux et des références. Cela a fonctionné aussi bien dans la religion chrétienne que dans la religion juive . Les fêtes ont constitué un réseau symbolique, par le système de renvoi aux textes sacrés, qui était l’armature même de la pensée, de la vision du monde et du système de valeurs de l’époque.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Or, la situation actuelle est tout à fait différente.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>La religion ne peut plus, sauf pour une faible minorité, être considérée comme l’armature de la pensée des gens actuellement. Elle fonctionne, pour le plus grand nombre,comme une référence vague, derrière laquelle chacun met des choses très différentes, qui conserve encore une certaine autorité morale, assez floue, mais qui est ,fondamentalement<span>  </span>remise en cause par le rationalisme, et par dessus tout , par la science. Le passage très rapide ,en France, pays de grande tradition catholique, à un pourcentage de l’ordre de 15 %<span>  </span>de la population de la part pratiquante régulièrement donne une idée de l’ampleur du phénomène. La religion perd de plus en plus son caractère structurant, pour être<span>  </span>remplacée par des systèmes de croyance « informes »,croyances vagues en un autre monde, systèmes ésotériques, croyances magiques non stabilisées.,systèmes individualisés<span>  </span>et peu unifiants.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Il me paraît donc assez vain de vouloir remettre au premier plan de façon artificielle un système qui apparaît à bout de souffle.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>La particularité de la religion dans l’histoire juive est que le texte sacré religieux a été la principale source des représentations historiques que le peuple juif avait de lui même . Ceci a conduit à une imbrication totale de l’histoire du peuple juif<span>  </span>et des mythes religieux<span>  </span>relatés dans les textes sacrés. Le gain extrême<span>  </span>retiré par le peuple juif de cette<span>  </span>confusion – la sacralisation de son histoire, l’universalisation de ses mythes, la puissance des mythes constitués, s’est payé de la perte de toute autonomie de pensée par rapport à cette vision religieuse et donc à priori<span>  </span>contradictoire avec tout esprit critique. Le discours de la pensée juive et des représentations juives s’est déroulé à l’intérieur de l’espace mythique religieux et non à<span>  </span>côté .</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>Comment ne pas rester enfermé dans ce cadre, en voie de désagrégation, et comment élaborer quelque chose qui puisse prendre le relais ? (en sachant que le problème est général) .</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>On peut réfléchir sur la façon similaire<span>  </span>dont ont fonctionné les systèmes de symboles nationaux ( 14 Juillet, commémorations des victoires historiques de la Nation, monuments aux morts, noms de rues et de places attribués aux grandes figures nationales ,hymne national,etc..)qui constituent la référence symbolique à un patrimoine commun historique. ( cf Les «  lieux de mémoire » que Pierre Nora analyse dans son ouvrage <span> </span>collectif)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Ces symboles finissent par imprégner de façon semi consciente la vie quotidienne et manifestent la présence concrète du passé dans le présent et la dette du présent envers ce passé.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>L’exemple du 14 juillet peut<span>  </span>être éclairant dans cette tentative de réflexion.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Il s’agit d’un événement, porté à la dimension de symbole, de la révolte contre l’Ancien Régime, qui fonde des valeurs essentielles du peuple français. Un événement résume alors une révolution fondatrice de la pensée –la sortie non pas d’Egypte, mais de l’univers éternellement fixe de l’ordre du monde. Il ne s’agit pas ,dans la fête, de revivre l’événement, mais de le célébrer par une cérémonie qui lui attribue une valeur de symbole, c’est à dire d’élément dont la signification (de rupture et de fondation) est partagée par tous, et<span>  </span>qui scelle le destin commun de la collectivité française.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Cet élément symbolique constitue à la fois un « signe de reconnaissance » de la collectivité et un rappel du passé qui a généré l’identité française .Il comprend donc, comme la plupart des symboles,( et des mythes ),une pluralité de dimensions, une richesse de significations qui déborde l’apparence immédiate .</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Les peuples ont besoin d’extraire de leur histoire des évènements qui condensent en eux des moments décisifs réels de leur orientation, qui signifient et résument les valeurs sur lesquelles ils s’accordent, qui sont en même temps une image fixant leur identité, et un élément du « langage » commun nécessaire pour s’entendre, c’est à dire s’accorder sur le sens de façon plus ou moins immédiate.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Ces symboles sont également porteurs des sentiments patriotiques ou nationaux, qui sont le fait d’un attachement sentimental à un particularisme historique, mélanges complexes<span>  </span>de liens noués à un univers familier - linguistique,éducatif, politique, culturel, paysager, etc…-de l’environnement sur tous les plans de chaque individu.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Cet attachement est directement lié, comme dans les liens interpersonnels, à la précocité, a la durée et<span>  </span>aux bienfaits reçus dans cette relation, en particulier dans l’élaboration par chacun de son identité personnelle. Il existe indépendamment de l’usage que peut en faire un Etat, qui « réclame » cet attachement comme un dû .Les états ont d’ailleurs depuis longtemps compris l’importance, face aux tendances centrifuges existant dans les sociétés, des mises en scène valorisant , avec le maximum de décorum, les symboles de l’union – jusqu’au sacrifice- . <span> </span>Il s’accompagne, comme les relations d’amour interindividuel, d’une certaine surévaluation de l’objet, d’où les déviations possibles (chauvinisme, nationalisme). Il est aussi le pressentiment d’une évolution mentale commune, liée à la sédimentation dans les couches profondes de la conscience<span>  </span>de la lente distinction qui s’opère entre les peuples, au fil des péripéties<span>  </span>de leur histoire, des choix de société et de mode de pensée qui finissent par se dégager de l’évolution collective.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span>  </span>Pour revenir à l ‘exemple du « Seder », celui ci est donc la célébration de la sortie du peuple juif d’Egypte,peuple unifié à ce moment..</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>L’ambiguïté est que cet événement , considéré comme symbolique de la naissance du peuple<span>  </span>juif, et de son rapport à l’exil,,n’est en rien prouvé comme s’étant passé de cette façon dans la réalité. Il s’agit d’une épopée mythique, qui a évidemment des rapports avec la réalité, mais lesquels ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>Surtout, il fait partie d’un ensemble mythique, la <span> </span>Bible , qui est lui même le récit mythologique du lien mythique entre Dieu et les Juifs.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>La question est alors de savoir, si l’on veut aboutir à une vision laïque des rapports à l’histoire du peuple juif, si il est possible de « recycler » des mythes liés aussi intimement à la religion que à l’histoire du peuple juif.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>Au fond, je ne suis pas convaincu que les symboles rassembleurs dont a besoin le peuple juif, et qui doivent être chargés affectivement pour pouvoir opérer leur travail d’identification<span>  </span>des membres de la communauté, du fait de l’absence des deux facteurs les plus puissants sur ce plan :la langue (le Yddish n’étant plus que l’objet d’une pieuse nostalgie) et les frontières géographiques d’un état (réservées à la moitié du monde juif qui a choisi l’israelianité) , ne puissent<span>  </span>être que les mythes religieux qui ont fonctionné pendant les siècles précédents, quand la religion était l’horizon intellectuel d’une époque.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span>  </span>Je pense que les évènements réels devraient pouvoir prendre le relais, ce qui implique que une autre histoire que la Bible soit construite et enseignée, dont<span>  </span>certains éléments pourraient être mis en exergue.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>La particularité des juifs est d’avoir, pour des raisons historiques, une histoire en grande partie captée<span>  </span>et remaniée par le mythe immense de la religion. Je pense<span>  </span>que ils devraient plutôt la récupérer et viser une sortie de la confusion entre les deux plans.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>L’histoire juive est suffisamment riche d’éléments glorieux ou tragiques pour qu’on y trouve <span> </span>matière à symboliser la trajectoire de ce peuple, physique, morale et mentale , de façon à permettre<span>  </span>de figurer<span>  </span>ce qui lie ses membres par delà les différences qui ont toujours existé .</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span><span> </span>Ainsi, les différentes strates de<span>  </span>représentations qui constituent une Nation, qui est<span>  </span>la représentation d’elle même d’une collectivité, peuvent se superposer et s’ajouter les unes aux autres, construisant un ensemble qui résiste aux variations conjoncturelles.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;"><span>Georges BLOND</span></p>
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