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	<title>article-externe &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "article-externe"</description>
	<pubDate>Sat, 06 Sep 2008 05:38:34 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[Notre petit monde]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/?p=305</link>
<pubDate>Sat, 09 Aug 2008 15:57:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
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<description><![CDATA[Mes très chers amis,
Je suis ému, délicieusement ému. Nous voici de nouveau réunis tous ensembl]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Mes très chers amis,</p>
<p style="text-align:justify;">Je suis ému, délicieusement ému. Nous voici de nouveau réunis tous ensemble et notre petit monde s’est refermé autour de nous, nous rendant la sécurité, la bonté et l’ordre. Après des jours d’horreur et de désarroi, les cohortes de la mort ont été mises en fuite. L’hiver est loin, déjà oublié, et la joie qui nous avait abandonnée est revenue dans nos cœurs.</p>
<p style="text-align:justify;">Ma philosophie est simple. Je suis sûr qu’il y a beaucoup de gens pour en dire du mal, mais je m’en fiche, je m’en contre fiche. Je voudrais dire que nous, les Ekdahl, ne sommes pas venus au monde pour en déchiffrer les secrets, car nous n’avons pas la formation qu’il faut pour se lancer dans ce genre d’exercice; il vaut mieux laisser en paix les idées fumeuses et prétentieuses. Vivons dans ce qui est à notre taille, dans notre petit monde et acceptons-le tel qu’il est. Chérissons-le, aimons-le et tirons-en la meilleure partie.</p>
<p style="text-align:justify;">Voilà soudain que la mort s’abat sur nous. Voilà soudain que l’abîme s’ouvre à nos pieds. Voilà soudain que la tempête et les catastrophes nous accablent. Cela nous le savons très bien, mais nous refusons de nous attarder à penser à ces choses peu plaisantes. Nous, les Ekdahl, nous aimons nos paravents, nos illusions. Privez un homme de son armure d’illusion et voici qu’il vient fou.</p>
<p style="text-align:justify;">Comprendre, tout le problème de la vie est là. Il faut comprendre les gens. Autrement, nous n’oserons jamais les aimer et encore moins en dire du mal. Il faut aussi comprendre la réalité, comprendre le monde afin qu’en toute bonne conscience nous puissions critiquer et déplorer son absurde monotonie.</p>
<p style="text-align:justify;">Le monde est un repère de brigands et bientôt la nuit va l’engloutir. Les hordes du mal ont brisé leurs chaînes et hurlent comme des chiens enragés. Et perfidement, le poison entre en nous et en tous les autres, il n’épargne personne, il s’attaque à tous…</p>
<p style="text-align:justify;">Voilà pourquoi nous devons profiter du bonheur, en jouir, tant que ce bonheur est des nôtres. Et voilà pourquoi nous devons être aimant, gentil et bon. C’est pourquoi nous devons le faire sans honte, ni remord. Nous devons retirer de la joie de notre cher petit monde, de ce que nous mangeons, des gens que nous côtoyons et du moindre sourire.</p>
<p style="text-align:justify;">Discours tenu par Gustav Adolf Ekdahl à la fin du long-métrage <em>Fanny et Alexandre</em> réalisé par Ingmar Bergman.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[In the good old days...]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/?p=218</link>
<pubDate>Mon, 18 Feb 2008 07:47:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/?p=218</guid>
<description><![CDATA[Faire preuve de condescendance : Se dit d&#8217;une personne hautaine, arrogante et qui, dans la co]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana"><u>Faire preuve de condescendance :</u> Se dit d'une personne hautaine, arrogante et qui, dans la communication sociale, marque la distance à l'égard d'un être ou d'un groupe en jugeant leurs agissements ou leurs attitudes comme étant inférieurs à son mode de pensée. Personne imbue d'elle-même qui croit posséder la vérité et qui considère ses valeurs exemptes de tout reproche. Denise Bombardier fait souvent preuve de condescendance dans ses écrits ou dans ses interventions à la télévision, surtout lorsqu'elle parle des jeunes.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Être condescendant, c'est, en quelques mots, regarder quelqu'un de haut; se positionner sur un piédestal vis-à-vis un individu que l'on juge souvent inférieur à nous. C'est une manière d'être que l'on retrouve souvent dans les milieux intellectuels. En voici un exemple tiré d'un article du journal <em>La Presse</em>.</font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Dans un article intitulé <a target="_blank" href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080131/CPACTUALITES/801310584/-1/CPACTUALITES">Sexe académie à McGill</a> et publié le 31 janvier dernier, le journaliste Hugo Meunier nous apprend que l'Association des étudiants des 2e et 3e cycles de l'Université McGill a organisé une semaine où  des activités et des ateliers sont consacrés au sexe. </font></font><font size="2"><font face="Verdana">Selon la sexologue Jocelyne Robert, ces activités sont à l'image de la société : « Ça prouve combien le sexe et le corps sont désormais des produits, des objets de consommation comme tant d'autres. » Cette spécialiste se défend par contre d'être puritaine et elle poursuit son argumentation avec une phrase clichée : « C'est une manifestation parmi tant d'autres d'une société hypersexualisée où le sexe envahit toutes les sphères. »</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Ce n'est pas tant la condescendance qui m'agace que le syndrome qu'elle véhicule dans ce cas présent. </font><font size="2" face="Verdana">Ce qui m'horripile profondément c'est la nostalgie du « good old day » ou en français du « bon vieux temps » où certaines personnes jugent qu'hier était mieux qu'aujourd'hui. Paradoxalement, ces propos sont souvent transmis  à des individus qui n'ont même pas connu hier et qui n'en ont rien à foutre! Comment hier peut être meilleur que le temps présent lorsque cet hier n'existe même plus? Je n'en ai rien à foutre moi de vos familles de 12 enfants, de votre religion catholique, de votre société monoethnique, de votre matriarcat... Ce qui m'importe, c'est d'épuiser les possibilités que la vie me présente et ne venez pas me taxer de nihilisme puisque je ne désire pas détruire le passé; mais mon champ d'action c'est le présent. Point.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Connaître le passé nous permet de comprendre où nous en sommes présentement. L'histoire ne donne pas de leçon, mais elle en éclaire les choix. J</font><font size="2" face="Verdana">e ne suis pas de ceux qui croient que tout ce qui nous a précédés doit être détruit : je crois à plusieurs valeurs que mes parents m'ont transmises et plusieurs projets sociaux instaurés pas les différents gouvernements canadiens (assurance-maladie, CSST, assurance-emploi, etc.) me semblent encore utiles aujourd'hui. </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">J'imagine que les personnes qui tiennent ce genre de discours sur l'hypersexualisation de la société sont les mêmes qui s'extasient devant la sculpture du David de Michel-Ange réalisée au 16e siècle (<em>merci Mllv!)</em> ou devant une représentation de danse french cancan popularisée au Moulin Rouge à Paris au début du 20e siècle. À ce que je sache, les mini-jupes n'ont pas été inventées durant la dernière décennie! </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Avoir une vision historique des choses nous permet souvent de relativiser nos propos. Nul besoin d'un doctorat pour savoir que la prostitution est l'un des plus vieux métiers au monde, que les jeunes adolescents de la Grèce antique recevaient leur formation professionnelle auprès d'un maître qui les formait aussi sur le plan sexuel, que le néologisme sadisme du nom du Marquis de Sade, auteur et philosophe qui traitait de thèmes tels que l'érotisme, la violence, la cruauté, l'inceste, le viol et la sodomie, est apparu dans les dictionnaires au 19e siècle et qui était synonyme de débauche. Finalement, notre époque n'a rien inventé en terme de violence ou de sexualité!</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Aujourd'hui, grâce à la diffusion de l'information, nous avons davantage accès à des contenus visuels violents ou à caractère sexuel. Mais ne venez pas me dire que les scènes de violence sont omniprésentes de nos jours! Lorsque votre adolescent de 16 ans écoutera le dernier Rambo, dites-vous que s'il était né quelques siècles plus tôt, il aurait assisté à une pendaison publique durant le Moyen-Âge ou à un combat entre gladiateurs à l'époque de la Rome antique.</font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[A Fire on a Lake]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/07/18/a-fire-on-a-lake/</link>
<pubDate>Wed, 18 Jul 2007 18:11:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/2007/07/18/a-fire-on-a-lake/</guid>
<description><![CDATA[You can’t see it coming. There is no omen. No drum roll. No sense of impending romance or intrigue]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana">You can’t see it coming. There is no omen. No drum roll. No sense of impending romance or intrigue.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">And then suddenly, everything changes. It comes out of the night like Haley’s comet, electric tail illuminating the sky, and you know you have seen something, experienced something so powerful, that you will never be the same.</p>
<p align="justify">You stand there, motionless, watching a fire on a lake.</p>
<p align="justify">It is a life changer. Spiritual and emotional, it radiates through your heart and your brain and prompts you to reconsider “what is” and to imagine, in spite of the obstacles and the challenges, “what could be.”</p>
<p align="justify">Only people can do this to and for you. Only you can do it to others. One of the sublime things about life, about business, is that you can experience this working side by side with others who open your eyes to new dimensions. I am often asked what makes great managers. Is it an MBA from Harvard? Ten years of cross-functional experience at GE? Absolutely not. It is being alone in a studio watching Picasso turn blank canvases into cubes of radiance. It is observing Martha Stewart as she turned the art of entertaining into an empire. It is the person in the office next door who shows you how to identify atomic particles, twist them into novel configurations and shape them into living, breathing figments of your imagination.</p>
<p align="justify">Working hard is not even close to enough. You need to experience the comets. To learn from them. To let yourself be captured, to absorb, to dream, to love, to experiment, to dare. This is what makes great leaders great.</p>
<p align="justify">They see the fire on the lake and they change.</p>
<p align="justify">Mark Stevens<br />
CEO</p>
<p align="justify">Source : <a target="_blank" href="http://msco.com/blog/a-fire-on-a-lake">Unconventional thinking</a></p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La responsabilité sociale en marketing]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/06/20/la-responsabilite-sociale-en-marketing/</link>
<pubDate>Wed, 20 Jun 2007 21:32:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/2007/06/20/la-responsabilite-sociale-en-marketing/</guid>
<description><![CDATA[Un autre bon texte de Seth Godin que l&#8217;on retrouve sur son blogue
Marketing works. 
Advertisin]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana">Un autre bon <a target="_blank" href="http://sethgodin.typepad.com/seths_blog/2007/06/responsibility.html">texte</a> de <a target="_blank" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Seth_Godin">Seth Godin</a> que l'on retrouve sur son <a target="_blank" href="http://sethgodin.typepad.com">blogue</a></font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Verdana">Marketing works.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Advertising and promotion and lobbying cost money. And organizations pay for it because, by and large, it works. Not all the time, and rarely as big as people hope, but sure, you can influence the public by spending money.</p>
<p align="justify">Which leads to the key question: are you responsible for what you market?</p>
<p align="justify">Some people will tell you that the market decides. They’ll remind you that most consumers are adults, spending their own resources and doing it freely. That people have a right to buy what they want, even if what they want isn’t good for them (right now, or in the long run). That’s what living in a free country is all about, apparently. Buy what you want.</p>
<p align="justify">But wait.</p>
<p align="justify">I thought we agreed that marketing works.</p>
<p align="justify">If marketing works, it means that free choice isn’t quite so free. It means that marketers get to influence and amplify desires. The number of SUVs sold in the United States is a bazillion times bigger than it was in 1962. Is that because people suddenly want them, or is it because car marketers built them and marketed them?</p>
<p align="justify">Cigarette consumption is way down. Is that because people suddenly don’t want them any more, or is it because advertising opportunities are limited?</p>
<p align="justify">Others will tell you that if it’s legal, it’s fair game. If it’s legal for <a target="_blank" href="http://publications.mediapost.com/index.cfm?fuseaction=Articles.san&#38;s=51586&#38;Nid=25370&#38;p=238468">Edelman</a> to post a blog called Working Families for Wal-Mart (when it’s really working Edelman employees for Wal-Mart), then they have every right to do so. In fact, they have an obligation to their shareholders to do so. Or so they say.</p>
<p align="justify">I believe that every criminal, no matter how heinous the crime, deserves an attorney. I don't believe that every product and every organization and every politician deserves world-class marketing or PR.</p>
<p align="justify">A neighbor was complaining that the baseball field in my town needs upkeep, and wonders why we don’t go ahead and take $100,000 from Pepsi for sponsorship of the field and a long-term contract to put vending machines on site. It doesn’t matter to him that obesity and heart disease are the number one preventable cause of death. He says that it’s a personal choice, and if we can get the money, we should.</p>
<p align="justify">Who’s responsible?</p>
<p align="justify">I was surprised at how angry I got in an email exchange with John, a reader near Detroit. I wrote, “I'm sorry if I seem like a curmudgeon, but the arrogance and blindness of Detroit's management really and truly annoys me. Tens of thousands of innocent workers lost their jobs while clueless overpaid company men drove the industry into the ground for decades. These were the guys who had plenty of time to fix their problems (20 years) but instead lobbied hard to maintain SUV subsidies and gas subsidies and on and on. They're sort of like cigarette companies, but with far more side affects. They've let down our country, in my opinion, and just because they are lip synching a bit now, I'm in no hurry to tell you that the problems are gone.”</p>
<p align="justify">And now Detroit is marketing hard in DC to fight against mileage standards again, claiming that they make the cars that people want to buy.</p>
<p align="justify">There are two problems with blaming the market:</p>
<p align="justify">The first is that the market is short sighted. Which means that in a year or two or five, when the market changes its mind and wakes up, you’re left holding the bag. By not taking responsibility for growing and nurturing the market in the right way, you get punished later.</p>
<p align="justify">The second is that if you poison your market, it all goes away. Not just your job, but your community too.</p>
<p align="justify">Let me be really clear, just in case. If you think that the world would be a better place if everyone owned a handgun, then yes, market handguns as hard as you can. If you honestly believe that kids are well served by drinking a dozen spoonfuls of sugar every morning before school, then I may believe you're wrong, but you should go ahead and market your artificially-sweetened juice product. My point is that you have no right to market things you know are harmful or that lead to bad outcomes, regardless of how much you need that job.</p>
<p align="justify">Along the way, “just doing my job,” has become a mantra for blind marketers who are making short-term mistakes in order to avoid a conflict with the client or the boss. As marketing becomes every more powerful, this is just untenable. It’s unacceptable.</p>
<p align="justify">If you get asked to market something, you’re responsible. You’re responsible for the impacts, the costs, the side effects and the damage. You killed that kid. You poisoned that river. You led to that fight. If you can’t put your name on it, I hope you’ll walk away. If only 10% of us did that, imagine the changes. Imagine how proud you’d be of your work.</p>
<p align="justify">The amazing thing is that over and over again, we're discovering that <a target="_blank" href="http://www.patagonia.com/web/us/intern_landing.jsp?OPTION=SAR&#38;assetid=15546&#38;target=%2Fhome%2Findex.jsp%3FOPTION%3DHOME_PAGE%26assetid%3D1704">marketers</a> who actually take responsibility for their marketing are actually more successful. Go figure.</p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pardon, que savez-vous du constructivisme?]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/06/14/pardon-que-savez-vous-du-constructivisme/</link>
<pubDate>Thu, 14 Jun 2007 23:47:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
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<description><![CDATA[On dirait que Pierre Foglia s&#8217;est inspiré de mon billet Acquis l’a fote¿ pour écrire sa c]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">On dirait que Pierre Foglia s'est inspiré de mon billet <a target="_blank" href="http://insomniaque.wordpress.com/2007/06/07/acquis-la-fote%c2%bf/">Acquis l’a fote¿</a> pour écrire sa <a target="_blank" href="http://www.cyberpresse.ca/article/20070614/CPOPINIONS05/706140601/6730/CPACTUALITES">chronique d'aujourd'hui</a>. Laissons la modestie de côté! Mais, le débat entre réformistes et anti-réformistes se situe au coeur même de ces deux concepts : doit-on privilégier les savoirs-faire (pratique) ou les savoirs (connaissance)?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">À mon avis, c'est l'acquisition de savoirs qui nous permet de poser des savoirs-faire : on va de la théorie à la pratique, et non l'inverse. Mais dans le fond, qu'est-ce que nous connaissons moi, simple citoyen québécois, et M. Foglia, journaliste déconnecté de la réalité de l'enseignement, sur les théories de l'éducation et sur le socio-constructivisme?</font></font></p>
<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<blockquote>
<p align="justify">De quoi j'me mêle?</p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Permettez que je vous pose une question qui n'a rien à voir, mais peut-être que si, un peu quand même.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Savez-vous comment on joue aux billes?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Quand on joue aux billes, ce qui est en jeu, ce sont les billes elles-mêmes. Quand on joue aux billes, on perd des billes ou on en gagne. Ça n'a aucun sens de jouer aux billes autrement. Les enfants du monde entier jouent aux billes dans la cour des écoles pour gagner des billes qu'ils vont reperdre le lendemain.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Dans une école primaire de ma connaissance (à Saint-Lambert), les enfants ont le droit de jouer aux billes, mais à condition qu'ils récupèrent leur mise. Pas le droit de perdre. Pas le droit de gagner. Pourquoi? Parce que, a expliqué la direction à une mère éberluée: parce que quand certains enfants perdent, ils pleurent.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Tout l'esprit de la réforme est là : empêcher les enfants de perdre.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Alors que, pour moi, un des grands objectifs de l'éducation, sans doute le plus difficile, est justement d'apprendre aux enfants à perdre.</font></font></p>
</blockquote>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Acquis l'a fote¿]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/06/07/acquis-la-fote%c2%bf/</link>
<pubDate>Thu, 07 Jun 2007 16:22:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/2007/06/07/acquis-la-fote%c2%bf/</guid>
<description><![CDATA[Je pourrais écrire un billet sur ma soirée de gala d&#8217;hier soir puisque ce n&#8217;est pas à]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Je pourrais écrire un billet sur ma soirée de gala d'hier soir puisque ce n'est pas à tous les jours que je m'assois dans une limousine aux côtés de Monseigneur Turcotte et que le sujet de la conversation est l'étymologie du mot « mafia »! Mais, le <a target="_blank" href="http://www.cyberpresse.ca/article/20070607/CPSOLEIL/70606278/6787/CPSOLEIL">rapport produit par Richard Berger</a> pour le compte du ministère de l'Éducation m'interpelle davantage.</font></font></p>
<p><font size="2" face="Verdana">Selon ce <a target="_blank" href="http://blogues.cyberpresse.ca/amoureuxdufrancais/?p=70218227">rapport</a>, </font><font size="2" face="Verdana"></p>
<blockquote>
<p align="justify">ce ne sont pas les faiblesse de l’élève qui devrait intéresser l’évaluteur, mais plutôt ses force : on devrait valoriser ce qui est réussit et non mesuré ce qui est ratée ». Bien entendu, cet enseignant de français n’a pas fait toutes ces fautes; c’est moi qui les ai ajoutées. Mais ce que M. Berger nous dit, c’est que son rapport n’aurait pas été moins réussi s’il avait contenu toutes ces erreurs. [...] J’imagine assez bien le tollé, écrit « magie-nette », une lectrice du blogue, si, demain matin, un fonctionnaire du  ministère de l’Éducation décidait que les fautes de mathématiques ne comptaient plus. Imaginons, les banques, les financiers, les systèmes comptables… Pourtant, quand il s’agit de la langue, les vagues ont davantage allure de vaguelettes…  Je propose donc, en présence de  cette nouvelle suggestion, de faire la même chose en mathématiques, et ainsi donner à nos jeunes un encouragement qui ne les découragera pas! Ainsi, à la fin de leurs études, nos nouveaux diplômés pourront écrire comme bon leur semble (avec quelques difficultés à se faire comprendre,  mais ça, ça sera de la faute de la personne qui lit…) et surtout, ils pourront faire la même chose dans leurs calculs.</p>
</blockquote>
<p></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Si nous suivons cette logique, l'important c'est la compréhension du texte et non la façon qu'il est écrit! Derrière ce discours  de technocrate, se dissimule la nouvelle norme de l'éducation au XXIe siècle : « Peu importe ce que tu dis (que le sujet soit Star Académie ou la philosophie de Descartes) et comment tu le dis (fautes d'orthographe), l'important c'est l'atteinte des objectifs. »</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Voici ce que j'ai écris sur ce <a target="_blank" href="http://keeg.ca/?p=1349">blogue</a> :</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Je déteste la vision utilitariste appliquée à l’éducation. C’est une grave erreur d’inculquer aux jeunes que seulement ce qui est utile mérite d’être appris. On ne peut pas tout mesurer en fonction d’objectifs atteints ou de compétences acquises : comment mesurer l’émerveillement d’un jeune devant la lecture d’un poème? Et le visionnement d’un film ou d’une oeuvre d’art?</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">À l'instar des sciences humaines, dans les sciences appliquées comme les mathématiques ou la chimie le trois quart de ce qu’on apprend ne nous sert pas dans la vie de tous les jours : savoir qu’une molécule d’eau est formée de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène ou comment appliquer les diverses dérivés mathématiques ne m’aide généralement pas dans mon quotidien.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Au lieu de former des élèves doués ou cultivés, on veut des êtres compétents; au lieu de professeurs qui transmettent un art, on veut des « techniciens » de l’enseignement. « Savoir rédiger un texte » et peu importe le sujet, voilà ce qui compte maintenant! </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Certes, vous allez peut-être devenir compétent, mais vous ne saurez pas faire la différence entre Albert Camus et Socrate ou le théorème de Pythagore et la loi de Newton. Mais, peu importe, ça ne vous empêchera pas de lire, de marcher ou de compter!</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Bref, préférez-vous un enseignant qui vous dit « c’est bon pour toi, ça va t’être utile, c’est pratique... » ou un autre qui te présente plein de connaissances en t'invitant à choisir en toute liberté ce qui te plaît? </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Je ne travaille pas dans le domaine de l’enseignement, mais on dirait qu’on veut de plus en plus en faire une « science » qui prétendrait réduire l’homme à une série de comportements et le vieil art d’apprendre à une simple technique. Et cela me donne la nausée.</font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">Aujourd'hui, en réfléchissant sur ce rapport, je n'ai pas eu la nausée, j'ai carrément régurgité!</font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[The nine biggest myths of the workplace]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/05/30/the-nine-biggest-myths-of-the-workplace/</link>
<pubDate>Wed, 30 May 2007 18:52:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/2007/05/30/the-nine-biggest-myths-of-the-workplace/</guid>
<description><![CDATA[J&#8217;adore le blogue de Guy Kawasaki, dont le nom est souvent associé à celui de venture capita]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana">J'adore le <a target="_blank" href="http://blog.guykawasaki.com">blogue</a> de <a target="_blank" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Guy_Kawasaki">Guy Kawasaki</a>, dont le nom est souvent associé à celui de <a target="_blank" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Venture_capital"><em>venture capitalist</em></a><em> </em>:</font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify"><strong>1- You’ll be happier if you have a job you like.</strong></p>
<p align="justify"><em>The correlation between your happiness and your job is overrated. The most important factors, by far, are your optimism levels and your personal relationships. If you are a pessimist, a great job can’t overcome that. (Think of the jerks at the top.) And if you have great friends and family, you can probably be happy even if you hate your job (imagine a garbage collector who’s in love).</em></p>
<p align="justify"><strong>2- Job-hopping will hurt you.</strong></p>
<p align="justify"><em>Job hopping is one of the best ways to maintain passion and personal growth in your careers. And here’s some good news for hoppers: Most people will have eight jobs between the time they are eighteen and thirty. This means most young workers are job hopping. So hiring managers have no choice but to hire job hoppers. Ride this wave and try a lot of jobs out yourself.</em></p>
<p align="justify"><strong>3- The glass ceiling still exists.</strong></p>
<p align="justify"><em>The glass ceiling is over, not because people crashed through, but because people are not looking up. Life above the glass ceiling is 100-hour weeks, working for someone else, and no time for friends and family. And it’s not only women who are saying no to the ladder up: Men are as well. People want to customize success for themselves, not climb someone else rungs. So if no one is climbing to the top, the glass ceiling isn’t keeping anyone down.</em></p>
<p align="justify"><strong>4- Office politics is about backstabbing.</strong></p>
<p align="justify"><em>The people who are most effective at office politics are people who are genuinely nice. Office politics is about helping people to get what they want. This means you have to take the time to figure out what someone cares about, and then think about how you can help him or her to get it. You need to always have your ears open for when you can help. If you do this, you don’t have to strong arm people or manipulate them. Your authentic caring will inspire people to help you when you need it.</em></p>
<p align="justify"><strong>5- Do good work, and you’ll do fine.</strong></p>
<p align="justify"><em>For one thing, no one knows what the heck you’re doing in your cube if you’re not telling them. So when you do good work, let people know. It is not crazy to toot your own horn--it’s crazy to think someone will do it for you. Also, if you do good work but you’re a jerk, people will judge your work to be sub par. So you could say that good work really only matters if your co-workers enjoy hearing about it from you.</em></p>
<p align="justify"><strong>6- You need a good resume.</strong></p>
<p align="justify"><em>Only ten percent of jobs come from sending a blind resume. Most people get jobs by leveraging their network. Once you have a connection, the person looks at your resume to make sure there are no red flags. So you need a competent resume and an excellent network. This means you should stop stressing about which verb to use on the second line of your third job. Go talk to someone instead.</em></p>
<p align="justify"><strong>7- People with good networks are good at networking.</strong></p>
<p align="justify"><em>Just be nice, take genuine interest in the people you meet, and keep in touch with people you like. This will create a group of people who are invested in helping you because they know you and appreciate you. Use LinkedIn to leverage those peoples’ networks, and you just got yourself a very strong network by simply hanging out with the people you like.</em></p>
<p align="justify"><strong>8- Work hard and good things will come.</strong></p>
<p align="justify"><em>Everyone can put in a seventy-hour week. It doesn’t mean you’re doing good work. So here’s an idea: Make sure you’re not the hardest worker. Take a long lunch. Get all your work done early. Grand thinking requires space, flexibility and time. So let people see you staring at the wall. They’ll know you’re a person with big ideas and taking time to think makes you more valuable.</em></p>
<p align="justify"><strong>9- Create the shiny brand of you!</strong></p>
<p align="justify"><em>There is no magic formula to having a great career except to be you. Really you. Know who you are and have the humility to understand that self-knowledge is a never-ending journey. Figure out how to do what you love, and you’ll be great at it. Offer your true, good-natured self to other people and you’ll have a great network. Those who stand out as leaders have a notable authenticity that enables them to make genuinely meaningful connections with a wide range of people. Authenticity is a tool for changing the world by doing good.</em></p>
<p align="justify">Source : <a target="_blank" href="http://blog.guykawasaki.com/2007/05/the_nine_bigges.html">blog.guykawasaki.com</a></p>
<p align="justify">Autre article intéressant : <a target="_blank" href="http://blog.guykawasaki.com/2007/05/ten_questions_w.html">blog.guykawasaki.com</a></p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Une journée de 25 heures?]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/05/16/une-journee-de-25-heures/</link>
<pubDate>Wed, 16 May 2007 16:25:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
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<description><![CDATA[­­Get ready for the 25-hour day. A new study, funded by NASA, shows that it&#8217;s possible to cr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="2">­­<font face="Verdana">Get ready for the 25-hour day. A new study, funded by NASA, shows that it's possible to cram an extra hour into the day. Pulses of bright light may reset body clock and stretch the day to 25 hours</font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Verdana">(<a target="_blank" href="http://www.cbsnews.com/stories/2007/05/14/health/webmd/main2802656.shtml?source=RSSattr=Health_2802656">Lire la suite</a>)</font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Google nous rend "con"]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/05/14/google-nous-rend-con/</link>
<pubDate>Mon, 14 May 2007 18:38:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
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<description><![CDATA[There’s an interesting aspect of Google’s impact on our daily lives. The Internet is so useful -]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana">There’s an interesting aspect of Google’s impact on our daily lives. The Internet is so useful - despite its quite chaotic organization - and Google is so good at retrieving information, that we don’t bother to remember anything anymore. </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">How many times did you catch yourself typing some keywords into Google to get to a specific website? Do you realize that by doing this, you’ve subconsciously chosen to remember what keywords you need to type into Google instead of remembering the actual address of the web site in question? [...]</p>
<p align="justify">(<a target="_blank" href="http://mashable.com/2007/05/14/google-dumber/">Lire la suite</a>)</p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ten myths about atheism]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/05/07/ten-myths-about-atheism/</link>
<pubDate>Mon, 07 May 2007 18:37:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/2007/05/07/ten-myths-about-atheism/</guid>
<description><![CDATA[
Several polls indicate that the term &#8220;atheism&#8221; has acquired such an extraordinary stigm]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Several polls indicate that the term "atheism" has acquired such an extraordinary stigma in the United States that being an atheist is now a perfect impediment to a career in politics (in a way that being black, Muslim or homosexual is not). According to a recent Newsweek poll, only 37% of Americans would vote for an otherwise qualified atheist for president.</p>
<p align="justify">Atheists are often imagined to be intolerant, immoral, depressed, blind to the beauty of nature and dogmatically closed to evidence of the supernatural.</p>
<p align="justify">Even John Locke, one of the great patriarchs of the Enlightenment, believed that atheism was "not at all to be tolerated" because, he said, "promises, covenants and oaths, which are the bonds of human societies, can have no hold upon an atheist."</p>
<p align="justify">That was more than 300 years ago. But in the United States today, little seems to have changed. A remarkable 87% of the population claims "never to doubt" the existence of God; fewer than 10% identify themselves as atheists — and their reputation appears to be deteriorating.</p>
<p align="justify">Given that we know that atheists are often among the most intelligent and scientifically literate people in any society, it seems important to deflate the myths that prevent them from playing a larger role in our national discourse.</p>
<p align="justify"><strong>1- Atheists believe that life is meaningless.</strong></p>
<p align="justify">On the contrary, religious people often worry that life is meaningless and imagine that it can only be redeemed by the promise of eternal happiness beyond the grave. Atheists tend to be quite sure that life is precious. Life is imbued with meaning by being really and fully lived. Our relationships with those we love are meaningful now; they need not last forever to be made so. Atheists tend to find this fear of meaninglessness … well … meaningless.</p>
<p align="justify"><strong>2- Atheism is responsible for the greatest crimes in human history.</strong></p>
<p align="justify">People of faith often claim that the crimes of Hitler, Stalin, Mao and Pol Pot were the inevitable product of unbelief. The problem with fascism and communism, however, is not that they are too critical of religion; the problem is that they are too much like religions. Such regimes are dogmatic to the core and generally give rise to personality cults that are indistinguishable from cults of religious hero worship. Auschwitz, the gulag and the killing fields were not examples of what happens when human beings reject religious dogma; they are examples of political, racial and nationalistic dogma run amok. There is no society in human history that ever suffered because its people became too reasonable.</p>
<p align="justify"><strong>3- Atheism is dogmatic.</strong></p>
<p align="justify">Jews, Christians and Muslims claim that their scriptures are so prescient of humanity's needs that they could only have been written under the direction of an omniscient deity. An atheist is simply a person who has considered this claim, read the books and found the claim to be ridiculous. One doesn't have to take anything on faith, or be otherwise dogmatic, to reject unjustified religious beliefs. As the historian Stephen Henry Roberts (1901-71) once said: "I contend that we are both atheists. I just believe in one fewer god than you do. When you understand why you dismiss all the other possible gods, you will understand why I dismiss yours."</p>
<p align="justify"><strong>4- Atheists think everything in the universe arose by chance.</strong></p>
<p align="justify">No one knows why the universe came into being. In fact, it is not entirely clear that we can coherently speak about the "beginning" or "creation" of the universe at all, as these ideas invoke the concept of time, and here we are talking about the origin of space-time itself.</p>
<p align="justify">The notion that atheists believe that everything was created by chance is also regularly thrown up as a criticism of Darwinian evolution. As Richard Dawkins explains in his marvelous book, "The God Delusion," this represents an utter misunderstanding of evolutionary theory. Although we don't know precisely how the Earth's early chemistry begat biology, we know that the diversity and complexity we see in the living world is not a product of mere chance. Evolution is a combination of chance mutation and natural selection. Darwin arrived at the phrase "natural selection" by analogy to the "artificial selection" performed by breeders of livestock. In both cases, selection exerts a highly non-random effect on the development of any species.</p>
<p align="justify"><strong>5- Atheism has no connection to science.</strong></p>
<p align="justify">Although it is possible to be a scientist and still believe in God — as some scientists seem to manage it — there is no question that an engagement with scientific thinking tends to erode, rather than support, religious faith. Taking the U.S. population as an example: Most polls show that about 90% of the general public believes in a personal God; yet 93% of the members of the National Academy of Sciences do not. This suggests that there are few modes of thinking less congenial to religious faith than science is.</p>
<p align="justify"><strong>6- Atheists are arrogant.</strong></p>
<p align="justify">When scientists don't know something — like why the universe came into being or how the first self-replicating molecules formed — they admit it. Pretending to know things one doesn't know is a profound liability in science. And yet it is the life-blood of faith-based religion. One of the monumental ironies of religious discourse can be found in the frequency with which people of faith praise themselves for their humility, while claiming to know facts about cosmology, chemistry and biology that no scientist knows. When considering questions about the nature of the cosmos and our place within it, atheists tend to draw their opinions from science. This isn't arrogance; it is intellectual honesty.</p>
<p align="justify"><strong>7- Atheists are closed to spiritual experience.</strong></p>
<p align="justify">There is nothing that prevents an atheist from experiencing love, ecstasy, rapture and awe; atheists can value these experiences and seek them regularly. What atheists don't tend to do is make unjustified (and unjustifiable) claims about the nature of reality on the basis of such experiences. There is no question that some Christians have transformed their lives for the better by reading the Bible and praying to Jesus. What does this prove? It proves that certain disciplines of attention and codes of conduct can have a profound effect upon the human mind. Do the positive experiences of Christians suggest that Jesus is the sole savior of humanity? Not even remotely — because Hindus, Buddhists, Muslims and even atheists regularly have similar experiences.</p>
<p align="justify">There is, in fact, not a Christian on this Earth who can be certain that Jesus even wore a beard, much less that he was born of a virgin or rose from the dead. These are just not the sort of claims that spiritual experience can authenticate.</p>
<p align="justify"><strong>8- Atheists believe that there is nothing beyond human life and human understanding</strong></p>
<p align="justify">Atheists are free to admit the limits of human understanding in a way that religious people are not. It is obvious that we do not fully understand the universe; but it is even more obvious that neither the Bible nor the Koran reflects our best understanding of it. We do not know whether there is complex life elsewhere in the cosmos, but there might be. If there is, such beings could have developed an understanding of nature's laws that vastly exceeds our own. Atheists can freely entertain such possibilities. They also can admit that if brilliant extraterrestrials exist, the contents of the Bible and the Koran will be even less impressive to them than they are to human atheists.</p>
<p align="justify">From the atheist point of view, the world's religions utterly trivialize the real beauty and immensity of the universe. One doesn't have to accept anything on insufficient evidence to make such an observation.</p>
<p align="justify"><strong>9- Atheists ignore the fact that religion is extremely beneficial to society.</strong></p>
<p align="justify">Those who emphasize the good effects of religion never seem to realize that such effects fail to demonstrate the truth of any religious doctrine. This is why we have terms such as "wishful thinking" and "self-deception." There is a profound distinction between a consoling delusion and the truth.</p>
<p align="justify">In any case, the good effects of religion can surely be disputed. In most cases, it seems that religion gives people bad reasons to behave well, when good reasons are actually available. Ask yourself, which is more moral, helping the poor out of concern for their suffering, or doing so because you think the creator of the universe wants you to do it, will reward you for doing it or will punish you for not doing it?</p>
<p align="justify"><strong>10- Atheism provides no basis for morality.</strong></p>
<p align="justify">If a person doesn't already understand that cruelty is wrong, he won't discover this by reading the Bible or the Koran — as these books are bursting with celebrations of cruelty, both human and divine. We do not get our morality from religion. We decide what is good in our good books by recourse to moral intuitions that are (at some level) hard-wired in us and that have been refined by thousands of years of thinking about the causes and possibilities of human happiness.</p>
<p align="justify">We have made considerable moral progress over the years, and we didn't make this progress by reading the Bible or the Koran more closely. Both books condone the practice of slavery — and yet every civilized human being now recognizes that slavery is an abomination. Whatever is good in scripture — like the golden rule — can be valued for its ethical wisdom without our believing that it was handed down to us by the creator of the universe.</p>
<p align="justify">Source : <a target="_blank" href="http://edge.org/documents/archive/edge199.html#sh">Edge</a></p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mein zeitgeist]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/04/26/mes-commandements-personnels/</link>
<pubDate>Fri, 27 Apr 2007 01:31:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/2007/04/26/mes-commandements-personnels/</guid>
<description><![CDATA[

Do not do to others what you would not want them to do to you.


In all things, strive to cause no]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<ol>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Do not do to others what you would not want them to do to you.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">In all things, strive to cause no harm.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Treat your fellow human beings, your fellow living things, and the world in general with love, honesty, faithfulness and respect.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Do not overlook evil or shrink from administering justice, but always be ready to forgive wrongdoing freely admitted and honestly regretted.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Live life with a sense of joy and wonder.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Always seek to be learning something new.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Test all things; always check your ideas against the facts, and be ready to discard even a cherished belief if it does not conform to them.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Never seek to censor or cut yourself off from dissent; always respect the right of others to disagree with you.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Form independent opinions on the basis of your own reason and experience; do not allow yourself to be led blindly by others.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Question everything.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Enjoy your own sex life (so long as it damages nobody else) and leave others to enjoy theirs in private whatever their inclinations, which are none of your business.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Do not discriminate or oppress on the basis of sex, race or (as far as possible) species.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Do not indoctrinate your children. Teach them how to think for themselves, how to evaluate evidence, and how to disagree with you.</font></font></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><font size="2"><font face="Verdana">Value the future on a timescale longer than your own.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font></p>
</li>
</ol>
<p align="justify"> <font size="2" face="Verdana"><u>Source :</u> </font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana"><a href="http://www.ebonmusings.org/atheism/new10c.html">http://www.ebonmusings.org/atheism/new10c.html</a></font></p>
<p align="justify"><font size="2" face="Verdana">DAWKINS, Richard. <em>The God Delusion.</em> </font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La 3e Guerre mondiale a-t-elle commencé? Ou la 4e?]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/03/15/la-troisieme-guerre-mondiale-a-t-elle-commence-ou-la-quatrieme/</link>
<pubDate>Fri, 16 Mar 2007 04:37:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/2007/03/15/la-troisieme-guerre-mondiale-a-t-elle-commence-ou-la-quatrieme/</guid>
<description><![CDATA[
La Troisième Guerre? Elle vient à l’esprit en ces temps troublés (cet article fut rédigé en ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">La Troisième Guerre? Elle vient à l’esprit en ces temps troublés (cet article fut rédigé en juillet 2006), d'autant que les répercussions de ces événements mondiaux semblent être de plus en plus directes : ce sont des voisins québécois, d’origine libanaise ou juive, qui se montrent inquiets; d’autres perdent carrément des membres de leur famille. Dans les conversations, on force tout un chacun à choisir son camp : pour ou contre Israël ou le Hezbollah? Pour prendre l’avion? On doit maintenant se déchausser, et non seulement se dépouiller de tout objet contondant, mais aussi des liquides, des gels, etc. Faudra-t-il bientôt se mettre à nu? Ou renoncer?</p>
<p align="justify">Dans ce contexte, quand on apprend qu’un ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gringrich, a lancé, un 16 juillet, à la télévision américaine, qu’il « faut se l’avouer », nous sommes à un « stade initial de la Troisième Guerre mondiale », on ne peut faire autrement que de s’interroger.</p>
<p align="justify">Surtout que cet étrange personnage politique n’est pas du tout le seul à faire une telle analyse. En mai, George W. Bush a clairement dit, lors d’une interview à CNBC, que le 11 septembre 2001 avait marqué le début de la « Troisième Guerre mondiale ». Plus près de nous, la semaine dernière, le nouvel ambassadeur iranien en France, Ali Ahani, terminait un entretien au <em>Monde</em> en disant :</p>
<blockquote>
<p align="justify">« mais si Israël veut déclencher une Troisième Guerre mondiale, voyons si les Américains les laissent faire ».</p>
</blockquote>
<p align="justify"><strong>Quatrième?</strong></p>
<p align="justify">En fait, la thèse d’une Troisième Guerre mondiale fait florès depuis septembre 2001. Précisons que la plupart des défenseurs de cette thèse utilisent l’expression « Quatrième Guerre mondiale ». Eh oui, la troisième, c’était la guerre froide. Ce fut la plus longue puisqu’elle a duré de 1947 à 1991. Elle demeura « froide », puisqu’il n’y eut pratiquement pas d’affrontement direct entre les principales superpuissances, États-Unis et URSS, et se termina par l’effondrement idéologique et économique de cette dernière.</p>
<p align="justify">La plupart de ceux qui affirment que « nous » sommes en guerre mondiale proviennent de la nébuleuse idéologie néo-conservatrice. (Évidemment, il y a longtemps, depuis 1998, en fait, qu’à l’autre extrême, chez al-Qaïda, on se dit en « guerre mondiale » contre « l’Occident, les juifs et les croisés ».)</p>
<p align="justify">Louis Bélanger, politicologue de l’Université Laval, fait remarquer que Newt Gingrich appartient à une frange populiste du courant néo-conservateur :</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Il tente actuellement de se donner des airs intellectuels afin de se positionner en vue des présidentielles de 2008. Lui-même ne le nie pas. » En fait, Gingrich défend l’idée que nous sommes en « guerre mondiale » pour mieux critiquer une prétendue « mollesse » de l’administration Bush.</p>
</blockquote>
<p align="justify">Selon lui, le président montre des signes de faiblesse alors même qu’une grande alliance anti-occidentale internationale émerge, du président Hugo Chavez à la Corée du Nord, en passant évidemment par l’« islamofascisme ». « Ces gens se parlent, vous savez », notait Gingrich récemment. Ainsi, comme lors des guerres mondiales précédentes, les populations occidentales devraient donc se rallier derrière les États-Unis pour combattre la menace globale.</p>
<p align="justify">Ce que Gingrich disait sans fard à la télé récemment, des intellectuels néo-conservateurs comme Eliot Cohen et l’ancien directeur de la CIA, James Woolsey, l’écrivent et le répètent depuis cinq ans. Dans la revue ultra pro-israélienne <em>Commentary</em>, en septembre 2004, Norman Podhoretz publiait un article au titre peu équivoque : « La Quatrième Guerre mondiale : comment elle a été déclenchée, quelle signification elle a et pourquoi nous devons la gagner ».</p>
<p align="justify">La thèse a des adeptes en France, surtout dans le camp pro-israélien. C’est le titre de l’essai récent du journaliste Thierry Wolton (<em>La 4e Guerre mondiale</em>, Grasset, 2006). Dans un récent entretien avec la journaliste Élias Lévy, Wolton déclarait que cette guerre a débuté en 1979, année de la révolution islamique en Iran. Au départ, donc, le conflit était interne à l’Islam. Il opposait les chiites, très minoritaires, et les sunnites.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« La prise du pouvoir des chiites en Iran a provoqué une espèce d’”émulation islamique” chez les sunnites. […] Ainsi, les sunnites se sont mis à leur tout à faire de la surenchère idéologique et religieuse. Cette guerre, presque civile, au sein de l’Islam débouchera 20 ans plus tard sur une guerre menée par les islamistes contre l’ensemble de l’Occident », affirmait-il </p>
</blockquote>
<p align="justify">L’intellectuel conservateur Ivan Rioufol allait encore plus loin en juillet dans <em>Le Figaro</em>. À ses dires, le 11 septembre a été le premier acte d’un cycle d’événements que l’on doit appeler « guerre mondiale ». Le second étant l’invasion de l’Afghanistan. Le troisième, l’invasion de l’Irak (que Rioufol a soutenue).</p>
<blockquote>
<p align="justify">Selon lui, le quatrième vient d’être ouvert au Liban. « Faut-il faire un dessin de ce que risquerait d’être le cinquième acte? Une attaque nucléaire sur Tel-Aviv. L’apocalypse. » Selon lui, c’est pour éviter l’ultime acte V, la « guerre généralisée », que l’Occident, « soutenu par les pays musulmans modérés, se doit de resserrer les rangs pour ramener à la raison les maîtres chanteurs iraniens et syriens ».</p>
</blockquote>
<p align="justify">Mais en France, il y a aussi Pascal Boniface. Celui-ci a publié au printemps 2005 un livre au titre presque semblable à celui de Wolton, <em>Vers la 4e guerre mondiale?</em> (Armand Colin). Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques à Paris, affirme qu’il y a beaucoup de simplisme dans l’analyse des tenants de ce qu’on nomme aux États-Unis la « WWIV ». Pendant la Troisième Guerre mondiale, la « froide », il y avait plusieurs critiques acerbes de la mollesse des démocraties occidentales devant une « URSS implacable ».</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Aujourd’hui, écrit-il, la menace a changé, mais les partisans du tout militaire, de la force brute, les adeptes du raisonnement binaire – eux/nous, bien/mal, amis/ennemis – sont toujours là. » Boniface est clair : « Il faut les écouter. Mais pour faire l’inverse, ou à peu près, de ce qu’ils préconisent. » Le chercheur croit que la guerre qu’annoncent les prophètes de malheur est « effectivement possible » et est même « moins improbable qu’elle ne l’était il y a quelques années ». L’ennui est que ces gens « ne se contentent pas de dénoncer un danger futur. Ils le déclenchent tout en même temps ».</p>
</blockquote>
<p align="justify">La prédiction de la Quatrième Guerre mondiale est de celles qui, parfois, semblent s’auto-réaliser, note Boniface.</p>
<p align="justify"><strong>La faute à Huntington?</strong></p>
<p align="justify">Mais n’en serions-nous pas à la Cinquième Guerre mondiale? Jean-Pierre Derriennic, auteur de <em>Les Guerres civiles</em> (Les Presses de Sciences po, 2001) et politicologue à l’Université Laval, souligne que certains théoriciens croient que la guerre de Sept Ans, qui est passée par les plaines d’Abraham pour se clore en 1763, pourrait bien être considérée comme la première! Pratiquement toutes les grandes puissances de l’époque y ont été mêlées. Plusieurs continents ont été touchés.</p>
<p align="justify">Mais trêve de numérotation. Revenons à la prétendue Quatrième Guerre. Au fond, fait remarquer Jean-Pierre Derriennic, les théories qui vont en ce sens recoupent celle de Samuel Huntington, théoricien du <em>Choc des civilisations</em>, notamment celui de l’Occident et les autres civilisations coalisées.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Quand son livre est sorti au milieu des années 1990, tout le monde le trouvait inutilement pessimiste », rappelle M. Derriennic.</p>
</blockquote>
<p align="justify">À l’époque, souligne-t-il, l’Occident était intervenu en Bosnie contre des chrétiens (Serbes orthodoxes), pour sauver des musulmans. La même chose s’est reproduite au Kosovo en 1999. D’autres rétorquaient à Huntington, à l’époque, qu’en 1990, les États-Unis avaient contribué à libérer un pays musulman, le Koweït. Depuis le 11 septembre 2001, pourtant, tout semble avoir changé et plusieurs donnent raison à Huntington puisque, disent-ils les fronts entre des éléments de l’Islam radical et des portions d’Occident se multiplient (Afghanistan, Israël, Irak, etc.). Mais M. Derriennic estime que la théorie de Huntington comporte d’importantes failles. Notamment que le monde musulman, identifié par lui comme une « civilisation », ne pourra jamais faire bloc, puisqu’il est profondément divisé. Et la Chine, pourquoi, comme dans le schéma d’Huntington, aiderait-elle les musulmans alors que son commerce est florissant avec l’Occident?</p>
<p align="justify"><strong>La vie en rose</strong></p>
<blockquote>
<p align="justify">« Quatrième Guerre mondiale? La troisième a dû se produire alors que je dormais », blague Michel Fortmann, politicologue de l’Université de Montréal, pour qui les déclarations de Gingrich sont de simples « gags ».</p>
</blockquote>
<p align="justify">En fait, toutes ces annonces tonitruantes de « guerre généralisée », de « choc des civilisations » découlent de l’appétit des médias pour « l’instantané, le sensationnel » et la « sinistrose ». Il suffit de jeter un coup d’œil sur la dernière édition de <em>Peace and Conflict</em> de 2005, publiée à l’Université du Maryland, une des meilleures du genre, selon lui. La conclusion?</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Après un sursaut de belligérance à la fin des années 1990, notre planète devient plus paisible. » Le nombre de conflits armés dans le monde diminue! Il y en avait 40 à la fin des années 1980. En 2005? Une vingtaine environ. De plus, les conflits ethniques et séparatistes diminuent. En Afrique, le nombre de conflits armés est tombé de 11 à 6 de 1999 à 2005.</p>
</blockquote>
<p align="justify">Quant au terrorisme, M. Fortmann estime que le monde compose avec lui depuis la fin des années 1960 « et ne s’en porte pas plus mal pour autant ». Depuis 1980, il y a annuellement de 200 à 600 actes terroristes. Ils font de quelques centaines de victimes à 3000 morts environ par année (soit 1% des pertes militaires du fait de guerre durant la même période). Ainsi, « le terrorisme international n’est pas, en lui-même, une menace stratégique d’envergure », écrivait M. Fortmann récemment. Même que de 2001 à 2004, le nombre d’actes terroristes a diminué. Il a augmenté à nouveau en 2004 (651 incidents et 1900 victimes), mais seulement en raison de l’Irak (avec 200 attentats) et du Cachemire (300 incidents), explique le politicologue.</p>
<blockquote>
<p align="justify">Même que « comme c’était le cas en 1990, un Nord-Américain courait toujours autant le risque, en 2005, d’être victime d’un acte terroriste que d’être frappé par la foudre »!</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p align="justify">M. Fortmann refuse toutefois de jouer entièrement le Candide. Il fait remarquer qu’au Proche-Orient, il existe toujours un « risque objectif que la situation dérape : on peut imaginer éventuellement que la Syrie ou l’Iran s’implique plus directement ». L’inquiétant, aussi, c’est parmi les différends actuels, quatre pourraient éventuellement impliquer l’arme nucléaire (Iran, Corée du Nord, le conflit indo-pakistanais et celui qui oppose la Chine et Taïwan).</p>
</blockquote>
<p align="justify">Au reste, l’appellation « guerre mondiale » pour désigner ce qui se présente à nous aurait bien des défauts. D’une part, elle simplifie une réalité complexe, elle incite au manichéisme, dit Pascal Boniface. De plus, elle plaque un vieux modèle sur des réalités nouvelles. Jean-Pierre Derriennic fait remarquer que la religion joue un rôle plus grand dans la tourmente actuelle que lors des guerres mondiales précédentes. Enfin, selon François-Bernard Huyghe, auteur de <em>Quatrième Guerre mondiale. Faire mourir et faire croire</em> (Éditions du Rocher, 2004), nous en sommes à des guerres de « quatrième génération », celle de l’ère de l’information, où l’on tente de conquérir « le système mental et organisationnel de l’adversaire ».</p>
<p align="justify">Dans ce contexte, Huyghe s’interroge :</p>
<blockquote>
<p align="justify">« L’hyperpuissance peut-elle l’emporter sur l’insurrection planétaire qu’elle suscite et nourrit elle-même? » Et au fond, « quel est le but d’une guerre où l’hyperpuissance gagne bataille après bataille pour perdre toutes les paix comme en Afghanistan et en Irak »?</p>
</blockquote>
<p align="justify">Source : <em><a target="_blank" href="http://www.ledevoir.com/">Le Devoir</a></em> - Été 2006.</p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[L’imposture pédagogique]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2007/03/07/l%e2%80%99imposture-pedagogique/</link>
<pubDate>Wed, 07 Mar 2007 05:41:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le professeur français Bernard Berthelot défend l’école des savoirs contre celle des compétenc]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana"><strong>Le professeur français Bernard Berthelot défend l’école des savoirs contre celle des compétences.</strong></font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Il y a de nombreuses années, Bernard Berthelot fut surpris de voir apparaître de nouvelles techniques pédagogiques dans les cours de travaux manuels et d’enseignement ménager que donnait alors son épouse. Le professeur de philosophie en classe terminale (cégep) découvrait avec étonnement tout un nouveau vocabulaire de l’enseignement où il était question d’« objectifs », d’« évaluation », de « comportements » et de « compétences ».</p>
<p align="justify">Cela lui parut d’abord assez anodin, pour ne pas dire exotique. C’était encore l’époque où l’on parlait d’un gestionnaire « compétent », mais d’un élève « doué » ou « cultivé ». Dans l’entreprise, il fallait être compétent, mais, lorsqu’on allait à l’école, c’était pour acquérir des savoirs.</p>
<p align="justify">Cette époque est bel et bien terminée, dit Bernard Berthelot.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Avec les années, les techniques behavioristes venues des États-Unis et mises au point dans la formation technique et professionnelle ont tout envahi. À la conception d’un savoir désintéressé, d’un enseignement de la culture pour la culture, on oppose aujourd’hui des techniques efficaces destinées à produire non pas des élèves instruits et cultivés, mais des élèves sachant faire telle ou telle chose. » On n’est pas loin du réflexe de Pavlov, dit-il.</p>
</blockquote>
<p align="justify">Dans son lycée de Saint-Quentin, en Picardie, avec quelques collègues, Bernard Berthelot a été parmi les premiers à organiser la résistance contre ces nouvelles techniques, pourtant moins répandues en France qu’au Québec, en Belgique et en Suisse. Depuis une dizaine d’années, il combat l’avancée lente mais irrémédiable de ces approches qui prétendent enseigner la philosophie et la littérature comme on enseigne à couper du bois ou à faire un gâteau. Berthelot n’hésite pas à parler d’imposture pédagogique. C’est aussi le titre d’une brochure qu’il a publiée il y a plusieurs années avec ses collègues.</p>
<p align="justify"><strong>Des contenus secondaires</strong></p>
<p align="justify">Pour les nouveaux pédagogues qui s’inspirent des sciences comportementales, enseigner, c’est essentiellement produire de nouveaux comportements. La raison est simple, dit Berthelot, les « sciences de l’éducation » ne mesurent que ce qui est observable. Ce qui ne peut pas l’être n’a donc plus d’intérêt. Or, comment mesure-t-on l’émerveillement d’un élève, fût-il le plus mauvais de la classe, devant un poème de Rimbaud ou la découverte des toiles de Fra Angelico?</p>
<p align="justify">On ne s’étonnera donc pas que les mots « goûter », « découvrir » ou « prendre conscience » aient totalement disparu du vocabulaire des techniciens de l’enseignement. Ils ont été remplacés par d’autres, les mots de l’entreprise comme « compétence », « performance » ou « objectif opérationnel ».</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Longtemps, l’école a été préservée de ces techniques de formation développées dans l’entreprise, dit Berthelot. Elle était en quelque sorte un sanctuaire. Aujourd’hui, on nous demande au contraire de l’ouvrir sur l’entreprise, ce qui remet en question la façon d’enseigner mais aussi l’existence même des disciplines scolaires qui n’ont pas d’« utilité » immédiate. »</p>
</blockquote>
<p align="justify">Avec ces nouvelles approches largement reprises dans les nouveaux programmes québécois, les contenus sont devenus secondaires, dit Berthelot. Ils ne sont plus que des moyens destinés à développer des compétences comme « savoir rédiger un texte » ou « savoir faire une recherche ». Peu importe, au fond, qu’on parle de Montaigne ou d’une vedette de Star Académie.</p>
<p align="justify">Bernard Berthelot cite l’ancienne commissaire européenne, Édith Cresson, qui se vantait d’avoir mis au point des « tests d’accréditation » permettant l’échange des travailleurs entre les pays européens et donc « de juger le candidat à un emploi, non sur les connaissances générales jugées par un diplôme, mais sur les compétences très pointues recherchées par les entreprises ».</p>
<p align="justify"><strong>Une vision utilitariste</strong></p>
<p align="justify">Dès le début des années 60, la philosophe Hannah Arendt avait noté cette évolution des facultés d’éducation américaines.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Sous l’influence de la psychologie moderne et des doctrines pragmatiques, la pédagogie est devenue une science de l'enseignement en général, au point de s'affranchir complètement de la matière à enseigner », écrivait-elle dans <em>La crise de la culture</em>.</p>
</blockquote>
<p>Elle en concluait qu’en transformant les professeurs en techniciens de la pédagogie, on obtenait des enseignants qui en savaient parfois à peine plus que leurs élèves.</p>
<p align="justify">En plus de vingt ans d’enseignement, Bernard Berthelot a mesuré l’effet de ces nouvelles approches. Il a vu arriver dans ses classes des élèves peut-être « compétents », mais qui pensaient parfois que Jean-Paul Sartre était un célèbre philosophe… de l’Antiquité!</p>
<p align="justify">Voilà aussi pourquoi les savoirs, devenus secondaires, ne sont plus organisés selon une hiérarchie stricte et se retrouvent émiettés et réduits à leur plus simple expression dans les programmes.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Il n’y a plus d’approche didactique ou chronologique de l’histoire ou de la littérature permettant à l’élève de se situer dans le temps », dit Berthelot.</p>
</blockquote>
<p>Pour justifier le refus des programmes de choisir et de classer les savoirs, les nouveaux pédagogues invoquent souvent l’incroyable explosion des connaissances au vingtième siècle.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« C’est faux! Selon Berthelot. D’abord, ce n’est pas vrai du tout dans des domaines comme la littérature, l’histoire, le français et la philosophie, où les savoirs à enseigner n’ont que très peu évolué. Ensuite, cela ne nous dispense pas du devoir de choisir ce qui vaut d’être transmis. »</p>
</blockquote>
<p align="justify">C’est cette vision essentiellement utilitariste qui explique la disparition progressive du grec et du latin à l’école, dit-il. Le professeur déplore la lente régression de l’enseignement de l’allemand en France.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Or, justement, l’allemand est une discipline qu’on a toujours enseignée différemment de l’anglais, en mettant l’accent sur la découverte de la culture et non sur la pratique de la langue. L’apprentissage de l’anglais a toujours été beaucoup plus utilitariste.</p>
</blockquote>
<p align="justify"><strong>L’enseignement, un art</strong></p>
<p align="justify">Il est facile, dit Bernard Berthelot, de tabler sur le découragement des enseignants, confrontés à des publics de plus en plus divers, pour leur proposer des recettes et des techniques. Cela peut même sembler rassurant de ne plus avoir à se demander si les élèves qu’on a devant soi ont acquis les connaissances qu’on voulait leur transmettre.</p>
<p align="justify">Pour justifier l’introduction de ces nouvelles approches, il fallait aussi, dit Berthelot, dénigrer et caricaturer l’enseignement classique qui se pratiquait dans les années 50 et 60. Et c’est ce qu’on a fait en le qualifiant d’élitiste et de ringard.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Pourtant, l’école de cette époque ne s’est jamais contentée de simplement empiler des connaissances. Elle devait évidemment évoluer. Mais pas en renonçant à ses principes fondateurs, ceux de l’humanisme. »</p>
</blockquote>
<p align="justify">Il s’insurge en effet contre une « science » qui prétend réduire l’humanité de l’homme à une série de comportements et le vieil art d’apprendre à une simple technique.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Puisque nous enseignons à des hommes et non à des rats de laboratoire, la pédagogie ne saurait être une technique. Elle ne peut être qu’un art au sens ancien du terme, c’est-à-dire un savoir-faire qui ne s’acquiert qu’avec l’expérience et qui demande beaucoup d’intuition. L’homme est un sujet, pas un objet. C’est faire insulte à son intelligence que de tenter de le manipuler par des techniques comportementales. »</p>
</blockquote>
<p align="justify">Berthelot cite le philosophe Alain qui, au lieu de mettre l’enfant au cœur du système éducatif comme le prétendent les nouveaux programmes québécois, y plaçait plutôt « l’ambition qu’a l’enfant d’être un homme ». En voulant mettre l’enfant au cœur de l’école, dit-il, on y met un être qui n’a justement pas encore la capacité de faire les choix nécessaires.</p>
<p align="justify"><strong>La gauche rejoint la droite</strong></p>
<p align="justify">Ces techniques d’apprentissage issues de l’entreprise et de la formation professionnelle n’auraient jamais pu s’imposer à l’école si elles n’avaient utilisé l’alibi démocratique. Il s’agissait de démocratiser l’école et de combattre l’élitisme, sinon l’école des puissants. « Mais on a confondu le <em>dominus</em> et le <em>magister</em>, dit Berthelot. Le premier est le dominant, alors que le second est le maître au sens de Socrate, celui qui partage la connaissance. »</p>
<p align="justify">Dès lors, il ne faut pas s’étonner si les programmes vidés de leurs savoirs sombrent souvent dans un moralisme étouffant.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Au lieu de former des citoyens, on essaie de donner de bonnes habitudes. Au lieu d’enseigner le droit, on éduque à la civilité. »</p>
</blockquote>
<p align="justify">Au fond, dit Berthelot, l’école des savoirs est celle du citoyen libre de choisir sa destinée et de faire ce qu’il veut de ces connaissances. Alors que l’école des compétences est noyée dans le moralisme où l’on dit constamment à l’élève quoi penser.</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Il y a là deux conceptions irrémédiablement opposées de la liberté. »</p>
</blockquote>
<p align="justify">Source : <a target="_blank" href="http://www.ledevoir.com"><em>Le Devoir</em></a> - Été 2006 </p>
<p align="justify">Texte de Bernard Berthelot sur <a target="_blank" href="http://www.sauv.net/imposture.htm"><em>l’Imposture pédagogique</em></a></p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Quand la sexualité était magique]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2005/09/03/%c2%ab-quand-la-sexualite-etait-magique-%c2%bb/</link>
<pubDate>Sat, 03 Sep 2005 19:10:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Animateur des Francs-Tireurs depuis quelques années, Richard Martineau est sans doute l&#8217;un d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Animateur des <em>Francs-Tireurs</em> depuis quelques années, Richard Martineau est sans doute l'un des journalistes que je respecte le plus. Je vous propose de lire un article sur son blogue personnel. En voici un extrait :</p>
<blockquote>
<p align="justify">« Dans les années 50, on comparait les relations sexuelles à une partie de base-ball. Quand un gars embrassait une fille, on disait qu'il avait atteint le premier coussin. Quand il lui caressait un sein, le deuxième. Et quand il lui touchait le sexe, le troisième. Une relation sexuelle complète était un coup de circuit. De nos jours, un simple, c'est une baise. Un double, un trip à trois. Et un triple, un gang-bang. Quant au coup de circuit, je ne sais pas ce que c'est, mais ça doit sûrement impliquer des animaux de ferme. »</p>
</blockquote>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.voir.ca/blogue/billet.aspx?iIDBillet=829&#38;iIDBlogue=1">Quand la sexualité était magique</a></p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les bande annonces]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2005/09/01/les-bande-annonces/</link>
<pubDate>Thu, 01 Sep 2005 21:31:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
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<description><![CDATA[L&#8217;Actualité, no. Vol: 30 No: 10
15 juin 2005, p. 62
Un siècle fou
Hitchcock, ils sont devenu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Verdana"><em>L'Actualité</em>, no. Vol: 30 No: 10<br />
15 juin 2005, p. 62<br />
Un siècle fou</font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify"><strong>Hitchcock, ils sont devenus fous!</strong></p>
<p align="justify">Notre chroniqueur aime le cinéma et le suspense. Il ne supporte pas que... Enfin, on préfère ne pas vous dévoiler immédiatement comment ça finit.</p>
<p align="justify">Lisée, Jean-François</p>
<p align="justify">Je vais vous raconter un film que je n'ai pas vu et que je n'irai pas voir. Il raconte l'histoire d'un enfant juif séparé de sa mère pendant la Deuxième Guerre mondiale. Rien n'empêchera le gamin de tenter de la rejoindre. Il traverse une partie de l'Europe, est tantôt recueilli par des gens bienveillants (dont une charmante grand-mère), tantôt livré aux nazis, auxquels il échappe toujours in extremis. À la fin, il retrouve sa mère sur la piste d'un aéroport.</p>
<p align="justify">Il a l'air très bon, ce film. Je serais bien allé le voir. Mais j'ai vu la bande-annonce, qui m'en a raconté le début, le milieu et la fin. Cela se produit de plus en plus souvent et commence à sérieusement m'énerver. Non seulement on nous gâche le plaisir de la découverte, du suspense, mais en plus on gâche le travail des scénaristes et metteurs en scène, qui peinent pendant des années pour nous surprendre (et nous sommes de plus en plus difficiles à surprendre). Qu'à cela ne tienne, en 45 secondes, la bande-annonce révèle la moitié des rebondissements.</p>
<p align="justify">Moi, je résiste. Lorsque je sais que je vais lire un livre, aller voir une pièce de théâtre ou un film, je ne lis aucune critique ou résumé auparavant. Je m'en remets complètement aux créateurs. Qu'ils m'emportent dans leur aventure. Je suis à leur entière disposition. Une fois le livre, la pièce ou le film terminé, je suis prêt à analyser, discuter, comparer. Après, pas avant.</p>
<p align="justify">Ma plus belle expérience cinématographique du genre? Ayant fait, au printemps 1981, un long stage en Europe, j'avais complètement manqué le battage publicitaire (que je soupçonne titanesque) ayant entouré le lancement du film Les aventuriers de l'Arche perdue. C'était avant que les films américains soient lancés partout sur la planète le même jour. Je marchais tranquillement rue De Bleury, à Montréal, lorsque j'ai vu l'affiche, devant le cinéma Impérial. Steven Spielberg? George Lucas? Harrison Ford? Ensemble? J'entrai, complètement impréparé à assister au film qui a révolutionné le cinéma d'aventures. Il y avait davantage d'action dans le prégénérique que dans la scène centrale de n'importe quel film d'aventures réalisé jusque-là. J'étais entré, en quelque sorte, vierge. Je n'en ai eu que plus de plaisir.</p>
<p align="justify">Voilà: les metteurs en marché actuels nous volent notre virginité. Nous voulons bien être attirés, aguichés, envoûtés. Mais pas dépucelés.</p>
<p align="justify">Le fléau atteint aussi la télévision. Prenez l'exemple du récent remake, en bien mieux, de la vieille série Battlestar Galactica. Vous commencez à regarder un épisode. Il y a le prégénérique, le générique. Puis, comme si les producteurs avaient peur que vous partiez, ils vous présentent en rafale, pendant 30 secondes, des images de ce qui va suivre. Bonté divine! Une seule image peut raconter tout le dénouement! La raison d'un tel déballage m'échappe totalement. Est-ce que Jules Verne donnait à la fin de chaque chapitre des extraits de phrases-chocs des chapitres suivants? Il n'y a qu'une tactique: je ferme les yeux, je me bouche les oreilles. J'attends que ça passe.</p>
<p align="justify">On me dira que la révélation prématurée de rebondissements à venir n'est pas complètement nouvelle. Dans les vieux feuilletons, les titres des épisodes étaient parfois révélateurs: "Où on apprend que le maître d'hôtel est un vieil espion russe." Conclusion: c'était aussi nul à l'époque qu'aujourd'hui. On dira aussi qu'on va voir Roméo et Juliette en connaissant la fin (sauf peut-être la première fois). Et je ne choquerai personne si je prédis qu'Anakin Skywalker succombera au côté noir de la Force dans le troisième Star Wars - mais avouez que le cas est spécial. On veut savoir comment c'est arrivé. Là réside le suspense.</p>
<p align="justify">Reste que j'appelle à la révolte des cinéphiles. Créons le Mouvement Hitchcock, tant il est certain que le maître du suspense serait aussi outré que nous. Où est l'avocat qui lancera un recours collectif contre les déshabilleurs de scénarios? Il y a pourtant là une gigantesque perte de jouissance cumulée. On pourrait faire des millions. Les utiliser pour réaliser des films. Et ne jamais, jamais en raconter la fin dans les bandes-annonces.</p>
<p align="justify">Jean-François Lisée est directeur exécutif du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal ainsi que de PolitiquesSociales.net.</p>
<p align="justify">© 2005 L'Actualité. Tous droits réservés</p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le terrorisme]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2005/07/13/le-terrorisme/</link>
<pubDate>Wed, 13 Jul 2005 18:23:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
<guid>http://insomniaque.wordpress.com/2005/07/13/le-terrorisme/</guid>
<description><![CDATA[

Après l&#8217;explosion de joie de mardi, c&#8217;est la désolation pour les Britanniques. Londr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://insomniaque.wordpress.com/files/2007/10/image707551.jpg" title="London aftermath-"><img align="left" src="http://insomniaque.wordpress.com/files/2007/10/image707551.thumbnail.jpg" alt="London aftermath-" /></a></p>
<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify">Après l'explosion de joie de mardi, c'est la désolation pour les Britanniques. Londres fait maintenant partie des victimes des attaques terroristes revendiquées par Al-Qaeda.</p>
<p></font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana">Dans cet article, je vous propose de lire un texte de Pierre Conesa, Haut-fonctionnaire à Paris et l'auteur des ouvrages <em>Dommages collatéraux</em> et <em>Guide du Paradis</em>. Cet article paru dans Le monde diplomatique traite des attentats-suicides, soit une catégorie d'acte terroriste comme ceux survenu le 11 septembre 2001 à New-York.</font></font><font size="2"><font face="Verdana"> </font></font><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="justify"><strong>Sri Lanka, Irak, Tchétchénie, Israël...</strong><br />
<em>Aux origines des attentats-suicides</em><br />
<a target="_blank" href="http://www.monde-diplomatique.fr">Le monde diplomatique </a></p>
<p align="justify">Un rapport récent du département d'État américain indique que le nombre d'attentats terroristes en 2003 a atteint son plus bas niveau depuis 1969 : 190, soit 8 de moins qu'en 2002 et 45% de moins qu'en 2001; le nombre de morts est tombé à 307, contre 725 en 2002. Signe d'échec des autres formes de terrorisme, les attentats-suicides sont aussi l'expression de situations locales de guerre et d'oppression.</p>
<p align="justify">« Nous n'avons que cette option. Nous n'avons pas de bombes, de chars, de missiles, d'avions, d'hélicoptères », déclarait, le 21 août 2001, au journal ABC, le cheikh Abdallah Sahmi, dirigeant du Djihad islamique dans la bande de Gaza, pour expliquer les attentats-suicides. Mais cette déclaration de guerre asymétrique explique-t-elle, malgré la baisse du nombre d'attentats terroristes, la multiplication des attentats-suicides? Ce n'est pas certain. Le kamikaze est devenu en quelques années la bombe intelligente et bon marché du terrorisme de nouvelle génération, produit d'une idéologie et d'une technique de préparation facilement transposable et exportable. L'attentat-suicide constitue un acte opérationnel violent indifférent aux victimes civiles, dont la réussite est largement conditionnée par la mort du ou des terroristes. Pour comprendre la nouveauté du phénomène, il faut exclure la référence aux kamikazes japonais, qui se voulaient des combattants s'attaquant à des objectifs militaires. L'originalité du phénomène actuel tient plutôt à l'exacerbation du comportement sacrificiel dans des contextes de plus en plus mythifiés.</p>
<p align="justify">À ce jour, plus de trente-quatre pays ou zones de crise [1] ont connu des attaques-suicides. Quarante-deux ont été visés par des attentats contre leurs intérêts à l'étranger [2]. D'un rythme moyen de seize attaques par an entre 1982, date d'apparition de ce type d'action, et avril 2000, on est passé, depuis, à trente-neuf par an.</p>
<p align="justify">L'attentat-suicide était originellement conçu comme méthode de guerre contre l'occupant israélien puis « onusien » au Liban en 1982 [3], au Sri Lanka en 1987, en Palestine en 1994 après la tuerie de la mosquée d'Hébron, en Turquie en 1995, au Cachemire en juillet 1999, en Tchétchénie en 2000, pour s'étendre en Russie en 2002 et en Irak en 2003. Il devient méthode terroriste « indirecte » contre les États-Unis au Kenya et en Tanzanie en 2001, contre la France au Pakistan, contre l'Australie en Indonésie en 2002, et au Maghreb en avril et en mai 2002. Il constitue une méthode de guerre civile ou interreligieuse en Arabie saoudite ou au Pakistan depuis des années et en Irak depuis 2003. Il peut même être utilisé pour exécuter des « contrats » comme l'assassinat du commandant Massoud. Il s'est mondialisé : l'attentat du World Trade Center a associé des kamikazes de six nationalités (plus d'une quinzaine avec la logistique), et les 3 052 victimes sont d'une centaine de nationalités différentes.</p>
<p align="justify">Les cibles visées sont devenues d'une incroyable hétérogénéité : des bureaux de l'ONU, des touristes dans des hôtels (Mombasa au Kenya) ou des night-clubs (Bali), des synagogues (Buenos Aires ou Djerba), un compound peuplé de Moyen-Orientaux (en Arabie saoudite), une banque (à Istanbul), un navire de guerre (USS Cole), un pétrolier (Limbourg)... Et surtout un incroyable nombre de victimes « collatérales ».</p>
<p align="justify"><strong>Un procédé mimétique</strong></p>
<p align="justify">Le lieu géographique de l'attentat s'est étendu du territoire de l'ennemi militaire (Israël ou Sri Lanka) à celui d'un régime honni (États-Unis) ou à des pays musulmans (Tunisie, Maroc), voire islamistes (comme le gouvernement turc actuel ou l'Arabie saoudite).</p>
<p align="justify">Le phénomène est très largement d'origine musulmane mais pas seulement. Depuis le 9 juillet 1987, avec un attentat qui tua quarante soldats sri-lankais, les Tigres tamouls [4], hindouistes, ont perfectionné la technique copiée du Hezbollah chiite libanais. Ils sont crédités de près de deux cents attentats-suicides, soit bien plus que les Palestiniens. Le Parti des travailleurs kurdes (PKK), pourtant laïque et léniniste, y a recouru dans des périodes d'affaiblissement militaire pour remobiliser ses troupes. Le procédé est mimétique autant que religieux. Il s'est passé plus de dix ans entre les attaques-suicides du Hezbollah libanais (1982) et les premiers kamikazes palestiniens (1994) après un détour par le Sri Lanka.</p>
<p align="justify">Quant à la personnalité du candidat au suicide, elle n'est pas toujours celle du jeune exalté, influençable, voire drogué, et issu d'un milieu défavorisé. Les auteurs des attaques du 11 septembre 2001 étaient diplômés, issus des classes moyennes, sans histoires ni passé militant. La motivation personnelle peut expliquer quelques cas comme celui de Hanadi Tayssir Djaradat, la jeune avocate palestinienne qui voulut venger son frère et son fiancé, à Jénine en octobre 2003; mais elle n'est pas présente dans le profil de kamikazes venus de madrasas pakistanaises pour commettre des attentats-suicides au Cachemire [5]. Elle l'est encore moins chez les islamistes indonésiens choisissant de tuer des touristes australiens à Bali.</p>
<p align="justify">La multiplication de ce type d'attentats a d'abord son explication dans l'échec des autres formes terroristes. Entre 2000 et 2002, les attaques-suicides ont représenté 1% des attentats palestiniens, mais fait 44% des victimes. Israël en a connu cinquante-neuf en 2002, presque autant que durant les huit années précédentes (soixante-deux). Mais bien que le kamikaze représente la forme la plus « efficace » de la bombe terroriste, apte à choisir le meilleur moment et le meilleur endroit, sa valeur militaire n'est pas toujours évidente.</p>
<p align="justify">L'attentat-suicide ne nécessite pas de plan d'évasion. En cas d'échec, le terroriste accepte parfois de se suicider, comme le font les Tamouls, dotés d'une pilule de cyanure. Il entraîne quatre fois plus de victimes que les attaques terroristes classiques, selon une étude de la Rand Corporation [6]. Enfin, il permet de frapper directement dans les endroits les plus sensibles du territoire de l'adversaire : New York, Washington, Tel-Aviv, Moscou, et contre des personnalités inaccessibles comme des premiers ministres ou des présidents.</p>
<p align="justify">Le coût d'organisation est faible, environ 150 dollars, selon les calculs israéliens. Le rapport coût d'organisation/dommages des attaques du 11 septembre 2001 se révèle impressionnant puisque, pour une dépense de moins de 1 million de dollars, les pertes économiques totales pour les États-Unis sont estimées à 40 milliards de dollars.</p>
<p align="justify">On est passé en quelques années de l'acte mené par un seul terroriste à des attentats de groupe : onze au Maroc, dix-neuf lors des attaques du 11 septembre 2001, et quatorze kamikazes tamouls pour attaquer la base aérienne militaire de Colombo le 24 juillet 2001.</p>
<p align="justify">C'est progressivement devenu une technique terroriste d'une effroyable banalité. On peut en distinguer deux types : ceux qui sont liés à des crises de longue durée; et ceux qui sont liés à un ennemi globalisé (l'Occident, le juif…).</p>
<p align="justify">Le premier type s'est répandu dans des zones de crise, en réponse à des contextes politiques et culturels similaires, fruit d'un passé douloureux sur plusieurs générations comme en Palestine, au Sri Lanka, au Cachemire et en Tchétchénie : les Tchétchènes déportés par Staline pour collaboration, les Palestiniens victimes du « désastre [7] » ou les Tamouls en partie déportés par les Britanniques sur les plantations, apatrides à l'indépendance, naturalisés cinghalais puis partiellement « renationalisés » indiens. Le kamikaze est un enfant de la deuxième ou troisième génération après le drame originel, c'est-à-dire celles qui ne comprennent pas pourquoi un espoir n'apparaît pas.</p>
<p align="justify">La culture de la violence et de la mort est très prégnante. La construction de la figure du martyr, qui supplante progressivement celle du combattant, est essentielle pour préparer le terrain. L'ambiance mortifère, entretenue par la violence des troupes occupantes et par la glorification des résistants, prépare au sacrifice suprême, supposé préférable à la vie ici-bas.</p>
<p align="justify">L'étude faite par M. Eyad Sarraj, psychiatre palestinien fondateur du Gaza Community Mental Health Programme [8], présente des conclusions atterrantes. Un quart des jeunes de Gaza aspirent à mourir en martyrs, certains refusent d'aller à l'école, craignant de ne pas retrouver leurs parents, arrêtés ou tués, et de voir leur maison détruite. « Dans la première Intifada, le danger était limité aux endroits où s'affrontaient les soldats et les lanceurs de pierres, explique-t-il [9]. Aujourd'hui, la mort vient du ciel. N'importe qui peut être touché n'importe quand. Cela crée un état de panique chronique. » Certains, qui ont vu leur père ou leur frère humiliés, préfèrent dans leurs jeux incarner le soldat israélien.</p>
<p align="justify">« Rationalité délirante », dit Jacques Semelin à propos des processus génocidaires [10], mais rationalité quand même. Le suicide de vengeance apparaît altruiste, selon la classification d'Emile Durkheim. Le kamikaze fait don de sa vie pour une collectivité identifiée, politiquement structurée selon un ordre ethnonationaliste, revendiquant un territoire. Le recrutement se trouve facilité par l'impression de déserter des jeunes élites diplômées en train de « réussir » à quitter le territoire de violence et de souffrance et qui brutalement reviennent se sacrifier [11]. L'objectif final de la lutte appartient au champ politique, même s'il recèle une justification religieuse.</p>
<p align="justify">Même si le kamikaze s'est isolé dans la phase de préparation de l'attentat, il s'adresse à sa famille, ce qui ne fut pas le cas des auteurs des attentats du 11 septembre 2001. « Je veux venger le sang des Palestiniens, particulièrement le sang des femmes, des vieux et des enfants. Et plus particulièrement celui du bébé Himam Hejjo, dont la mort m'a choqué jusqu'au fond du cœur… Je dédie mon acte d'humilité aux fidèles de l'islam qui admirent les martyrs et œuvrent pour leur cause », a expliqué Mahmoud Ahmed Marmash (attentat-suicide de Netanya, mai 2001).</p>
<p align="justify">Le sentiment d'impasse totale naît après plusieurs phases de négociation sans issue ou considérées comme trompeuses. Les premiers attentats du Hamas apparaissent en Israël après le processus d'Oslo, qu'il entend faire capoter, après la reprise de la colonisation israélienne sur des terres qui devaient normalement revenir aux Palestiniens, et ont pour facteur déclenchant le massacre à la mosquée d'Hébron, en février 1994, d'une trentaine de fidèles par le colon Baruch Goldstein. La crise des représentations politiques traditionnelles, qu'elles soient claniques (Tchétchénie) ou partisanes – l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) ou le Front de libération du Cachemire [12] –, est fréquente. Plus largement, l'incapacité des élites en place à changer l'ordre du monde souillé ici-bas pousse à choisir une solution purifiée par le martyre. La rivalité entre partis ou groupes traditionnels (comme entre Palestiniens ou entre Tamouls) décrédibilise encore plus les partis traditionnels. Le LTTE a ainsi éliminé physiquement les membres de l'Organisation de libération de l'Eelam tamoul (TELO) en 1985, puis ceux du Front de libération révolutionnaire populaire de l'Eelam (EPLRF) en 1986-1987, deux formations rivales.</p>
<p align="justify">L'utilisation de l'attentat-suicide témoigne aussi d'une vie sans issue. La légitimité religieuse ou sacrificielle est alors vécue comme supérieure à la légitimité patriarcale. « Le Coran contre le Père », le wahhabisme contre les confréries soufies, fait remarquer la spécialiste Pénélope Larzillière. La religion y est un facteur favorable, mais une ambiance sacrificielle de mort peut suffire.</p>
<p align="justify">Les femmes occupent une place croissante chez les Palestiniens, dans le PPS syrien, qui fit participer cinq femmes à douze attaques-suicides, ou dans le LTTE, qui a constitué sa brigade de femmes volontaires, les Tigres noirs. Un viol par les soldats d'occupation déclenche parfois la décision de la jeune femme, doublement déshonorée par l'occupant et par rapport à sa société. La motivation personnelle semble un étrange mélange de résistance à l'occupation et de réaction contre le machisme de la société locale [13]. Wafa Idriss, première femme kamikaze palestinienne, répudiée par son mari pour cause de stérilité, n'a trouvé comme moyen pour laver l'infamie que le sacrifice suprême apte à renverser l'ordre social. Cas non isolé, comme le montrent les exemples d'Ahlam Araf Tamimi, auteure d'un attentat le 9 août 2001, et de la Tamoule Dhanui, qui assassina Rajiv Gandhi : toutes deux avaient « péché » et porté des bébés illégitimes. « C'était un acte contre l'occupation, mais c'est aussi pour moi le moyen de prouver à ma famille que je valais autant que mes frères, qui, eux, avaient le droit d'aller à l'université, tandis que cela m'était interdit », déclara Fatma Al-Said, arrêtée après l'assassinat de deux soldats israéliens [14].</p>
<p align="justify">La volonté de ne pas atteindre de victimes innocentes donne au moins lieu à débat. Le président tchétchène Aslan Maskhadov a condamné les attentats contre des victimes civiles, comme le grand mufti d'Arabie saoudite, le cheikh Abdelaziz Al-Cheikh, ou le mufti Mohammed Sayyid Al-Tantawi, cheikh de l'université Al-Azhar, en Égypte.</p>
<p align="justify">Globalement, ces attentats entrent, malgré l'habillage religieux, dans une logique fondamentalement politique : seul un processus sérieux de négociations peut les tarir. La violence contre-terroriste fondée sur la punition collective se révèle un échec. « Nous allons porter la guerre chez eux. Ainsi, ils doivent faire la guerre dans leurs maisons et non dans les nôtres. Nous combattons sur leur terres et nous avons l'avantage », assure un officier de Tsahal [15]. Depuis la deuxième Intifada, il y a trois fois plus de victimes palestiniennes qu'israéliennes et la politique de force de M. Ariel Sharon ne protège pas Israël, puisqu'il y a trois fois plus de victimes israéliennes actuellement qu'il y a vingt-cinq ans.</p>
<p align="justify">Ces méthodes développent le terreau sur lequel fleurit le candidat au suicide. Il est significatif que l'on ne constate pas d'attentats-suicides en Algérie [16] ; la relative jeunesse du conflit en dépit de la violence de la guerre civile depuis 1991 ne suffit pas à expliquer cette absence.</p>
<p align="justify">Bien plus inquiétante est la seconde catégorie d'attentats-suicides, qui trouve sa consécration dans l'attaque contre le World Trade Center. L'ennemi est devenu une construction globalisante et imaginaire « réifiée » : « Les juifs, les Croisés et les hypocrites », selon les termes de M. Oussama Ben Laden, qui rassemble ainsi pêle-mêle toutes les cibles, sans souci de la religion des victimes indirectes. Le 21 mai, la chaîne Al-Jazira diffuse un enregistrement dans lequel le numéro deux d'Al-Qaida, M. Ayman Al-Zawahiri, appelle les musulmans à « combattre les Américains... », les exhorte à « chasser les Occidentaux de la péninsule arabique, “terre de l'islam” » : « les croisés et les juifs ne comprennent que la langue du meurtre, du bain de sang et des tours qui brûlent. » Et d'ajouter : « O musulmans, prenez votre décision et frappez les ambassades des États-Unis, de Grande-Bretagne, d'Australie et de la Norvège (sic), leurs firmes et leurs employés. »</p>
<p align="justify">Les réseaux auxquels on impute traditionnellement ces attentats-suicides se composent de trois strates générationnelles : celle des vétérans « afghans » ayant lutté contre les Russes comme MM. Ben Laden, Adnan Ersoz, le Turc, ou Abou Qatada, de Londres; celle, plus jeune, des « Bosno-Tchétchènes » comme M. Azad Ekinci, le Turc des attentats d'Istanbul, ou les frères David et Jérôme Courtailler. Fascinée par ces anciens combattants, s'agrège une troisième génération âgée d'une vingtaine d'années, comme M. Richard Reid, l'homme à la chaussure piégée, qui accepte le sacrifice pour une cause mythique : le triomphe de l'islam, le rétablissement du Califat et l'union retrouvée des musulmans. Ces jeunes constituent des « groupuscules sans nom », selon l'expression du spécialiste turc des mouvements islamistes Rusen Cakin, cimentés par une dérive sacrale appuyée sur une idéologie sectaire et de sacrifice. Le temps est aboli par une référence mythologique aux âges d'or de l'islam (salafistes).</p>
<p align="justify">L'idéologie guerrière présente l'avantage de désigner un ennemi réifié, auquel on dénie toute valeur, concentration de tous les maux (Américains, Israéliens, Français pour les Maghrébins…). Il n'y a plus d'identité nationale revendiquée, mais une sorte d'identité planétaire, l'oumma (communauté des croyants). Autant que la mosquée, le café Internet devient le lieu de rencontres. Souvent issus de familles multiculturelles ou déracinées, parfois titulaires de plusieurs nationalités, ces candidats au suicide vivent une géographie symbolique : la terre d'islam est là où ils se trouvent et où peuvent « légitimement » se réaliser des attentats.</p>
<p align="justify">Il s'agit d'un des effets surprenants de la « glocalisation » : les solidarités sont locales, souvent constituées à partir du même quartier ou de la même ville, comme un gang, et les agents de liaison, les « connecteurs » comme M. Djamel Beghal, sont planétaires et mettent le maximum de frontières entre les groupes. Le groupe islamiste marocain Assirat al-Moustaqim (« le droit chemin »), dont venaient huit des quatorze terroristes, est un mélange de secte et de bande du faubourg populaire de Sidi Moumen – et l'imam venait de France.</p>
<p align="justify">Les Occidentaux convertis ou les « reborn in Islam [17] » peuvent devenir les éclaireurs des futures cibles (tel M.Richard Reid en Israël) et des fournisseurs de faux passeports déclarés perdus et renouvelés à volonté, comme le fit M.Zacarias Moussaoui. Les pèlerinages au Pakistan, au Cachemire ou en Afghanistan sont fréquents. L'argent est facilement disponible. Selon Scotland Yard, le réseau de 4 000 associations islamiques et de 50 banques permet chaque année de redistribuer les 3 millions de livres de la zakat al-fitr [18]. Ces déplacements fréquents participent de la déterritorialisation du combat comme les contacts par Internet.</p>
<p align="justify">Le cas des Moudjahidines du peuple iraniens, dont quelques membres se sont immolés par le feu lors de la garde à vue de Mme Maryam Radjavi par la direction de la surveillance du territoire (DST) française, constitue un exemple intéressant de ces ambiances mythifiées qui prédisposent les militants au sacrifice, même pour un motif futile. On retrouve des phénomènes analogues avec les suicides collectifs, à la fois parmi les prisonniers du PKK et dans des sectes apocalyptiques qui se présentent comme assiégées par un monde d'incompréhension et d'agression (suicide de Guyana avec David Koresh, par exemple, ou culte du Temple solaire en France).</p>
<p align="justify">La place centrale du gourou/leader/émir est essentielle pour donner corps à la promesse d'un « après » meilleur, qu'il soit sur terre grâce au triomphe de la cause, ou au ciel. Il est souvent autoproclamé, comme Richard Robert, « l'imam aux yeux bleus » des attentats au Maroc, d'origine stéphanoise. Le culte de la personnalité développe l'adhésion au chef, auquel le sacrifice est dû, que ce soit pour Mme Maryam Radjavi, MM. Ben Laden ou Abdullah Ocalan, le leader du PKK, ou Riduan Isamuddin, alias Hambali, le leader opérationnel de la Jemaah Islamiyah indonésienne.</p>
<p align="justify"><strong>L'acte terroriste comme arme asymétrique</strong></p>
<p align="justify">Les cibles sont universelles (Nations unies, Croix-Rouge, World Trade Center, banques…), les méthodes de plus en plus aveugles, les effets collatéraux indifférents : la guerre contre d'autres musulmans n'est pas interdite. La légitimation vient de l'invective lancée contre les « hypocrites », qu'ils soient chiites qualifiés de « demi-juifs » ou mauvais croyants accusés de vivre « à l'occidentale », dans la débauche. L'attentat contre le complexe résidentiel Al-Mohaya de Riyad, le 8 novembre 2003, a tué des victimes de dix-neuf nationalités, principalement proche-orientales, mais aucun Occidental. L'attentat contre la synagogue d'Istanbul a tué cinq juifs turcs sur dix-neuf victimes. Al-Qaida, dont Washington voit partout la main, est devenue un « ennemi mythologique », remarque Richard Labevière avec raison.</p>
<p align="justify">Les attentats d'Istanbul sont symboliques de la rupture avec l'islam politique traditionnel : le fondateur du Hezbollah turc est un « afghan », M. Adnan Ersoz. La seconde génération, celle des Bosno-Tchétchènes, se retrouve chez Azad Ekinci, qui a recruté et formé les jeunes kamikazes de 20 ans fréquentant le café Internet de Bingol. Les attentats-suicides ont visé un pays qui a refusé son assistance aux Américains pendant la guerre d'Irak et qui est gouverné par un parti se réclamant de l'islam politique, le Parti de la justice et du développement, dont le chef, premier ministre, a déclaré : « À travers ses citoyens juifs, c'est une attaque contre la Turquie! » Ces attentats marquent une ligne de fracture entre les islamistes politiques « constitutionnalistes », qui ont choisi la voie électorale – tels qu'on les a connus dans les années 1980 –, et les petits groupes dispersés dans lesquels se recrutent les kamikazes de la nouvelle génération.</p>
<p align="justify">Certes, les deux types de kamikazes ne sont pas indépendants. Les premiers servent de références symboliques aux seconds dans une mythologie de l'islam martyrisé. Mais ils procèdent de traitements différents. Le concept de « guerre globale contre le terrorisme » est une faute politique, car il assimile des groupes et des actions différents. Un processus politique de négociation est la seule solution dans les cas de comportements suicidaires ethnonationalistes à fondement religieux de Tchétchénie, de Palestine, etc. Ainsi, le retrait des troupes israéliennes du Liban a conforté le Hezbollah dans la décision, prise dès les dernières années de l'occupation, de mettre fin aux attentats-suicides, qui ne visaient d'ailleurs que des cibles militaires – et non civiles.</p>
<p align="justify">La brutalité des forces occupantes indiennes, russes, sri-lankaises ou israéliennes fait en général plus de victimes que les attentats. Elle légitime l'acte terroriste comme arme asymétrique et le déni du statut de victimes innocentes aux populations civiles : soit parce que celles-ci aussi sont armées (colons israéliens), soit parce qu'elles feignent d'ignorer les massacres commis (population russe). Enfin, elle provoque le soutien de la population et alimente le vivier dans lequel se recrutent les futurs kamikazes.</p>
<p align="justify">La seconde catégorie d'attentats-kamikazes a frappé le plus grand nombre de pays et continue à s'étendre. Et aucun pays européen ne peut se penser à l'abri de tels actes.</p>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.monde-diplomatique.fr/2004/06/CONESA/11248">http://www.monde-diplomatique.fr/2004/06/CONESA/11248</a></p>
<p align="justify">---------------------------------------</p>
<p align="justify">[1] Liban, Israël-Palestine, Argentine, Tchétchénie-Ingouchie-Ossétie et Russie, Cachemire, Inde, Sri Lanka, Tadjikistan, Indonésie, Arabie saoudite, Syrie, Maroc, Afghanistan, États-Unis, Turquie, Irak dans le Sud chiite, dans le triangle sunnite et au Kurdistan (irakien), Yémen, Inde, Pakistan, Philippines, Tunisie, Égypte, Kenya, Tanzanie, Koweït, Croatie, Espagne, Ouzbékistan, et deux projets visant Singapour et la Malaisie.</p>
<p align="justify">[2] En plus des pays déjà cités, il y a la Grande-Bretagne, la Jordanie, l'Espagne, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Australie et la Suisse (via la Croix-Rouge à Bagdad).</p>
<p align="justify">[3] Le premier attentat-suicide en 1981 vise l'ambassade d'Irak à Beyrouth et il est perpétré par un groupe islamiste Al-Da'wa, actuellement membre du conseil transitoire.</p>
<p align="justify">[4] Tigres de libération de l'Eelam tamoul – LTTE.</p>
<p align="justify">[5] Amélie Blom, « Les kamikazes du Cachemire : “martyrs” d'une cause perdue », Critique internationale, n° 20, Paris, juillet 2003.</p>
<p align="justify">[6] « An alternative strategy for the war on terrorism », 11 décembre 2002.</p>
<p align="justify">[7] L'année 1948 a été marquée par l'exode de 750 000 à 850 000 Palestiniens. L'historiographie palestinienne appelle cette expulsion la Nakba, « la catastrophe ».</p>
<p align="justify">[8] Eyad Sarraj, « Israël-Palestine, la déchirure des enfants au front », Le Monde diplomatique, novembre 2000.</p>
<p align="justify">[9] Propos repris à l'occasion de la 6e Biennale des cinémas arabes, à l'Institut du monde arabe, Paris, 2002.</p>
<p align="justify">[10] Jacques Semelin, « Les rationalités de la violence extrême », Critique internationale, n° 6, juillet 2000, p. 143.</p>
<p align="justify">[11] Cf. sur le Cachemire, Amélie Blom, op. cit. ; sur le martyre palestinien, Pénélope Larzillière dans Alain Diechkoff et Rémy Leveau, Israéliens et Palestiniens, la guerre en partage, Balland, Paris, 2003, p. 105.</p>
<p align="justify">[12] Amélie Blom, op. cit.</p>
<p align="justify">[13] Barbara Victor, Shahidas, les femmes kamikazes de Palestine, Flammarion, Paris, 2003.</p>
<p align="justify">[14] Barbara Victor, op. cit.</p>
<p align="justify">[15] Bruce Hoffman, « The logic of suicide terrorism », The Atlantic monthly, Boston, juin 2003.</p>
<p align="justify">[16] Luis Martinez, « Le cheminement singulier de la violence islamiste en Algérie », Critique internationale, n° 20, Paris, juillet 2003.</p>
<p align="justify">[17] Olivier Roy, L'Islam mondialisé, Seuil, Paris, 2002.</p>
<p align="justify">[18] Argent de l'aumône.</p>
<p align="justify">Lire aussi le courrier : Tigres tamouls</p>
<p align="justify">-------------------------------------------------------</p>
<p align="justify">Si les attentats suicides ne constituent que 3% de l'ensemble des actes terroristes, ils sont néanmoins responsables de 45% du nombre total de victimes. [1]</p>
<p align="justify">À mon avis, une attaque suicide n'est pas légitime en regard notamment de son idéologie englobante visant à punir l'infidèle – l'Occident ou l'État oppresseur, par exemple – tout comme de son caractère irrationnel et ce, malgré des circonstances atténuantes. Si le nouveau concept de la « guerre contre le terrorisme » me semble être une approche inefficace, il n'en demeure pas moins qu'il faut condamner l'attentat suicide, un phénomène qui s'accentue et qui cache une réalité derrière la froideur du vocable « dommage collatéral », celle des victimes.</p>
<p align="justify">[1] Robert A. Pape, « The Strategic Logic of Suicide Terrorism », The American Political Science Review, 97 (2003).</p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
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