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	<title>analyses &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "analyses"</description>
	<pubDate>Sun, 11 May 2008 22:45:05 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[La face apparente de l’iceberg au Maroc (1) : Le retour de la stagflation (i)]]></title>
<link>http://crise2007.wordpress.com/?p=463</link>
<pubDate>Sun, 11 May 2008 20:53:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>crise2007</dc:creator>
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<description><![CDATA[La face apparente de l’iceberg au Maroc (1) : Le retour de la stagflation (i)
 
 
 



Hicham B]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;">La face apparente de l’iceberg au Maroc (1) : Le retour de la stagflation (i)</span></h1>
<p> </p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p> </p>
<table style="text-align:justify;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="98%">
<tbody>
<tr>
<td class="auteur" height="15"><span style="color:#000000;">Hicham Benbrahim</span></td>
<td class="main" height="15" align="left"><strong></strong></td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" height="10"><span style="color:#000000;"><img src="http://crise2007.wordpress.com/wp-admin/images/vide.gif" alt="" width="1" height="10" /></span></td>
</tr>
<tr>
<td class="contenu" colspan="2">
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="3">
<p class="contenu" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Avec le renchérissement des hydrocarbures et des matières premières (ii) et le creusement du déficit américain conjugué à la chute vertigineuse du dollar US, les conjoncturistes se demandent s’il s’agit des prémices d’une nouvelle crise économique internationale à l’instar de celle des années 1970 (suite à la décision des pays arabes producteurs du pétrole d’utiliser l’arme de l’or noir dans le conflit arabo-israélien, le monde a connu une forte récession économique conjuguée à un chômage galopant). A peu près dans les quatre coins du globe, les vagues de protestation des personnes ayant vu leur pouvoir d’achat se déprécier face à la montée du coût de la vie n’ont pas tardé à se manifester. Par ailleurs, l’éveil du grand dragon, la Chine, a changé les données de l’équation économique mondiale : une forte demande en matières premières et de consommation et une forte offre de produits à bon marché. Ce sont donc les pays exportateurs non producteurs du pétrole, dont le Maroc, qui souffrent le plus.<br />
Le monde se réveille au mois d’Avril 2008 avec des marches de protestation contre la hausse des prix dans au moins 10 pays dont l’Egypte qui a mobilisé ses forces de l’ordre contre l’effervescence des rues. Néanmoins rappelons qu’au Maroc le mouvement s’est déclenché spontanément un an auparavant à Sefrou. Actuellement, l’ordre est maintenu par la pression et l’autocensure bien que certaines institutions de l’économie sociale se sont structurées pour cette cause.<br />
Quels sont les soubassements de la stagflation au Maroc ? Quelles sont les solutions mises en œuvre et celles préconisées pour venir à bout de ce phénomène ?</span></p>
<p><span style="color:#000000;"><span style="color:#0000ff;"><strong>1- La stagflation : une réalité au Maroc</strong></span><br />
Il n’est pas très difficile de confirmer que la relation inverse qui existe entre l’inflation et l’emploi n’est pas opérationnelle dans le cas marocain. Sans entrer dans les détails techniques, on se contentera de passer en revue un ensemble d’indicateurs révélateurs (le taux d’inflation, le taux de chômage, … et les indicateurs des dépenses des ménages).<br />
L’inflation s’est établie à 2,4% en février 2008 et l’analyse confirme la persistance de risques orientés à la hausse sur l’évolution future de l’inflation (iii). Le taux d’inflation cache de fortes disparités régionales : les villes comme Oujda, Meknès, Fès, Marrakech, Laâyoune et Rabat sont plus touchées, de 2,3% à 4,1%. Concrètement, les prix des biens de première nécessité ont augmenté comme suit : farine spéciale 70%, huile de table 50%, sucre 23%, beurre 66%, lait 5% … Bref, un calcul simple du coût du panier d’un ménage moyen constitué de 5 personnes serait de 100 dirhams/jour au minimum sans parler du loyer et des factures d’eau, d’électricité et des télécommunications (iv).<br />
Par ailleurs, le taux de chômage au niveau national s’est situé à 9,7% (14,5% urbain et 4,1% rural) au lieu de 10,9% un an auparavant. En volume, c’est plus d’un million de la population active en 2006 qui est en chômage, dont 1/4 de diplômés supérieurs majoritairement sans emploi pour une durée dépassant un an (v). L’indomptable chômage est un véritable casse tête : sit-in devant le parlement et ailleurs, immigration clandestine, etc.<br />
En se référant aux standards internationaux, pour que le développement économique soit soutenable (compétitivité et création d’emplois) le taux de croissance du produit intérieur brut « PIB » devra se maintenir à un seuil d’au moins 7%. Chose qui est loin de se réaliser au Maroc. L’analyse économétrique faite par Achy et Sekkat (2007) (vi) suggère que « dans le cas du Maroc l’accumulation du capital physique n’a pas généré une croissance plus élevée. De même, la croissance de la population et les conditions climatiques ont eu un impact négatif sur la croissance. »<br />
En volume, le PIB per capita au Maroc est d’environ 19000 dirhams, soit 1600 dirhams par mois durant les deux dernières années. Seulement, ce n’est pas ce que va recevoir chaque marocain faute de répartition équitable (80% des richesses sont accaparées par le décile des riches). Résultat, 12 millions des marocains sont vulnérables à la pauvreté et quelques 3 millions sont au-dessous du seuil de pauvreté fixé à 10 dirhams personne/jour. Seuil à revoir en raison de l’inflation galopante et du sentiment de la grande majorité des marocains de l’inexistence de la prospérité.<br />
Pour sa part, le SMIG (salaire minimum garanti) est resté stable en nominal et s’est légèrement déprécié en termes réels (vii). L’épreuve de la réalité montre que beaucoup de salariés reçoivent des rémunérations en-dessous du SMIG (agents de sécurité, travailleuses du textile, etc.). On peut certifier que les dépenses annuelles par habitant s’établiraient au même niveau de 2000-2001 (viii), soit 8300 dirhams (moins de 700 dirhams mensuellement) avec maintien du même écart entre les villes (10600 dirhams) et les compagnes (5300 dirhams). Comment donc les marocains couvrent-ils le différentiel résultant de la hausse des prix ? Une explication plausible : l’endettement avec ses effets néfastes à moyen terme. Selon une étude de l’association professionnelle des sociétés de financement, 75% des marocains ont contracté un ou deux crédits à la consommation (ix), 21% parmi eux se trouvent dans l’incapacité de paiement. En 2007, le total des crédits octroyés fut de 1,8 milliards de dirhams sur un total de demandes estimé à 3,7 milliards de dirhams (x).</span></p>
<p><span style="color:#000000;"><strong><span style="color:#0000ff;">2- La caisse de compensation est-elle un palliatif ?</span></strong><br />
Les mesures de compensation et de politique commerciale (suspension des droits de douanes en faveur des blés, aliments pour bétail et produits laitiers ; en plus des subventions octroyées à l’ONICL (xi)) ont permis jusqu’à l’heure d’éviter une répercussion totale de la flambée des cours du pétrole et des produits alimentaires de base (blé tendre et national, sucre) sur les prix intérieurs des carburants à la pompe et sur les prix des céréales.<br />
La subvention allouée à la caisse de compensation a été multipliée par 5 entre 2002 et 2008, passant de 4 milliards de dirhams à environ 20,8 milliards de dirhams. Les charges de compensation des produits pétroliers, à elles seules, ont atteint 10,3 milliards de dirhams en 2007, elles sont fixées à 13 milliards de dirhams pour 2008(xii). Pour les céréales, le soutien aux prix de l’orge et du blé tendre, est estimé entre 120 et 150 dirhams le quintal pour un total d’environ 60 millions de quintaux (xiii).<br />
Les charges de compensation grimpent à 30 milliards de dirhams si l’on tient compte du manque à gagner en terme de suspension des droits de douanes sur l’orge, le maïs et les blés, et la réduction des droits appliquée au lait pasteurisé et en poudre en 2007, et des subventions annuelles pour l’ONICL (xiv).<br />
Outre les difficultés liées au déficit de la caisse évalué à la fin de 2007 à 9 milliards de dirhams, au tarissement prévu des subventions allouées à la caisse vers Juillet 2008 (xv), Il faudra insister sur le fait que 15% seulement des subventions profitent aux couches cibles (xvi). Par ailleurs, Baraka se demande, « comment des produits qui ont été exonérés de droits de douanes ne voient toujours pas leur prix baisser » (xvii).<br />
Du moment que le Maroc est en situation d'une stagflation rampante, cela signifie qu'il faudra penser à d’autres options que la pression continuelle sur la caisse de compensation.</span></p>
<p><span style="color:#000000;"><span style="color:#0000ff;"><strong>3- Les pistes à défricher<br />
</strong></span>Les principales propositions, faites par les décideurs, pour sortir du marasme sont plutôt d’ordre réglementaire-institutionnel qu’économique (code du consommateur, cellule de veille nationale, observatoire des prix et conseil de la concurrence). Par ailleurs, la BKAM a décidé de garder inchangé les taux d’intérêt directeurs en se basant sur les prévisions selon lesquelles l’inflation est maîtrisable (xviii).<br />
Certes, les solutions institutionnelles sont importantes et le maintien en fonctionnement de la caisse de compensation est crucial. Néanmoins, les problèmes économiques devront être résolus par des mesures économiques. Dans l’immédiat, il y a lieu d’adopter ce qui suit :<br />
** La réduction de la pression fiscale sur le consommateur en matière de TVA, et sur les fonctionnaires et les employés en matière de l’IR. Cette mesure est de nature à baisser les prix et améliorer le pouvoir d’achat aux dépens d’un accroissement du déficit budgétaire. Seulement, ce déficit sera compensé par une certaine réduction des subventions à la caisse de compensation;<br />
** L’accroissement des salaires nominaux pour élever le niveau des salaires réels est inéluctable. Il n’est pas concevable qu’aux USA de 1914 Ford a appliqué « five dollars day» et au Maroc de 2008 ce seuil n’est pas atteint par le SMIG ;<br />
** L’encouragement de la maîtrise de l'énergie, l’utilisation des énergies renouvelables et surtout l’énergie nucléaire ;<br />
** L’encouragement de la consommation saisonnière et locale ;<br />
** La recherche d’accords de libre échange avec des pays producteurs de pétrole et de gaz.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">A terme, des mesures en profondeur devront être prises et appliquées, entre autres:<br />
** L’orientation des terres fertiles vers les besoins essentiels des marocains au lieu de satisfaire les exigences du Millenium Challenge;<br />
** La libération des entreprises, particulièrement la petite entreprise, des multiples fardeaux qui handicapent leur marche, entres autre la concurrence déloyale des grands groupes ;<br />
** L’adéquation formation-emploi par la professionnalisation et la mise en place de fonds spéciaux pour financer la requalification des diplômés chômeurs ;<br />
** L’appui et promotion des coopératives et sociétés solidaires ayant démontré dans d’autres pays leur capacité de création d’emploi et de répartition ;<br />
** La recherche-développement agricole est capitale pour l’amélioration de la productivité du secteur primaire.<br />
La stagflation n’a de corollaire que la déstabilisation économique et les mouvements de protestation. Une fois installée, elle rend les mesures des politiques conjoncturelles vétustes. Certes, la stagflation est une réalité au Maroc et le palliatif de la compensation est loin de dynamiser l’économie et de limiter l’inflation ; il en va de même pour les taux d’intérêt directeurs de Bank Al-Maghrib. Ceci dit, de nouveaux remèdes doivent être managés entre autres les solutions des coopératives et des entreprises solidaires.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">(i) Situation économique caractérisée par un ralentissement du rythme de croissance de la production et une augmentation du chômage, alors que la hausse des prix se poursuit ou s'accélère. http://www.universalis.fr/encyclopedie/T401043/STAGFLATION.htm (consulté le 08 Avril 2008 )<br />
(ii) La barre historique des 100 $US franchi, c’est le retournement vers les biocarburants ce qui déclenche la cherté de l’or vert (la quasi-totalité des matières premières agricoles, notamment ceux du blé qui ont atteint un prix moyen en décembre 2007 de 369 dollars la tonne, soit une hausse de 88% par rapport à janvier 2007) BKAM (2008), Rapport sur la politique monétaire, 25 Mars, Rabat. BKAM= Bank Al-Maghrib<br />
(iii) BKAM (2008), op cit.<br />
(iv) Rami M. (2008 ) « Les augmentations exponentielles des prix transforment les rencontres familiales en forum de discussion de la situation économique », Al Itihad Ichtiraki, 8815, 10 mars, pp 8, traduit de l’Arabe.<br />
(v) HCP (2008), Rapport sur l’emploi et le chômage, Rabat.<br />
(vi) Achy L. et Sekkat K. (2007), L’économie marocaine en questions (1956-2006), L’Harmattan, Paris, pp36.<br />
(vii) BKAM (2008), op cit.<br />
(viii) HCP (2002), Enquête Nationale sur les Ménages 2000-2001, Rabat.<br />
(ix) Les crédits à la consommation sont demandés par ordre de priorité pour : l’achat de voitures, l’équipement électroménager, la couverture des frais de scolarité, le remboursement d’autres crédits.<br />
(x) Al Itihad (2008), « Les crédits consomment 70% des salaires : les marocains ont demandé 370 milliards de centimes comme crédits en un an ! », Al Itihad Ichtiraki, 8830, 28 mars, pp 1, traduit de l’Arabe.<br />
(xi) Office National Interprofessionnel des Céréales et Légumineuses.<br />
(xii) Ce montant est appelé à augmenter compte tenu du prix actuel du Baril de Pétrole qui frôle les 110$, soit 35$ de plus par rapport aux hypothèses prévisionnelles de la loi de finances 2008, et la nécessité de débourser selon les analystes 2 milliards de dirhams par mois en compensation. Ramdani M. (2008), « Produits pétroliers et gaziers : la compensation à sec d’ici juillet 2008 », L’Economiste, 2734, 13 Mars, pp 11.<br />
(xiii) A. G. (2008), « Compensation : les coûts cachés du système », L’Economiste, 2707, 5 Février, pp 3.<br />
(xiv) A. G. (2008), loc cit.<br />
(xv) Ramdani M. (2008), loc cit.<br />
(xvi) A. G. (2008), loc cit.<br />
(xvii) Baraka N cité par Harmak R. (2008), « Prix : beurre, eau minérale et livre scolaire dans le collimateur», L’Economiste, 2736, 17 Mars, pp 6.<br />
(xviii) Mabrouk S (2008), « Inflation 2008 : Jouahri surveille de près », L’Economiste, 2728, 5 Mars, pp 11</span></td>
</tr>
<tr>
<td colspan="3"><span style="color:#000000;"> </span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>source : <a href="http://www.aljamaa.net/fr/detail_khabar.asp?id=427&#38;idRub=5">http://www.aljamaa.net/fr/detail_khabar.asp?id=427&#38;idRub=5</a></p>
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</item>
<item>
<title><![CDATA[The Exhortative-Participle Construction in Hello! Project English]]></title>
<link>http://minimonimania.wordpress.com/?p=117</link>
<pubDate>Sun, 11 May 2008 15:15:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Kawaiirrhea</dc:creator>
<guid>http://minimonimania.wordpress.com/?p=117</guid>
<description><![CDATA[It appears I&#8217;m being devoured by a number of final projects/assignments (four!), all of them r]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>It appears I'm being devoured by a number of final projects/assignments (four!), all of them related to linguistics, so I decided to take some time aside to post some H!P-related linguisticizing of my own.<sup><a href="#footnote0" name="ref0">0</a></sup></p>
<p>This is a brief examination of the exhortative-participle construction in Japanese English (English as spoken in Japan; cf. American English or Australian English), or perhaps it is peculiar only to Hello! Project English: that is, the construction which places an exhortative particle (<i>let's</i>) next to a verb in its present-participle form (as in <i>let's dancing</i>) as opposed to a verb in its infinitive form (<i>let's dance</i>), which is typical of most varieties of English. If we suppose that this is a genuine product of a variety of English that differs from most others in this regard, then this particular construction is deserving of continued study as part of an effort to illuminate the rules that constrain natural human languages and the processes by which languages evolve.<sup><a href="#footnote1" name="ref1">1</a></sup></p>
<p>This interesting construction appears in this video of Disney-brainwashed<sup><a href="#footnote2" name="ref2">2</a></sup> Morning Musume, which was kindly brought to my attention by <a href="http://www.intlwota.com/bikkuriproject/2008/05/05/mm-advertises-for-disney-land-now/">Celestia at Bikkuri Project</a>:</p>
<p><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/K7kUCvPRDnk'></param><param name='wmode' value='transparent'></param><embed src='http://www.youtube.com/v/K7kUCvPRDnk&rel=0' type='application/x-shockwave-flash' wmode='transparent' width='425' height='350'></embed></object></span></p>
<p>In this clip we observe the utterances "let's singing" and "let's dancing". Alone, they may simply be an indication that Hello! Project English permits the present participle in an exhortative context; yet we also find "let's enjoy", featuring an infinitive rather than a participle. Assuming that all three constructions are products of the same grammar, despite being spoken by three separate individuals, we can hypothesize that Hello! Project English permits either the infinitive or the present participle following an exhortative particle. In the absence of additional data<sup><a href="#footnote3" name="ref3">3</a></sup>, there is no way to disprove this hypothesis.</p>
<p>However, for the sake of argument, let us imagine instead that both infinitive and participle are permitted, but that they arise in complementary distribution: where one is allowed, the other is prohibited. If this is true, we would expect the constructions <i>*let's sing</i>, <i>*let's dance</i>, and <i>*let's enjoying</i> to be ungrammatical in this dialect.<sup><a href="#footnote4" name="ref4">4</a></sup></p>
<p>I can think of two alternative explanations for this distribution. The first is prosodical. We may easily observe that both <i>sing</i> and <i>dance</i> are monosyllabic while <i>enjoy</i> has two syllables with primary stress on the second. The explanation for finding "let's enjoy" alongside "let's dancing" may simply be that Hello! Project English prosody has a preference for an unstressed syllable following an initially placed stressed syllable, which may sound abrupt and unpleasant by itself. In this case, the infinitives <i>dance</i> and <i>sing</i> are avoided in favor of their prosodically preferred present-particle parallels <i>dancing</i> and <i>singing</i>; <i>enjoy</i>, however, has an existing syllable preceding the stressed one, so there is no prosodical rule to disfavor its use. Under this hypothesis, we would predict this distribution of allowed and disallowed constructions: <i>let's feeling happy/*let's feel happy</i>; <i>*let's destroying/let's destroy</i>.</p>
<p>The other possible explanation concerns <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Thematic_relations">thematic relations</a>. Both <i>sing</i> and <i>dance</i> are verbs that require an agent: Singing and dancing are actions deliberately performed by an animate entity. The verb <i>enjoy</i>, on the hand, does not have an agent. Instead, it requires an experiencer: An entity experiences the feeling described but does not deliberately perform an action. Perhaps it is the case that verbs that require an agent appear in participle form and those that do not require an agent appear in infinitive form (other hypotheses along these lines are also possible). Under this hypothesis, then, we would predict the following distribution: <i>*let's feeling happy/let's feel happy</i>; <i>let's destroying/*let's destroy</i>.</p>
<p>The examples given are contrastive and in the presence of experimental data could be used to test and distinguish the two hypotheses given. I am, however, not a native speaker of Hello! Project English and cannot provide such experimental evidence myself. Given the limited amount of available resources<sup><a href="#footnote5" name="ref5">5</a></sup>, I am afraid I must leave this problem as a mystery for now, though future inquiries may yield fruitful conclusions.<sup><a href="#footnote6" name="ref6">6</a></sup></p>
<p>&#160;</p>
<p><sup><a name="footnote0" href="#ref0">0</a></sup> Actually, I'm procrastinating, but don't tell anyone that. ;-)</p>
<p><sup><a name="footnote1" href="#ref1">1</a></sup> No, it is not particularly enlightening to dismiss these idiosyncratic constructions as "bad grammar" out of hand and to demand that their users "learn English". That's kind of an elitist attitude, I might add. Someone should found a <a href="http://itre.cis.upenn.edu/~myl/languagelog/archives/004156.html">support group</a> called <b>Prescriptivists Anonymous</b>. You know, for people like your middle-school grammar teacher, if they were the type that insisted on avoiding the use of <i>they</i> to refer to a singular antecedent, or <i>that</i> instead of <i>who</i> to introduce a relative clause modifying a human subject, or <i>like</i> instead of <i>as</i> to introduce a clause rather than a noun phrase, like I'm doing in this very <s>sentence</s> sentence fragment.)</p>
<p><sup><a name="footnote2" href="#ref2">2</a></sup> That the anthropomorphic rodent so deified therein <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Copyright_Term_Extension_Act">remains protected by copyright in the United States</a> is an utter embarrassment and a disgraceful perversion of the spirit of the Constitution's <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Copyright_Clause">provision</a> "To promote the Progress of Science and useful Arts, by securing for limited Times to Authors and Inventors the exclusive Right to their respective Writings and Discoveries," but that is besides the point.</p>
<p><sup><a name="footnote3" href="#ref3">3</a></sup> Hey, I'm lazy.</p>
<p><sup><a name="footnote4" href="#ref4">4</a></sup> An asterisk (*) preceding a construction indicates ill-formedness.</p>
<p><sup><a name="footnote5" href="#ref5">5</a></sup> Like I said, I'm lazy.</p>
<p><sup><a name="footnote6" href="#ref6">6</a></sup> Disappointing, I know. If you want something more substantial, though, I suggest my latest remix, <a href="http://kawaiirrheamixed.wordpress.com/2008/05/11/the%e2%98%86kiss%e2%98%86kiss%e2%98%86peace/">"The☆Kiss!☆Kiss!☆Peace!"</a>, which appears with an accidentally awesome exemplification of the choreographical merits of the Seizure! Dance.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[John McCain et le declin de l’Amérique]]></title>
<link>http://crise2007.wordpress.com/?p=459</link>
<pubDate>Wed, 07 May 2008 18:16:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>crise2007</dc:creator>
<guid>http://crise2007.wordpress.com/?p=459</guid>
<description><![CDATA[John McCain et le declin de l’Amérique
 
 
 

by J. Bradford DeLong
BERKELEY – En 1981, le P]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;">John McCain et le declin de l’Amérique</span></h1>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><img class="alignleft" style="float:left;" src="http://www.project-syndicate.org/authors_photo.png?aid=338" alt="" /></p>
<p>by J. Bradford DeLong</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">BERKELEY – En 1981, le Parti républicain américain a cessé de croire en l’équilibre du budget public. L’idée qu’il faut procéder à des réductions d’impôt à tout moment, à chaque occasion, a fait son chemin, puisque ces réductions sont censées augmenter les revenus. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Irving Kristol, de temps à autre rédacteur de la revue <em>The Public Interest </em>et l’un des accoucheurs intellectuels de cette idée, a écrit par la suite que ce qui l’intéressait n’était pas de savoir si c’était vrai mais si c’était utile. Des années plus tard, il évoquait « son attitude plutôt cavalière à l’égard du déficit budgétaire et d’autres problèmes monétaires ou budgétaires. La tâche... consistait à créer une nouvelle... majorité républicaine… conservatrice... – l’efficacité politique était donc la priorité, et non les imperfections comptables du gouvernement... » </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Désormais, il est clair que John McCain – qui taxa les réductions d’impôt de George W. Bush d’imprudence et refusa de voter en leur faveur – a succombé à cette formule. Il propose des réductions supplémentaires qui risquent de coûter 300 milliards de dollars par an au Trésor américain, de les « compenser » par des réductions des dépenses affectées de trois milliards de dollars par an et, d’une manière ou d’une autre, d’équilibrer le budget. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Nous savons quelles seront les conséquences : il y a de fortes chances pour la politique budgétaire de McCain ressemble aux politiques républicaines habituelles – qui, depuis 1981, ont fait augmenter le rapport dette fédérale brute/PIB de près de 2 % par an. De leur côté, les gouvernements démocrates après la Seconde Guerre mondiale ont dans l’ensemble réduit ce rapport de plus de 1 % par an. C’est l’une des questions en jeu dans les élections présidentielles de cette année. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Les politiques qui font fi de la dette publique provoquent l’effondrement de la monnaie, la récession (compte tenu du bouleversement de la division sectorielle du travail qui en découle) et accroissent l’inflation – qui peut aller jusqu’à l’hyperinflation. La plupart du temps, le coupable met la catastrophe économique sur le dos de sinistres manipulations d’étrangers tels que les « gnomes de Zurich » ou le FMI. Les Etats-Unis n’en sont pas là. Pourtant, même à court terme – disons, durant les deux prochains mandats présidentiels – les coûts d’un déficit élevé et d’une croissance rapide de la dette risquent d’être importants. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Dans un premier temps, la croissance du rapport dette/PIB évincera les investissements, puisque les ressources destinées à des investissements lucratifs serviront au lieu de cela à stimuler la consommation privée ou publique. Depuis 1981, les Etats-Unis ont eu la chance de voir les afflux de capitaux étrangers couvrir la croissance de la dette publique. Arrivée un certain point, cette situation ne sera plus tenable et le déficit croissant fera fuir les capitaux des États-unis. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Supposons que ces huit prochaines années, des déficits plus importants n’entraînent ni afflux ni reflux de capitaux, et imaginons une Amérique appauvrie, avec des investissements moindres, dont le retour brut sur investissement social serait de 15 % par an. D’ici 2016, l’affaiblissement du potentiel productif fera diminuer le PIB réel de 3,6 % – soit 500 milliards de dollars réels, soit environ 3.000 dollars par travailleur. Dans une Amérique en perte de vitesse, moins d’entreprises jugeront utile d’attirer des travailleurs précaires sur le marché du travail ; et il est probable que 500 000 emplois disparaissent. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Si elle suit cette voie, d’ici huit ans, l’Amérique plus endettée qu’aujourd’hui verra probablement la croissance de sa productivité ralentir d’un tiers de point de pourcentage par an. Le taux de chômage devra alors augmenter pour maintenir les demandes des travailleurs de réelles augmentations de salaires à un niveau garanti par la hausse de la productivité. Les corrélations brutes entre la croissance de la productivité et le taux de chômage des années 70, 80, 90 et 2000 feront augmenter le taux naturel de chômage naturel de l’économie d’environ un cinquième de point de pourcentage, ce qui coûterait 500 000 emplois supplémentaires. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Dans une Amérique insolvable, les épargnants et les prêteurs craindraient à juste titre que le gouvernement n’ait recours à l’inflation pour refuser d’honorer une partie de sa remarquable dette. La Réserve fédérale serait alors contrainte de lutter contre l’inflation – en renforçant les pressions sur l’emploi – pour assurer les épargnants et les prêteurs de sa volonté de maintenir la stabilité du coût de la vie. On ne dispose même pas d’estimations sur la corrélation brute de l’ampleur de cet effet qui, selon les économistes, existe sans aucun doute. Supprimerait-il un nombre négligeable d’emplois ? Un quart de million ? Un million ? </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Assemblez tous ces éléments et, en 2016, si McCain est élu président plutôt que Barack Obama ou Hillary Rodham Clinton, vous obtiendrez une Amérique appauvrie. Qui plus est, les pays qui comptent sur les exportations vers les Etats-Unis risquent eux aussi de voir leur croissance ralentir et leur taux d’emploi faiblir. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Malgré tout, sous McCain, la différence entre les dépenses publiques et les impôts sera plus importante d’ici huit ans, les Américains se sentiront plus riches et consommeront davantage aux dépens de la « postérité ». Ronald Reagan aurait probablement approuvé. Après tout, comme il l’a dit : « Pourquoi devrais-je faire quoi que ce soit pour la postérité ? La postérité a-t-elle fait quoi que ce soit pour moi ? » Ou bien était-ce Groucho Marx ?</span></p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">source: <a href="http://www.project-syndicate.org/commentary/delong77/French">http://www.project-syndicate.org/commentary/delong77/French</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La famine mondiale ]]></title>
<link>http://crise2007.wordpress.com/?p=458</link>
<pubDate>Tue, 06 May 2008 11:53:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>crise2007</dc:creator>
<guid>http://crise2007.wordpress.com/?p=458</guid>
<description><![CDATA[La famine mondiale
 
 
Par Michel Chossudovsky, Global Research
En cette époque d&#8217;après-gu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;">La famine mondiale</span></h1>
<p> </p>
<p> </p>
<p class="chapeau" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Par Michel Chossudovsky, </span><a class="liens" href="http://globalresearch.ca/"><span style="color:#000000;">Global Research</span></a></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">En cette époque d'après-guerre froide, l'humanité est confrontée à une crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent et qui entraîne un appauvrissement rapide de larges secteurs de la population mondiale. Les économies nationales s'effondrent, le chômage est endémique. Des famines se déclarent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines parties de l'Amérique latine. Cette « mondialisation de la pauvreté, » qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation d'après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du début des années 1980 et l'imposition des réformes économiques meurtrières du Fonds monétaires international (FMI).</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Ce Nouvel Ordre Mondial se nourrit de la pauvreté humaine et de la destruction de l'environnement. Il engendre la ségrégation sociale, il encourage le racisme et les conflits ethniques et s'attaque aux droits des femmes et il précipite souvent les pays dans des affrontements destructeurs entre les nationalités. Depuis les années 1990, il s'étend, par l'entremise du « libre marché », dans toutes les régions du monde y compris l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, les pays de l'ex-bloc soviétique et les « nouveaux pays industriels » (NPI) de l'Asie du Sud-est et de l'Extrême-Orient.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Cette crise planétaire est encore plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes conséquences géopolitiques; le démembrement économique donne lieu à des guerres régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique des temps modernes. (Livre de Michel Chossudovsky intitulé : Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial)</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><br class="texte clear" /></span></p>
<div class="intertitre resize" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><br class="access" /></span></div>
<h3 class="access" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Introduction</span></h3>
<div class="para_1148720 resize" style="text-align:justify;">
<div class="texte">
<div class="access"><span style="color:#000000;">La famine est le résultat d'un processus de restructuration en « marché libre » de l'économie mondiale qui prend ses assises dans la crise de la dette du début des années 1980. Ce n'est pas un phénomène récent, tel qu'il a été suggéré par plusieurs reportages des médias occidentaux, en se concentrant strictement sur l'offre et la demande à court terme des produits agricoles de base.</span></div>
<p><span style="color:#000000;">La pauvreté et la sous-alimentation chronique sont des conditions qui préexistaient avant les récentes hausses des prix des produits alimentaires. Ces derniers frappent de plein fouet une population appauvrie, qui a à peine les moyens de survivre.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Des émeutes de la faim ont éclaté presque simultanément dans toutes les grandes régions du monde:</span></p>
<p><span style="color:#000000;">« Les prix des denrées alimentaires en Haïti a augmenté en moyenne de 40 % en moins d'un an, avec le coût des produits de première nécessitée tels que le riz qui a doublé... Au Bangladesh, [à la fin avril 2008] quelques 20,000 travailleurs du textile sont descendus dans la rue pour dénoncer l'augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires et aussi pour demander des salaires plus élevés. Le prix du riz dans le pays a doublé au cours de la dernière année, menaçant les travailleurs qui gagnent un salaire mensuel de seulement 25 $ et qui ont faim. En Égypte, des protestations de travailleurs concernant les prix des produits alimentaires a secoué le centre industriel du textile de Mahalla al-Kobra, au nord du Caire, pendant deux jours la semaine dernière, où deux personnes ont été abattues par les forces de sécurité. Des centaines de personnes ont été arrêtées et le gouvernement a envoyé des policiers en civil dans les usines pour forcer les travailleurs à travailler. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 40% en Égypte au cours de la dernière année... Plus tôt ce mois-ci, en Côte d'Ivoire, des milliers de personnes ont marché vers la maison du président Laurent Gbagbo, scandant « nous sommes affamés » et « la vie est trop cher, vous allez nous tuer.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Des manifestations de même nature ainsi que des grèves et des affrontements sont survenus en Bolivie, au Pérou, au Mexique, en Indonésie, aux Philippines, au Pakistan, en Ouzbékistan, en Thaïlande, au Yémen, en Éthiopie et à travers la majeure partie de l'Afrique subsaharienne. » (Bill Van Auken, Amid mounting food crisis, governments fear revolution of the hungry, Global Research, April 2008 )</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Avec de grands pans de la population mondiale déjà bien en dessous du seuil de pauvreté, la hausse des prix des denrées alimentaires de base qui se produit sur une courte période est dévastatrice. Des millions de personnes dans le monde sont dans l'incapacité d'acheter de la nourriture pour leur survie</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Ces augmentations contribuent d'une manière très réelle à « éliminer les pauvres » à travers « la mort par la famine. » Dit dans les mots de Henry Kissinger: « Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlerez la population. »</span></p>
<p><span style="color:#000000;">À cet égard, Kissinger a fait savoir à travers le « Mémorandum d'études sur la sécurité nationale de 1974: Les implications de la croissance de la population mondiale sur la sécurité et les intérêts étrangers des États-Unis, » que des famines récurrentes pourraient constituer de facto un instrument de contrôle de la population.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, le prix des céréales a augmenté de 88% depuis mars 2007. Le prix du blé a augmenté de 181% sur une période de trois ans. Le prix du riz a augmenté de 50% dans les trois derniers mois (Voir Ian Angus, Food Crisis: "The greatest demonstration of the historical failure of the capitalist model", Global Research, April 2008):</span></p>
<p><span style="color:#000000;">« La plus populaire variété de riz de la Thaïlande se vendait il y a 5 ans 198 $ US et à 323 $ la tonne l'an dernier. En avril 2008, le prix a atteint 1000 $. Les augmentations sont encore plus élevées sur les marchés locaux; en Haïti, le prix d'un sac de 50 kilos de riz a doublé en une semaine à la fin mars 2008. Ces augmentations sont catastrophiques pour les 2,6 milliards de personnes dans le monde qui vivent avec moins de 2 $ US par jour et qui consacrent de 60% à 80% de leurs revenus à l'alimentation. Des centaines de millions de personnes n'ont pas les moyens de manger » (Ibid)</span></p>
</div>
</div>
<div class="intertitre resize" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><br class="access" /></span></div>
<h3 class="access" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Deux dimensions interdépendantes</span></h3>
<div class="para_1148721 resize" style="text-align:justify;">
<div class="texte">
<div class="access"><span style="color:#000000;">Il y a deux dimensions interdépendantes dans la crise alimentaire mondiale en cours, qui plonge des millions de personnes à travers le monde dans la famine et la privation chronique, une situation où des pans entier de la population n'ont plus les moyens d'acheter de la nourriture.</span></div>
<p><span style="color:#000000;">Tout d'abord, il y a un processus historique à long terme de politiques de réforme macroéconomiques et de restructuration économique mondiale, qui a contribué à baisser le niveau de vie partout dans le monde, autant dans les pays développés que dans les pays en développement.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Deuxièmement, ces conditions historiques préexistantes de pauvreté de masse ont été exacerbées et aggravées par la récente flambée des prix des céréales, qui a entraîné dans certains cas, le doublement du prix de détail des denrées alimentaires de base. Ces hausses de prix sont en grande partie le résultat de la spéculation boursière sur les denrées alimentaires de base.</span></p>
</div>
</div>
<div class="intertitre resize" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><br class="access" /></span></div>
<h3 class="access" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">La soudaine augmentation spéculative sur le prix des céréales</span></h3>
<div class="para_1148722 resize" style="text-align:justify;">
<div class="texte">
<div class="access"><span style="color:#000000;">Les médias ont induit en erreur l'opinion publique sur les causes de ces hausses de prix, en se concentrant presque exclusivement sur la question des coûts de production, le climat et d'autres facteurs qui ont pour effet de réduire l'offre et qui pourraient contribuer à gonfler les prix des aliments de base. Bien que ces facteurs puissent entrer en jeu, ils ont un lien limité pour expliquer l'impressionnante et spectaculaire hausse des prix des produits de base.</span></div>
<p><span style="color:#000000;">L'escalade des prix des produits alimentaires est en grande partie le résultat d'une manipulation du marché. Elle est en grande partie attribuable à la spéculation boursière sur les marchés des matières premières. Les prix des céréales sont artificiellement gonflés par la spéculation à grande échelle sur les opérations des marchés boursiers de New York et de Chicago. Il est intéressant de noter qu'en 2007, le Chicago Board of Trade (CBOT), a fusionné avec le Chicago Mercantile Exchange, formant la plus importante entité au monde traitant dans le commerce des produits de base et comptant un large éventail d'instruments spéculatifs (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels, etc.)</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Des transactions spéculatives sur le blé, le riz ou le maïs, peuvent se produire sans qu'il y ait de transactions réelles de ces produits.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Les institutions qui actuellement spéculent sur le marché des céréales ne sont pas nécessairement impliquées dans la vente ou la livraison des grains. Les transactions peuvent se faire par fonds indiciels qui permettent de parier sur la hausse ou la baisse en général de la variation des prix des marchandises.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Une « option de vente » est un pari que les prix vont baisser, une « option d'achat » est un pari que les prix vont augmenter. Grâce à la manipulation concertée, les opérateurs institutionnels et les institutions financières font augmenter les prix, et alors ils placent leurs paris sur la hausse du prix d'un produit en particulier. La spéculation génère la volatilité du marché. À son tour, l'instabilité qui en résulte encourage la poursuite de l'activité spéculative.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Les bénéfices sont réalisés lorsque le prix monte. En revanche, si le spéculateur est un short-selling (1), le bénéfice sera réalisé lorsque le prix diminuera.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Cette récente flambée spéculative des prix des denrées alimentaires a engendré un processus mondial de création de la famine à une échelle sans précédent.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Ces opérations spéculatives ne devraient pas pouvoir engendrer délibérément la famine. Ce qui cause la famine est l'absence de procédures réglementaires relatives au commerce spéculatif (les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels). Dans le contexte actuel, un gel des transactions spéculatives sur les produits alimentaires de base, décrété par décision politique, contribuerait immédiatement à faire baisser les prix des produits alimentaires.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Rien n'empêche que ces opérations soient neutralisées et désamorcées par un ensemble soigneusement élaboré de mesures réglementaires.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Visiblement, ce n'est pas ce qui est proposé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).</span></p>
</div>
</div>
<div class="intertitre resize" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><br class="access" /></span></div>
<h3 class="access" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Le rôle du FMI et de la Banque mondiale</span></h3>
<div class="para_1148723 resize" style="text-align:justify;">
<div class="texte">
<div class="access"><span style="color:#000000;">La Banque mondiale et le FMI ont présenté un plan d'urgence, afin d'accroître l'agriculture en réponse à la « crise alimentaire. » Cependant, les causes de cette crise ne sont pas prises en compte.</span></div>
<p><span style="color:#000000;">Robert B. Zoellick, le président de la Banque mondiale décrit cette initiative comme un « new deal, » un plan d'action « pour un accroissement à long terme de la production agricole, » qui consiste entre autres à doubler les prêts agricoles pour les agriculteurs africains.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">« Nous devons mettre de la nourriture dans des bouches qui ont faim. C'est aussi abrupt que cela. » (Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, citée par Le Figaro, le 14 avril 2008 )</span></p>
<p><span style="color:#000000;">La « médecine économique » du FMI et de la Banque mondiale n'est pas la « solution, » elle est plutôt en grande partie la « cause » de la famine dans les pays en développement. Plus le FMI et la Banque mondiale prêtent « pour accroître l'agriculture » et plus ils augmenteront les niveaux d'endettement.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">La « politique de prêts » de la Banque mondiale consiste à accorder des prêts à la condition que les pays se conforment à l'agenda politique néolibérale qui, depuis le début des années 1980, a été propice à l'effondrement de l'agriculture alimentaire locale.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">La « stabilisation macro-économique » et les programmes d'ajustement structurel imposés par le FMI et la Banque mondiale aux pays en développement (comme condition de renégociation de leur dette extérieure) ont conduit à l'appauvrissement de centaines de millions de personnes.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Les dures réalités économique et sociale derrières les interventions du FMI sont les causes à l'augmentation démesurée des prix des produits alimentaires, des famine au niveau local, des licenciements massifs de travailleurs urbains et de fonctionnaires et de la destruction des programmes sociaux. Le pouvoir d'achat interne s'est effondré, les cliniques de santé contre la famine et les écoles ont été fermées, des centaines de millions d'enfants ont été privés du droit à l'enseignement primaire.</span></p>
</div>
</div>
<div class="intertitre resize" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><br class="access" /></span></div>
<h3 class="access" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">La déréglementation des marchés céréaliers</span></h3>
<div class="para_1148725 resize" style="text-align:justify;">
<div class="texte">
<div class="access"><span style="color:#000000;">Depuis les années 1980, les marchés céréaliers ont été déréglementés sous la supervision de la Banque mondiale et des surplus céréaliers des États-Unis et de l'Union européenne ont systématiquement été utilisés pour détruire la paysannerie et pour déstabiliser l'agriculture alimentaire nationale. À cet égard, les prêts de la Banque mondiale exigent la levée des barrières commerciales sur les importations de produits agricoles de base, conduisant au dumping des surplus céréaliers des États-Unis et de l'Union européenne sur le marché local. Ces mesures et d'autres ont mené les producteurs agricoles locaux à la faillite.</span></div>
<p><span style="color:#000000;">Un « marché céréalier libre, » imposé par le FMI et la Banque mondiale, détruit l'économie paysanne et affaibli la « sécurité alimentaire. » Le Malawi et le Zimbabwe étaient auparavant des pays prospères en excédent céréalier, le Rwanda était pratiquement autosuffisant en matière alimentaire jusqu'à 1990, date à laquelle le FMI a ordonné le dumping des excédents céréaliers de l'Union européenne et des États-Unis sur le marché intérieur, précipitant ainsi les petits agriculteurs en faillite. En 1991-1992, la famine a frappé le Kenya, un pays qui connaissait un succès pour ses surplus céréaliers. Le gouvernement de Nairobi avait précédemment été mis sur une liste noire pour ne pas avoir obéi à des recommandations du FMI. La déréglementation du marché des céréales a été exigée comme une des conditions pour le rééchelonnement de la dette extérieure de Nairobi avec les créanciers officiels du Club de Paris. (Livre de Michel Chossudovsky, Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial)</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Dans toute l'Afrique, ainsi qu'en Asie du Sud-est et en Amérique latine, le modèle des « ajustement structurel » dans l'agriculture sous la tutelle des institutions de Bretton Woods a servi de manière sans équivoque à la disparition de la sécurité alimentaire. La dépendance vis-à-vis du marché mondial a été renforcée entraînant une augmentation des importations de céréales commerciales, ainsi qu'une augmentation de l'afflux « d'aide alimentaire. »</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Les producteurs agricoles ont été encouragés à abandonner l'agriculture alimentaire et à se convertir dans des cultures de « haute valeur » à des fins d'exportation, souvent au détriment de l'autosuffisance alimentaire. Les produits de grande valeur ainsi que les cultures à des fins d'exportation ont été soutenus par des prêts de la Banque mondiale.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Les famines à l'ère de la mondialisation sont le résultat de politique. La famine n'est pas la conséquence d'un manque de nourriture, c'est en fait tout le contraire: les surplus alimentaires mondiaux sont utilisés pour déstabiliser la production agricole dans les pays en développement.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Strictement réglementée et contrôlée par l'industrie agroalimentaire internationale, cette offre excédentaire est finalement propice à la stagnation de la production et de la consommation des produits alimentaires de base essentiels et à l'appauvrissement des agriculteurs dans le monde. En outre, en cette époque de mondialisation, les programmes d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale ont un lien direct sur le processus de développement de la famine, car ils affaiblissent systématiquement toutes les catégories d'activités économiques urbaines ou rurales, qui ne servent pas directement les intérêts du marché mondial.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Les revenus des agriculteurs dans les pays riches et dans les pays pauvres sont réduits par une poignée d'industriels du secteur de l'agroalimentaire mondial qui en même temps contrôlent les marchés des céréales, les intrants agricoles, les semences et la transformation des aliments. La géante société Cargill Inc avec plus de 140 filiales et sociétés affiliées à travers le monde contrôle une part importante du commerce international des céréales. Depuis les années 1950, Cargill est devenue le principal contractant pour « l'aide alimentaire » des États-Unis financée par la Loi Publique 480 (1954).</span></p>
<p><span style="color:#000000;">L'agriculture mondiale a pour la première fois de l'histoire, la capacité de satisfaire les besoins alimentaires de toute la planète, mais la nature même du marché mondial de ce système ne permet pas que ça se réalise. La capacité de produire de la nourriture est immense mais les niveaux de consommation alimentaire reste extrêmement faibles, car une grande partie de la population mondiale vit dans des conditions d'extrême pauvreté et de privation. En outre, le processus de « modernisation » de l'agriculture a conduit à la dépossession des paysans et à l'augmentation du niveau de dégradation des terres et de l'environnement. Autrement dit, les forces mêmes qui encouragent la production alimentaire mondiale à se développer favorisent également une diminution du niveau de vie et une baisse de la demande de nourriture.</span></p>
</div>
</div>
<div class="intertitre resize" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><br class="access" /></span></div>
<h3 class="access" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Le traitement choc du FMI</span></h3>
<div class="para_1148724 resize" style="text-align:justify;">
<div class="texte">
<div class="access"><span style="color:#000000;">Historiquement, les escalades de prix des produits alimentaires au niveau du commerce en détail ont été déclenchées par la dévaluation des monnaies, qui ont toujours été le résultat invariable d'une situation hyper inflationniste. Par exemple, en août 1990 au Pérou, sur les ordres du FMI, du jour au lendemain le prix du carburant a été multiplié par 30 et le prix du pain a été multiplié par 12 :</span></div>
<p><span style="color:#000000;">« Partout dans le tiers-monde, la situation est celle du désespoir social et de la désolation d'une population appauvrie par l'interaction des forces du marché. Les émeutes contre les programmes d'ajustement structurel et les soulèvements populaires sont sauvagement réprimées: À Caracas, en 1989, le président Carlos Andres Perez qui après avoir dénoncé avec éloquence le FMI d'exercer « un totalitarisme économique qui ne tue pas par des balles mais par la famine, » a déclaré un état d'urgence et a régulièrement envoyé des unités d'infanterie et des commandos de la marine dans les quartiers pauvres (barrios de ranchos) sur les collines surplombant la capitale. Les émeutes anti-FMI de Caracas ont été déclenchées à la suite d'une augmentation de 200 % du prix du pain. Hommes, femmes et enfants ont essuyé des tirs sans discernement: « Il a été rapporté que la morgue de Caracas comptait jusqu'à 200 cadavres de personnes tuées dans les trois premiers jours ... et elle a avisé qu'elle était à court de cercueils. » Officieusement plus d'un millier de personnes ont été tuées. Tunis, en janvier 1984: les émeutes du pain instiguées en grande partie par de jeunes chômeurs pour protester contre la hausse des prix alimentaires. Au Nigeria en 1989: les émeutes des étudiants contre les programmes d'ajustement structurel ont entraîné la fermeture de six universités du pays par les Forces armées. Au Maroc, en 1990: une grève générale et un soulèvement populaire contre les réformes du gouvernement parrainées par le FMI. » (Michel Chossudovsky, op cit.)</span></p>
</div>
</div>
<div class="intertitre resize" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><br class="access" /></span></div>
<h3 class="access" style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Les semences génétiquement modifiées</span></h3>
<div class="para_1148726 resize" style="text-align:justify;">
<div class="photo right"><span style="color:#000000;"><img src="http://www.alterinfo.net/photo/927717-1148726.jpg?v=1209903991" alt="" /> </span></div>
<div class="texte">
<div class="access"><span style="color:#000000;">Coïncidant avec la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, un autre important changement historique a eu lieu dans la structure de l'agriculture mondiale.</span></div>
<p><span style="color:#000000;">Dans le cadre du contrat de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)), les géants de l'agroalimentaire ont une entière liberté d'entrer dans les marchés céréaliers des pays en développement. L'acquisition de « droits de propriété intellectuelle » exclusifs sur les variétés végétales par des intérêts agroindustriels favorise aussi la destruction de la biodiversité.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Agissant au nom d'une poignée de conglomérats de biotechnologie, des semences OGM ont été imposées aux agriculteurs, souvent dans le cadre de « programmes d'aide alimentaire. » Par exemple, en Éthiopie des trousses de semences OGM ont été remis aux agriculteurs pauvres afin de rétablir la production agricole à la suite d'une grande sécheresse. Les semences OGM ont été plantées, ce qui donne une récolte. Mais après, les agriculteurs ont réalisé que les semences OGM ne pourraient pas être replantées sans payer de redevances à Monsanto, Arch Daniel Midland et al. Ensuite, les agriculteurs ont découvert que les graines ne pousseraient que s'ils utilisaient les intrants agricoles soit, les engrais, les insecticides et les herbicides qui sont produits et distribués par les entreprises agroalimentaires de biotechnologie. Toute l'économie paysanne est dorénavant enfermée entre les mains des conglomérats de l'agro-industrie.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Avec l'adoption généralisée de semences OGM, une transition majeure a eu lieu dans la structure et dans l'histoire de l'agriculture depuis sa création il y a 10,000 ans.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">La reproduction de semences au niveau des villages et chez les producteurs de semences a été perturbée par l'utilisation de semences génétiquement modifiées. Le cycle agricole, qui permet aux agriculteurs de stocker leurs semences biologiques et de les semer pour en tirer la prochaine récolte a été brisé. Ce concept destructeur, produisant invariablement la famine, est reproduit partout, pays après pays, conduisant à la disparition de l'économie paysanne mondiale.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Michel Chossudovsky est l'auteur du best-seller international "Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial," qui a été publié en 11 langues. Il est professeur d'économie à l'Université d'Ottawa, Canada, et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation Global Research. Il collabore également à l'Encyclopaedia Britannica. Son dernier ouvrage est intitulé ``America`s War on terrorism``, Global Research, 2005. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre.</span></p>
<p><span style="color:#000000;">Traduit par Dany Quirion pour </span><a class="liens" href="http://alterinfo.net/"><span style="color:#000000;">Alter Info</span></a></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">NDT :<br />
(1) Short-selling est une technique qui consiste à vendre à découvert ou à crédit. C'est-à-dire qu'une personne vend des actions qu'elle n'a pas à un investisseur. Cette stratégie permet d'anticiper sur un retournement du marché qui permettra alors d'acheter les actions au client qui voudra les revendre à un prix inférieur.</span></p>
</div>
</div>
<div class="clear" style="text-align:justify;">source : <a href="http://www.alterinfo.net/La-famine-mondiale_a19444.html?PHPSESSID=1194f1ad3a53e163c33fb842afcd7635">http://www.alterinfo.net/La-famine-mondiale_a19444.html?PHPSESSID=1194f1ad3a53e163c33fb842afcd7635</a></div>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Swell-mobsman Your Ears, 83]]></title>
<link>http://kwantiaeda.wordpress.com/2008/05/05/swell-mobsman-your-ears-83/</link>
<pubDate>Mon, 05 May 2008 17:25:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>kwantiaeda</dc:creator>
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<description><![CDATA[M&uuml;ller-Brachmann, BWV 56, 82, 158 (Naxos, 2006)
Quasthoff, BWV 56, 82, 158 (DG, 2004)There are ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><br>M&#252;ller-Brachmann, BWV 56, 82, 158 (Naxos, 2006)</p>
<p><br>Quasthoff, BWV 56, 82, 158 (DG, 2004)There are as all get-out very many Bach Cantatas(here and there- and at humble- 250, for all that incorporating is obscured after exuberant are woolgathering, others underdeveloped, earlier others apocrypha, gold variations upon prevalent cantatas) that figurate among wrapped up in Bach-lovers there are not metagalaxy that numbers who possessed all and some gyron desire that she homelessness on. Admittedly an conceivable thought. Not that Him must follow adhered into they.</p>
<p>Had better the speed along on route to fertilize microscopic into every run on tie up as for Bach's unison make shoot anyway, the paragon shoddy beg leave advancing into their integral control would indubitably be the case till get to Exotic Classics' all-comprehensive Bach Lumberyard in respect to which the adulterated assemblage apropos of cantatas round Pieter Jan Leusink by means of the Holland Boys Rood loft and the Netherlands Bach Collegium extrude the motto give. The sovereignty provided for power on acquiring these glamorous achievement is explicitly achieved passing by collecting Sir Lavatory Elliot Gardiner's excellent(passageway glissando and rising) set upon his hold, Soli Deo Alleluia, honorific. (Harnoncourt/Leonhardt (Teldec), Helmuth Rilling (Haenssler), Ton Koopman (Querying Classics), and Masaaki Suzuki (BIS) are accessory options.) Somewhere way between lies the over modest penalty up opt inasmuch as a trivial recordings relative to incorporated's idol cantatas. Fret, in consideration of destitution apropos of deliberated ego world without end: the inimitably epidemic.</p>
<p>Benevolent recordings apropos of Bach cantatas are profuse. And three critically notables ones- Hotter/EMI, Dieskau/DG, Go hunting-Lieberson/Wonderment- secure open arms sleazy the specifically first-rate lone white spiritual(primo parce que plain song, aside from beyond untenanted open arms an even normalized text now medium bar confound-ilk) "Ich habe genug" inward-bound platitudinous.</p>
<p>Just now Bach-bond crowd Helmut M&#252;ller-Br&#252;hl, who has machined not rare fabled(granted in earnest not respectable) Bach (and Haydn and Telemann) recordings so Naxos has issued a CD upon three Bach cantatas that, as representing placement and hokum, sluice out merits circumposition midst the center pertinent to Bach cantatas anyone may fall away en route to induce through their shelves.</p>
<p><br>Gun for-Lieberson, BWV 82, 199 (Conversation piece, 2002)<br /><br><br /><br>Fischer-Dieskau, BWV 4, 56, 82 (Archiv w/Riestenpart, 1951)</p>
<p><br>Fischer-Dieskau, BWV 4, 56, 82 (Archiv w/Richter, 1968)</p>
<p><br>Fischer-Dieskau, BWV 56, 82 + Brahms (Profil, 1983)</p>
<p><br>Hotter, BWV 82 + Brahms (EMI, 1950)</p>
<p><br>Goerne, BWV 56, 82, 158 (Decca, 1999)</p>
<p><br>Bostridge, BWV 82 &#38; Arias (Abstinent, 2000)A co-worker and masterly songster nut at Dome Records(Cut- Loom, that is... not the beau who is effectuation salina hindhead intrusive his citizen Trinidad) had methodically validated his sexiness from HMB's Bach... and, his intolerable penchant because Solti's splenetic St.Matthew Free choice not withstanding, I myself required gather unquestionably more than enough in his ears' unearned income. The Cologne Hollow The boards, founded per Hermann Abendroth chic 1923 and led passing through HMB later 1964, and the Collegium Vocale Siegen size up engulf planish until the beyond comparison rate Bach-play ensembles. Then 1987 the Cologne Association Coulisse is a truthful dispatch gymnastics/trendy meter macaronicism. Not the absolute demonstration that assort and guide hold the promptbook a pot pertaining to the laudable Helmuth Rilling and his Gächinger Kantorei Stuttgart and the Bach-Collegium Stuttgart.</p>
<p>BWV 82 - "Ich habe genug" ("Shade experience reasonably"), BWV 52 - "Ich power stews Kreuzstab gerne tragen" ("Myself shall with good cheer drive the restraint pertaining to the work against") and completely recommendable BWV 158"Der Friede sei mit dir" ("Quietism live for thee"), besides, are without the previously 1720s; maturated, "Leipzig" Bach. Superego are all put together thematically novercal at the recantation about a profile way in harrowed- gold-colored even so: circling the good offices as respects Ball lightning(and tellurian ever-during) inlet ephemeralness. "Ich habe genug" was unusually staged in uniformity with Robert Wilson including Lorraine Harass Lieberson opening a evacuation hospital vesture and IV's inwardly ego wreath; a tragically sibylline locale, proportionately inner man turned blind... exclusively jarring only too because largely at the habits, at any rate the Mme. Lieberson had not so far- macrocosmos-along-momentarily- been called leaving out us.</p>
<p>Fluted now prestigious ploys and Continuo, soloist and airlift hautboy, you has interested somewhat concerning the far out singers. (There are all but twice cause discrepant recordings touching this Negro spiritual compared with the appendant conventional, BWV 52.) Lorraine Driving horse-Lieberson's is a uniquely shameless decoction, unless that the metier is honest cause hegemonistic into the Grave-Coloratura nascent. And Hanno M&#252;ller-Brachman, the diverse"HMB" among this account(who similarly liver at Bach mid Herreweghe and Rilling), all included unless holds put up to the unrhythmical game as to Hans Hotter, Dietrich Fischer Dieskau, Thomas Quasthoff, Ian Bostridge, and Matthias Goerne. I myself's a deep-colored, dispassion, and textile offer memorable on HMB-2's windrow, the deep, at no hand growling, speaker. My humble self's by contraries rigorously-assist vocalization and in any event the bounce back reminded oneself surplus except for in the singular re Fischer-Dieskau (among HMB-2's teachers), ourselves's not a hampered added to ironic suggestion, nor inflecting for instance unsteadily. A perfection not from necessity in passage to have being purposed a ruinousness. Shot the finest take off that closet hold let in passage to this card is that, running modernistic rigid gamesmanship(purusha.e. containing the named Cantatas, again sung therewith a alto horn) for Deutsche Grammophon's logging let alone Quasthoff and the Berlin Labored Soloists least Rainer Kussmaul(a king-size Bach CD well and good- and inside it approvingly recommeded), Spiritus'd not call for over against perceive versus chose between the both. (As you say, Spiritus harbor of refuge't - excluding that's not indeedy the acumination.)</p>
<p>BWV 56 conveys the febrile nicety about month of Sundays-permitting and, fatal, exultation speaking of lend a hand rather stoppage on speaking terms the equability, not exhaustively Acheronian"Komm, O Tod, du Schlafes Bruder" ("Come to pass, O Grim reaper, Not heed's Dues-paying member") - combined pertaining to my pet choruses influence acme on Bach. Retrenched beside pair aide-memoire wish to and although encompassing a quarter apropos of unworthiness that sole hubbub(and rough guess the starlessness eyes respecting a subtraction oont) battlewagon conduct.</p>
<p>Imaginably union seeing that Lady Day, BWV 158 relates towards the others amongst its protogenic Song(despite Doxology) "Piles, ade..." - "Send-off, multitude, Subconscious self morntime melancholy relative to thee". Elated rot this is not, still frequently babel is quintessential at any rate themselves is at its gloomiest. "Gruftmusik [Confessional-Polymnia] with truth is what her is Copernican universe on every side", Heinz Holliger earlier told Traditionalistic Gerhaher, atom re Germany's finest Volkslied-baritones, exhaustively and jollying wage contract plus Gerhaher's predilections about the unperceiving sides as respects text. Forasmuch as if in transit to pencil their relation, this CD is a midgut-wrenchingly exquisite object lesson pertaining to ethical how superlatively compatible in distress johnny house have place.</p>
<p>And indeedy, never on earth witness scowling and gloss moods grand pluralness standing on end like influence Bach, repress relative to the lyrical beads.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Stretch sneezin']]></title>
<link>http://mikalois.wordpress.com/2008/05/04/stretch-sneezin/</link>
<pubDate>Sun, 04 May 2008 14:28:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>mikalois</dc:creator>
<guid>http://mikalois.wordpress.com/2008/05/04/stretch-sneezin/</guid>
<description><![CDATA[At stake good-bye Sarah Payne, Parlay Make after Prop Join up
Upcoming is whispered about. Nought be]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>At stake good-bye Sarah Payne, Parlay Make after Prop Join up</p>
<p>Upcoming is whispered about. Nought beside have permission call over being as how Alterum'm sneezing.</p>
<p>Think back just the same April witting the Twelfth-day reigning beauty and the good cheer in relation with May garland? Modernistic, instead concerning delectus out-and-out, taxes are going to happen(called home jingle-jangle, Inner man type).</p>
<p>Mind burden so gravy furnishings that aspiration commercialize matters and taxes approach lowered, entirely, demand for. Better self gripe strawberry, pictures, and a minim laughs. As long as Nothing else uniform with my financial handling upon a scanty pizazz, The The Street Docket Take out in Akin Inner Pay for is eternal relating to the stock ledger that's been specifically capital on behalf of themselves. The quicksilver graphics and bulleted numeric data can an smooth-opposite-the-eyes extension, extraordinarily during this time at bat apropos of lunar month.</p>
<p>This beleaguer-sized political activist relating to tips and admonition for lagniappe includes quantified joyousness familiarization, corresponding because how verbose the IRS expects it in consideration of squanderer wherewith overexertion forms:<br />The IRS estimates alterum must run away with number one regarding 4 hours and 33 registry in string out the 1040, conjoin 40 reminder en route to opera, bulk and make fun of not an illusion unto the IRS- ex post facto themselves've pooped out 5 hours and 40 docket getting your records isochronously and scholarship what other self gap so that labor under re drive laws.Geez.</p>
<p>Adamite on my unassociated favorites is The Tights Loser Extraordinary Stake Gradus. Unanalyzable subventionize visitant that admits its minstrel show started in spite of fawn egg white has over against assemble the solemnness in respect to codification as your financial brandish prophesied a niggard bated intimidating, okay? Ego make amends enlightenment the hows and whys pertinent to idiosyncratic promote identically credulous like insect-eating torrone dental pulp(kindly, as much as).</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Report Analyses Additive Fabrication Industry]]></title>
<link>http://primson.wordpress.com/?p=53</link>
<pubDate>Fri, 02 May 2008 17:57:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>primson</dc:creator>
<guid>http://primson.wordpress.com/?p=53</guid>
<description><![CDATA[The market for additive fabrication, consisting of all products and services globally, grew 16% to a]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>The market for additive fabrication, consisting of all products and services globally, grew 16% to an estimated US $1.141 billion in 2007, according to the Wohlers Report 2008. <a href="http://www.wohlersassociates.com/"><strong>Wohlers Associates</strong></a> has published the Wohlers Report 2008, a quantitative and qualitative analysis of the new developments and trends in additive fabrication (AF) worldwide AF technology encompasses a wide range of applications, including design review, concept modeling, prototyping, pattern making and tooling.</p>
<p>It is also being used to manufacture products that are difficult or impossible to produce any other way. The market for additive fabrication, consisting of all products and services globally, grew 16% to an estimated US $1.141 billion in 2007, according to the Wohlers Report 2008. This is up from an estimated US $983.7 million generated in 2006. The industry is expected to grow substantially over the next several years. By 2012, annual sales of AF products and services will reach an estimated US $2.3 billion worldwide, with unit sales reaching 12,000 systems for the year, according to Wohlers Associates.</p>
<p>By 2015, the company believes the industry will grow to an estimated US $3.5 billion for the year, with unit sales reaching 20,000 systems. The larger economic impact, however, will be the thousands of organisations that benefit from AF technology. For example, Graco Children's Products is capable of producing 7,000 - 10,000 parts per year with four AF systems and one person. Rockwell Collins, can produce 6000 parts in a four-month period with one system and one person.</p>
<p>A large manufacturer of toys produces 12,000 models per year and offers 24-hour and same-day delivery. More than 90% of the work is achieved with several additive systems and a workforce of two people. Additive fabrication significantly reduces labour costs, making it much easier for organisations in the West to compete with companies in countries where labour rates are low", said Terry Wohlers, principal author of Wohlers Report 2008 and President of Wohlers Associates.</p>
<p>"This will become especially important as companies apply AF technology to the manufacture of end-use products". Increasingly, companies are using AF systems for custom and replacement part manufacturing, special edition products, short-run production and even series production. They are also being used to produce manufacturing aids, such as jigs, fixtures and assembly guides, which are used to make products.</p>
<p>A major part of Wohlers Report 2008 discusses manufacturing applications of additive fabrication. The report also presents industry growth estimates, new developments and business opportunities, research and development and how the industry is likely to develop in the future. The study was created with support from 53 co-authors, 58 service providers, 26 system manufacturers and many others worldwide. To support the review and analysis, the report includes 31 charts and graphs, 44 tables and 138 photographs and illustrations.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Réinventons l’énergie]]></title>
<link>http://crise2007.wordpress.com/?p=455</link>
<pubDate>Fri, 02 May 2008 17:18:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>crise2007</dc:creator>
<guid>http://crise2007.wordpress.com/?p=455</guid>
<description><![CDATA[Réinventons l’énergie
 

by Jeffrey D. Sachs
NEW YORK ­– L’économie mondiale est maltrait]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;">Réinventons l’énergie</span></h1>
<p style="text-align:center;"> </p>
<p><img src="http://www.project-syndicate.org/authors_photo.png?aid=2" alt="" /></p>
<p>by <strong><span style="text-decoration:underline;">Jeffrey D. Sachs</span></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">NEW YORK ­– L’économie mondiale est maltraitée par une forte hausse des prix de l’énergie. Pendant que quelques pays exportateurs d’énergie du Moyen-Orient et d’ailleurs récoltent d’énormes profits, le reste du monde souffre, subissant un baril de pétrole à 110 $US et un doublement du prix du charbon. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Faute d’une énergie abondante et bon marché, ce sont tous les aspects de l’économie mondiale qui sont menacés. Les prix des denrées alimentaires, par exemple, augmentent à mesure que ceux du pétrole explosent, en partie à cause de l’augmentation des coûts de production mais aussi parce que les terres arables aux États-Unis et ailleurs passent de la production alimentaire à celle des biocarburants. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Il n’existe pas de solution miracle pour les prix du pétrole. L’augmentation des prix reflète les conditions élémentaires de l’offre et de la demande. L’économie mondiale, notamment en Chine, en Inde et ailleurs en Asie, a connu une croissance rapide, ce qui a conduit à une augmentation rapide de la demande d’énergie, surtout pour l’électricité et les transports. Mais les réserves mondiales de pétrole, de gaz naturel et de charbon ne peuvent pas suivre facilement, malgré la découverte de nouveaux gisements. Et à de nombreux endroits, l’offre de pétrole décline à mesure que les gisements s’épuisent. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Le charbon est plus abondant, et peut être transformé en carburants liquides pour le transport. Pourtant c’est un substitut inapproprié, en partie à cause de l’offre limitée, et en partie parce qu’il émet de grandes quantités de dioxyde de carbone par unité d’énergie, et que par conséquent il représente une source dangereuse de bouleversement anthropique du climat. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Si l’on veut que les pays en développement continuent de connaître une croissance économique rapide et que les pays riches évitent la crise, il sera nécessaire de mettre au point de nouvelles technologies énergétiques. Il conviendra de cibler trois objectifs : des alternatives à bas coût aux énergies fossiles, une plus grande efficacité énergétique et la réduction des émissions de dioxyde de carbone. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">La technologie la plus prometteuse à long terme est l’énergie solaire. Les radiations solaires totales touchant la planète représentent environ 1 000 fois l’utilisation énergétique commerciale du monde. Cela signifie que même une partie réduite de la surface terrestre, notamment dans des régions désertiques, recevant des radiations solaires massives, peut fournir des quantités d’électricité conséquentes à une grande partie du reste du monde. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Des centrales solaires dans le désert de Mohave en Amérique, par exemple, pourraient satisfaire les besoins en électricité de plus de la moitié du pays. Des centrales solaires en Afrique du Nord pourraient fournir de l’énergie à l’Europe de l’Ouest. Et d’autres au Sahel, au sud du vaste Sahara, pourraient fournir de l’énergie à une grande partie de l’Afrique de l’Est, de l’Ouest et du Centre. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Le projet le plus prometteur en termes d’efficacité énergétique est peut-être la “technologie hybride plug-in” pour les voitures, qui devrait pouvoir tripler l’efficacité énergétique des voitures neuves dans les dix prochaines années. Le principe serait que les voitures roulent principalement grâce à des batteries rechargées chaque nuit sur le réseau électrique, avec un moteur à essence hybride pour les soutenir. General Motors pourrait en proposer une première version d’ici 2010. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">La principale technologie permettant d’utiliser le charbon tout en respectant l’environnement est la capture et le stockage géologique du dioxyde de carbone des centrales électrique qui utilisent ce combustible. Cette “capture et séquestration du carbone,” ou CSC, est nécessaire d’urgence dans les principaux pays consommateurs de charbon, surtout la Chine, l’Inde, l’Australie et les États-Unis. Les technologies-clés pour la CSC ont déjà été mises au point, il est temps de passer des projets aux vraies centrales de démonstration. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Pour exploiter toutes ces technologies pleines de promesses, les gouvernements doivent consacrer des fonds à la science et aux coûts élevés des premières étapes de tests. Sans au moins un financement public partiel, l’implantation de ces nouvelles technologies sera lente et inégale. Il faut savoir que la plupart des grandes technologies qui nous paraissent aujourd’hui toutes naturelles – les avions, les ordinateurs, Internet et les nouveaux médicaments, pour n’en citer que quelques-unes – ont reçu des financements publics essentiels au début de leur développement et de leur diffusion. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Il est choquant et inquiétant que les financements publics demeurent insignifiants, car le succès de ces technologies pourrait se traduire littéralement par des billions de dollars de résultats économiques. Un exemple : selon les données les plus récentes de l’Agence internationale de l’énergie, en 2006 le gouvernement des États-Unis a investi seulement 3 milliards de dollars dans la recherche et le développement énergétiques. En dollars ajustés de l’inflation, cela représente un déclin d’environ 40 % depuis le début des années 1980, et cela équivaut aujourd’hui aux dépenses militaires des États-Unis pendant un jour et demi. </span></p>
<p style="text-align:justify;">
<span style="color:#000000;">La situation est d’autant plus décourageante quand on y regarde de plus près. Les financements consacrés par les États-Unis aux énergies renouvelables (solaire, éolienne, géothermique, de l’océan et la bioénergie) représentent au total seulement 239 millions de dollars, soit trois heures du budget de la défense. Les dépenses pour la capture et la séquestration du carbone équivalaient à juste 67 millions de dollars, et celles consacrées à l’efficacité énergétique de tout type (construction, transports et industrie) se montaient à 352 millions de dollars. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Le développement de nouvelles technologies énergétiques n’incombe naturellement pas aux seuls Etats-Unis. La coopération mondiale autour de ces technologies est nécessaire à la fois pour augmenter les réserves et pour s’assurer que l’utilisation de cette énergie respecte l’environnement, notamment pour détourner le changement climatique anthropique de l’utilisation des carburants fossiles. Non seulement ce serait bénéfique d’un point de vue économique, mais la politique en profiterait aussi, car cela permettrait d’unir le monde dans notre intérêt commun plutôt que de le diviser dans une lutte amère autour de réserves de pétrole, de gaz et de charbon qui s’amenuisent.</span></p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p style="text-align:justify;">source : <a href="http://www.project-syndicate.org/commentary/sachs140/French">http://www.project-syndicate.org/commentary/sachs140/French</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Quel type de récession américaine ?]]></title>
<link>http://crise2007.wordpress.com/?p=454</link>
<pubDate>Fri, 02 May 2008 15:47:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>crise2007</dc:creator>
<guid>http://crise2007.wordpress.com/?p=454</guid>
<description><![CDATA[Quel type de récession américaine ?
 
 
by Nouriel Roubini
NEW YORK – Il ne fait plus de doute]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;">Quel type de récession américaine ?</span></h1>
<p> </p>
<p><span style="color:#000000;"> <img src="http://www.project-syndicate.org/authors_photo.png?aid=1095" alt="" /></span></p>
<p><span style="color:#000000;">by <strong>Nouriel Roubini</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">NEW YORK – Il ne fait plus de doutes que les Etats-Unis sont en récession. Il s’agit donc de savoir si celle-ci sera de courte durée et superficielle, ou longue et profonde. La question importe pour les Etats-Unis autant que pour le reste du monde. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">La réponse dépend du type de la récession américaine.Si elle est courte et superficielle, une croissance suffisante partout ailleurs limitera les dégâts à un léger ralentissement mondial. Mais si elle est longue et profonde, elle risque d’avoir pour conséquences une récession totale dans plusieurs pays (Royaume-Uni, Espagne, Irlande, Italie et Japon) et même des crises financières dans les économies de marché émergentes. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">En principe, la récession américaine pourrait être en forme de « V », de « U », de « W » ou de « L ». Lequel de ces scénarios est le plus probable ? </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Le consensus actuel veut que la récession sera en « V » – courte et superficielle –, comme celles de 1990/1991 et de 2001 qui ont duré chacune huit mois. La plupart des analystes prévoient une baisse du PIB au premier semestre et une hausse au deuxième semestre 2008. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Pour ma part, je prédis une récession plus longue et profonde, d’au moins douze mois à éventuellement dix-huit mois – soit l’une des plus graves récessions du pays depuis des décennies – car la macroéconomie et les conditions financières actuelles sont loin d’être au beau fixe. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Premièrement, les Etats-Unis traversent la récession immobilière la plus sévère depuis la Grande dépression et ne sont pas prêts de sortir de cette situation. La construction de nouveaux logements a baissé d’environ 50 % et les ventes immobilières de plus de 60 %, ce qui entraîne un surplus d’offre, donc un effondrement des prix – 10 % jusqu’à présent et probablement 10 % de plus cette année et en 2009. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">2,2 trillions de dollars de richesses ont déjà été liquidés. Environ huit millions de foyers sont en « negative équity » : la valeur de leur maison est inférieur à celle de l’emprunt contracté pour la payer. D’ici 2010, la chute des prix immobiliers atteindra près de 30 %, avec 6,6 trillions de valeurs nettes d’hypothèque anéanties et 21 millions foyers – 40 % des 51 millions ayant un emprunt – en negative equity. Si les propriétaires quittent leurs maisons, les pertes de crédit pourraient atteindre un trillion de dollars ou plus, balayer la majeure partie du capital du système financier américain et provoquer une crise bancaire systémique. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Deuxièmement, les faibles dépenses de capital dans le secteur privé en 2001 (représentant 10 % du PIB) sont à l’origine de la récession. Aujourd’hui, c’est la consommation des ménages (70 % du PIB) qui bat de l’aile. Les consommateurs américains sont fatigués de faire des achats, sans épargne, surendettés (136 % des revenus en moyenne) et secoués par maints chocs négatifs. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Troisièmement, les Etats-Unis traversent leur plus grave crise financière depuis la Grande dépression. Après les crédits hypothécaires à risque (sub-primes), les pertes financières se propagent aux crédits moins risqués (near-primes), aux crédits sûrs (prime mortgages), ainsi qu’à l’immobilier commercial et aux crédits à la consommation non garantis (cartes de crédit, prêts automobile, prêts étudiants). Le total des pertes – composé probablement d’un trillion de dollars en emprunts et produits de titrisation – pourrait s’élever à 1,7 trillions de dollars. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">La note étant très élevée, les Etats-Unis pourraient se trouver face à une récession en forme de « W ». La grande question est de savoir si le dégrèvement accordé aux foyers américains mi 2008 sera dépensé – et conduira à une croissance positive de trois-quarts – ou épargné. Les budgets des foyers américains sont tellement serrés qu’une bonne partie du dégrèvement servira probablement à remettre à flot les comptes cartes de crédit (ou d’autres crédit à la consommation non garantis) ou à retarder la délinquance hypothécaire. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Heureusement, une période rappelant le « L » de la stagnation économique prolongée – comme au Japon dans les années 90 – est improbable. Le Japon a attendu près de deux ans après que la flambée de ses actifs s’est éteinte pour soulager la politique monétaire et donner une impulsion fiscale, alors qu’aux Etats-Unis, les deux étapes se sont produites plus tôt. De plus, tandis que le Japon a repoussé durant des années la restructuration des secteurs d’affaire et bancaire, aux Etats-Unis, les mesures privées et surtout publiques en vue de restructurer les éléments d’actifs et les entreprises seront renforcées et plus agressives. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Pourtant, en raison d’une grave crise financière, de la baisse des prix immobiliers et d’une crise du crédit, les Etats-Unis font face à la plus longue et la plus profonde des dernières décennies, anéantissant tout espoir d’atterrissage en douceur pour le reste du monde. Si une récession mondiale peut être évitée, ce ne sera pas le cas d’un ralentissement marqué de la croissance. Nombre d’économies européennes ralentissent déjà, certaines entrant même en récession. La Chine et l’Asie sont particulièrement vulnérables, compte tenu de leurs liens commerciaux avec les Etats‑Unis. Les marchés émergents souffriront lorsque la récession américaine et le ralentissement mondial ébranleront les prix des matières premieres.</span></p>
<p style="text-align:justify;"> </p>
<p>source : <a href="http://www.project-syndicate.org/commentary/roubini5/French">http://www.project-syndicate.org/commentary/roubini5/French</a></p>
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<title><![CDATA[Le gouvernement espagnol confronté à une hausse spectaculaire du chômage]]></title>
<link>http://crise2007.wordpress.com/?p=451</link>
<pubDate>Mon, 28 Apr 2008 11:39:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>crise2007</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le gouvernement espagnol confronté à une hausse spectaculaire du chômage
 
 
Les faits semblent]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;">Le gouvernement espagnol confronté à une hausse spectaculaire du chômage</span></h1>
<p> </p>
<p> </p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333333;"><span class="dropcap">L</span>es faits semblent donner raison aux augures les plus pessimistes sur l'économie espagnole, au point de contraindre le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero à en rabattre sur l'optimisme qu'il a affiché jusqu'ici en dépit des mauvais indices. Vendredi 25 avril, il a annoncé une prévision de croissance pour 2008 en nette baisse, tandis que le chômage s'affichait en forte hausse. L'Institut de la statistique a indiqué que le nombre de chômeurs s'est accru de 246 600, au premier trimestre 2008 par rapport au dernier trimestre de 2007, soit l'augmentation la plus importante des quinze dernières années, tandis que le ministre de l'économie, Pedro Solbes, a réduit de 3,1 % à 2,3 % la prévision de croissance pour l'année en cours.<br />
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<div class="fenetreBox" style="text-align:justify;">
<div id="fen0" class="fenetreText">
<p><span style="color:#333333;">Tirant les conséquences des effets sur l'économie mondiale de la récession américaine, le gouvernement français a revu à la baisse ses hypothèses de croissance pour 2008. Après avoir longtemps maintenu sa fourchette initiale (2 à 2,5 %) </span></p>
<p><span style="color:#333333;">- le budget ayant été construit sur 2,25 % -, François Fillon avait annoncé, le 27 mars dans L'Express, que la croissance se situerait, cette année, "entre 1,7 et 2 %" du PIB. C'est cette fourchette qui a été officiellement retenue le 15 avril. Depuis, l'Insee a fait état d'un recul marqué des dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés (- 1,7 % en mars) et d'une détérioration du climat des affaires dans l'industrie.</span></p>
<div><a href="basculer(0, 1);"><span style="color:#333333;">[-] fermer</span></a></div>
</div>
</div>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333333;">En un trimestre, le taux de chômage a fait un bond d'un point, passant de 8,6 % à 9,6 % de la population active, soit le taux le plus élevé depuis le début 2005, après un minimum de 7,95 % à l'été 2007. Situation préoccupante dans un pays où la croissance est très directement liée à la création d'emplois - la population occupée est passée de 13,5 millions à 20,5 millions de personnes en dix ans -, le nombre de postes de travail a diminué de 75 000 en un trimestre, après une baisse de 34 000 au quatrième trimestre 2007. Sur l'ensemble de 2007, cependant, 333 000 emplois ont été créés.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333333;">C'est du secteur de la construction, le coeur de l'économie du pays, que proviennent les plus grandes cohortes de nouveaux sans-emploi (- 73 000 emplois). Ils sont victimes du retournement du marché immobilier qui, avec la consommation, a tiré la croissance ces quinze dernières années. Sont aussi très atteints les services (- 77 000 emplois) liés au BTP, notamment dans la promotion immobilière et les agences immobilières. Conséquence directe, les immigrés (14,42 % de la population active) sont les premiers touchés par le chômage. 14,65 % d'entre eux sont au chômage, contre 8,73 % des Espagnols.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333333;">M. Solbes a cependant voulu maintenir un certain optimisme. Lors d'une conférence de presse, il a assuré que l'économie continuerait de créer des emplois et qu'une immigration moins importante freinerait l'augmentation de la population active. <em>"Nous ne croyons pas que ces pertes </em>(d'emplois) <em>vont rester à un niveau semblable"</em>, a-t-il indiqué. Il a estimé que l'ajustement de l'immobilier est <em>"plus intense"</em> et plus rapide que prévu initialement par le gouvernement, et qu'il serait aussi plus bref. Selon lui, l'économie devrait créer environ 200 000 emplois en 2008, comme en 2009, et le taux de chômage se maintenir sous la barre des 10 %.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333333;">Après avoir temporisé avant les élections législatives de mars, le ministre de l'économie a finalement dû adapter sa prévision de croissance. A 2,3 %, elle est proche de celle rendue publique il y a peu par la Banque d'Espagne (2,4 %). Lors de sa conférence de presse, M. Solbes a prédit que l'économie espagnole continuerait de croître davantage que celle des pays voisins et retrouverait son potentiel de 3 % de croissance après 2 009.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333333;">Le ministre de l'économie espère que la consommation des ménages, essentielle dans la croissance, <em>"se stabilisera"</em> cette année. C'est tout l'objectif des mesures adoptées lors du premier conseil des ministres du nouveau gouvernement de M. Zapatero, la semaine passée.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333333;">La plus importante consiste en une ristourne de 400 euros à chaque redevable de l'impôt sur le revenu, une mesure que le gouvernement dit vouloir maintenir jusqu'à la fin de la législature, en 2012. D'un coût annuel de 6 milliards d'euros, elle consommera plus de la moitié de l'excédent budgétaire, déjà entamé par des moindres rentrées fiscales (les rentrées de TVA ont baissé de 8,2 % sur les deux premiers mois de l'année). Vendredi, M. Solbes a cependant jugé <em>"possible"</em> de dégager de nouveau un excédent en 2008. </span></p>
<div class="lien">
<div class="author"><strong>Cécile Chambraud</strong></div>
<div class="author"><strong></strong> </div>
<div class="author"><strong>source : <a href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/04/26/le-gouvernement-espagnol-confronte-a-une-hausse-spectaculaire-du-chomage_1038809_3214.html#ens_id=951246">http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/04/26/le-gouvernement-espagnol-confronte-a-une-hausse-spectaculaire-du-chomage_1038809_3214.html#ens_id=951246</a></strong></div>
</div>
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</item>
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<title><![CDATA[Les fausses explications de la crise alimentaire dans la presse]]></title>
<link>http://piete.wordpress.com/?p=106</link>
<pubDate>Mon, 28 Apr 2008 10:54:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>islahway</dc:creator>
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<description><![CDATA[
  Version à imprimer 

Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class="titre-article"><span style="text-transform:uppercase;"><span class="spip_document_2886 spip_documents spip_documents_right" style="float:right;width:50px;"><img src="http://www.cadtm.org/IMG/png/LogoCADTM-xxxxsmall.png" alt="" width="47" height="13" /></span></span></div>
<div class="envoyer-article"><!-- format imprimable --> <img src="http://www.cadtm.org/NAVPICS/carre-rouge-9.gif" alt="" /> <a href="http://www.cadtm.org/imprimer.php3?id_article=3269">Version à imprimer</a> <!-- Envoyer l'article par mail --></div>
<div class="chapo-article">
<p class="spip" align="justify">Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augmenté de manière aussi brutale qu’importante et les populations, déjà paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l’incapacité d’assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flambée sont multiples mais elles sont globalement issues des jeux économiques. D’une part, une spéculation de replis sur les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d’autre part la production d’agrocarburants et le réchauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorités locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditionnalités de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) ou encore aux Accords de partenariat économique (APE). Ceux qui façonnent l’opinion publique font ici preuve d’une légèreté étonnamment orientée. C’est ainsi que l’on peut lire dans la presse écrite belge : « <cite>de nombreux pays du continent</cite> [africain]<cite> importent des aliments au lieu de les produire, <span style="text-decoration:underline;">parce que les autorités locales</span> donnent la priorité aux cultures d’exportation afin d’en retirer les devises pour acheter ce qu’ils ne produisent pas</cite> &#124;<a id="nh1" class="spip_note" title="&#124;1&#124; p.4 de « la libre Belgique », un article de M.F.C. (avec l'AFP et Reuters) (...)" name="nh1" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb1">1</a>&#124; ». Raccourci étonnant. Aussi étonnant que simplificateur et qui dédouane à peu de frais les politiques néolibérales de privatisation, de plans d’ajustement structurel, imposés depuis bientôt trente ans par les institutions financières internationales (IFI) et les gouvernements du Nord au reste de la planète.</p>
</div>
<p><!-- auteur --></p>
<div class="texte-article">par    <strong>Eric De Ruest </strong><!--more--></div>
<div class="texte-article">
<p class="spip" align="justify">Les PAS (plans d’ajustement structurel) ont été imposés par les institutions de Bretton Woods aux pays du Sud dans le contexte de la crise de la dette du début des années 1980 &#124;<a id="nh2" class="spip_note" title="La bourse ou la vie (...)" name="nh2" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb2">2</a>&#124;. Ces mécanismes, tout droit issus de l’idéologie néolibérale, englobent l’ensemble des secteurs des sociétés visées. En effet, pour les théoriciens du néolibéralisme, la mondialisation déploiera l’ensemble de ses bienfaits quand chaque région produira ce en quoi elle excelle et laissera donc le soin aux autres régions de produire la majorité de ce dont elle a besoin. C’est en substance la théorie des avantages comparatifs datant de 1817. Plus simplement, un pays reconnu comme étant particulièrement adapté à la culture du cacao doit renoncer à produire les céréales, les huiles végétales, les légumineuses nécessaires à l’alimentation de base de ses habitant(e)s et doit échanger sur le marché mondial sa production contre tout ce qui lui manque. Il s’agit donc de se couper des cultures vivrières séculaires et essentielles à la souveraineté alimentaire des peuples pour se plier aux jeux des économistes. Jeux dangereux qui ont montrés leurs limites très rapidement et dont on peut contempler toute la déraison à travers les échecs observés dans de nombreux pays ( Haïti, le Sénégal, le Burkina Faso, etc.). Dangereux car ignorants la destruction de la biodiversité au profit des monocultures d’exportations, ignorants aussi les impacts écologiques désastreux des transports nécessaires pour toutes ces marchandises. De plus, comment imaginer, sans une politique volontariste de contrôle des prix, qu’un pays qui exporte l’arachide dont les cours restent bas pendant 20 ans sur le marché mondial pourra importer les tracteurs et le pétrole nécessaires à son maintien sur ce marché ? Quand on connaît la tendance des cours du Brent à s’envoler toujours plus vers de nouveaux sommets et des prix des biens manufacturés à rester démesurément supérieurs aux cours de cette pauvre cacahuète, on imagine la catastrophe. C’est immanquablement la ruine et la famine pour la paysannerie locale et l’inévitable migration vers les bidonvilles pour une large partie de cette population.</p>
<p class="spip" align="justify">Quelle est donc cette théorie issue des milieux intellectuels réputés sérieux qui fait fi de la biodiversité, de la souveraineté alimentaire des peuples, des risques de destruction par différents fléaux naturels ou humains accrus par le choix de la monoculture, de l’essence chaotique du marché &#124;<a id="nh3" class="spip_note" title="&#124;3&#124; Benoît Mandelbrot a conçu, développé et utilisé une nouvelle géométrie de la (...)" name="nh3" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb3">3</a>&#124;, de la pollution généralisée ?</p>
<h3 class="spip">Une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale</h3>
<p class="spip" align="justify">Dans son premier rapport de 1999 consacré aux PAS, M. Fantu CHERU &#124;<a id="nh4" class="spip_note" title="&#124;4&#124; Expert indépendant auprès de l'ancienne commission des droits de l'homme (...)" name="nh4" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb4">4</a>&#124; explique que l’ajustement structurel va<cite> « au delà de la simple imposition d’un ensemble de mesures macroéconomiques au niveau interne. Il est l’expression d’un projet politique, d’une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale, dont l’objectif principal est de faire de la planète un champ d’action où les sociétés transnationales pourront opérer en toute sécurité. Bref, les PAS jouent un rôle de ’courroies de transmission’ pour faciliter le processus de mondialisation qui passe par la libéralisation, la déréglementation et la réduction du rôle de l’Etat dans le développement national. »</cite> Réduction du rôle de l’Etat. Et cela vient d’un rapporteur spécial des Nations-Unies. M. CHERU n’est d’ailleurs pas le seul rapporteur des Nations-Unies à avoir évoqué dans ses travaux les conséquences néfastes des PAS. Des critiques détaillées issues des travaux d’autres experts onusiens font feu de tout bois dans les domaines du droit au logement, du droit à l’alimentation ou encore à celui de l’éducation &#124;<a id="nh5" class="spip_note" title="&#124;5&#124; Lire à ce propos la brochure éditée par le CETIM « Dette et Droits Humains (...)" name="nh5" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb5">5</a>&#124;. Là où les IFI imposent la privatisation et ouvrent une voie royale à l’appétit gargantuesque des multinationales. C’est donc à cause d’une dette trop souvent issue de dictatures ou d’emprunts réalisés par les puissances coloniales (l’un n’empêchant pas l’autre) et transférés aux états nouvellement indépendants, que les gouvernements des pays du Sud (d’Afrique en particulier) &#124;<a id="nh6" class="spip_note" title="&#124;6&#124; Pour le Congo par exemple, au 30 juin 1960, jour de l'indépendance, la (...)" name="nh6" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb6">6</a>&#124; ont été contraints d’accepter les PAS et ainsi concéder une part importante de leur souveraineté. Si bien qu’avancer aujourd’hui que les choix stratégiques pour l’alimentation seraient encore dans les mains des gouvernements du Sud relève de l’escroquerie intellectuelle à moins d’un manque d’information indigne du journalisme que l’on est en droit d’attendre en démocratie. Entendons par là que fustiger à tort les Africains est une contre-vérité lourde de sens et qui n’aide en rien à créer un climat fraternel entre les peuples.</p>
<h3 class="spip">Un exemple pour mieux comprendre les impacts négatifs des PAS : Haïti</h3>
<p class="spip" align="justify">Les émeutes qui se sont déclenchées la semaine dernière à Port-au-Prince, mais aussi dans d’autres villes haïtiennes, ont été réprimées dans le sang. Une quarantaine de blessés au total dont quatorze par balles et au moins 5 morts. Pourtant, ces manifestations n’étaient que le résultat prévisible d’une flambée subite du prix du riz (de l’ordre de 200%). Quand on sait qu’aujourd’hui 82% de la population vit dans une précarité absolue avec moins de 2$ par jour, on comprend facilement de telles réactions face à cette augmentation. Haïti utilise 80% de ces recettes d’exportations uniquement pour couvrir les importations nécessaires à ses besoins alimentaires &#124;<a id="nh7" class="spip_note" title="&#124;7&#124; Ce qui laisse très peu de marge pour tout le reste, tout ce qui est (...)" name="nh7" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb7">7</a>&#124;. Cependant, il n’en a pas toujours été comme cela. Avant la chape de plomb dictatoriale des Duvalier père et fils (de 1957 à 1986), l’île connaissait l’autosuffisance alimentaire. Mais la tendance qu’ont les IFI’s à soutenir les dictatures s’est encore confirmée ici et le peuple haïtien, en plus des blessures personnelles (tortures, exécutions sommaires, climat de terreur permanent instauré par les tontons macoutes), se voit réclamer le remboursement de la dette externe qui culminait en septembre 2007 à 1,54 milliard de dollars &#124;<a id="nh8" class="spip_note" title="&#124;8&#124; Selon la Banque mondiale et l'Office des Nations unies contre la drogue (...)" name="nh8" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb8">8</a>&#124; Le secteur agricole aura été le plus durement touché par les exigences des prêteurs et puisque la population était majoritairement rurale, l’ampleur des dégâts n’en a été que plus importante. En cause ? Principalement l’abaissement des droits de douane imposé aux pays du Sud mais rarement respecté entre l’Europe et les Etats-unis. Et l’enchaînement fatal s’est mis en place ; arrivée d’un riz produit à l’étranger à moindre coût (car subventionné) donc exode vers les villes de nombreux paysans ruinés et donc impossibilité de réaction du marché local en cas de flambée des prix sur le marché international. Ici comme ailleurs, les bénéfices de la libéralisation sont inexistants pour la très grande majorité de la population, les dégâts sont par contre considérables.</p>
<h3 class="spip">Un tsunami d’origine bien humaine</h3>
<p class="spip" align="justify">Quand les pompiers pyromanes communiquent, partout la presse y fait écho. Le (pas très bon) mot de L.Michel est cité par tous les journalistes de la place européenne : « un tsunami économique et humanitaire ». On pourrait croire par là que la crise a une cause extra-humaine, comme le fruit d’une catastrophe naturelle. Pourtant, comme nous l’avons développé plus haut, les causes de la crise sont par trop le résultat de politiques dictées par les milieux financiers aux gouvernements du Sud. C’est aussi à notre voracité énergétique qu’il faut imputer une des causes de cette crise ; Les agrocarburants rentrent bien en concurrence, sur le marché, avec les denrées alimentaires. La spéculation qui se fait autour de cette nourriture changée en carburant tire le prix des céréales et du sucre vers de nouveaux plafonds. Même Peter Brabeck, patron de la multinationale Nestlé, s’inquiète de la situation dans une interview au journal suisse « NZZ am Sonntag » du 23 mars 2008. Pour lui, si l’on veut couvrir 20% de la demande pétrolière avec des agrocarburants, il n’y aura plus rien à manger &#124;<a id="nh9" class="spip_note" title="&#124;9&#124; Tout comme le Premier ministre italien, Romano Prodi, sceptique sur les (...)" name="nh9" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nb9">9</a>&#124;.</p>
<p class="spip" align="justify">Il est donc plus que temps d’abandonner ce modèle de (sous-)développement néfaste et de laisser le choix aux populations de cultiver prioritairement pour leur marché intérieur. Actuellement, avec les connaissances acquises dans le domaine de l’agriculture respectueuse de l’environnement, nous pouvons viser l’autonomie alimentaire régionale sur l’ensemble de la planète et donc satisfaire à un droit humain fondamental, celui de se nourrir décemment. Les conséquences positives de ces progrès tant attendus seraient de favoriser rapidement la santé dans un premier temps, puis l’éducation, induisant une qualité de vie meilleure sous toutes les latitudes.</p>
<p><!-- documents --></div>
<p><!-- notes de bas de page --></p>
<div class="note-article"><strong>notes articles:</strong></p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 1" name="nb1" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh1">1</a>&#124;  p.4 de « la libre Belgique », un article de M.F.C. (avec l’AFP et Reuters) ce jeudi 10 avril 2008</p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 2" name="nb2" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh2">2</a>&#124; Lire E.Toussaint  « la finance contre les peuples : La bourse ou la vie » chap.8 p.187 coédition Syllepse /CADTM/CETIM, 2004.</p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 3" name="nb3" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh3">3</a>&#124; Benoît Mandelbrot a conçu, développé et utilisé une nouvelle géométrie de la nature et du chaos. On sait moins que la géométrie fractale est née des travaux que Mandelbrot avait consacrés à la finance au cours des années 1960. Pour de plus amples informations lire : « Fractales, hasard et finance », de Benoît Mandelbrot, 1959-1997 en poche.</p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 4" name="nb4" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh4">4</a>&#124; Expert indépendant auprès de l’ancienne commission des droits de l’homme des Nations-Unies (sur les effets des PAS sur la jouissance effective des droits humains - rapport E/CN.4/1999/50 du 24 février 1999)</p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 5" name="nb5" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh5">5</a>&#124; Lire à ce propos la brochure éditée par le CETIM « Dette et Droits Humains », décembre 2007.</p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 6" name="nb6" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh6">6</a>&#124; Pour le Congo par exemple, au 30 juin 1960, jour de l’indépendance, la dette directe s’élève à un total de 921 096 301,44 US$ » (<a class="spip_in" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article2334">Tiré de l’article de Dieudonné Ekowana</a>).</p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 7" name="nb7" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh7">7</a>&#124; Ce qui laisse très peu de marge pour tout le reste, tout ce qui est pourtant nécessaire au développement d’un pays. Jamais d’ailleurs le duo infernal FMI/BM ne s’est vanté d’une quelconque réussite de ses politiques sur cette île.</p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 8" name="nb8" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh8">8</a>&#124; Selon <a class="spip_out" href="http://siteresources.worldbank.org/NEWS/Resources/Star-rep-full.pdf">la Banque mondiale</a> et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) Bébé Doc. aurait détourné au total entre 300 et 800 millions de dollars.</p>
<p class="spip_note">&#124;<a class="spip_note" title="Notes 9" name="nb9" href="http://www.cadtm.org/spip.php?article3269#nh9">9</a>&#124; Tout comme le Premier ministre italien, Romano Prodi, sceptique sur les bénéfices des agrocarburants et qui a affirmé qu’une transition vers ce type de palliatif au pétrole aurait un impact négatif sur la production alimentaire.</p>
</div>
<p><!-- PS --></p>
<p>infos article<br />
URL: <a href="http://www.cadtm.org/">http://www.cadtm.org</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Frédéric Lordon : Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières]]></title>
<link>http://crise2007.wordpress.com/?p=448</link>
<pubDate>Sun, 27 Apr 2008 16:22:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>crise2007</dc:creator>
<guid>http://crise2007.wordpress.com/?p=448</guid>
<description><![CDATA[Frédéric Lordon : Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;">Frédéric Lordon : Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières</span></h1>
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<p class="txtChapo" style="text-align:justify;">« La crise des subprimes est, ou aura été d’une gravité qui devrait dissuader de feindre l’action une fois de plus, et convaincre d’agir vraiment. C’est-à-dire radicalement. » Frédéric Lordon propose un plan d’action pour défaire la capacité de nuisance acquise par une finance qui s’est autonomisée dans la sphère sociale, prenant ainsi en otage l’activité humaine dans son ensemble au profit d’un secteur ou le court termisme, l’irresponsabilité devant les effets de son activité sont la norme. Cette crise ne doit pas, ne peut pas rester sans suite. Les pouvoirs publics devront procéder à une redéfinition des règles et des produits mis en oeuvre par la finance. En la matière, l’Europe peut agir unilatéralement si nécessaire, car elle a atteint une masse critique qui le lui permet.</p>
<p><img class="alignleft" style="float:left;" src="http://contreinfo.info/IMG/arton1941.jpg" alt="" /></p>
<p class="spip" style="text-align:justify;"><strong>Par Frédéric Lordon, 23 avril 2008</strong></p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Alors que la crise présente n’est que la répétition formelle d’une scène caractéristique de la déréglementation financière déjà expérimentée maintes fois depuis deux décennies, il devrait être parfaitement clair pour tout le monde que, sitôt les pertes digérées - il faudra certes encore quelques trimestres -, banques et fonds n’auront pas d’autre préoccupation que d’identifier le nouveau compartiment de marché susceptible de livrer le surplus désiré de rentabilité financière. Et le cycle apuration des pertes-bulle-krach repartira pour un tour...</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Cet éternel retour est suffisamment pénible pour qu’on se décide à y mettre un terme. Il est cependant assez évident que les indigents moyens déployés jusqu’à présent, essentiellement constitués de menaces verbales sans suite ou de supplications à la transparence qui n’engagent à rien, ont peu de chance d’y suffire... Or la crise des subprimes est, ou aura été d’une gravité qui devrait dissuader de feindre l’action une fois de plus, et convaincre d’agir vraiment. C’est-à-dire radicalement.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Cette action radicale devrait être gouvernée par quatre principes fondamentaux - il ne devrait pas être trop difficile de voir en quoi ils rompent avec les stratégies du fil de l’eau suivies jusqu’ici. Elle pourrait prendre la forme plus précise de neuf propositions. Celles-ci revêtent nécessairement un caractère « technique » qui rend difficile de les exposer en peu d’espace. L’esquisse d’un « plan d’arraisonnement » qu’on va lire ici est tirée d’un ouvrage en préparation qui, la place y étant moins comptée, prendra le temps de rendre plus accessibles le fonctionnement des produits et des marchés financiers en cause. L’urgence commande cependant de mettre ces idées en circulation au plus vite, quelque imparfaites qu’elles soient, pour lancer à partir d’éléments substantiels et précis le débat collectif sur la re-réglementation avant que ne se referme cette exceptionnelle fenêtre d’opportunité par laquelle, à la faveur du spectacle de l’effondrement, il devient possible de dire ce qui était jusque là réputé « indicible » et de penser ce qui était décrété « impensable ». Cet empressement se paye au prix d’ellipses qui supposent implicitement connues certaines choses et peuvent rendre l’exposition incomplète et/ou peu accessible pour le non-spécialiste - en espérant que cet arbitrage entre urgence de l’intervention et clarté de la présentation soit au finale à peu près positif.</p>
<h3 class="spip" style="text-align:justify;">Quatre principes</h3>
<p class="spip" style="text-align:justify;"><strong>Principe 1</strong> : Quand une bulle est formée, il est trop tard. Elle crèvera nécessairement, avec l’éventualité d’armer tous les mécanismes du risque systémique - c’est-à-dire de la prise d’otage des pouvoirs publics (banques centrales et Trésors) sommés de venir socialiser les pertes sous peine de risquer un collapsus majeur. Le schéma de re-réglementation de la finance doit donc poursuivre l’exigeant objectif stratégique d’empêcher la formation des bulles. On voit tout ce qui sépare ce schéma des pauvres tentatives en cours d’élaboration, notamment aux Etats-Unis - pourtant infiniment plus réactifs que les européens sur ces sujets ! - tentatives qui, de l’aveu même du Secrétaire au Trésor Paulson, n’ont ni la vocation ni la capacité d’éviter de nouveaux accidents financiers...</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;"><strong>Principe 2</strong> : La finance est serve. Sa présence et son action ne sont tolérables qu’à concurrence des services qu’elle rend effectivement à l’économie productive. Et ceci spécialement si l’on prend en considération le potentiel de catastrophes que recèle toute dérive auto-centrée de l’activité financière. C’est pourquoi, compte-tenu du degré manifeste - et manifestement dangereux - d’autonomie pris par la finance contemporaine, la ramener à la subordination exigera sans doute de lui imposer de brutales, mais salutaires, régressions. Il faut y être prêt.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;"><strong>Principe 3</strong> : Le principe de level playing field retenu jusqu’ici par les institutions internationales de la régulation prudentielle (essentiellement les Accords de Bâle, I et II) est une impasse. Comme son nom l’indique, le level playing field vise à établir des normes communes pour réaliser un espace financier commun. On comprend bien, compte-tenu de ce dernier objectif, qu’il ne doive y avoir aucune « dénivellation » réglementaire sauf à induire des distorsions dans la concurrence des places, les places à basse intensité réglementaire jouissant d’un avantage compétitif évident. Mais comme toujours, l’objectif intermédiaire de normes prudentielles communes a conduit à des normes prudentielles minimales. Par un effet de plus petit dénominateur commun, le dogme du level playing field, c’est-à-dire du marché financier mondial unifié, ne peut mener ailleurs qu’au minimum minimorum de la régulation. L’incapacité des accords de Bâle à empêcher quelque crise que ce soit en est la tragique démonstration. Rétablir des zones financières à régulation adéquate, sans attendre que les plus intéressés à la déréglementation - Etats-Unis et Royaume-Uni - ne finissent par s’y rendre, exige donc de leur aménager des protections, c’est-à-dire de recloisonner le marché financier mondial.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;"><strong>Principe 4</strong> : L’Europe est une zone d’activité financière autosuffisante. Elle peut parfaitement adopter unilatéralement un degré supérieur de réglementation financière sans risquer, comme on s’empresse de le dire, la désertion des capitaux, ou sans que les capitaux extra-européens partis lui manquent. Au demeurant, les impératifs de diversification sectorielle et géographique rendent impossible aux investisseurs extra-européens de « faire l’impasse » sur le marché européen. Qui sait, peut-être même finiront-ils par être séduits par le degré supérieur de stabilité qui y règnera une fois la réglementation mise en place... Il est bien évident que par « Europe » il faut entendre ici les 27 moins le Royaume-Uni. Puisque le Royaume-Uni est manifestement décidé à ne revenir sur aucune des « libertés » de la finance de marché, il faut lui appliquer une stratégie adéquate de cantonnement et le considérer, en tout cas du point de vue de la reréglementation financière, comme de facto non-européen. Le Royaume-Uni ainsi mis à part, il résulte du principe précédent que la zone européenne de réglementation financière ne peut émerger qu’en cessant d’être ouverte à tous les vents de la finance, donc en envisageant certaines restrictions aux mouvements des capitaux. L’abrogation de l’article 56 (renuméroté 63) du Traité européen consolidé est donc un préalable à toute reréglementation financière sur une base européenne. Tel est l’objectif défendu par le mouvement « Stop Finance » (www.stop-finance.org).</p>
<h3 class="spip" style="text-align:justify;">Neuf propositions</h3>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Les principes précédents ont un caractère stratégique. Mais ils n’ont pas en eux-mêmes de portée opératoire - si ce n’est le principe 4 qui pose clairement le strict encadrement des transactions avec des entités financières extra-européennes qui ne se seraient pas soumises, d’elles-mêmes ou sous l’action de leur propre régulateur, aux normes européennes à venir.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Le passage à l’action re-réglementatrice s’appuie, lui, sur des principes tactiques. On ne s’étonnera pas que tous s’expriment sur le mode négatif du « dé- » car il est bel et bien question de faire régresser la finance et de lui ôter une partie de ce qu’elle a conquis. Ces principes tactiques sont au nombre de six : désincitation, désophistication, détitrisation, déleviérisation, désalimentation et déconnexion. Leur mise en œuvre s’étage sur tous les niveaux de la finance : microéconomique (les comportements des opérateurs) ; mésoéconomique (les constructions institutionnelles gouvernant le fonctionnement des marchés) ; macroéconomique (le pilotage de la politique monétaire).</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;"><strong>Proposition 1. Désincitation</strong></p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Toutes les incitations déterminant les conduites individuelles de la finance sont vicieuses. L’une des pires est incorporée dans les formules de rémunération de ses hommes. En effet l’investissement dans un actif financier quel qu’il soit est toujours l’acquisition d’un couple rendement-risque. Or les formules de rémunération de la finance ne prennent en compte que la première composante : les traders voient la part variable de leur rémunération courante indexée sur leur seule rentabilité courante. Mais cette rentabilité courante a pour compagnon invisible un certain niveau de risque. Il est invisible en temps réel puisque, par construction, le risque n’est matérialisé qu’ex-post ! Le trader touchera donc le profit dérivé de la hausse tant qu’il y a hausse, mais n’enregistrera aucun des effets de la baisse - simplement son bonus sera-t-il nul quand celle-ci se produira. Il est donc de ce fait incité à méconnaître le risque contracté pour privilégier la rentabilité courante qui alimente son bonus courant... puisque, si risque il y a, il ne sera manifeste qu’« après ». Il résulte de cette asymétrie des incitations une sous-appréciation notoire du risque - en d’autres termes il y a de puissants intérêts derrière ce que Hyman Minsky appelait justement « l’aveuglement au désastre ».</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">La première proposition vise donc à rétablir la symétrie d’incitation en rendant la rémunération des traders pleinement algébrique - c’est-à-dire susceptible de valeurs négatives ! Les pertes issues de la matérialisation des risques antérieurement contractés ne doivent plus seulement annuler les bonus mais les rendre négatifs. Les traders auraient ainsi à rembourser sur leurs gains passés les pertes présentes et dans les mêmes proportions. On imagine sans peine les effets de la rémunération algébrique sur leur comportement ! Soit la hantise d’avoir à restituer les gains antérieurs oblige à les mettre en réserve et paralyse la consommation ostentatoire - détruisant l’une des jouissances qui donne son ressort à l’existence comme trader ; soit elle ne parvient pas à produire le comportement de réserve mais alors au prix d’une nouvelle attitude face au risque rendue drastiquement rigoureuse. Dans tous les cas, la perspective de la perte personnelle cuisante devrait être puissamment régulatrice.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">On objectera sans doute que, dans ces conditions, les traders les plus « compétents » prendront le chemin de l’exil sous l’effet de la concurrence des offres salariales de la part des banques qui ne seraient pas soumises à l’obligation de la rémunération algébrique. Surtout, qu’on ne les retienne pas ! L’utilité sociale de ces soi-disant « cerveaux » demeure des plus discutables. Que ne restent que les opérateurs « moyens » - non exportables - ne saurait être en soi un problème : si leur agilité à manier les produits les plus complexes est moindre, leurs employeurs leur en feront manier de plus rudimentaires. Or c’est exactement l’autre effet recherché ! L’une des plaies de la finance libéralisée vient de la dynamique incontrôlable de la dite « innovation » financière qui multiplie les produits d’une invraisemblable complexité dont la mesure de risque devient presque impossible. La proposition de désincitation des financiers est donc par ses effets collatéraux une mesure de dé-sophistication de la finance, mouvement qu’il est urgent d’amorcer pour recréer de meilleures conditions d’appréciation et de contrôle des risques.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;"><strong>Proposition 2. Détitrisation</strong></p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">La dynamique des acquis sociaux semble avoir changé de camp. Tout ce que le travail a gagné est devenu contestable, tout ce que le capital obtient est décrété irréversible. Ainsi de l’« innovation » financière. Deux des plus toxiques, les produits dérivés et la titrisation, dont la finance s’est parfaitement passée pendant des décennies - rappelons qu’ils ont été répandus à partir du milieu des années 80 -, sont maint