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	<title>20e-siecle &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "20e-siecle"</description>
	<pubDate>Tue, 18 Nov 2008 19:14:53 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Métro, boulot, Queneau]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/11/17/metro-boulot-queneau/</link>
<pubDate>Mon, 17 Nov 2008 21:48:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[

&#8220;Le chiendent&#8221;, publié en 1933, est le premier roman de Raymond Queneau. C&#8217;est ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/05/le-chiendent.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/11/le-chiendent.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1578" title="le-chiendent" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/11/le-chiendent.jpg" alt="le-chiendent" width="144" height="240" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;Le chiendent&#8221;, publié en 1933, est le premier roman de Raymond Queneau. C&#8217;est un roman que l&#8217;on ne peut guère raconter. A peine peut-on le décrire. Il s&#8217;agit d&#8217;un roman circulaire, les deux premières phrases étant aussi les deux dernières :</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;">&#8220;La silhouette d&#8217;un homme se profila ; simultanément, des milliers. Il y en avait bien des milliers.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;La silhouette&#8221;, c&#8217;est ainsi qu&#8217;est désigné le personnage principal. C&#8217;est un homme parmi tant d&#8217;autres. On le découvre dans la foule, dans les transports en commun après sa journée de travail. Son quotidien est à la fois ordinaire et sinistre. Quand  il rentre chez lui, il retrouve &#8220;la femme&#8221; et &#8220;l&#8217;enfant&#8221;, personnages tout aussi anonymes que lui. Ensemble ils partagent alors ce que Queneau appelle &#8220;le bouffer&#8221;. Dés son premier roman, Queneau a donc trouvé son style, un style tantôt littéraire, tantôt la transcription écrite du français parlé, tantôt un peut tout ça en même temps, des mots familiers apparaissant par exemple dans une syntaxe littéraire. Cela peut faire sourire, cela peut agacer aussi parfois, mais en tous cas cela maintient le lecteur à distance. Nous sommes devant un roman qui ne cherche pas à nous donner l&#8217;illusion de la réalité. Il reste un roman, et les personnages ne sont jamais que des êtres d&#8217;encre et de papier.</p>
<p style="text-align:justify;">Petit à petit le personnage qui n&#8217;en est pas encore un prend de l&#8217;épaisseur sous les yeux du lecteur. De silhouette, il devient être plat, puis il acquiert une consistance et se fait véritablement personnage. Il est alors enfin nommé. Il s&#8217;appelle Étienne Marcel. La femme devient alors Alberthe et l&#8217;enfant Théo. Plusieurs personnages, au début sans lien les uns avec les autres, apparaissent petit à petit : Pierre Le Grand, Meussieu et Mme Belhôtel, Mme Cloche et son frère Saturnin, Narcense et son ami Potice&#8230; Et puis des liens se créent ou sont révélés au lecteur.</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai vraiment joué le jeu de la lecture pendant les deux premiers chapitres de ce roman qui en compte sept. Dans le courant du troisième chapitre, c&#8217;est-à-dire au bout de cent cinquante pages environ, j&#8217;ai commencé à m&#8217;ennuyer. Sans abandonner le roman pour autant, je m&#8217;en suis détournée quelque temps, au profit d&#8217;un recueil d&#8217;articles de Queneau : &#8220;Bâtons, chiffres et lettres&#8221;.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/11/batons-chiffres-et-lettres.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1591" title="batons-chiffres-et-lettres" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/11/batons-chiffres-et-lettres.jpg" alt="batons-chiffres-et-lettres" width="76" height="128" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Dans le premier article de ce recueil titré &#8220;Ecrit en 1937&#8243;, Queneau s&#8217;explique sur son intérêt pour le langage populaire dont il situe l&#8217;origine à la lecture des &#8220;Pieds Nickelés&#8221;. Puis dans le deuxième article intitulé &#8220;Technique du roman&#8221;, il révèle quelques contraintes formelles ayant présidé à la construction de son roman &#8220;Le chiendent&#8221;. Ces deux articles m&#8217;ont beaucoup plus intéressée que le roman lui-même. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs bien envie d&#8217;écrire quelque chose qui ne peut que déplaire aux passionnés de Queneau : aujourd&#8217;hui je le considère comme un poète, comme un théoricien de la littérature, et très accessoirement comme un romancier ou plutôt comme un théoricien ayant illustré par le roman quelques unes de ses théories. Évidemment ce jugement est très prématuré, puisque je l&#8217;ai très peu lu. Mais je ne peux pas vous cacher que je n&#8217;ai pas beaucoup de plaisir à la lecture de ses romans. Et je pense d&#8217;ailleurs qu&#8217;il s&#8217;est certainement beaucoup plus amusé à les écrire, que moi à les lire. J&#8217;en suis assez confuse, car j&#8217;ai malgré tout beaucoup de sympathie pour cet univers. Et puis, on ne peut qu&#8217;être admiratif, car c&#8217;est un premier roman. Le roman paraît en 1933, un an après &#8220;Voyage au bout de la nuit&#8221; qui lui aussi a réinventé l&#8217;écriture à partir du langage parlé. Et puis on est un quart de siècle avant le Nouveau roman et la création de l&#8217;Oulipo par Queneau.  En 1933 déjà il s&#8217;interroge sur ce que peut être le roman au XXe siècle. Il écrit finalement un roman sur le roman, ou qui travaille la question du roman. Et pour cette raison, peut-être que le lecteur idéal de Queneau est lui même romancier, ou théoricien de la littérature, ou les deux à la fois. Mais le lecteur lambda dans mon genre, même si ces questions l&#8217;intéressent, il reste un peu sur la touche. Enfin c&#8217;est ce que j&#8217;ai ressenti.</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai beaucoup lutté pour ne pas abandonner &#8220;Le chiendent&#8221; qui compte plus de 400 pages. J&#8217;ai tenté de m&#8217;intéresser aux multiples histoires, car il y a des péripéties romanesques : un mariage d&#8217;argent, des morts, la recherche d&#8217;un trésor&#8230; J&#8217;ai parfois souri lisant certaines scènes. Mais l&#8217;intérêt plus spécifiquement romanesque, cet intérêt que l&#8217;on porte au devenir des personnages, cette envie de connaître la suite, rien de tout cela n&#8217;était au rendez-vous. J&#8217;ai finalement sauté allègrement par-dessus certaines séquences et j&#8217;ai fini le roman sans plus compendre grand chose à l&#8217;intrigue&#8230; </p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;">Le chiendent / Raymond Queneau, Gallimard (Folio), 1995, ISBN 2-07-036588-3</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;">Bâtons, chiffres et lettres / Raymond Queneau, Gallimard (Folio), 1994, ISBN 2-07-032845-7</span></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/05/defi-le-nom-de-la-rose.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-210" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/05/defi-le-nom-de-la-rose.jpg?w=200" alt="" width="200" height="61" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#ff6600;">&#8220;</span><span style="color:#ff6600;">A l&#8217;école on apprend bâtons, chiffres et lettres<br />
en se curant le nez.&#8221;<br />
(Chêne et chien)</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Ah ! la grande amour !]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/11/09/ah-la-grande-amour/</link>
<pubDate>Sun, 09 Nov 2008 12:55:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
<guid>http://levraoueg.wordpress.com/2008/11/09/ah-la-grande-amour/</guid>
<description><![CDATA[
 &#8220;Qu&#8217;il fût salement pincé, il n&#8217;en  pouvait douter.&#8221;
Seriez-vous éton]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/pierrot-mon-ami.jpg"><img class="size-medium wp-image-370  alignnone" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/07/pierrot-mon-ami.jpg?w=148" alt="" width="148" height="240" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#000000;"><span style="color:#000000;"> </span><span style="color:#008080;">&#8220;Qu&#8217;il fût salement pincé, il n&#8217;en  pouvait douter.&#8221;</span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Seriez-vous étonnés, si je vous disais que le héros de &#8220;Pierrot mon ami&#8221; de Raymond Queneau est gentiment lunaire ? Il porte des lunettes rondes et traîne dans les cafés. Il habite à l&#8217;hôtel, vit de petits boulots, et en pince en secret pour Yvonne, la fille de son patron. Il lui arrive même de penser à tout cela en alexandrin !</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Autour de Pierrot les autres personnages s&#8217;appellent Petit-Pouce, Paradis, Pradonet, Psermis. Pourquoi autant de &#8220;P&#8221;, me direz-vous ? Il s&#8217;écrit très probablement des thèses sur cette passionnante question. Je me garderai donc bien d&#8217;y répondre. D&#8217;autant plus qu&#8217;il y aussi d&#8217;autres personnages, avec d&#8217;autres initiales : Léonie, Jojo, Tortose, Fifine, Mounnezergues&#8230;</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><span style="color:#000000;"><span style="color:#008080;">&#8220;Depuis l&#8217;âge de douze ans, Pierrot avait été une centaine de fois amoureux, assez souvent avec succès. Mais Yvonne, il l&#8217;a trouvait bien différente, et son amour tout nouveau, avec une saveur inédite et des perspectives originales.&#8221;</span></span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Le monde de &#8220;Pierrot mon ami&#8221; est donc un monde pittoresque. Le charme de ce monde provient aussi des noms de lieux, comme la rue des Larmes. L&#8217;action se déroule dans un parc d&#8217;attraction, l&#8217;Uni-Park, et à l&#8217;intérieur du parc dans un établissement appelé &#8220;Palace de la rigolade&#8221;. Ce serait une métaphore du roman que cela ne m&#8217;étonnerait pas&#8230;</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008080;">&#8220;Ah  ! la grande amour, ça vient, on ne sait pas quand, on ne sait pas comment, et qui mieux est, on ne sait pas pour qui. Du moins, à ce qu&#8217;il paraît. Alors ce ne sont plus que clairs de lune, gondoles, ivresses éthérées, âmes soeurs et fleurs bleues. Marrant.&#8221; </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Pour dire toute la vérité, cet univers n&#8217;est pas vraiment le mien. J&#8217;ai préféré le ton entre sourire et gravité brumeuse de &#8220;<a href="http://levraoueg.wordpress.com/2008/08/30/cette-brume-insensee/"><span style="color:#008080;">Chêne et chien</span></a>&#8221; à la fantaisie de &#8220;Pierrot mon ami&#8221;. Mais ce roman, le huitième de Queneau, est paru en 1942. Probalement avait-on alors besoin de cette légèreté là. J&#8217;ai malgré tout passé un bon moment de lecture et je sais enfin d&#8217;où viennent les fameux Poldèves que les amis de Queneau, lui empruntant sa plume, se sont amusés à reprendre&#8230;</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008080;">Pierrot mon ami / Raymond Queneau, Gallimard (Folio), 2006, ISBN 2-07-036226-4</span> </p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/defi-le-nom-de-la-rose1.jpg"><img class="size-medium wp-image-375 aligncenter" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/07/defi-le-nom-de-la-rose1.jpg?w=200" alt="" width="200" height="61" /></a><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/pierrot-mon-ami1.jpg"></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Haute teneur en testostérone]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/11/01/haute-teneur-en-testosterones/</link>
<pubDate>Sat, 01 Nov 2008 15:45:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
<guid>http://levraoueg.wordpress.com/2008/11/01/haute-teneur-en-testosterones/</guid>
<description><![CDATA[A quelques jours de la remise du prix Femina et de son jeune et joyeux concurrent le prix Virilo, il]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:justify;">A quelques jours de la remise du prix Femina et de son jeune et joyeux concurrent le prix Virilo, il m&#8217;arrive encore parfois de me demander si la question du genre a vraiment un sens en littérature. C&#8217;est une question que je me suis encore posée dernièrement, en lisant un livre à haute teneur en testostérone. Un livre écrit par un homme, sur des hommes, et peut-être pour des hommes (?), à tel point que moi la lectrice, je me suis sentie comme une intruse.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/10/last-exit-to-brooklyn.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1232" title="last-exit-to-brooklyn" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/10/last-exit-to-brooklyn.jpg" alt="" width="145" height="240" /></a><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/10/last-exit-to-brooklyn.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><img style="width:80px;height:15px;" src="http://storage.canalblog.com/41/23/346056/23349182.gif" border="0" alt="challengeabc2008" width="80" height="15" /> </p>
<p style="text-align:justify;">De ce premier livre publié en 1964 par Hubert Selby Jr (1928-2004) je ne savais pas grand chose. Mais je le classais dans la catégorie des livres cultes. Culte pour qui exactement ? Ca je ne le savais pas. Mais il me semblait que ça avait quelque chose à voir avec la beat generation. Et puis je croyais que c&#8217;était un roman. En fait &#8220;Last exit to brooklyn&#8221; est un recueil de six nouvelles. Le sommaire quant à lui préfère parler de &#8220;parties&#8221;, comme pour signifier qu ces six nouvelles forment un tout.</p>
<p style="text-align:justify;">Après m&#8217;être donc assurée par un rapide feuilletage qu&#8217;il s&#8217;agissait bien de nouvelles, j&#8217;ai décidé de commencer par les trois plus courtes, et tout d&#8217;abord par celle au titre le plus mystérieux : &#8220;Tralala&#8221;. Et comme j&#8217;adore me contredire, je me dois de vous préciser tout de suite que Tralala est un personnage féminin. L&#8217;histoire en deux mots ? Du sexe, de la violence, de l&#8217;alcool, des marins dépouillés de quelques billets, un déchaînement de violence gratuite, un casse, un viol&#8230; et la nouvelle s&#8217;achève sur un mélange d&#8217;urine, de sperme et de sang. C&#8217;est comme ça que, n&#8217;ayant encore lu qu&#8217;une vingtaine de pages, j&#8217;étais déjà totalement écoeurée. Et pourtant quel style ! Un style coup de poing qui bouscule le lecteur. Une manière étonnante de passer du &#8220;il&#8221;, au &#8220;je&#8221;, au &#8220;nous&#8221;. L&#8217;art de raconter une vie en quelques pages, en s&#8217;attardant sur une soirée avant d&#8217;expédier des années en une seule phrase. Un goût immodéré pour les lieux sordides, le glauque, les vies misérables. Bref, je n&#8217;avais lu qu&#8217;une nouvelle et j&#8217;étais déjà dégoûtée. Dégoûtée et épatée !</p>
<p style="text-align:justify;">Dans &#8220;Trois avec bébé&#8221;, il est question d&#8217;un mariage prononcé quelques heures avant le baptême du bébé des mariés. Cette fois, comme pour mieux apostropher le lecteur, la nouvelle est écrite à la deuxième personne, les phrases étant ponctuées de &#8220;tu vois&#8221;, &#8220;j&#8217;te le dis&#8221;, &#8220;tu comprends&#8221;. Selby me raconte donc une histoire, celle de Tommy et Suzy le jour de leur mariage. Etant donné ce que j&#8217;avais lu avant, j&#8217;ai lu cette nouvelle en tremblant, craignant que quelque chose de terrible arrive, que la violence se déchaîne soudain au coin d&#8217;une page. Mais non, juste une petite anecdote, quelques heures de la vie des jeunes mariés qui laissent entrevoir leur vie à venir. Rien de romantique, bien au contraire, mais malgré la tristesse de la vie que se prépare Suzy (ben oui, j&#8217;suis une lectrice, alors je m&#8217;accroche au premier personnage féminin qui passe), malgré tout ça donc, j&#8217;étais soulagée d&#8217;avoir échappé à pire. J&#8217;ai néanmoins poursuivi ma lecture en tremblant&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Dans &#8220;Un dollar par jour&#8221;, la première nouvelle du recueil, j&#8217;ai retrouvé le Grec que j&#8217;avais découvert dans &#8220;Tralala&#8221;, &#8220;un troquet minable ouvert toute la nuit à côté de la base militaire de Brooklyn&#8221;. Et après la passion pour les motos de Tommy, le marié de &#8220;Trois avec bébé&#8221;, cette fois j&#8217;ai eu droit à un topo sur la passion pour les voitures des protagonistes de cette nouvelle histoire. J&#8217;ai lu en diagonale les énumérations de V8, V6 et 100 cylindres. Et puis j&#8217;ai observé, Harry, Tony et les autres, passant leurs soirées chez le Grec, à regarder passer les voitures, à cracher, boire, se battre&#8230; Et comme dans &#8220;Tralala&#8221;, des filles, des marins, des bastons, des flics&#8230; On pense que ça va mal finir, et on n&#8217;a sûrement pas tort. Mais la nouvelle ne se donne pas la peine de nous offrir une chute. C&#8217;est un simple portrait de groupe, le récit d&#8217;une seule soirée qui semble contenir une vie entière. Et la nouvelle s&#8217;achève sur des points de suspension.</p>
<p style="text-align:justify;">Des voitures, des motos et des bastons. De toute évidence ce livre n&#8217;était pas pour moi. Et pourtant, pas une seconde il ne m&#8217;était venu à l&#8217;idée de ne pas poursuivre ma lecture. C&#8217;était trop bien !  Mais il me restait encore les trois plus longues nouvelles.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans &#8220;La grève&#8221;, Harry, un ouvrier syndicaliste, découvre son homosexualité à l&#8217;occasion d&#8217;une grève, ou plus exactement son goût pour les travestis, ou plutôt ce qui s&#8217;avère être finalement des pulsions pédophiles, ce qui n&#8217;est pas vraiment la même chose. Si à cet amalgame qui m&#8217;a déjà mise mal à l&#8217;aise, j&#8217;ajoute que les relations entre Harry et sa femme m&#8217;ont paru absolument insoutenables, vous comprendrez que mon enthousiasme a un peu faibli avec cette nouvelle. Le livre m&#8217;est alors tombé des mains.</p>
<p style="text-align:justify;">Après plusieurs jours sans lecture, j&#8217;ai tenté de le retrouver avec &#8220;La reine est morte&#8221;. Dans cette nouvelle, la vedette est Georgette, un travesti. Décidément la question du genre est centrale dans ce recueil (surtout qu&#8217;il y avait déjà un personnage de travesti dans &#8220;Trois avec bébé&#8221;). Mais cette fois l&#8217;émotion était au rendez-vous, car Georgette est amoureuse de Vinnie, un des personnages récurrents du recueil et pilier de bar. N&#8217;imaginez pas une histoire romantique pour autant. L&#8217;univers est le même que dans les autres nouvelles, l&#8217;alcool, la drogue et la violence omniprésents. Avec le recul, je me demande si ce n&#8217;est pas la nouvelle la plus réussie. Pourtant je saturais. Il m&#8217;a fallu encore une pause de plusieurs jours avant d&#8217;entamer la dernière nouvelle.</p>
<p style="text-align:justify;">Enfin dans &#8220;Bout du monde&#8221;, nous sommes dans une résidence dont nous découvrons la vie quotidienne des habitants le temps d&#8217;une page ou deux avant de passer à la famille voisine. Ces bribes de la vie de l&#8217;immeuble, entrecoupées d&#8217;avis aux habitants de la résidence, ont le mérite d&#8217;être structurées de manière originale. Mais c&#8217;est à nouveau la même misère, les mêmes relations familiales faites de violence et de cris, les problèmes d&#8217;argent, l&#8217;alcool, les bagarres de rue&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Voilà, j&#8217;ai lu un livre qui n&#8217;était pas pour moi et pendant un moment j&#8217;ai adoré ça. J&#8217;aimais la place qu&#8217;avait su me faire Selby dans ce monde si loin de moi, la relation qu&#8217;il me faisait entretenir avec ses personnages. Car jamais on ne les condamne, quoi qu&#8217;ils fassent. On a même beaucoup de compassion pour eux. Et si on lit ce livre en tremblant, c&#8217;est qu&#8217;on a peur pour eux, peur de ce que ce monde sans pitié va encore leur infliger. Pendant un moment donc, bien que sous le choc, j&#8217;ai adoré ce livre. Et puis j&#8217;ai saturé. Cet univers est devenu étouffant. Il m&#8217;a fallu aller au bout, mais je referme ce livre soulagée, bien décidée à passer à tout autre chose. Non décidément ce livre n&#8217;était pas pour moi !</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff0000;">Last exit to brooklyn / Hubert Selby Jr, traduit de l&#8217;américain par J. Colza, 10-18 (Domaine étranger), 2007, ISBN 978-2-264-01894-6</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Nous passons comme l'éclair devant les sémaphores]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/10/13/nous-passons-comme-leclair-devant-les-semaphores/</link>
<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 22:09:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
<guid>http://levraoueg.wordpress.com/2008/10/13/nous-passons-comme-leclair-devant-les-semaphores/</guid>
<description><![CDATA[
 
&#8220;Pourtant la vie est supportable, la vie a de bons moments.&#8221;
Il m&#8217;aura fait so]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/les-vagues.gif"><img class="alignnone size-medium wp-image-526" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/07/les-vagues.gif?w=76" alt="" width="76" height="125" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><img style="width:80px;height:15px;" src="http://storage.canalblog.com/41/23/346056/23349182.gif" border="0" alt="challengeabc2008" width="80" height="15" /> </p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#333399;">&#8220;Pourtant la vie est supportable, la vie a de bons moments.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">Il m&#8217;aura fait souffrir ce roman ! J&#8217;ai même tenté de le semer, de l&#8217;oublier dans un café, mais il m&#8217;a été restitué quelques semaines plus tard. Comme j&#8217;avais déjà fait une tentative il y a quelques années et que j&#8217;avais déjà égaré ce livre, il a donc fallu que je le recommence au début pour la troisième fois. Pourtant le pire justement, c&#8217;est le début. Le pire du pire, ce sont les trois premiers chapitres. Passé ce cap, on est sauvé. Ou du moins, on est pris au piège d&#8217;une écriture qu&#8217;on aimerait ne plus quitter. Une fois charmé par le style, on pardonne tout, et particulièrement ces personnages qui n&#8217;en sont pas vraiment. Et quand on a enfin compris que ce n&#8217;est pas à eux qu&#8217;il faut s&#8217;agripper sous peine de noyade, on a alors de bonnes chances d&#8217;arriver à bon port.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais voilà que je m&#8217;aperçois que ce premier paragraphe pourrait laisser penser que lire ce roman est une corvée dont on ne s&#8217;acquitte qu&#8217;au prix d&#8217;un terrible effort, alors que c&#8217;est un pur bonheur, une révélation comme on en a rarement. En fait, dans ce premier paragraphe comme sur ce blog en général, je ne parle pas des livres eux-mêmes mais de ma relation à eux, de mes expériences de lecture. Et de même qu&#8217;il y a parfois des coups de foudre, il y a aussi des rendez-vous manqués, et entre les deux des histoires qui commencent mal et qui pourtant deviennent de grandes histoires. Il y a aussi la manière dont nos lectures trouvent leur place dans nos vies quotidiennes. Certains livres demandent du temps. Et si comme moi (parfois) on en lit deux pages en attendant l&#8217;autobus avant de ne lire la troisième que plusieurs heures plus tard au cours d&#8217;une pause-lecture tout aussi courte, alors on a toutes les chances de peiner à entrer dans le roman et cela surtout si le style, les personnages, tout l&#8217;univers du roman sont aussi singuliers que ceux de Virginia Woolf.</p>
<p style="text-align:justify;">Oui mais de quoi ça parle, se demande le lecteur impatient ? Comme son titre l&#8217;indique, cela parle des vagues. Et ça attaque fort, par un de ces courts chapitres en italique que l&#8217;on retrouve ensuite un chapitre sur deux, et qui se consacrent à la description de paysages marins. Dans le premier chapitre en italique &#8220;le soleil ne s&#8217;était pas encore levé&#8221;, dans le neuvième et dernier &#8220;le soleil s&#8217;était enfin couché&#8221;. Une journée passe donc ainsi à observer la mer, mais l&#8217;intrigue quant à elle ne progresse pas d&#8217;un millimètre au cours de ces passages en italique. </p>
<p style="text-align:justify;">Si l&#8217;on veut vraiment dire de quoi ça parle, en considérant ce livre comme un roman (et non comme une succcession de magnifiques poèmes en prose), c&#8217;est donc au reste qu&#8217;il faut s&#8217;intéresser, à ces neuf chapitres qui ne sont pas en italique et qui mettent en scène des personnages : Bernard, Suzanne, Rhoda, Neville, Louis et Jinny. Dans le premier chapitre ils sont enfants, dans le neuvième ils sont âgés. Une vie entière a donc passé.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333399;">&#8220;Combien je préfère le silence : cette tasse à café, cette table. Combien je préfère être assis dans cette salle vide, pareil à l&#8217;oiseau de mer esseulé perché sur un pieu au bord des flots. Je voudrais demeurer à jamais ici au milieu de ces simples choses, cette tasse à café, ce couteau, cette fourchette, choses en soi, et être enfin moi-même.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;Les vagues&#8221; est un roman à six personnages, ou comme le dit joliment et justement Marguerite Yourcenar dans sa préface, reprenant en cela la métaphore de Virginia Woolf : &#8220;à six instruments plutôt, car il consiste uniquement en longs monologues intérieurs dont les courbes se succèdent, s&#8217;entrecroisent, avec une sûreté de dessin qui n&#8217;est pas sans rappeler l&#8217;<em>Art de la fugue</em>&#8220;. Pourtant chacun de ces instruments ne fait pas entendre une musique différente. Tous ces monologues intérieurs sont portés par une seule voix, la même que les personnages soient enfants ou plus âgés, et on ne les distingue les uns des autres que grâce aux &#8220;dit Bernard&#8221;, &#8220;dit Louis&#8221;&#8230; dont Virginia Woolf gratifie le lecteur.</p>
<p style="text-align:justify;">Et vous voyez ce qui y arrive ? Je prétends dire de quoi ça parle et en fait je parle de la forme, parce que c&#8217;est ça ce roman : une forme avant toute chose. Quand je dis que c&#8217;est une forme avant toute chose, je veux dire que c&#8217;est ce que l&#8217;on voit d&#8217;abord (et c&#8217;est ce qui rebute un peu d&#8217;ailleurs). Mais ce n&#8217;est pas ce que l&#8217;on garde en soi une fois le livre refermé. Car en cours de lecture &#8220;Les vagues&#8221; devient tout autre chose, un roman sur la condition humaine, la petitesse des hommes devant l&#8217;immensité du monde, la brièveté d&#8217;une existence humaine au regard de l&#8217;histoire du monde. C&#8217;est un roman sur le temps, sur la destinée, et beaucoup, beaucoup, sur la solitude. C&#8217;est un roman sur les instants qui composent nos vies, des instants fugaces et pourtant gravés en nous pour toujours. C&#8217;est une interrogation sur ce qui passe et ce qui reste, sur ce qui change en nous et sur ce qui perdure, sur ce qui avec nous et au-delà de nous continue.  Et comme en plus tout cela est dit magnifiquement, on en sort bouleversé.</p>
<p style="text-align:justify;">Virginia Woolf, je vous fais une promesse solennelle : jamais je n&#8217;abandonnerai un roman en cours de lecture pour être sûre de ne jamais passer à côté de ce bonheur là.  Et maintenant vous, lecteur de ce billet, si vous voulez savoir plus en détail de quoi ça parle, vous savez ce qu&#8217;il vous reste à faire.</p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#333399;">&#8220;La vie est agréable. La vie est bonne. </span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#333399;">Le simple fait d&#8217;être en vie est une volupté.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">Virginia Woolf (1882-1941) a publié &#8220;Les vagues&#8221; en 1931, après &#8220;La traversée des apparences&#8221; (1915), &#8220;La chambre de Jacob&#8221; (1922), &#8220;Mrs Dalloway&#8221; (1925), &#8220;La promenade au phare&#8221; (1927), &#8220;Orlando&#8221; (1928). </p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333399;">Les vagues / Virginia Woolf, préfacé et traduit de l&#8217;anglais par Marguerite Yourcenar (titre original : The waves), Le livre de poche (Biblio), 2005, ISBN 2-253-03057-0</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Snobisme au club de lecture]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/09/12/snobisme-au-club-de-lecture/</link>
<pubDate>Fri, 12 Sep 2008 06:39:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Dans la petite ville de Hillbridge, le club de lecture fondé par Mrs Ballinger s&#8217;apprête à]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/09/xingu.gif"><img class="alignnone size-full wp-image-874" title="xingu" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/09/xingu.gif" alt="" width="76" height="108" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Dans la petite ville de Hillbridge, le club de lecture fondé par Mrs Ballinger s&#8217;apprête à recevoir une personnalité : la romancière Osric Dane. Elles sont ainsi six dames de la bonne société à se réunir chaque mois autour d&#8217;un déjeuner pour parler littérature. A l&#8217;exception de Mrs Roby, la dernière à avoir intégré le Lunch club, toutes ont préparé leur rencontre avec Osric Dane en consacrant le déjeuner du mois précédent à son dernier roman &#8220;Les ailes de la mort&#8221;. Quant à Mrs Roby, non seulement elle n&#8217;a pas lu &#8220;Les ailes de la mort&#8221;, mais elle n&#8217;a même pas lu &#8220;L&#8217;instant suprême&#8221;, le roman précédent de l&#8217;invitée. Elle a préféré profiter du peu de temps dont elle disposait pour lire un roman de Trollope. Or, selon Mrs Ballinger &#8221;plus personne ne lit Trollope de nos jours&#8221;.</p>
<p style="text-align:justify;">Vous l&#8217;avez compris, le club regrette d&#8217;avoir recruté Mrs Roby. Elle n&#8217;est pas du même monde, ne partage pas les références des autres, passe facilement pour inculte à leurs yeux. Elle aime Trollope parce qu&#8217;elle le trouve drôle. Et tout ce qui l&#8217;intéresse dans &#8220;Les ailes de la mort&#8221;,  c&#8217;est de savoir si &#8220;la fille et le gars&#8221; se marient à la fin. Alors comment va-t-elle se comporter avec leur illustre invitée ?</p>
<p style="text-align:justify;">Xingu est une nouvelle très féroce, qui se moque du snobisme intellectuel. Ce n&#8217;est pas toujours d&#8217;une grande finesse. Les personnages, tous plus antipathiques les uns que les autres, sont très caricaturaux. Et pourtant c&#8217;est délectable !  Un court mais excellent moment de lecture !</p>
<p style="text-align:justify;">Et une nouvelle indispensable pour les lecteurs que nous sommes&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#99cc00;">Xingu / Edith Wharton, Éd. Mille et une nuits, 2000, ISBN 2-84205-491-1</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">On en parle chez <a href="http://www.ratsdebiblio.net/whartonedithxingu.html"><span style="color:#800000;">les rats de biblio-net</span></a><span style="color:#800000;">, </span><a href="http://journal-d-une-lectrice.over-blog.net/article-3980975.html"><span style="color:#800000;">Papillon</span></a><span style="color:#800000;">, </span><a href="http://myloubook.hautetfort.com/archive/2007/08/14/do-new-york.html"><span style="color:#800000;">Lou</span></a><span style="color:#800000;">, </span><a href="http://de-livre-en-livre.over-blog.com/article-13667485.html"><span style="color:#800000;">Gachucha</span></a><span style="color:#800000;">, </span><a href="http://lectures-de-stephanie.blogspot.com/2007/04/edith-wharton-xingu.html"><span style="color:#800000;">Stéphanie</span></a><span style="color:#800000;">, </span><a href="http://mabiblio.over-blog.com/article-6862365.html"><span style="color:#800000;">Laconteuse</span></a><span style="color:#800000;">, </span><a href="http://cathulu.canalblog.com/archives/nouvelles_etrangeres/index.html"><span style="color:#800000;">Cathulu</span></a><span style="color:#800000;">, </span><a href="http://lillyetseslivres.canalblog.com/archives/romans_americains/index.html"><span style="color:#800000;">Lilly</span></a><span style="color:#800000;">, </span><a href="http://livresdemalice.blogspot.com/2008/08/edith-wharton-xingu.html"><span style="color:#800000;">Malice</span></a>&#8230;</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Cette brume insensée]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/08/30/cette-brume-insensee/</link>
<pubDate>Sat, 30 Aug 2008 12:07:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[ 
&#8220;Chêne et chien&#8221; est une autobiographie en vers de Raymond Queneau, un &#8220;roman ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"> <a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/chene-et-chien.gif"><img class="size-medium wp-image-382 aligncenter" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/07/chene-et-chien.gif?w=110" alt="" width="110" height="181" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;Chêne et chien&#8221; est une autobiographie en vers de Raymond Queneau, un &#8220;roman en vers&#8221; selon le sous-titre. En fait, cette autobiographie se présente comme un recueil de poèmes de formes diverses, composé de trois parties.</p>
<p style="text-align:justify;">Le recueil  commence comme la plus classique des autobiographies, par le commencement, à savoir l&#8217;enfance et d&#8217;abord la naissance. Il s&#8217;ouvre par ces vers :</p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">&#8220;Je naquis au Havre un vingt et un février</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">en mil neuf cent et trois.</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">Ma mère était mercière et mon père mercier : </span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">ils trépignaient de joie.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">On le voit, la mise en vers mètrés et rimés crée un petit décalage, un effet gentiment comique. Et on entre dans ce recueil le sourire aux lèvres. On y lit les premiers souvenirs : souvenirs d&#8217;école, souvenirs de la vie de famille, souvenirs des terreurs enfantines&#8230; C&#8217;est le temps des premières fois : premier voyage, premières lectures, premiers écrits&#8230; Le vocabulaire est parfois familier, les rimes sont incongrues et toujours on sourit. Le français parlé auquel on associe souvent Queneau fait irruption aux détours de vers beaucoup plus écrits. Et ce sont ces ruptures de ton qui nous font sourir. Queneau ne se prend pas au sérieux et surtout ne semble guère croire lui-même à ce &#8220;roman familial&#8221; qu&#8217;il nous propose. </p>
<p style="text-align:justify;">Puis vient l&#8217;adolescence. Le monde est en guerre et l&#8217;humeur est plus sombre :</p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">&#8220;J&#8217;ai maintenant treize ans - mais que fut mon enfance ?</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">Treize est un nombre impair</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">qui préside aux essais de sauver l&#8217;existence</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">en naviguant dans les enfers.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Les angoisses surgissent, les doutes et les questions aussi. Le ton se fait de plus en plus mélancolique. La deuxième partie s&#8217;annonce :</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">&#8220;Cette brume insensée où s&#8217;agitent des ombres,</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">comment pourrais-je l&#8217;éclaircir ?</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">cette brume insensée où s&#8217;agitent des ombres,</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">- est-ce donc là mon avenir ?&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">Et ce n&#8217;est qu&#8217;au début de la deuxième partie, qu&#8217;on comprend de quoi il s&#8217;agit. C&#8217;est le récit d&#8217;une analyse :</p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">&#8220;Je me couchai sur un divan</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">et me mis à raconter ma vie, </span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800080;">ce que je croyais être ma vie.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">La première partie s&#8217;éclaire d&#8217;un jour nouveau. Dans la deuxième, il y a le quotidien de l&#8217;analyse et il y a l&#8217;intime.  Est-ce que c&#8217;est impudique ? Oui et non. Ce le serait si tout cela était dit platement. Mais la poésie recrée la brume que le lecteur à son tour est chargé d&#8217;éclaircir.  Et puis c&#8217;est émouvant. On ne sourit plus vraiment. Mais ne soyez pas inquiets, dans la troisième partie arrive la guérison.</p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;Chêne et chien&#8221;  a été publié en 1937. Queneau était déjà poète mais n&#8217;avait encore publié que des romans : &#8220;Le chiendent&#8221; (1933), &#8220;Les derniers jours&#8221; (1936), &#8220;Odile&#8221; (1937). Il avait une trentaine d&#8217;années et était paraît-il encore en analyse. Avec &#8220;Chêne et chien&#8221;, il nous offre une autobiographie légère et grave, tantôt souriante, tantôt bouleversante, toujours distanciée, et surtout étonamment moderne.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#800080;">Chêne et chien / Raymond Queneau, Gallimard (Poésie), 1997, ISBN 2-07-030231-8</span></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/defi-le-nom-de-la-rose4.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-381" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/07/defi-le-nom-de-la-rose4.jpg?w=200" alt="" width="200" height="61" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Ajout du 31 août : je viens de découvrir le blog de <a href="http://rosealu.canalblog.com/archives/2008/06/01/9401044.html">Rose</a> qui aime beaucoup Queneau (et comme elle aime aussi Perec, ça vaut vraiment la peine d&#8217;aller y faire un tour) </p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Cosmos]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/07/17/cosmos/</link>
<pubDate>Thu, 17 Jul 2008 16:28:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[
&#8220;Cosmos&#8221;, paru en 1964, est le dernier roman de Witold Gombrowicz (1904-1969).
De quoi]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/cosmos.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-398" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/07/cosmos.jpg?w=97" alt="" width="97" height="160" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;Cosmos&#8221;, paru en 1964, est le dernier roman de Witold Gombrowicz (1904-1969).</p>
<p style="text-align:justify;">De quoi s&#8217;agit-il ? Le narrateur et son ami Fuchs louent une chambre dans une pension tenue par Mme Wojtys avec son mari Léon, leur nièce Catherette, leur fille Léna, son mari Lucien et son chat Jacquot. En chemin Fuchs et le narrateur ont remarqué quelque chose d&#8217;étrange : non loin de la pension, dans la campagne, un moineau était pendu dans un arbre par un fil de fer, trop haut pour que cela soit l&#8217;oeuvre d&#8217;un enfant. Pourquoi ce moineau a-t-il été pendu et par qui ? Autre source d&#8217;interrogation pour le narrateur : les lèvres de Catherette et celles de Léna. A son arrivée à la pension, il a en effet remarqué une anomalie à la bouche de Catherette, mais voilà que dans ses pensées les lèvres de Catherette se retrouvent associées à celles de Léna pourtant bien différentes. Pourquoi cette association ? Et ce sont ces deux étranges questions que le narrateur va ressasser.</p>
<p style="text-align:justify;">De Fuchs nous savons qu&#8217;il a deux semaines de vacances et essaie d&#8217;oublier sa mésentente avec son chef de bureau. Du narrateur nous savons qu&#8217;il est étudiant et que sa présence dans cette pension est liée à une brouille avec sa famille, à Varsovie.</p>
<p style="text-align:justify;">Non seulement le narrateur passe son temps à ressasser deux questions absurdes, mais en plus il interprète tout ce que dit ou fait son ami Fuchs en fonction de ses problèmes relationnels avec son chef. Et surtout il porte un drôle de regard sur les choses, observant chaque détail comme s&#8217;il regardait le monde pour la première fois, s&#8217;interrogeant sur chaque ligne du plafond, les mains de Lucien, un bout de bois dans le jardin&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Difficile de raconter l&#8217;histoire de  ce roman qui se commente d&#8217;ailleurs ainsi dans le dernier chapitre :</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;">&#8220;Il me sera difficile de raconter la suite de cette histoire. D&#8217;ailleurs je ne sais pas si c&#8217;est bien une histoire. On hésite à appeler &#8220;histoire&#8221; une telle&#8230; accumulation et dissolution&#8230; continuelle&#8230; d&#8217;éléments&#8230;&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">Difficile d&#8217;apposer un discours rationnel sur une oeuvre pareille. Alors on se tourne vers l&#8217;auteur. On interroge ses propres écrits sur l&#8217;oeuvre, dont la préface nous donne des extraits. Ainsi en 1962, dans son journal, Gombrowicz écrivait : </p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;">&#8220;Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un roman policier ? Un essai d&#8217;organiser le chaos. C&#8217;est pourquoi mon Cosmos, que j&#8217;aime appeler &#8220;un roman sur la formation de la réalité&#8221;, sera une sorte de récit policier.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est donc un roman sur la formation de la réalité. Je suis sceptique. Est-ce un roman policier ? Pas vraiment, mais il y a des meurtres. Ce roman m&#8217;échappe. Il faudrait en savoir plus, lire le reste de son oeuvre, ses propres commentaires sur elle, interroger ses influences, prendre de la distance. Mais je ne suis pas dans cette démarche analytique. Je le lis entre un roman policier et une bd. Je lis pour des raisons mystérieuses (me distraire, fuir la réalité, mieux l&#8217;appréhender, me chercher, rencontrer les autres&#8230;) mais plus pour disséquer des oeuvres qui glissent entre mes mains, devant lesquelles mon jugement vacille. &#8220;Cosmos&#8221; me renvoie à mes insuffisances.</p>
<p style="text-align:justify;">Peut-être faudrait-il le laisser poser et le reprendre plus tard. Mais voilà il y a le blog, les challenges (c&#8217;est devenu la lettre G de mon challenge ABC). Cela fait six mois que je blogue et j&#8217;ai déjà des doutes. A quoi bon parler de ce qu&#8217;on n&#8217;aime pas (voir la lettre Y) ? A quoi bon parler de ce qui nous échappe ? Je rends compte ici de mes expériences de lecture. Or ces expériences ne sont pas toujours bonnes, ou pas toujours simples. Pour Yourcenar, tout était clair. Je n&#8217;aime pas. Yourcenar a hérité d&#8217;une langue, d&#8217;une culture. Elle campe sur son héritage, le fait fructifier sans prendre aucun risque. Et elle m&#8217;ennuie. Rien de tel ici. Gombrowicz, lui, cherche, invente, explore. Et il me déstabilise. Et plus j&#8217;y pense et plus je me dis que j&#8217;aime être déstabilisée.</p>
<p style="text-align:justify;">Et puis il y a cette question, que je posais déjà en ouvrant ce blog : comment choisissons-nous les livres que nous lisons ? Pourquoi &#8220;Cosmos&#8221;, alors qu&#8217;il y a tant et tant à lire ? Je me souviens, j&#8217;étais à la librairie, quasiment la seule de la ville, heureusement une excellente librairie. Je furetais au rayon russe, car je suis dans une période très russe. Mais j&#8217;ai glissé en Pologne sans m&#8217;en apercevoir. Si je n&#8217;ai pas lu tous les auteurs russes, généralement je connais au moins leurs noms, à force de fréquenter ce rayon. Mais là sur cette tablette, que des noms nouveaux pour moi. C&#8217;est à ça que je me suis rendu compte, que mes yeux s&#8217;étaient égarés en Pologne. Je n&#8217;avais jamais lu d&#8217;auteur polonais, c&#8217;était une expérience à tenter. J&#8217;en ai choisi un. Pourquoi &#8220;Cosmos&#8221; ? Peut-être qu&#8217;avec un titre pareil, on croit qu&#8217;on va comprendre le monde. Peut-être la mouche sur la couverture (je venais de lire &#8220;La vie des insectes&#8221;). Peut-être Maurice Nadeau. En effet, il y a sur la quatrième de couverture une petite phrase de Maurice Nadeau. Elle ne dit rien de bien extraordinaire cette petite phrase. Elle dit juste que Maurice Nadeau a aimé, qu&#8217;il l&#8217;a relu souvent, qu&#8217;il le conseille d&#8217;une certaine façon. Et Maurice Nadeau est généralement de bon conseil (je pense à Perec et Houellebecq).</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;">&#8220;On n&#8217;a jamais fini de le découvrir. On n&#8217;a jamais fini non plus de se découvrir à travers lui.&#8221; (Maurice Nadeau)</span></p>
<p style="text-align:justify;">Si vous êtes arrivés au bout de ce billet sans queue ni tête, vous vous demandez : mais finalement elle en pense quoi de &#8220;Cosmos&#8221; ? Je ne sais pas, mais c&#8217;était bien. Je vous le prête, si ça vous tente.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;">Cosmos / Witold Gombrowicz, traduit du polonais par Georges Sédir, Gallimard (Folio), 2004, ISBN 2-07-036-400-3</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le coup de grâce à deux euros]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/07/13/le-coup-de-grace-a-deux-euros/</link>
<pubDate>Sun, 13 Jul 2008 12:54:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[

Chiantitude infinie
Au début de ce court roman, nous sommes en 1919 à la gare de Pise, où Eric]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/le-coup-de-grace.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-335" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/07/le-coup-de-grace.jpg?w=143" alt="" width="143" height="240" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#ff9900;"><img class="aligncenter" style="width:80px;height:15px;" src="http://storage.canalblog.com/41/23/346056/23349182.gif" border="0" alt="challengeabc2008" width="80" height="15" /></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#ff6600;">Chiantitude infinie</span></p>
<p style="text-align:justify;">Au début de ce court roman, nous sommes en 1919 à la gare de Pise, où Eric von Lhomond, un allemand d&#8217;une quarantaine d&#8217;années, blessé au pied, attend le train qui le ramènera en Allemagne. Au petit matin, au buffet de la gare, il entreprend de raconter un épisode de sa vie à deux mystérieux et silencieux auditeurs. Commence alors un récit à la première personne, beaucoup trop écrit, dans un style absolument insupportable, prétentieux et d&#8217;un autre âge, que le lecteur ne peut en aucun cas prendre pour un récit oral.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans une préface datée de 1962 (alors que le roman a été écrit en 1939), Marguerite Yourcenar s&#8217;en explique en nommant cela une &#8220;convention littéraire&#8221; et en s&#8217;abritant derrière &#8220;La sonate à Kreutzer&#8221; et &#8220;L&#8217;immoraliste&#8221;. Ce qui surprend malgré tout ici, c&#8217;est l&#8217;inutilité de l&#8217;introduction immédiatement suivie d&#8217;un monologue jamais interrompu par un quelconque retour à la situation initiale, pas même à la fin du roman.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais passons sur cette maladresse et venons en au coeur du récit. Il s&#8217;agit de prime abord de l&#8217;histoire d&#8217;une grande amitié entre Eric et Conrad. Pour vous donner une idée du style confondant de ridicule, voici comment Marguerite Yourcenar décrit Conrad, alors qu&#8217;Eric le retrouve après une séparation :</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;">&#8220;Il avait gardé une innocence d&#8217;enfant, une douceur de jeune fille, et cette bravoure de somnambule qu&#8217;il mettait autrefois à grimper sur le dos d&#8217;un taureau ou d&#8217;une vague ; et ses soirées se passaient à commettre de mauvais vers dans le goût de Rilke.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;était la guerre et Eric s&#8217;était engagé dans le corps des volontaires qui participaient à la lutte antibolchevique en Estonie et en Courlande. Il y avait retrouvé Conrad et par la même occasion Sophie, soeur de Conrad. Sophie était amoureuse d&#8217;Eric, qui ne partageait pas ses sentiments (ou du moins le croyait-il) et elle se consolait dans les bras de quelques amants de passage, tandis qu&#8217;Eric lui préférait les prostituées. Mais c&#8217;était la guerre, et autour de nos héros une véritable hécatombe, et ce jusqu&#8217;à la fin, ô combien tragique.</p>
<p style="text-align:justify;">Je me suis rarement autant ennuyée en lisant et ce court roman d&#8217;une centaine de pages m&#8217;a semblé durer une éternité. Est-il représentatif de l&#8217;oeuvre de Yourcenar ? J&#8217;ai appris à me méfier de cette collection (aux 4e de couverture systématiquement à côté de la plaque) qui ne publie que le plus mauvais, mais je doute de retrouver de sitôt l&#8217;envie de lire quoi que ce soit d&#8217;autre de notre académicienne.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;">Le coup de grâce / Marguerite Yourcenar, Folio 2€, 2007, ISBN 978-5-07-033812-2</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Plus indulgente que moi, <a href="http://booki-net.blogspot.com/2007/01/6-du-challenge-2007-y-marguerite.html"><span style="color:#ff6600;">Jules</span></a> y a trouvé une &#8220;intensité stimulante&#8221;.</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[1958-2008 : ces 50 ans qui ont changé notre vie]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/06/22/1958-2008-ces-50-ans-qui-ont-change-notre-vie/</link>
<pubDate>Sun, 22 Jun 2008 09:25:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[ 
Quelle déception ! Et surtout quel ennui !
Voici un ouvrage qui nous propose de parcourir les ci]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/1958-20082.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-308" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/06/1958-20082.jpg?w=117" alt="" width="117" height="160" /></a> </p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#ff0000;">Quelle déception ! Et surtout quel ennui !</span></p>
<p style="text-align:justify;">Voici un ouvrage qui nous propose de parcourir les cinquante premières années de la Ve République en les regardant par le petit bout de la lorgnette, c&#8217;est-à-dire en s&#8217;intéressant à la petite histoire plutôt qu&#8217;à la grande, et en se focalisant sur ce qui a changé dans notre vie quotidienne depuis 1958. Ces intentions avaient tout pour me séduire, mais hélas&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai choisi ce livre dans la liste proposée par Babelio croyant recevoir ce que dans le jargon des bibliothèques on appelle &#8220;un usuel&#8221;. J&#8217;ai en effet un faible pour ces ouvrages qui se veulent utilitaires, qui sont faits pour nous apporter une réponse à une question ponctuelle, mais dans lesquels on peut aussi entrer sans rien chercher, pour le plaisir de se perdre dans un labyrinthe de mots, de faits, de dates, d&#8217;idées&#8230; J&#8217;aime les dictionnaires, même (et surtout) les plus fantaisistes, les encyclopédies, les chronologies, les almanachs&#8230; et je m&#8217;attendais à recevoir un des ces livres aux multiples entrées et aux multiples lectures possibles. J&#8217;espérais un de ces livres inépuisables, dans lesquels on aime à se replonger encore et encore et dans lesquels on apprend énormément de choses.</p>
<p style="text-align:justify;">Au lieu de cela, j&#8217;ai reçu un ouvrage qui ne propose aucune entrée possible, mis à part le feuilletage. Si l&#8217;ayant feuilleté une première fois, on se souvient par exemple que l&#8217;invention du minitel y figure mais qu&#8217;on en a oublié la date, on n&#8217;a même pas un index à sa disposition pour la retrouver. Si au moins des chemins de lecture nous étaient proposés à l&#8217;intérieur de l&#8217;ouvrage, on pourrait le feuilleter plusieurs fois selon des axes différents. Par exemple, ayant remarqué qu&#8217;il y avait dans ce livre des informations concernant le cinéma, on pourrait être tenté de parcourir cinquante ans d&#8217;histoire du cinéma. Mais même ça, ce n&#8217;est pas possible, les différentes rubriques n&#8217;étant pas positionnées au même endroit d&#8217;une page à l&#8217;autre. Les titres des mini-articles qui composent chaque page sont comme surlignés en jaune, en orange, en vert&#8230; mais ces couleurs sont distribuées au hasard sans qu&#8217;il soit possible d&#8217;en suivre une d&#8217;un bout à l&#8217;autre de l&#8217;ouvrage.</p>
<p style="text-align:justify;">Et si on fait malgré tout l&#8217;effort d&#8217;entrer dans l&#8217;une des pages de l&#8217;ouvrage pour découvrir les faits retenus pour l&#8217;année à laquelle se consacre la double page, on se rend compte que la plupart des mini-articles ne sont en fait que des énumérations, ce qui s&#8217;avère donc vite lassant, souvent même absolument illisible, et pire encore, sans aucun intérêt (car une liste qui n&#8217;est pas exhaustive n&#8217;a aucun intérêt) : liste des films sortis cette année là, liste des émissions de télé nées cette année là, liste des morts de l&#8217;année, etc. Et on comprend alors mieux pourquoi il n&#8217;y a pas d&#8217;index : tout simplement parce que celui-ci aurait été au moins aussi long que l&#8217;ouvrage proprement dit.</p>
<p style="text-align:justify;">Comme il n&#8217;y a qu&#8217;une double page pour chaque année, l&#8217;essentiel du travail des deux auteurs a été de sélectionner les événements à recenser. Cette sélection ne pouvant qu&#8217;être subjective, on aurait pu s&#8217;attendre à ce que les auteurs assument cette part de subjectivité en adoptant un ton singulier, en portant un regard qui leur soit propre sur ces années qui, pour au moins une partie d&#8217;entre elles, sont aussi les leurs. Au lieu de cela, on a un ton d&#8217;une platitude et d&#8217;un ennui incommensurables. Car à force de vouloir donner dans le consensuel, on n&#8217;intéresse plus personne.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/1999.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-310" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/06/1999.jpg?w=300" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Comme je serais bien mauvaise, si je n&#8217;essayais pas de mettre en avant ne serait-ce qu&#8217;un point positif, je dirais que j&#8217;ai bien aimé une des rares rubriques récurrentes clairement identifiable : &#8220;Le mot de l&#8217;année&#8221;.  Et comme moi aussi j&#8217;aime les listes, voici en partant de la fin, quelques uns des mots retenus pour cette rubrique : RSA, Bravitude, Chikungunya, Sudoku, Blog, SRAS, Euro, AZF, RTT&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Mais il y a tellement mieux, si on s&#8217;intéresse aux mots de l&#8217;actualité ! Je songe à ce formidable ouvrage publié par Gallimard Jeunesse et intitulé &#8220;<span style="color:#ff6600;">Les 1000 mots de l&#8217;info&#8221;. </span>Théoriquement destiné aux adolescents, cet ouvrage peut tout à fait ravir les adultes curieux dans mon genre, mais aussi les parents de jeunes adolescents qui se trouvent souvent dépourvus face aux questions suscitées par exemple par le journal télévisé. C&#8217;est en outre un ouvrage fort bien illustré, avec un index à la fin, un mode d&#8217;emploi au début, et toutes sortes de rubriques offrant ces portes d&#8217;entrée que j&#8217;ai cherchées en vain dans &#8220;1958-2008&#8243;. Mais c&#8217;est aussi un ouvrage de 360 pages (mon édition de 2003), alors que &#8220;1958-2008&#8243; prétend raconter 50 ans en 120 pages.</p>
<p style="text-align:center;"> <a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/les-1000-mots-de-lnfo.gif"><img class="alignnone size-medium wp-image-309" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/06/les-1000-mots-de-lnfo.gif?w=110" alt="" width="110" height="143" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">A qui s&#8217;adresse &#8220;1958-2008&#8243; ? Espérant ratisser large, la quatrième de couverture nous dit &#8220;un livre pour toutes les générations&#8221;. Comme on n&#8217;y apprend pas grand chose, je dirais plutôt qu&#8217;il joue avec la nostalgie qui finit par nous gagner tous, l&#8217;âge venant. C&#8217;est donc, selon moi, un livre qui s&#8217;adresse à ceux qui ont traversé ce demi-siècle.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff0000;">En conclusion, si vous connaissez quelqu&#8217;un qui a cinquante ans cette année (et que vous ne l&#8217;aimez pas beaucoup), vous pouvez toujours le lui offrir.</span></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.babelio.com"><img class="aligncenter" src="http://www.babelio.com/images/ico_critique.jpg" alt="livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com" /></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La mort en été]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/06/21/la-mort-en-ete/</link>
<pubDate>Sat, 21 Jun 2008 06:58:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[

&#8220;C&#8217;était au plus haut de l&#8217;été,
il y avait de la colère dans les rayons du ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/la-mort-en-ete.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#0000ff;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/la-mort-en-ete3.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-305" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/06/la-mort-en-ete3.jpg" alt="" width="76" height="129" /></a></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#0000ff;"><span style="color:#d55929;">&#8220;C&#8217;était au plus haut de l&#8217;été,</span></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#d55929;">il y avait de la colère dans les rayons du soleil&#8221;.</span></p>
<p style="text-align:justify;">&#8220;La mort en été&#8221;  est un recueil de dix nouvelles de Mishima publié en 1943. De longueurs, de thématiques, et de styles assez différents, c&#8217;est un peu artificiellement que ces nouvelles sont réunies en recueil. Néanmoins la mort en est le thème le plus récurrent : on flirte avec l&#8217;idée du suicide (La mort en été), on pratique le seppuku, suicide rituel japonais (Patriotisme), on doit survivre au décès de ses enfants (La mort en été), ou encore on assiste à la fin d&#8217;un vieillard (Le prêtre du temple de Shiga et son amour). L&#8217;amour, dans ce qu&#8217;il a de plus passionnel et douloureux, en est également un des thèmes majeurs. Enfin les traditions séculaires subsistant dans le Japon moderne y sont également à l&#8217;honneur : les acteurs de kabuki (Onnagata), les geishas (Les sept ponts), le seppuku (Patriotisme), les coutumes funéraires (La mort en été).</p>
<p style="text-align:justify;">De ce magnifique recueil, je retiendrai surtout trois nouvelles, la plus terrible d&#8217;une part et mes deux préférées d&#8217;autre part,  c&#8217;est-à-dire les deux nouvelles que j&#8217;ai eu envie de relire avant d&#8217;écrire ce billet, l&#8217;une grave et l&#8217;autre légère.</p>
<p style="text-align:justify;">La plus forte et la plus marquante des nouvelles du recueil est sans aucun doute <span style="color:#dd5622;"><span>&#8220;Patriotisme</span>&#8220;</span>. La nouvelle s&#8217;ouvre sur le suicide d&#8217;honneur du lieutenant Shinji Takeyama, immédiatement suivi de celui de Reiko, femme soumise. Comme ils étaient mariés depuis six mois, c&#8217;est cette période de bonheur que la nouvelle relate brièvement, avant d&#8217;en venir à l&#8217;épisode de la mutinerie, qui est la cause du geste du lieutenant. Mais cet événement ne nous est raconté que du point de vue de Reiko qui, seule chez elle, se prépare à mourir. Puis, après une dernière étreinte, arrive le geste final, dont aucun détail sordide ne nous est épargné. Effroyable ! D&#8217;autant plus effroyable d&#8217;ailleurs, qu&#8217;on ne peut lire cette nouvelle sans songer au seppuku que s&#8217;infligea Mishima lui-même. Je ne vous cache pas avoir lu les pires paragraphes en diagonale et je n&#8217;ai pas l&#8217;intention de relire cette nouvelle de sitôt.</p>
<p style="text-align:justify;">Venons-en donc à mes deux nouvelles préférées. Tout d&#8217;abord, j&#8217;ai apprécié la nouvelle qui donne son titre au recueil : <span style="color:#dd5622;"><span>&#8220;La mort en été</span>&#8220;</span>. Alors qu&#8217;elle est à la plage avec les trois jeunes enfants de son frère, une femme se noie avec les deux aînés. Malgré l&#8217;horreur de l&#8217;événement et la douleur qui doit être la sienne, le père appelé à rejoindre sa femme après le drame ne songe qu&#8217;à sauvegarder les apparences. Surtout ne trahir aucune émotion, car aux yeux de ce Japonais, il n&#8217;y a rien de pire que d&#8217;exprimer ses sentiments, rien de plus honteux que d&#8217;exposer avec impudeur sa douleur en public. <span style="color:#db5e23;"><span>&#8220;Elle glissa un regard vers son mari et fondit en larmes. Il ne tenait pas à ce que le directeur le vît poser la main sur l&#8217;épaule de sa femme pour la réconforter. Ce serait pire que de laisser surprendre les plus intimes secrets d&#8217;alcôve.</span>&#8220;  </span>Quant à la mère des enfants, elle ne parvient pas à dissiper le sentiment de culpabilité qui l&#8217;amène à ressasser des idées suicidaires&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;avoue enfin avoir un faible pour la nouvelle la plus légère et la plus amusante du recueil : <span style="color:#dd5622;"><span>&#8220;La perle</span>&#8220;</span>. Quatre amies sont invitées par une cinquième pour fêter ses 43 ans autour d&#8217;un gâteau d&#8217;anniversaire accompagné de thé. La maîtresse de maison porte une bague ornée d&#8217;une perle. Mais juste avant l&#8217;arrivée des invitées, la perle se désolidarise de la monture de la bague et se retrouve posée négligemment sur le plat de service du gâteau. Puis au cours du goûter, la perle disparaît. Une des invitées l&#8217;a-t-elle subtilisée ou avalée par mégarde ? Et surtout, comment les quatre amies, pas si amies que cela d&#8217;ailleurs, vont-elles parvenir à préserver leur réputation, si chère à leurs yeux ? Vous ne serez sans doute pas étonnés, si je vous dis que &#8220;La perle&#8221; est un petit bijou de finesse et d&#8217;humour, qui en dit long sur le savoir vivre d&#8217;une certaine bourgeoisie japonaise.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#3366ff;"><span style="color:#d55629;">La mort en été / Yukio Mishima, traduit de l&#8217;anglais par Dominique Aury, Gallimard (Folio 1948), 2007, ISBN 978-2-07-038036-7</span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Ce recueil de nouvelles a été lu pour célébrer l&#8217;été dans le cadre du <a href="http://levraoueg.wordpress.com/challenge-vivaldi/">Challenge Vivaldi</a>.</span></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/saisons.jpg"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-273" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/06/saisons.jpg?w=128" alt="" width="128" height="85" /></a></p>
<p style="text-align:justify;"> Il a également été lu et apprécié par <a href="http://lefantasio.com/index.php?2008/05/09/602-mishima-yukio-mort-en-ete-la-folio">Fantasio</a>.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Un coup d'aile à deux euros]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/06/18/un-coup-daile-a-deux-euros/</link>
<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 22:37:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
<guid>http://levraoueg.wordpress.com/2008/06/18/un-coup-daile-a-deux-euros/</guid>
<description><![CDATA[

 
&#8220;Le soir, la pluie cessa de façon imprévue. 
Quelqu&#8217;un s&#8217;était brusquement]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/un-coup-daile.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/un-coup-daile4.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-282" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/06/un-coup-daile4.jpg?w=140" alt="" width="140" height="240" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><img style="width:80px;height:15px;" src="http://storage.canalblog.com/41/23/346056/23349182.gif" border="0" alt="challengeabc2008" width="80" height="15" /> </p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#3366ff;">&#8220;Le soir, la pluie cessa de façon imprévue. </span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#3366ff;">Quelqu&#8217;un s&#8217;était brusquement ravisé et avait fermé les robinets.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;">Connaissez-vous les Folio 2€ ? Dans cette chaîne de magasins qui étaient autrefois des librairies et ne vendent plus aujourd&#8217;hui que quelques malheureux bouquins noyés dans un océan technologique, ils attendent souvent les LCA dans nos genres sur des présentoirs disposés près des caisses, comme les bonbons attendent les enfants dans les supermarchés. Arrivé près de la sortie avec une pile de livres déjà beaucoup plus haute que prévue, on se dit qu&#8217;on n&#8217;est plus à deux euros près, ni surtout à cent pages près, et on cède à la tentation. C&#8217;est en tous cas exactement ce qui m&#8217;est arrivé. J&#8217;y ai vu l&#8217;occasion de compléter mon challenge ABC avec les lettres Y et N qui manquaient encore. Y comme Yourcenar. Je ne l&#8217;ai jamais lue, mais je la suppose d&#8217;un classicisme ennuyeux à mourir, Alors d&#8217;accord pour lui donner une chance de me faire dire que je me suis trompée, mais pas avec un pavé. N comme Nabokov. La lettre N n&#8217;a l&#8217;air de rien comme ça, mais en fait les auteurs en N ne courent pas les rues. Alors pourquoi pas renouer avec Nabokov, pas lu depuis des années, avec deux petites nouvelles ? Et voilà comment je me suis fait avoir par cette collection. Mais on ne m&#8217;y reprendra plus.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans &#8220;Un coup d&#8217;aile&#8221; dans sa version à deux euros, on trouve en fait deux nouvelles : &#8220;Un coup d&#8217;aile&#8221; et &#8220;La Vénitienne&#8221;. Dans le Folio plus cher intitulé &#8220;La Vénitienne et autres nouvelles&#8221;, on trouve également ces deux nouvelles, mais aussi les autres nouvelles de jeunesse de Nabokov. Ces nouvelles (ou du moins les deux que j&#8217;ai pu lire) datent des années vingt, c&#8217;est-à-dire de l&#8217;époque où Nabokov vivait en exil à Berlin. Elles ont été écrites en russe, comme toutes les premières oeuvres de Nabokov, qui est ensuite passé à l&#8217;anglais. &#8220;Un coup d&#8217;aile&#8221;  a été publiée dans une revue russe en 1924. Mais &#8220;La Vénitienne&#8221; est restée inédite jusqu&#8217;en 1990, quand les nouvelles de jeunesse de Nabokov ont pour la première fois été réunies en recueil. Toutes ces informations figurent dans le petit Folio 2€ (et j&#8217;ose espérer qu&#8217;elles sont exactes), et ce malgré l&#8217;absence de préface ou postface, et avec au début de l&#8217;ouvrage une pauvre présentation de Nabokov pouvant convenir à n&#8217;importe quelle autre oeuvre. Ce qui est en revanche plus instructif, ce sont deux petites notes en bas de page à la fin de chacune des nouvelles, qui nous permettent de situer ces textes dans l&#8217;oeuvre de Nabokov. Il serait donc injuste de dire que l&#8217;éditeur n&#8217;a pas fait son travail. Et pourtant, l&#8217;éditeur s&#8217;est permis de publier ces textes et d&#8217;en écrire le résumé en quatrième de couverture, sans même les avoir lus. Voici en effet le résumé qui nous est proposé pour &#8220;Un coup d&#8217;aile&#8221; : &#8220;Dans les montagnes enneigées de la Suisse, Kern, un étudiant hanté par la mort, éprouve une passion impossible pour l&#8217;insaisissable Isabelle&#8221;. Or je me demande d&#8217;où est venue à l&#8217;éditeur l&#8217;idée que Kern était un étudiant. Cela n&#8217;est pas dit dans la nouvelle telle que j&#8217;ai pu la lire. Tout ce que nous savons de Kern, c&#8217;est qu&#8217;il a été marié sept ans à une femme qui s&#8217;est suicidée un an plus tôt, et qu&#8217;il a trente-cinq ans. Ce n&#8217;est certainement qu&#8217;un détail, mais révélateur à mon sens du peu de soin accordé à cette édition.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais venons-en aux textes eux-mêmes. Dans &#8220;Un coup d&#8217;aile&#8221;, un homme, dont on est en droit d&#8217;espérer qu&#8217;il n&#8217;est plus étudiant depuis longtemps, fait du ski en Suisse. Il rencontre une charmante Isabelle. Et ce pourrait être l&#8217;histoire d&#8217;un amour impossible, si le récit ne tournait pas au fantastique. Surgit subitement la créature ailée, sans que j&#8217;aie vraiment compris s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;hallucinations de notre pauvre héros suicidaire. Je n&#8217;ai pas non plus très bien compris le retournement final, me demandant quel sens donner à tout ça. Mais qu&#8217;a donc voulu dire Nabokov ? J&#8217;en arrive à plaindre le malheureux contraint d&#8217;écrire un résumé en quatrième de couverture, pour une nouvelle qu&#8217;il a visiblement encore moins comprise que moi. Cela dit, même si le traducteur ignore qu&#8217;en français le &#8220;bouton de l&#8217;électricité&#8221; se dit &#8220;interrupteur&#8221;, il est difficile de nier que la nouvelle est joliment écrite.</p>
<p style="text-align:justify;">Vient ensuite la nouvelle intitulée &#8220;La Vénitienne&#8221;. Etant donné le talent du rédacteur de la quatrième de couverture, autant s&#8217;en remettre à lui pour le résumé : &#8220;Lorsque Simpson voit le portrait de la Vénitienne peint par Sebastiano del Plombo, il est fasciné et tombe éperdument amoureux. Le tableau exerce sur lui une telle attirance qu&#8217;il ne peut s&#8217;empêcher de revenir le contempler jour après jour, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il pénètre dans la toile&#8230;&#8221; Vous remarquerez que la quatrième de couverture ne nous dit pas que Simpson est étudiant, et pourtant il l&#8217;est. Remarquez aussi les points de suspension qui laissent supposer que l&#8217;essentiel de la nouvelle se situe après l&#8217;entrée dans le tableau. Mais là encore, je n&#8217;ai pas lu la même nouvelle. J&#8217;ai attendu pendant 45 pages que l&#8217;étudiant Simpson se décide à entrer dans le tableau. Et ensuite, les huit pages finales ont fort habilement achevé une nouvelle qui avait bien mal commencé, avec beaucoup de longueurs, ce qui, avouez-le,  est le comble pour une nouvelle.</p>
<p style="text-align:justify;">Et comme je ne vous cache rien de mes états d&#8217;âme de lectrice, sachez qu&#8217;ensuite j&#8217;ai pu relire la première nouvelle avec plus d&#8217;indulgence et apprécier l&#8217;écriture de l&#8217;angoisse et de la tentation suicidaire.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais je ne suis pas sûre que ces textes extirpés d&#8217;un tiroir des années après la mort de l&#8217;auteur n&#8217;aient leur place dans une collection comme celle-là. Ne vaudrait-il pas mieux les destiner aux spécialistes de Nabokov (dans les oeuvres complètes par exemple) et offrir à l&#8217;amateur désargenté une oeuvre plus aboutie ? </p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#3366ff;">Un coup d&#8217;aile suivi de La Vénitienne / Vladimir Nabokov, traduit du russe par Bernard Kreise, Gallimard, Folio 2 euros, 2007, ISBN 978-2-07-041254-9</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Seul avec ses angoisses]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/05/25/seul-avec-ses-angoisses/</link>
<pubDate>Sun, 25 May 2008 14:08:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[


 
Zamiatine (1884-1937) est surtout connu en France pour son roman &#8220;Nous autres&#8221;, é]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/05/seul1.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#008000;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/05/seul2.jpg"></a></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#008000;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/06/seul.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-283" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/06/seul.jpg?w=145" alt="" width="145" height="240" /></a></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#008000;"><img style="width:80px;height:15px;" src="http://storage.canalblog.com/41/23/346056/23349182.gif" border="0" alt="challengeabc2008" width="80" height="15" /><span style="color:#000000;"> </span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;">Zamiatine (1884-1937) est surtout connu en France pour son roman &#8220;Nous autres&#8221;, écrit en 1920 mais publié en Russie seulement en 1988, que l&#8217;on considère souvent comme la préfiguration du roman d&#8217;Orwell, &#8220;1984&#8243;</span><span style="color:#008000;">. Zamiatine</span><span style="color:#008000;"> est cependant essentiellement un auteur de nouvelles. &#8220;Seul&#8221; est la première, écrite en 1907. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;">&#8220;Seul&#8221; met en scène un étudiant arrêté pour se</span><span style="color:#008000;">s activités politiques et seul dans sa cellule. Il n&#8217;est cependant pas seul dans la prison. Un jour, le prisonnier de la cellule voisine entre en contact avec lui :</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;">&#8220;Soudain toutes les pensées se sont déchirées. Et tout est mort autour : seul le vide - et à l&#8217;intérieur tombent les bruits, effilés, étincelants. &#8220;Toc-toc ! Toc-toc-toc !&#8221; En bas&#8230; Là-bas, quelqu&#8217;un de vivant, en bas. Près du tuyau cette fois. Le coeur s&#8217;est mis à battre comme un fou et se rue à la rencontre.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;">Par le tuyau qui va d&#8217;une cellule à l&#8217;autre, ils vont pouvoir communiquer en s&#8217;envoyant des bouts de papier. Ainsi son voisin se présente : il est ouvrier et se nomme Alexandre Tifléïev. L&#8217;étudiant lui répond :</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;">&#8220;Je suis l&#8217;ex-étudiant Biélov. Je suis enfermé, seul depuis trois mois. Content de vous trouver.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;">C&#8217;est par le biais des petits mots échangés par les deux détenus, que le lecteur apprend quelques éléments sur l&#8217;identité de Biélov et les raisons de sons arrestation. Le récit est écrit à la troisième personne, mais le point de vue est celui de l&#8217;étudiant dont le narrateur n&#8217;ignore aucun état d&#8217;âme. Les phrases sont courtes, le rythme saccadé, Nous sommes dans les pensées de Biélov qui ressasse. Il y a bien quelques autres personnages dans la prison, des gardiens en particulier. Mais aucun n&#8217;a d&#8217;identité propre, tous étant désignés par le pronom (im)personnel &#8220;on&#8221; :</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;">&#8220;On a éteint les lampes. Des pas ont clapoté et pataugé dans le marais pourri du couloir. Un sifflement a claqué, s&#8217;est répandu comme un filet d&#8217;eau froide. Une serrure a grincé des dents.&#8221;</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;">Et puis un jour Biélov va se souvenir de Liélka, qui appartenait au même groupuscule révolutionnaire que lui. Dans sa solitude délirante il va imaginer qu&#8217;un sentiment amoureux était né entre eux avant son arrestation. Et par l&#8217;intermédiaire de Tifléïev qui reçoit des visites au parloir, il va lui faire parvenir des lettres et recevoir des réponses.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;">Par bien des aspects, &#8220;Seul&#8221; ressemble plus à un long poème en prose qu&#8217;à une nouvelle. Il n&#8217;y a pas véritablement d&#8217;histoire, pas de chute, mais juste une situation, un climat oppressant, et un style extrêmement travaillé. On en ressort un peu sonné.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;">Terminons donc par une citation :</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;"><span style="color:#ff6600;">&#8220;Maintenant Biélov savait ce qui l&#8217;attendait. De longues années sombres qui iraient à pas lents et lourds - dans des fers. Mais cela ne lui chuchotait plus de pensées noires - comme autrefois, et il y avait du courage et de la joie dans son âme : demain arriverait une lettre d&#8217;elle, et en elle - son amour.&#8221;</span> </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#008000;">Seul / Evguéni Zamiatine, traduit du russe par Bernard Kreise, Rivages poche (Bibliothèque étrangère), 1990, ISBN 2-86930-325-4</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Elle]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/05/04/elle/</link>
<pubDate>Sun, 04 May 2008 09:45:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Ivan bounine (1870-1953) est un écrivain russe que j&#8217;ai découvert par son dernier ouvrage, ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/05/photobounine.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-197" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/05/photobounine.jpg?w=87" alt="" width="87" height="117" /></a></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#a48d5b;">Ivan bounine (1870-1953) est un écrivain russe que j&#8217;ai découvert par son dernier ouvrage, le recueil de nouvelles &#8220;<a href="http://levraoueg.wordpress.com/2008/03/11/les-histoires-damour-finissent-mal-en-general/"><span style="color:#800080;">Les allées sombres</span></a>&#8220;. Je le retrouve avec &#8220;Elle&#8221;, un roman autobiographique publié en 1938, alors qu&#8217;il vivait en exil en France. En effet, si j&#8217;en crois la quatrième de couverture, &#8220;Elle&#8221; est inspiré d&#8217;un épisode réel de la vie de Bounine : &#8220;une longue liaison qu&#8217;il considérait lui-même comme un mariage et qui n&#8217;avait jamais été régularisée, faute du consentement du père de la jeune femme&#8221;.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#a48d5b;">Le personnage principal de ce  roman à la première personne se nomme Alexis Arséniev, nom du double littéraire de Bounine, déjà utilisé par l&#8217;auteur dans son autobiographie &#8220;La vie d&#8217;Arséniev&#8221; (1933). Il est jeune, n&#8217;a pas encore fait ses études, et dit lui-même sortir tout juste d&#8217;une &#8220;adolescence monacale&#8221;. Dés le début de sa relation avec &#8220;elle&#8221;, Lika, le père de la jeune fille l&#8217;avertit : </span><span style="color:#a48d5b;"><span style="color:#888888;">&#8220;<span>Quels que soient les sentiments qui peuvent exister entre vous et ma fille, et à quelque stade de développement qu&#8217;ils puissent se trouver, je vous le dis d&#8217;avance : elle est, bien entendu, tout à fait libre, mais s&#8217;il arrivait qu&#8217;elle veuille, par exemple, se lier avec vous de quelque solide lien et qu&#8217;elle me demande, pour ainsi dire, ma bénédiction, elle rencontrera mon refus formel</span>.&#8221; </span>Alexis devient malgré tout l&#8217;amant de Lika peu après cet avertissement. Il s&#8217;installe alors à Orel, où il vient de trouver un travail à la rédaction du journal &#8220;La voix&#8221;. De ce travail nous ne savons pas grand chose, si ce n&#8217;est qu&#8217;Alexis le trouve indigne de lui. Il le prend cependant pour se rapprocher d&#8217;elle, hébergée à la fameuse rédaction par l&#8217;éditrice du journal. Ainsi il peut passer toutes ses journées avec elle, et elle vient le rejoindre parfois à son hôtel. De son côté, pour pouvoir rester à Orel, elle s&#8217;est mise à étudier la musique.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#a48d5b;">Au fur et à mesure qu&#8217;évolue leur relation, Alexis se rend compte que le père de la jeune femme avait raison. Elle et lui n&#8217;ont pas beaucoup de points communs. Son travail, qu&#8217;il qualifie de misérable, ne lui permet pas de vivre décemment. Quant à elle, elle a un grand besoin de sorties, de distractions, de bals. Elle aime plaire. Le père de Lika le lui avait dit, qualifiant lui-même sa fille de jolie et assez frivole. Et Alexis souffre cruellement de jalousie. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#a48d5b;">Puis un jour, le père de Lika arrive à Orel avec Bogolov, un jeune homme riche, spirituel et cultivé, à présenter à sa fille. Pour Alexis, c&#8217;est le début d&#8217;une séparation qu&#8217;il espère provisoire. Il sombre peu à peu dans la neurasthénie : <span style="color:#888888;">&#8220;La séparation semblait particulièrement terrifiante et stupéfiante la nuit. Me réveillant dans les ténèbres, j&#8217;étais frappé : comment vivre maintenant et pourquoi vivre ? Est-ce bien moi, celui qui est couché, sans savoir pourquoi, dans l&#8217;obscurité de cette nuit absurde, dans une ville de province peuplée de milliers de gens qui me sont étrangers jusqu&#8217;à l&#8217;invraisemblance, dans cette chambrette à l&#8217;étroite fenêtre qui, toute la nuit, se grisaille de la présence d&#8217;un diable long et muet ?&#8221;</span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#a48d5b;">Cette période solitaire est aussi pour Alexis l&#8217;occasion de se mettre à écrire. Il écrit et publie des textes qui ne sont pas encore à la hauteur de ses ambitions : <span style="color:#888888;">&#8220;Former en soi de ce que donne la vie, quelque chose de vraiment digne d&#8217;être écrit, quel rare bonheur, quel effort spirituel ! Et voici que mon existence de plus en plus passa dans cette nouvelle lutte avec &#8220;l&#8217;irréalisable&#8221;, dans la recherche et la surprise de cet autre bonheur, également insaisissable, dans cette poursuite, dans cette perpétuelle méditation&#8230;&#8221;</span></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#a48d5b;">Je ne raconterai pas la suite de l&#8217;histoire sentimentale, qui connaît pourtant quelques rebondissements, pour laisser au futur lecteur de ce texte, que vous êtes peut-être, le plaisir de la découverte. L&#8217;histoire est cependant assez mince et ne constitue pas l&#8217;intérêt principal de ce roman.  Bounine excelle à décrire la confusion de ses sentiments, ses moments de désespoir, ses instants d&#8217;allégresse, quand le paysage se charge de refléter une humeur fragile et passagère : </span><span style="color:#888888;">&#8220;La nuit est déjà claire, pure. Et tout est ferme, léger, ravissant : et la neige, et la lune, et les joyeuses lanternes, et les traîneaux sémillants&#8230;&#8221; <span style="color:#a48d5b;">C&#8217;est encore, comme dans &#8220;Les allées sombres&#8221;, de l&#8217;amour, à la fois romantique et sensuel, mais aussi du temps qu&#8217;il est question dans &#8220;Elle&#8221;, et de la trace que laissent les sentiments perdus. </span></span><span style="color:#a48d5b;">Mais &#8220;Elle&#8221; est également un roman d&#8217;apprentissage, un roman de formation. A la fin du roman, Alexis est devenu un homme libre à qui, selon son expression, rien ne suffit plus.</span></p>
<p style="text-align:justify;"> <span style="color:#71906f;">Elle / Ivan Bounine, traduit du russe par Maurice Parijanine, Stock, Bibliothèque cosmopolite, 1985, ISBN 2-234-01769-6 (épuisé)</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Quelques paroles de Jacques]]></title>
<link>http://otomatikkk.wordpress.com/2008/04/29/quelques-paroles-de-jacques/</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 16:54:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>fredynamic</dc:creator>
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<description><![CDATA[En lisant ce titre, ceux qui connaissent Prévert savent que je vais parler de son recueil simplemen]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>En lisant ce titre, ceux qui connaissent Prévert savent que je vais parler de son recueil simplement et efficacement nommé Paroles. Mon petit compagnon de papier, Paroles est un tas d&#8217;émotions, de révolte, un pur  délice de VRAI. Oh oui, du vrai, adieu les mots fancys et les vers <em>pied</em>és, seulement des mots, des trippes, un humour implaccable et une mélancolie sans fond. Je ne me rappelle pas avoir lu un recueil qui me parle autant. Allez-y, régalez-vous.</p>
<blockquote>
<h3>ATER NOSTEF<a name="pater nostef"></a></h3>
<p>Notre Père qui êtes aux cieux,<br />
Restez-y!<br />
Et nous nous resterons sur la terre<br />
Qui est quelquefois si jolie<br />
Avec ses mystères de New York<br />
Et puis ses mystères de Paris<br />
Qui valent bien celui de la Trinité<br />
Avec son petit canal de l&#8217;Ourcq<br />
Sa grande muraille de Chine<br />
Sa rivière de Morlaix<br />
Ses bêtises de Cambrai<br />
Avec son océan Pacifique<br />
Et ses deux bassins aux Tuileries<br />
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets<br />
Avec toutes les merveilles du monde<br />
Qui sont là<br />
Simplement sur la terre<br />
Offertes à tout le monde<br />
Eparpillées<br />
Emerveillées elles-mêmes d&#8217;être de telles merveilles<br />
Et qui n&#8217;osent se l&#8217;avouer<br />
Comme une jolie fille nue qui n&#8217;ose pas se montrer<br />
Avec les épouvantables malheurs du monde<br />
Qui sont légion<br />
Avec leurs légionnaires<br />
Avec leurs tortionnaires<br />
Avec les maîtres de ce monde<br />
Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs<br />
reître<br />
Avec les saisons<br />
Avec les années<br />
Avec les jolies filles et avec les vieux cons<br />
Avec la paille de la misère pourissant l&#8217;acier des<br />
canons.</p>
<h3>Le temps perdu<a name="le temps perdu"></a></h3>
</blockquote>
<blockquote><p>Devant   la porte de l&#8217;usine<br />
le travailleur soudain s&#8217;arrête<br />
le beau temps l&#8217;a tiré par la veste<br />
et comme il se retourne<br />
et regarde le soleil<br />
tout rouge tout rond<br />
souriant dans son ciel de plomb<br />
il cligne de l&#8217;œil<br />
familièrement<br />
Dis donc camarade Soleil<br />
tu ne trouves pas<br />
que c&#8217;est plutôt con<br />
de donner une journée pareille<br />
à un patron ?</p></blockquote>
<blockquote>
<h3>La cène</h3>
<p>Ils   sont à table<br />
Ils ne mangent pas<br />
Ils ne sont pas dans leur assiette<br />
Et leur assiette se tient toute droite<br />
Verticalement derrière leur tête.</p>
<h3><strong>Je suis comme je suis</strong></h3>
<p>Je suis comme je suis<br />
Je suis faite comme ça<br />
Quand j&#8217;ai envie de rire<br />
Oui je ris aux éclats<br />
J&#8217;aime celui qui m&#8217;aime<br />
Est-ce ma faute à moi<br />
Si ce n&#8217;est pas le même<br />
Que j&#8217;aime chaque fois<br />
Je suis comme je suis<br />
Je suis faite comme ça<br />
Que voulez-vous de plus<br />
Que voulez-vous de moi</p>
<p>Je suis faite pour plaire<br />
Et n&#8217;y puis rien changer<br />
Mes talons sont trop hauts<br />
Ma taille trop cambrée<br />
Mes seins beaucoup trop durs<br />
Et mes yeux trop cernés<br />
Et puis après<br />
Qu&#8217;est-ce que ça peut vous faire<br />
Je suis comme je suis<br />
Je plais à qui je plais</p>
<p>Qu&#8217;est-ce que ça peut vous faire<br />
Ce qui m&#8217;est arrivé<br />
Oui j&#8217;ai aimé quelqu&#8217;un<br />
Oui quelqu&#8217;un m&#8217;a aimée<br />
Comme les enfants qui s&#8217;aiment<br />
Simplement savent aimer<br />
Aimer aimer&#8230;<br />
Pourquoi me questionner<br />
Je suis là pour vous plaire<br />
Et n&#8217;y puis rien changer.</p></blockquote>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les histoires d'amour finissent mal, en général]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/03/11/les-histoires-damour-finissent-mal-en-general/</link>
<pubDate>Tue, 11 Mar 2008 21:24:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
<guid>http://levraoueg.wordpress.com/2008/03/11/les-histoires-damour-finissent-mal-en-general/</guid>
<description><![CDATA[
&#8220;Les allées sombres&#8221; d&#8217;Ivan Bounine
 
Ivan Bounine (1870-1953) est le premier ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p align="justify"><a title="portrait-de-bounine-par-georges-de-pogedaieff.jpg" href="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/portrait-de-bounine-par-georges-de-pogedaieff.jpg"></a></p>
<p><a title="les-allees-sombres.gif" href="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/les-allees-sombres.gif"></a><span style="color:#993300;">&#8220;Les allées sombres&#8221; d&#8217;Ivan Bounine</span></p>
<p align="center"><a title="portrait-de-bounine-par-georges-de-pogedaieff.jpg" href="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/portrait-de-bounine-par-georges-de-pogedaieff.jpg"><img src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/portrait-de-bounine-par-georges-de-pogedaieff.thumbnail.jpg" alt="portrait-de-bounine-par-georges-de-pogedaieff.jpg" /></a> </p>
<p style="text-align:justify;">Ivan Bounine (1870-1953) est le premier prix Nobel russe. Il a reçu ce prix en 1933, alors qu&#8217;il vivait en exil en France depuis 1920. Avant cela, la reconnaissance lui avait déjà été accordée en Russie, où le prix Pouchkine lui avait été décerné à trois reprises avant qu&#8217;il ne soit élu à l&#8217;Académie impériale de Russie en 1909.  Il a commencé par écrire des poèmes (La chute des feuilles), s&#8217;est fait connaître par ses nouvelles (Les pommes Antonov, La nuit, Le Monsieur de San Francisco), a écrit plusieurs romans (Le village, Soukhodol, L&#8217;amour de Mitia) ainsi qu&#8217;un roman semi-autobiographique (La vie d&#8217;Arseniev). &#8220;Les allées sombres&#8221; est son dernier recueil. Il rassemble 38 nouvelles écrites de 1938 à 1944, comme autant de variations sur la passion amoureuse.</p>
<p align="justify">
<div><a title="les-allees-sombres.gif" href="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/les-allees-sombres.gif"></a></div>
<div><a title="les-allees-sombres.gif" href="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/les-allees-sombres.gif"></a></div>
<div><a title="les-allees-sombres.gif" href="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/les-allees-sombres.gif"></a></div>
<div><a title="les-allees-sombres.gif" href="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/les-allees-sombres.gif"></a></div>
<div><a title="les-allees-sombres.gif" href="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/les-allees-sombres.gif"></a></div>
<div style="text-align:center;"><img src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/les-allees-sombres.gif" alt="les-allees-sombres.gif" /></div>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" style="width:80px;height:15px;" src="http://storage.canalblog.com/41/23/346056/23349182.gif" border="0" alt="challengeabc2008" width="80" height="15" /></p>
<p align="justify">
<p style="text-align:justify;">Les nouvelles de Bounine commencent souvent dans la légèreté et s&#8217;achèvent dans le drame. Tout bascule brutalement dans les dernières lignes des nouvelles.  On meurt beaucoup dans ce recueil : assassiné (Heinrich, Le début, Le vapeur Saratov), égorgé par un loup (Ballade), &#8220;de couches prématurées&#8221; (Nathalie). On s&#8217;y suicide parfois (Le Caucase, Galia Ganskaïa, Pelage de fer, L&#8217;oratoire). Ou on meurt de mort naturelle alors qu&#8217;on venait juste d&#8217;entrevoir le bonheur (A Paris). Les ruptures sont cruelles (Stiopa, Muse). Les amants sont généralement séparés. Et quand ils parviennent à s&#8217;aimer, leur bonheur fait le malheur d&#8217;un autre (Le Caucase, Muse).</p>
<p style="text-align:justify;">Le souci du détail, la minutie alliée à l&#8217;économie des descriptions, voilà ce que je retiens du style de Bounine. Le lecteur est souvent saisi au détour d&#8217;une phrase par la nostalgie que peut faire naître un simple paysage, la couleur d&#8217;un ciel qui en rappelle un autre.</p>
<p align="justify">Les nouvelles des &#8220;Allées sombres&#8221; ne sont pas autobiographiques. On devine pourtant souvent l&#8217;auteur derrière ses personnages : un homme déjà âgé, tenté par le bilan de sa vie, et qui réalise alors, que seul l&#8217;amour demeure, <span style="color:#993300;">&#8220;cet amour que l&#8217;on garde à jamais</span> <span style="color:#993300;">blotti au fond du coeur&#8221; </span>(Les cartes de visite), car <span style="color:#993300;">&#8220;tout passe, mais on n&#8217;oublie pas tout&#8221;</span> (Les allées sombres). Pour Bounine, l&#8217;amour n&#8217;existe jamais tant que dans le souvenir qu&#8217;on en garde, et une vie se résume parfois à un instant où tout a basculé  : <span style="color:#993300;">&#8220;Mais finalement qu&#8217;y a-t-il eu dans ma vie ? Et je me dis : rien d&#8217;autre que cette soirée froide d&#8217;automne. A-t-elle vraiment eu lieu ? Oui, tout de même. Et c&#8217;est la seule chose qui ait existé dans ma vie ; le reste n&#8217;est qu&#8217;un rêve inutile.&#8221; <span style="color:#000000;">(Un automne froid).</span></span></p>
<p align="justify">Encore un petit bout de dialogue extrait de la nouvelle &#8220;Antigone&#8221;, pour le plaisir, et parce qu&#8217;il confirme une influence littéraire très perceptible par un lecteur français :</p>
<p align="justify"><span style="color:#993300;">- Et qu&#8217;est-ce que vous aimez lire ? demanda-t-il en croisant ses yeux avec un peu plus d&#8217;assurance.</span></p>
<p align="justify"><span style="color:#993300;">- En ce moment, Maupassant, Octave Mirbeau&#8230;</span></p>
<p align="justify"><span style="color:#993300;">- Oui, évidemment. Les femmes aiment toutes Maupassant. Il ne parle que d&#8217;amour.</span></p>
<p align="justify"><span style="color:#993300;">- Et que peut-il y avoir de mieux que l&#8217;amour ?</span></p>
<p align="justify">J&#8217;ai dégusté ce recueil de nouvelles lentement. Je l&#8217;avais à peine terminé, que je le relisais déjà, dans un ordre différent. Et voilà que pour écrire ce modeste billet, je m&#8217;y suis replongée totalement, jusqu&#8217;à le relire encore. Je ne le conseillerais pas en cas de crise de boulimie de lecture. Ce recueil se savoure en gourmet.</p>
<p><span style="color:#993300;">Les allées sombres / Ivan Bounine ; traduit du russe par Jean-Luc Goester et François Laurent, Le livre de poche (collection Biblio), Paris, 2003, ISBN 2-253-05246-9</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[J'ai fait la guerre, j'ai dû tirer, mais je n'ai jamais visé un homme…]]></title>
<link>http://memoiresdeglux.wordpress.com/2007/09/18/jai-fait-la-guerre-jai-du-tirer-mais-je-nai-jamais-vise-un-homme%e2%80%a6/</link>
<pubDate>Tue, 18 Sep 2007 19:10:49 +0000</pubDate>
<dc:creator>yn</dc:creator>
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<description><![CDATA[Dans sa compagnie, on l&#8217;appelait &#8220;le vieux Pierre&#8221;.
Pierre Duvernoy a fait sept an]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Dans sa compagnie, on l&#8217;appelait &#8220;le vieux Pierre&#8221;.</p>
<p><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1991/07/06/01496-pierre-duvernoy-dans-les-tranchees-guerre-de-1914-1918/"><strong>Pierre Duvernoy</strong></a> a fait sept ans et quarante cinq jours de guerre et de service militaire, il fut soldat, brancardier, tambour&#8230;</p>
<p>Il parlait du chemin des Dames, de Verdun, de Douaumont et des tranchées&#8230; dix huit mois sans coucher dans un lit&#8230;</p>
<p align="center"><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1991/07/06/01496-pierre-duvernoy-dans-les-tranchees-guerre-de-1914-1918/498/" rel="attachment wp-att-498" title="01496-104-001.jpg"><img src="http://memoiresdeglux.wordpress.com/files/2007/09/01496-104-001.jpg" alt="01496-104-001.jpg" /></a></p>
<p>Il disait : &#8220;J&#8217;ai fait la guerre, j&#8217;ai dû tirer, mais je n&#8217;ai jamais visé un homme…&#8221;.<br />
<strong><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1991/10/04/01497-citation-a-lordre-de-la-brigade-de-pierre-duvernoy-1er-avril-1919/"> Il n&#8217;a jamais voulu de grades, il fut blessé&#8230;</a></strong></p>
<p>Aimé et respecté de tous, il détesta la guerre toute sa vie.</p>
<p align="left">&#160;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La “Couine ”, sans doute le dernier des “galvachers”]]></title>
<link>http://memoiresdeglux.wordpress.com/2007/09/02/la-%e2%80%9ccouine-%e2%80%9d-sans-doute-le-dernier-des-%e2%80%9cgalvachers%e2%80%9d/</link>
<pubDate>Sun, 02 Sep 2007 12:44:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>yn</dc:creator>
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<description><![CDATA[Les agriculteurs, charretiers et éleveurs , principalement morvandiaux et en grande majorité de Ni]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Les agriculteurs, charretiers et éleveurs , principalement morvandiaux et en grande majorité de Nièvre et de Saône-et-Loire dès la fin des années 1880 partaient environ 6 mois à pieds au printemps et revenaient traditionnellement en automne à la &#8220;Saint Martin&#8221; avec leur <strong><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1995/06/06/0015-ferrage-des-boeufs-sur-le-travail-des-blanchots/">paire de boeufs</a></strong> (parfois 2 paires).</p>
<p>Des boeufs &#8220;rouges&#8221; de la race &#8220;barrée&#8221; dont il ne doit plus guère exister de spécimen à l’heure actuelle - les derniers boeufs des &#8220;galvachers&#8221; étaient des Salers.</p>
<p>Les &#8220;galvachers&#8221; : pas trace du nom semble-t-il dans les dictionnaires récents sans doute &#8220;gardien de vaches&#8221; - à vérifier - se louaient avec leurs boeufs pour des travaux de force, essentiellement le débardage du bois dans des forêts à forte déclivité à l’aide de &#8220;siars&#8221; (chars longs).</p>
<p>Les derniers représentants de la galvache furent surtout actifs jusque dans les années 1950 en particulier dans le &#8220;Haut Folin&#8221;.<br />
Victime des tracteurs et des nouvelles sources d’énergie, la profession a disparu.</p>
<p>Lorsqu’ils travaillaient en groupe, les galvachers encourageaient leurs boeufs avec un chant patoisant appelé &#8220;le tiaulage&#8221;.</p>
<p>Note : certains vieux joueurs de vielle interprétaient encore “la bourrée des galvachers&#8221;, la musique n’en a sûrement jamais été écrite (tradition orale).</p>
<p>Chaque galvacher avait dans sa poche un couteau typique &#8220;le galvacher&#8221; qui, outre une lame principale large et légèrement recourbée, possédait un tire-bouchon et une alène - poinçon qui servait beaucoup à percer les harnais.</p>
<p>Ce fameux couteau est toujours commercialisé dans l’autunois.</p>
<p><strong><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/2007/08/24/le-vieux-louis-dit-la-couine/">&#8220;La couine”</a></strong>, devenu d’ailleurs sédentaire, fut probablement l’un des derniers galvachers.</p>
<p><em>Article de <strong><a href="mailto:suzeau.jean@wanadoo.fr">Jean-René Suzeau</a></strong> - septembre 2007</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le vieux Louis - dit "La couine"]]></title>
<link>http://memoiresdeglux.wordpress.com/2007/08/24/le-vieux-louis-dit-la-couine/</link>
<pubDate>Fri, 24 Aug 2007 21:02:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>yn</dc:creator>
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<description><![CDATA[Louis Martin, de Villechaise, dit &#8220;le vieux Louis&#8221; avait des boeufs fameux.
Il était pa]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1994/06/06/00805-attelage-a-villechaise-en-hiver-annees-1940/">Louis Martin, de Villechaise, dit &#8220;le vieux Louis&#8221;</a></strong> avait <strong><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1995/06/06/0015-ferrage-des-boeufs-sur-le-travail-des-blanchots/">des boeufs fameux</a></strong>.</p>
<p>Il était par ailleurs surnommé &#8220;la couine&#8221;.</p>
<p>Divers témoignages convergent : Louis Martin aurait été surnommé ainsi à la suite d&#8217;une mésaventure.</p>
<p>Jeune - probablement enfant - il aurait voulu passer par une buse, dans un fossé, et se serait retrouvé coincé pour de bon.</p>
<p>Dans l&#8217;attente des secours qui mirent sans doute un certain temps à venir il aurait <em>beaucoup</em> &#8220;couiné&#8221;&#8230;</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Inauguration d'un monument dédié à Jacques-Gabriel Bulliot - 20 septembre 1903]]></title>
<link>http://memoiresdeglux.wordpress.com/2007/08/22/inauguration-dun-monument-dedie-a-jacques-gabriel-bulliot-20-septembre-1903/</link>
<pubDate>Wed, 22 Aug 2007 08:04:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>yn</dc:creator>
<guid>http://memoiresdeglux.wordpress.com/2007/08/22/inauguration-dun-monument-dedie-a-jacques-gabriel-bulliot-20-septembre-1903/</guid>
<description><![CDATA[Le 20 septembre 1903, la fête sur le Beuvray.
Il y a une foule énorme, qui se presse autour d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><span style="font-size:12pt;">Le 20 septembre 1903, la fête sur le Beuvray.</span></p>
<p><span style="font-size:12pt;">Il y a une foule énorme, qui se presse autour d&#8217;un monument élevé à la gloire de Jacques-Gabriel Bulliot, à l&#8217;initiative de la Société Eduenne.</span></p>
<p align="center"><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1990/04/09/00227-fete-sur-le-beuvray-le-20-septembre-1903/75/" rel="attachment wp-att-75" title="00227_040_009.jpg"><img src="http://memoiresdeglux.wordpress.com/files/2007/08/00227_040_009.jpg" alt="00227_040_009.jpg" /></a></p>
<p align="center"> <a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1990/04/09/00226-fete-sur-le-beuvray-le-20-septembre-1903/70/" rel="attachment wp-att-70" title="00226_040_008.jpg"><img src="http://memoiresdeglux.wordpress.com/files/2007/08/00226_040_008.jpg" alt="00226_040_008.jpg" /></a></p>
<p align="left"><span style="font-size:12pt;">Après la grand-messe célébrée à la chapelle Saint-Martin, invités et curieux se regroupent autour de la stèle, avant d&#8217;aller participer au grand banquet qui va clôturer cette belle journée d&#8217;été.</span></p>
<p align="center"><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1990/04/09/00229-fete-sur-le-beuvray-le-20-septembre-1903/73/" rel="attachment wp-att-73" title="00229_040_011.jpg"><img src="http://memoiresdeglux.wordpress.com/files/2007/08/00229_040_011.jpg" alt="00229_040_011.jpg" /></a></p>
<p align="left"><em>Source (texte) : Mystérieux Mont Beuvray, Hubert Verneret, Les annales des pays Nivernais, Camosine n°123.</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les foires et la fête du mont Beuvray]]></title>
<link>http://memoiresdeglux.wordpress.com/2007/08/22/les-foires-et-la-fete-du-mont-beuvray/</link>
<pubDate>Wed, 22 Aug 2007 07:53:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>yn</dc:creator>
<guid>http://memoiresdeglux.wordpress.com/2007/08/22/les-foires-et-la-fete-du-mont-beuvray/</guid>
<description><![CDATA[La fête du mont Beuvray a été instituée dans les années 1920, à l&#8217;initiative de l&#8217;]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><strong>La fête du mont Beuvray</strong> a été instituée dans les années 1920, à l&#8217;initiative de l&#8217;Association des amis du Beuvray, elle a lieu le deuxième dimanche de juillet.</p>
<p><strong>Les foires du Beuvray</strong> - d&#8217;origine médiévale (du XIIIe au XIXe siècle) - se tenaient chaque année le premier mercredi de mai.<br />
Un document datant du XVIe siècle - dû à Guy Coquille - indique qu&#8217;on en parle depuis toujours.<br />
C&#8217;est la persistance et la force de cette tradition qui ont contribué à convaincre Jacques-Gabriel Bulliot, au XIXe siècle, que le mont Beuvray était bien le site de l&#8217;antique Bibracte, capitale des Éduens.</p>
<p><strong><a href="http://mont.beuvray.googlepages.com/paysd'artetd'histoiredumontbeuvray1" target="_blank">Voir, à ce sujet, la page de Roland Niaux : &#8220;Pays d&#8217;Art et d&#8217;Histoire du Mont Beuvray&#8221;<br />
</a></strong></p>
<p><em>Sources :<br />
Anne-Marie Romero, &#8220;Bibracte, archéologie d&#8217;une ville gauloise&#8221;, CAE européen Mont-Beuvray<br />
</em><em> Hubert Verneret, &#8220;</em><em>Mystérieux Mont Beuvray&#8221;, Les Annales des pays Nivernais, Camosine n°123<br />
Roland Niaux, &#8220;Pays d&#8217;Art et d&#8217;Histoire du Mont Beuvray&#8221;.</em></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[01440 - André Alexandre et ses vaches - été 1968]]></title>
<link>http://memoiresdeglux.wordpress.com/1996/09/08/01440-andre-alexandre-et-ses-vaches-ete-1968/</link>
<pubDate>Sun, 08 Sep 1996 21:36:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>yn</dc:creator>
<guid>http://memoiresdeglux.wordpress.com/1996/09/08/01440-andre-alexandre-et-ses-vaches-ete-1968/</guid>
<description><![CDATA[
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p align="center"><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1996/09/08/01440-andre-alexandre-et-ses-vaches-ete-1968/356/" rel="attachment wp-att-356" title="01440-087-001.jpg"><img src="http://memoiresdeglux.wordpress.com/files/2007/08/01440-087-001.jpg" alt="01440-087-001.jpg" /></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[00033 - Pierre Bazot à la vielle - années 1950 ?]]></title>
<link>http://memoiresdeglux.wordpress.com/1995/06/06/00033-pierre-bazot-a-la-vielle-annees-1950/</link>
<pubDate>Tue, 06 Jun 1995 20:41:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>yn</dc:creator>
<guid>http://memoiresdeglux.wordpress.com/1995/06/06/00033-pierre-bazot-a-la-vielle-annees-1950/</guid>
<description><![CDATA[
Pierre Bazot de Château Chinon, oncle de Josette Mazure, épouse Grenier et cousin de Marcelle Bon]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p align="center"><a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/?attachment_id=423" rel="attachment wp-att-423" title="00033-000-000.jpg"><img src="http://memoiresdeglux.wordpress.com/files/2007/08/00033-000-000.jpg" alt="00033-000-000.jpg" /></a></p>
<p align="left">Pierre Bazot de Château Chinon, oncle de Josette Mazure, épouse Grenier et cousin de Marcelle Bondoux.</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[00793 - Labours à Villechaise - années 1940 ?]]></title>
<link>http://memoiresdeglux.wordpress.com/1994/06/06/00793-labours-a-villechaise-annees-1940/</link>
<pubDate>Mon, 06 Jun 1994 20:20:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>yn</dc:creator>
<guid>http://memoiresdeglux.wordpress.com/1994/06/06/00793-labours-a-villechaise-annees-1940/</guid>
<description><![CDATA[ 

]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p align="center"> <a href="http://memoiresdeglux.wordpress.com/1994/06/06/00793-labours-a-villechaise-annees-1940/509/" rel="attachment wp-att-509" title="00793_028_014_2.jpg"><img src="http://memoiresdeglux.wordpress.com/files/2007/09/00793_028_014_2.jpg" alt="00793_028_014_2.jpg" /></a></p>
<p align="center"><a href="http://i194.photobucket.com/albums/z305/glux/00793_028_014.jpg" target="_blank"><img src="http://memoiresdeglux.wordpress.com/files/2007/08/loupe.png" alt="loupe.png" /></a></p>
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