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	<title>19e-siecle &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "19e-siecle"</description>
	<pubDate>Tue, 18 Nov 2008 16:59:44 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Carnet de croquis]]></title>
<link>http://julietteteste.wordpress.com/2008/10/17/carnet-de-croquis-4/</link>
<pubDate>Thu, 16 Oct 2008 22:33:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>julietteteste</dc:creator>
<guid>http://julietteteste.wordpress.com/2008/10/17/carnet-de-croquis-4/</guid>
<description><![CDATA[Cette tortue était une fantaisie venue à Des Esseintes quelque temps avant son départ de Paris.
R]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/10/image-83.png"><img class="alignleft size-full wp-image-1093" title="Juliette Teste" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/10/image-83.png" alt="" width="499" height="499" /></a><em>Cette tortue était une fantaisie venue à Des Esseintes quelque temps avant son départ de Paris.<br />
Regardant, un jour, un tapis d&#8217; orient, à reflets, et,<br />
suivant les lueurs argentées qui couraient sur la<br />
trame de la laine, jaune aladin et violet prune, il<br />
s&#8217; était dit : il serait bon de placer sur ce tapis<br />
quelque chose qui remuât et dont le ton foncé<br />
aiguisât la vivacité de ces teintes.<br />
Possédé par cette idée il avait vagué, au hasard<br />
des rues, était arrivé au palais-royal, et devant<br />
la vitrine de Chevet s&#8217; était frappé le front : une<br />
énorme tortue était là, dans un bassin. Il l&#8217; avait<br />
achetée : puis, une fois abandonnée sur le tapis,<br />
il s&#8217; était assis devant elle et il l&#8217; avait<br />
longuement contemplée, en clignant de l&#8217; oeil.<br />
Décidément la couleur tête-de-nègre, le ton de<br />
sienne crue de cette carapace salissait les reflets<br />
du tapis sans les activer ; les lueurs dominantes de<br />
l&#8217; argent étincelaient maintenant à peine, rampant<br />
avec les tons froids du zinc écorché, sur les<br />
bords de ce test dur et terne.<br />
Il se rongea les ongles, cherchant les moyens de<br />
concilier ces mésalliances, d&#8217; empêcher le divorce<br />
résolu de ces tons ; il découvrit enfin que sa<br />
première idée, consistant à vouloir attiser les feux<br />
de l&#8217; étoffe par le balancement d&#8217; un objet sombre<br />
mis dessus était fausse ; en somme, ce tapis était<br />
encore trop voyant, trop pétulant, trop neuf. Les<br />
couleurs ne s&#8217; étaient pas suffisamment émoussées<br />
et amoindries ; il s&#8217; agissait de renverser la<br />
proposition, d&#8217; amortir les tons, de les éteindre par<br />
le contraste d&#8217; un objet éclatant, écrasant tout<br />
autour de lui, jetant de la lumière d&#8217; or sur de<br />
l&#8217; argent pâle. Ainsi posée, la question devenait<br />
plus facile à résoudre. Il se détermina, en<br />
conséquence, à faire glacer d&#8217; or la cuirasse de sa<br />
tortue.<br />
Une fois rapportée de chez le praticien qui la<br />
prit en pension, la bête fulgura comme un soleil,<br />
rayonna sur le tapis dont les teintes repoussées<br />
fléchirent, avec des irradiations de pavois wisigoth<br />
aux squames imbriquées par un artiste d&#8217; un<br />
goût barbare.<br />
Des Esseintes fut tout d&#8217; abord enchanté de cet<br />
effet ; puis il pensa que ce gigantesque bijou<br />
n&#8217; était qu&#8217; ébauché, qu&#8217; il ne serait vraiment complet<br />
qu&#8217; après qu&#8217; il aurait été inscrusté de pierres rares.<br />
Il choisit dans une collection japonaise un<br />
dessin représentant un essaim de fleurs partant<br />
en fusées d&#8217; une mince tige, l&#8217; emporta chez un<br />
joaillier, esquissa une bordure qui enfermait ce<br />
bouquet dans un cadre ovale, et il fit savoir, au<br />
lapidaire stupéfié que les feuilles, que les pétales<br />
de chacune de ces fleurs, seraient exécutés en<br />
pierreries et montés dans l&#8217; écaille même de la<br />
bête.<br />
Le choix des pierres l&#8217; arrêta ; le diamant est<br />
devenu singulièrement commun depuis que tous<br />
les commerçants en portent au petit doigt ; les<br />
émeraudes et les rubis de l&#8217; orient sont moins<br />
avilis, lancent de rutilantes flammes, mais ils<br />
rappellent par trop ces yeux verts et rouges de<br />
certains omnibus qui arborent des fanaux de ces deux<br />
couleurs, le long des tempes ; quant aux topazes,<br />
brûlées ou crues, ce sont des pierres à bon marché,<br />
chères à la petite bourgeoisie qui veut serrer<br />
des écrins dans une armoire à glace ; d&#8217; un autre<br />
côté, bien que l&#8217; église ait conservé à l&#8217; améthyste<br />
un caractère sacerdotal, tout à la fois onctueux et<br />
grave, cette pierre s&#8217; est, elle aussi, galvaudée aux<br />
oreilles sanguines et aux mains tubuleuses des<br />
bouchères qui veulent, pour un prix modique, se<br />
parer de vrais et pesants bijoux ; seul, parmi<br />
ces pierres, le saphir a gardé des feux inviolés par<br />
la sottise industrielle et pécuniaire. Ses étincelles<br />
grésillant sur une eau limpide et froide, ont, en<br />
quelque sorte, garanti de toute souillure sa<br />
noblesse discrète et hautaine. Malheureusement, aux<br />
lumières, ses flammes fraîches ne crépitent plus ;<br />
l&#8217; eau bleue rentre en elle-même, semble s&#8217; endormir<br />
pour ne se réveiller, en pétillant, qu&#8217; au point<br />
du jour.<br />
Décidément aucune de ces pierreries ne contentait<br />
Des Esseintes ; elles étaient d&#8217; ailleurs trop<br />
civilisées et trop connues. Il fit ruisseler entre<br />
ses doigts des minéraux plus surprenants et<br />
plus bizarres, finit par trier une série de pierres<br />
réelles et factices dont le mélange devait produire<br />
une harmonie fascinatrice et déconcertante.<br />
Il composa ainsi le bouquet de ses fleurs :<br />
les feuilles furent serties de pierreries d&#8217; un vert<br />
accentué et précis : de chrysobéryls vert asperge ;<br />
de péridots vert poireau ; d&#8217; olivines vert olive ; et<br />
elles se détachèrent de branches en almadine et<br />
en ouwarovite d&#8217; un rouge violacé, jetant des<br />
paillettes d&#8217; un éclat sec de même que ces micas de<br />
tartre qui luisent dans l&#8217; intérieur des futailles.<br />
Pour les fleurs, isolées de la tige, éloignées du<br />
pied de la gerbe, il usa de la cendre bleue ; mais<br />
il repoussa formellement cette turquoise orientale<br />
qui se met en broches et en bagues et qui fait, avec<br />
la banale perle et l&#8217; odieux corail, les délices du<br />
menu peuple ; il choisit exclusivement des<br />
turquoises de l&#8217; occident, des pierres qui ne sont, à<br />
proprement parler, qu&#8217; un ivoire fossile imprégné<br />
de substances cuivreuses et dont le bleu céladon<br />
est engorgé, opaque, sulfureux, comme jauni de<br />
bile.<br />
Cela fait, il pouvait maintenant enchâsser les<br />
pétales de ses fleurs épanouies au milieu du bouquet,<br />
de ses fleurs les plus voisines, les plus<br />
rapprochées du tronc, avec des minéraux transparents,<br />
aux lueurs vitreuses et morbides, aux<br />
jets fiévreux et aigres.<br />
Il les composa uniquement d&#8217; yeux de chat<br />
de Ceylan, de cymophanes et de saphirines.<br />
Ces trois pierres dardaient en effet, des<br />
scintillements mystérieux et pervers, douloureusement<br />
arrachés du fond glacé de leur eau trouble.<br />
L&#8217; oeil de chat d&#8217; un gris verdâtre, strié de<br />
veines concentriques qui paraissent remuer,<br />
se déplacer à tout moment, selon les dispositions<br />
de la lumière.<br />
La cymophane avec des moires azurées courant<br />
sur la teinte laiteuse qui flotte à l&#8217; intérieur.</em></p>
<p><em>La saphirine qui allume des feux bleuâtres de<br />
phosphore sur un fond de chocolat, brun sourd.<br />
Le lapidaire prenait note à mesure des endroits<br />
où devaient être incrustées les pierres. Et la<br />
bordure de la carapace, dit-il à Des Esseintes ?<br />
Celui-ci avait d&#8217; abord songé à quelques opales<br />
et à quelques hydrophanes ; mais ces pierres<br />
intéressantes par l&#8217; hésitation de leurs couleurs,<br />
par le doute de leurs flammes, sont par trop<br />
insoumises et infidèles ; l&#8217; opale a une sensibilité<br />
toute rhumatismale ; le jeu de ses rayons s&#8217; altère<br />
suivant l&#8217; humidité, la chaleur ou le froid ; quant à<br />
l&#8217; hydrophane elle ne brûle que dans l&#8217; eau et ne<br />
consent à allumer sa braise grise qu&#8217; alors qu&#8217; on<br />
la mouille.<br />
Il se décida enfin pour des minéraux dont les<br />
reflets devaient s&#8217; alterner : pour l&#8217; hyacinthe de<br />
Compostelle, rouge acajou ; l&#8217; aigue marine, vert<br />
glauque ; le rubis-balais, rose vinaigre ; le rubis<br />
de sudermanie, ardoise pâle. Leurs faibles<br />
chatoiements suffisaient à éclairer les ténèbres<br />
de l&#8217; écaille et laissaient sa valeur à la floraison<br />
des pierreries qu&#8217; ils entouraient d&#8217; une mince<br />
guirlande de feux vagues.<br />
Des Esseintes regardait maintenant, blottie en<br />
un coin de sa salle à manger, la tortue qui rutilait<br />
dans la pénombre.<br />
Il se sentit parfaitement heureux. </em></p>
<p>In A Rebours, JK Huysmans</p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le célèbre pianiste Liszt de passage à Liége (1840) ]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/10/12/pianiste_liszt_de_passage_liege_xix_musique/</link>
<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 11:20:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/10/12/pianiste_liszt_de_passage_liege_xix_musique/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Le célèbre pianiste M. Liszt a passé jeudi dernier par notre ville pour se rendre en Allem]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Le célèbre pianiste M. Liszt a passé jeudi dernier par notre ville pour se rendre en Allemagne ; il a logé à l&#8217;Hôtel de l&#8217;Europe. On a essayé de l&#8217;engager à se faire entendre dans un concert que l&#8217;on se proposait d&#8217;organiser pour le surlendemain, mais des engagements antérieurs réclamaient sa présence à Hambourg.<br />
Il a témoigné ses plus vifs regrets de ne pouvoir accepter, pour le moment, les propositions qui lui étaient faites avec instances et empressement. Nous pouvons toutefois assurer aux dilettanti de notre ville qu&#8217;à son retour de Hambourg , vers la fin de novembre prochain, M. Liszt se propose de donner un grand concert à Liège.<br />
Nous aurons donc enfin le bonheur d&#8217;entendre et d&#8217;admirer ce talent si extraordinaire, dont la renommée a surpassé tant de gloires dans le monde musical. »</p>
<p><sub><br />
Revue et gazette musicale de Paris, novembre 1840<br />
</sub></p>
<p align="right">
<sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/art_a_liege/"> L&#8217;art à Liège, autres billets </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle </a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les vignes entre Namur et Liège ne produisent plus]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/09/26/vigne_liege_namur_xix_raisin_production_vin/</link>
<pubDate>Thu, 25 Sep 2008 23:53:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/09/26/vigne_liege_namur_xix_raisin_production_vin/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Entre Namur et Liège, la Meuse coule dans une vallée étroite dont le paysage est extrêmem]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Entre Namur et Liège, la Meuse coule dans une vallée étroite dont le paysage est extrêmement pittoresque ; la terre y est fertile, et la culture admirable ; des plantations de tabac occupent la plaine sur les deux bords de la rivière; la vigne et le houblon sont cultivés sur les pentes de la rive gauche. Les vignes étaient dans le meilleur état possible , lorsque je les vis (dit le voyageur cité) en septembre 1817, mais il n&#8217;y avait pas une seule grappe de raisin.<br />
Je fis la conversation avec plusieurs des gens du pays : tous m&#8217;assurèrent qu&#8217;autrefois ils faisaient de très-bon vin , soit blanc, soit rouge; mais que depuis sept ans ils n&#8217;en avaient pas fait une seule bouteille. Cependant ces braves gens continuaient à cultiver leurs vignes, espérant d&#8217;une année à l&#8217;autre que les saisons redeviendraient ce qu&#8217;elles avaient été autrefois.&#8221;</p>
<p><sub><br />
Annales maritimes et coloniales, Ministère de la marine et des colonies, France, 1818<br />
</sub></p>
<p align="right">
<sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege-agriculture-horticulture-paysans-fruits/"> L&#8217;agriculture à Liège </a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le banc de la désolation]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/07/30/le-banc-de-la-desolation/</link>
<pubDate>Wed, 30 Jul 2008 10:48:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
<guid>http://levraoueg.wordpress.com/2008/07/30/le-banc-de-la-desolation/</guid>
<description><![CDATA[

 
 
Henry James (1843-1916) aurait écrit 112 contes et nouvelles. Ce recueil en réunit sept pa]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/le-banc-de-la-desolation.gif"></a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/le-banc-de-la-desolation1.gif"></a></p>
<p style="text-align:center;"> <a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/le-banc-de-la-desolation.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-575" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/07/le-banc-de-la-desolation.jpg?w=225" alt="" width="225" height="300" /></a><a href="http://levraoueg.files.wordpress.com/2008/07/snv81146.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><img style="width:80px;height:15px;" src="http://storage.canalblog.com/41/23/346056/23349182.gif" border="0" alt="challengeabc2008" width="80" height="15" /> </p>
<p style="text-align:justify;">Henry James (1843-1916) aurait écrit 112 contes et nouvelles. Ce recueil en réunit sept parmi les dernières qu&#8217;il a écrites, nouvelles parues dans des revues entre 1892 et 1910. On trouve beaucoup de personnages d&#8217;artistes dans ces nouvelles : des peintres (La chose authentique, La note du temps), un  sculpteur (L&#8217;arbre de la connaissance), des écrivains (La vraie chose à faire, Le gant de velours) et des personnages ayant eu des velléités artistiques avant de renoncer (un écrivain et un peintre dans L&#8217;arbre de la connaissance). Seules deux nouvelles traitent d&#8217;autres sujets : Owen Wingrave et Le banc de la désolation.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans <span style="color:#666699;"><span style="color:#333399;">La chose authentique </span></span>le narrateur est peintre. Il reçoit un couple de la bonne société mais ruiné, qui cherche à poser comme modèle pour un peintre faisant des illustrations d&#8217;oeuvres littéraires. Ces nouveaux modèles ressemblent plus aux personnages à représenter que les gens du peuple que le peintre emploie d&#8217;habitude, et pourtant&#8230; Le rôle de l&#8217;artiste serait-il d&#8217;interpréter le réel plutôt que de le représenter ? Y aurait-il par la fiction moyen d&#8217;accéder à une vérité plus grande, que par la simple représentation de la réalité ? Du peintre à l&#8217;écrivain, il n&#8217;y a bien sûr qu&#8217;un pas et la nouvelle se lit comme une réflexion d&#8217;Henry James sur l&#8217;écriture. Cette nouvelle est celle qui ouvre le recueil, hélas. L&#8217;ayant lue, j&#8217;ai eu un peu peur de faire de ce recueil une lecture cérébrale, interprétant chaque récit comme une nouvelle théorie d&#8217;Henry James sur l&#8217;art en général et l&#8217;écriture en particulier. </p>
<p style="text-align:justify;">Et en effet, la plupart de ses nouvelles sur l&#8217;art se prêtent à ce petit jeu. Si j&#8217;en crois le dossier et la préface du recueil, Henry James s&#8217;inspirait pour ses nouvelles d&#8217;une anecdote, une histoire qu&#8217;on lui aurait racontée. Généralement l&#8217;anecdote tient en deux lignes. Il la développe, en tire une nouvelle d&#8217;une quarantaine de pages et une morale. J&#8217;exagère un peu, car la morale n&#8217;est pas explicite. Mais il y a une interprétation qui s&#8217;offre au lecteur sans difficulté à la fin de la nouvelle. Sans difficulté et en même temps sans grand enthousiasme. Parmi ces nouvelles sur l&#8217;art, l&#8217;une met en scène un personnage d&#8217;écrivain qui offre quelques ressemblances avec Henry James (<span style="color:#333399;">Le gant de velours)</span>. C&#8217;est un auteur à succès, connu notamment pour son roman &#8220;Le coeur d&#8217;or&#8221;. Et on imagine que le rapport au succès du personnage romancier, sa relation aux quémandeurs d&#8217;autographes par exemple, est un peu celui d&#8217;Henry James, dont on apprécie alors le sens de l&#8217;autodérision. Mais là encore sans plus d&#8217;enthousiasme.</p>
<p style="text-align:justify;">Très différente est la dernière nouvelle du recueil, qui est aussi la dernière nouvelle écrite par Henry James : <span style="color:#333399;">Le banc de la désolation.</span> Pas d&#8217;artiste dans cette nouvelle, mais une femme qui menace son fiancé de l&#8217;attaquer pour rupture de promesse de mariage et va ainsi gâcher leurs vies. Et puis il y a ce banc, personnage à part entière. C&#8217;est sur cette nouvelle, qu&#8217;il considère comme une des plus belles d&#8217;Henry James, que s&#8217;attarde le plus J.-B. Pontalis dans sa préface. Il est vrai que le banc est une jolie idée. Et c&#8217;est un si beau titre.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais pour moi, la rencontre, la vraie, a eu lieu sur <span style="color:#333399;">La note du temps</span>. Dans cette nouvelle, nous retrouvons un peintre qui reçoit une étrange commande. Une femme lui demande de faire un portrait, mais ce sera le portrait d&#8217;un homme qui n&#8217;existe pas. Nous savons juste qu&#8217;il doit être bel homme et que le portrait doit être patiné, porter &#8220;la note du temps&#8221;. Ne se sentant pas capable de représenter ce qu&#8217;il ne voit pas, le peintre narrateur refile sa commande à une amie peintre, qui semble avoir tout sacrifié à son art. Elle va alors puiser son inspiration dans ses douleurs les plus profondes et les plus secrètes et, par le plus étrange des hasards, rencontrer celles de sa commanditrice&#8230; Comme le personnage du peintre, le lecteur connaît les deux femmes mais est tenu à distance de leurs secrets. Alors comme le peintre, le lecteur doit imaginer ce qu&#8217;ont été leurs vies. Au-delà de l&#8217;histoire racontée, c&#8217;est toute la tendresse d&#8217;Henry James pour ses personnages abîmés par la vie qui m&#8217;est alors apparue. Et j&#8217;ai apprécié cette manière délicate qu&#8217;ont ses personnages et narrateurs de dire les choses sans trop en dire, de suggérer tout au plus, tout en respectant les mystères des êtres et des choses. Pour cette nouvelle, j&#8217;ai eu un véritable coup de foudre. Je l&#8217;ai d&#8217;ailleurs déjà relue plusieurs fois, ce qui est pour moi la  meilleure preuve d&#8217;une rencontre véritable avec un texte.</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;en suis donc là, pas totalement conquise par Henry James mais suffisamment intriguée pour me tourner maintenant vers ses romans&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333399;">Le banc de la désolation et autres nouvelles / Henry James, préface de J.-B. Pontalis, traduction de Louise Servicen, dossier de Philippe Jaudel, Folio classique, 2002, ISBN 2-07-041402-7</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333399;"><a href="http://jelisoupas.hautetfort.com/archive/2006/05/02/comment-s-attaque-a-un-monstre-de-la-litterature-5-henry-jam.html"><span style="color:#333399;">Cécile</span></a><span style="color:#333399;"> </span></span><span style="color:#000000;">l&#8217;avait chroniqué en son temps.</span></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le billet sans fin]]></title>
<link>http://julietteteste.wordpress.com/2008/06/26/le-billet-sans-fin/</link>
<pubDate>Thu, 26 Jun 2008 09:19:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>julietteteste</dc:creator>
<guid>http://julietteteste.wordpress.com/2008/06/26/le-billet-sans-fin/</guid>
<description><![CDATA[Ce matin je me promène sur Internet, comme tous les matins (cf Oh Amelia)
Au détour d&#8217;un sit]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>Ce matin je me promène sur Internet, comme tous les matins (cf <em>Oh Amelia</em>)</p>
<p>Au détour d&#8217;un <a href="http://missatlaplaya.blogspot.com/">site</a> je tombe sur ces photos.</p>
<p><a href="http://julietteteste.files.wordpress.com/2008/06/image-161.png"><img class="alignleft size-full wp-image-366" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/06/image-161.png" alt="" width="500" height="323" /></a><a href="http://julietteteste.files.wordpress.com/2008/06/image-171.png"><img class="alignleft size-full wp-image-367" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/06/image-171.png" alt="" width="496" height="312" /></a><a href="http://julietteteste.files.wordpress.com/2008/06/image-181.png"><img class="alignleft size-full wp-image-368" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/06/image-181.png" alt="" width="500" height="314" /></a></p>
<p>Photos qui me plaisent (texte + image, référence rétro, accumulation, couleurs sourdes, travaillées, référence au Velvet Underground, nature &#62;&#62; meules de foin, spleen en filigrane, et d&#8217;autres choses dont je sais qu&#8217;elles titillent mon sens aigu du &#8220;j&#8217;aime/j&#8217;aime pas&#8221;)</p>
<p>Et puis la dernière photo. Là, avalanche de détails aimés (montagne, fuite (drop out), glycine (Nature encore), étrangeté de la scène, et un je ne sais quoi de germanique dans le ciel bleu sombre et la robe de la fille, un peu alpestre&#8230; bref.) Et je m&#8217;emballe, je cours même. Les motifs de la grille, je les vois sur le mur et aussitôt je pense à des maisons à colombages.</p>
<p><a href="http://julietteteste.files.wordpress.com/2008/06/im1364-hr.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-369" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/06/im1364-hr.jpg" alt="" width="500" height="376" /></a></p>
<p><em>Colmar</em></p>
<p>Ce qui me fait penser à l&#8217;hiver.</p>
<p><a href="http://julietteteste.files.wordpress.com/2008/06/jungfrau-grde.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-373" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/06/jungfrau-grde.jpg" alt="" width="505" height="294" /></a></p>
<p><em>La Jungfrau, Suisse</em></p>
<p>Mais revenons à l&#8217;image d&#8217;en haut. Je pense à la fois aux maisons à colombages ET grâce à la jeune fille qui s&#8217;enfuit, aux contes de Grimm</p>
<p><a href="http://julietteteste.files.wordpress.com/2008/06/rapunzel_1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-370" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/06/rapunzel_1.jpg" alt="" width="506" height="609" /></a></p>
<p><em>Rapunzel</em><br />
<img class="alignleft size-full wp-image-371" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/06/image-191.png" alt="" width="523" height="469" /></p>
<p><em>Interprétation de Hansel et Gretel, sur le site du <a href="http://www.newyorker.com/">New-Yorker</a></em></p>
<p>Et le dénominateur commun entre les contes de Grimm, l&#8217;hiver et les maisons à colombages?</p>
<p>L&#8217;Allemagne bien sûr. Ou plutôt ma vision très personnelle, romantique et passéiste.</p>
<p><a href="http://julietteteste.files.wordpress.com/2008/06/elenaruin1825.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-372" src="http://julietteteste.wordpress.com/files/2008/06/elenaruin1825.jpg" alt="" width="450" height="319" /></a></p>
<p><em>Caspar Friedrich, Elena Ruin, 1825.</em> (Caspar Friedrich, la tragédie du paysage)</p>
<p>Donc je fonctionne par association d&#8217;idée. Comment ca fait de fonctionner autrement? J&#8217;aimerais bien savoir!</p>
<p>Qui a dit &#8220;tordue&#8221;? Silence, dans le fond!<em> Et merci Google images, comme toujours!</em></p>
<p><a href="http://julietteteste.files.wordpress.com/2008/06/image-191.png"></a><a href="http://www.newyorker.com/"></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Coup de feu dans la mine de l'Espérance près de Liège]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/06/12/coup_de_feu_mine_esperance_liege/</link>
<pubDate>Thu, 12 Jun 2008 00:31:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/06/12/coup_de_feu_mine_esperance_liege/</guid>
<description><![CDATA[«Le coup de feu de la mine de l&#8217;Espérance, qui eut lieu près de Liége en juin 1858, ne par]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>«Le coup de feu de la mine de l&#8217;Espérance, qui eut lieu près de Liége en juin 1858, ne paraît avoir produit des effets si funestes que par des phénomènes analogues. Le feu, s&#8217;étant propagé sans explosion, à droite et à gauche d&#8217;une taille, par l&#8217;effet d&#8217;un coup de mine, détermina une explosion dans une taille fort éloignée. Soixante-neuf mineurs furent tués. Dans la taille de l&#8217;explosion, ils avaient été brûlés et brisés ; dans celle où le feu avait pris en premier, tous les cadavres étaient placés la tête vers l&#8217;endroit même où l&#8217;inflammation avait commencé; ces malheureux ayant évidemment cherché à se garantir ainsi des gaz qui brûlaient derrière eux. Dans d&#8217;autres tailles, les ouvriers n&#8217;avaient péri que par asphyxie.»</p>
<p><sub><br />
Géologie appliquée: traité du gisement et de l&#8217;exploitation des minéraux utiles, Amédée Burat, 1859<br />
</sub></p>
<p align="right">
<sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19 ème siècle </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/les_mines_de_liege_19e_xix/"> Les mines de Liège </a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[BERLIOZ et HUGO]]></title>
<link>http://calisto235.wordpress.com/2008/06/01/berlioz-et-hugo/</link>
<pubDate>Sun, 01 Jun 2008 17:33:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>calisto235</dc:creator>
<guid>http://calisto235.wordpress.com/2008/06/01/berlioz-et-hugo/</guid>
<description><![CDATA[ 

N°3 lundi 2 juin 2008

le mini-dossier
Hector Berlioz et Victor Hugo
Le Journal d’un condamn]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><span style="color:#2c73b9;"> </span></p>
<div class="post-body">
<p><strong><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">N°3 lundi 2 juin 2008<br />
</span></strong></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;"><strong><span style="text-decoration:underline;">le mini-dossier</span></strong><br />
<strong>Hector Berlioz et Victor Hugo<br />
Le Journal d’un condamné et la symphonie fantastique</strong></span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Le programme de « la Symphonie fantastique », creuset de réminiscences hugoliennes<br />
Le Dernier Jour d’un condamné paraît le 3 février 1829, alors que Berlioz vient d’apprendre à son ami Humbert Ferrand qu’il a en tête le projet d’une « symphonie descriptive de Faust ». Le 29 mars, Berlioz demande à sa sœur Nanci si elle a lu le texte de Hugo. Il y a trouvé « des pleurs et des grincements de dents » accordés aux siens. L’écriture à la première personne du sujet le pousse sans doute à donner un caractère plus autobiographique au programme de sa symphonie, qu’il introduira, un an plus tard, à Ferrand dans les termes suivants : « Voici comment j’ai tissé mon roman, ou plutôt mon histoire, dont il ne vous est pas difficile de reconnaître le héros. » L’idée fixe qui le hante semble elle-même une variante de celle du condamné.<br />
La « Marche au supplice », qui constitue le quatrième mouvement, a tout l’air, avec son « cortège immense de bourreaux, de soldats, de peuple », d’une transcription musicale du récit par le condamné de Hugo du trajet en charrette de la Conciergerie à la place de l’Hôtel-de-Ville, lieu de son exécution (chapitre XVIII).<br />
Plus qu’une référence au poème tiré du Faust de Goethe, traduit par Nerval, le « Songe d’une nuit du sabbat » par lequel s’achève la symphonie, est l’œuvre de réminiscences amalgamées de deux poèmes de Hugo : l’« Orientale » XXXIII, intitulée « Fantômes » - si bien connue de Berlioz qu’il la cite de mémoire dans une lettre à sa sœur et qu’elle pourrait bien être entrée aussi dans la genèse du Bal du troisième mouvement -, et la ballade XIV des Odes et ballades, « La Ronde du sabbat ». On s’en convaincra en les lisant et en repérant tout ce qui a pu stimuler l’imagination créatrice du musicien.<br />
</span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Extrait de l’article de Arnaud Laster, <strong><em>Hugo et Berlioz<br />
</em></strong><br />
Lire l’article entier sur :<br />
</span><a href="http://www.presence-litterature.cndp.fr/hugo_berlioz/dossiers/hugoberlioz.php"><span style="font-size:x-small;color:#669999;font-family:trebuchet ms,geneva;">http://www.presence-litterature.cndp.fr/hugo_berlioz/dossiers/hugoberlioz.php</span></a></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;"><br />
Début du chapitre XLVIII du <em><strong>Journal d&#8217;un condamné</strong><br />
</em><br />
<em>D&#8217;une chambre de l&#8217;hôtel de ville.<br />
De l&#8217;hôtel de ville!&#8230; - Ainsi j&#8217;y suis. Le trajet exécrable est fait. La place est là, et au-dessous de la fenêtre l&#8217;horrible peuple qui aboie, et m&#8217;attend, et rit.<br />
J&#8217;ai eu beau me roidir, beau me crisper, le coeur m&#8217;a failli. Quand j&#8217;ai vu au-dessus des te^tes ces deux bras rouges, avec leur triangle noir au bout, dresses entre les deux lanternes du quai, le coeur m&#8217;a failli. J&#8217;ai demandé à faire une dernière déclaration. On m&#8217;a déposé ici, et l&#8217;on est allé chercher quelque procureur du roi. Je l&#8217;attends, c&#8217;est toujours cela de gagné.<br />
Voici&#8230;<br />
</em><br />
<strong>A écouter :<br />
Berlioz</strong> (1803-1869), <strong><span style="color:#ff6600;">Symphonie fantastique</span></strong> (1830) :<br />
<em><img class="smiley" src="http://www.blog.fr/srv/tinymce/jss/plugins/blogdeemotions/smilies/01arrow.gif" border="0" alt="" /> </em><a href="http://www.blog.fr/media/audio/04_symphonie_fantastique_for_orchestra_episode_de_la_vie_d_un_artiste_en_cinq_parties_h_48/2564439"><strong><span style="color:#669999;">La marche au supplice</span></strong></a><br />
<span style="color:#669999;"><img class="smiley" src="http://www.blog.fr/srv/tinymce/jss/plugins/blogdeemotions/smilies/01arrow.gif" border="0" alt="" /></span><em> </em><a href="http://www.blog.fr/media/audio/05_symphonie_fantastique_for_orchestra_episode_de_la_vie_d_un_artiste_en_cinq_parties_h_48/2564537"><strong><span style="color:#669999;">Songe d’une nuit du Sabbat</span></strong></a><font face="trebuchet ms,geneva" size="2"> </p>
<p></font></span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;"><strong>Victor Hugo — <span style="color:#ff6600;"><em>Odes et Ballades<br />
</em></span></strong><em>La Ronde du sabbat</em></span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Voyez devant les murs de ce noir monastère<br />
La lune se voiler, comme pour un mystère !<br />
L&#8217;esprit de minuit passe, et, répandant l&#8217;effroi,<br />
Douze fois se balance au battant du beffroi.<br />
Le bruit ébranle l&#8217;air, roule, et longtemps encore<br />
Gronde, comme enfermé sous la cloche sonore.<br />
Le silence retombe avec l&#8217;ombre… Ecoutez !<br />
Qui pousse ces clameurs ? qui jette ces clartés ?<br />
Dieu ! les voûtes, les tours, les portes découpées,<br />
D&#8217;un long réseau de feu semblent enveloppées,<br />
Et l&#8217;on entend l&#8217;eau sainte, où trempe un buis bénit,<br />
Bouillonner à grands flots dans l&#8217;urne de granit !<br />
A nos patrons du ciel recommandons nos âmes !<br />
Parmi les rayons bleus, parmi les rouges flammes,<br />
Avec des cris, des chants, des soupirs, des abois,<br />
Voilà que de partout, des eaux, des monts, des bois,<br />
Les larves, les dragons, les vampires, les gnômes,<br />
Des monstres dont l&#8217;enfer rêve seul les fantômes,<br />
La sorcière, échappée aux sépulcres déserts.<br />
Volant sur le bouleau qui siffle dans les airs,<br />
Les nécromants, parés de tiares mystiques<br />
Où brillent flamboyants les mots cabalistiques,<br />
Et les graves démons, et les lutins rusés,<br />
Tous, par les toits rompus, par les portails brisés,<br />
Par les vitraux détruits que mille éclairs sillonnent,<br />
Entrent dans le vieux cloître où leurs flots tourbillonnent.<br />
Debout au milieu d&#8217;eux, leur prince Lucifer<br />
Cache un front de taureau sous la mître de fer ;<br />
La chasuble a voilé son aile diaphane,<br />
Et sur l&#8217;autel croulant il pose un pied profane.<br />
O terreur : Les voilà qui chantent dans ce lieu<br />
Où veille incessamment l&#8217;œil éternel de Dieu.<br />
Les mains cherchent les mains… Soudain la ronde immense,<br />
Comme un ouragan sombre, en tournoyant commence.<br />
A l&#8217;œil qui n&#8217;en pourrait embrasser le contour,<br />
Chaque hideux convive apparaît à son tour ;<br />
On croirait voir l&#8217;enfer tourner dans les ténèbres<br />
Son zodiaque affreux, plein de signes funèbres.<br />
Tous volent, dans le cercle emportés à la fois.<br />
Satan règle du pied les éclats de leur voix ;<br />
Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Mêlons-nous sans choix :<br />
Tandis que la foule<br />
Autour de lui roule<br />
Satan, joyeux, foule<br />
L&#8217;autel et la croix.<br />
L&#8217;heure est solennelle.<br />
La flamme éternelle<br />
Semble, sur son aile,<br />
La pourpre des rois !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Oui, nous triomphons !<br />
Venez, sœurs et frères,<br />
De cent points contraires ;<br />
Des lieux funéraires,<br />
Des antres profonds.<br />
L&#8217;enfer vous escorte ;<br />
Venez en cohorte<br />
Sur des chars qu&#8217;emporte<br />
Le vol des griffons !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Venez sans remords,<br />
Nains aux pieds de chèvre,<br />
Goules, dont la lèvre<br />
Jamais ne se sèvre<br />
Du sang noir des morts !<br />
Femmes infernales,<br />
Accourez rivales !<br />
Pressez vos cavales<br />
Qui n&#8217;ont point de mors !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Juifs, par Dieu frappés,<br />
Zingaris, bohêmes,<br />
Chargés d&#8217;anathèmes,<br />
Follets, spectres blêmes<br />
La nuit échappés,<br />
Glissez sur la brise,<br />
Montez sur la frise<br />
Du mur qui se brise,<br />
Volez, ou rampez !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Venez, boucs méchants,<br />
Psylles aux corps frêles,<br />
Aspioles frêles,<br />
Comme un flot de grêles,<br />
Fondre dans ces champs !<br />
Plus de discordances !<br />
Venez en cadence<br />
Elargir la danse,<br />
Répéter les chants !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Qu&#8217;en ce beau moment<br />
Les clercs en magie<br />
Brûlent dans l&#8217;orgie<br />
Leur barbe rougie<br />
D&#8217;un sang tout fumant ;<br />
Que chacun envoie<br />
Au feu quelque proie,<br />
Et sous ses dents broie<br />
Un pâle ossement !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Riant au saint lieu,<br />
D&#8217;une voix hardie,<br />
Satan parodie<br />
Quelque psalmodie<br />
Selon saint Matthieu ;<br />
Et dans la chapelle<br />
Où son roi l&#8217;appelle,<br />
Un démon épèle<br />
Le livre de Dieu !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Sorti des tombeaux,<br />
Que dans chaque stalle<br />
Un faux moine étale<br />
La robe fatale<br />
Qui brûle ses os,<br />
Et qu&#8217;un noir lévite<br />
Attache bien vite<br />
La flamme maudite<br />
Aux sacrés flambeaux !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Satan vous verra !<br />
De vos mains grossières,<br />
Parmi des poussières,<br />
Ecrivez, sorcières :<br />
ABRACADABRA !<br />
Volez, oiseaux fauves,<br />
Dont les ailes chauves<br />
Aux ciels des alcôves<br />
Suspendent Smarra !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Et leurs pas, ébranlant les arches colossales,<br />
Troublent les morts couchés sous le pavé des salles. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">&#8220;Voici le signal ! –<br />
L&#8217;enfer nous réclame ;<br />
Puisse un jour toute âme<br />
N&#8217;avoir d&#8217;autre flamme<br />
Que son noir fanal !<br />
Puisse notre ronde<br />
Dans l&#8217;ombre profonde,<br />
Enfermer le monde<br />
D&#8217;un cercle infernal !&#8221; </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">L&#8217;aube, pâle a blanchi les arches colossales.<br />
Il fuit, l&#8217;essaim confus des démons dispersés !<br />
Et les morts, rendormis sous le pavé des salles,<br />
Sur leurs chevets poudreux posent leurs fronts glacés. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">octobre 1825 </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;"><br />
<strong>Victor Hugo — <em><span style="color:#ff6600;">Les Orientales</span></em></strong><br />
<em>Fantômes</em></span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">I<br />
Hélas ! que j&#8217;en ai vu mourir de jeunes filles !<br />
C&#8217;est le destin. Il faut une proie au trépas.<br />
Il faut que l&#8217;herbe tombe au tranchant des faucilles ;<br />
Il faut que dans le bal les folâtres quadrilles<br />
Foulent des roses sous leurs pas. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Il faut que l&#8217;eau s&#8217;épuise à courir les vallées ;<br />
Il faut que l&#8217;éclair brille, et brille peu d&#8217;instants,<br />
Il faut qu&#8217;avril jaloux brûle de ses gelées<br />
Le beau pommier, trop fier de ses fleurs étoilées,<br />
Neige odorante du printemps. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Oui, c&#8217;est la vie. Après le jour, la nuit livide.<br />
Après tout, le réveil, infernal ou divin.<br />
Autour du grand banquet siège une foule avide ;<br />
Mais bien des conviés laissent leur place vide.<br />
Et se lèvent avant la fin. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">II<br />
Que j&#8217;en ai vu mourir ! – L&#8217;une était rose et blanche ;<br />
L&#8217;autre semblait ouïr de célestes accords ;<br />
L&#8217;autre, faible, appuyait d&#8217;un bras son front qui penche,<br />
Et, comme en s&#8217;envolant l&#8217;oiseau courbe la branche,<br />
Son âme avait brisé son corps. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Une, pâle, égarée, en proie au noir délire,<br />
Disait tout bas un nom dont nul ne se souvient ;<br />
Une s&#8217;évanouit, comme un chant sur la lyre ;<br />
Une autre en expirant avait le doux sourire<br />
D&#8217;un jeune ange qui s&#8217;en revient. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Toutes fragiles fleurs, sitôt mortes que nées !<br />
Alcyions engloutis avec leurs nids flottants !<br />
Colombes, que le ciel au monde avait données !<br />
Qui, de grâce, et d&#8217;enfance, et d&#8217;amour couronnées,<br />
Comptaient leurs ans par les printemps ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Quoi, mortes ! quoi, déjà, sous la pierre couchées !<br />
Quoi ! tant d&#8217;êtres charmants sans regard et sans voix !<br />
Tant de flambeaux éteints ! tant de fleurs arrachées !&#8230;<br />
Oh ! laissez-moi fouler les feuilles desséchées,<br />
Et m&#8217;égarer au fond des bois ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Deux fantômes ! c&#8217;est là, quand je rêve dans l&#8217;ombre,<br />
Qu&#8217;ils viennent tour à tour m&#8217;entendre et me parler.<br />
Un jour douteux me montre et me cache leur nombre.<br />
A travers les rameaux et le feuillage sombre<br />
Je vois leurs yeux étinceler. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Mon âme est une sœur pour ces ombres si belles.<br />
La vie et le tombeau pour nous n&#8217;ont plus de loi.<br />
Tantôt j&#8217;aide leurs pas, tantôt je prends leurs ailes.<br />
Vision ineffable où je suis mort comme elles,<br />
Elles, vivantes comme moi ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Elles prêtent leur forme à toutes mes pensées.<br />
Je les vois ! je les vois ! Elles me disent : Viens !<br />
Puis autour d&#8217;un tombeau dansent entrelacées ;<br />
Puis s&#8217;en vont lentement, par degrés éclipsées.<br />
Alors je songe et me souviens… </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">III<br />
Une surtout. – Un ange, une jeune espagnole !<br />
Blanches mains, sein gonflé de soupirs innocents,<br />
Un œil noir, où luisaient des regards de créole,<br />
Et ce charme inconnu, cette fraîche auréole<br />
Qui couronne un front de quinze ans ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Non, ce n&#8217;est point d&#8217;amour qu&#8217;elle est morte : pour elle,<br />
L&#8217;amour n&#8217;avait encor ni plaisirs ni combats ;<br />
Rien ne faisait encor battre son cœur rebelle ;<br />
Quand tous en la voyant s&#8217;écriaient : Qu&#8217;elle est belle !<br />
Nul ne le lui disait tout bas. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Elle aimait trop le bal, c&#8217;est ce qui l&#8217;a tuée.<br />
Le bal éblouissant ! le bal délicieux !<br />
Sa cendre encor frémit, doucement remuée,<br />
Quand, dans la nuit sereine, une blanche nuée<br />
Danse autour du croissant des cieux. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Elle aimait trop le bal. – Quand venait une fête,<br />
Elle y pensait trois jours, trois nuits elle en rêvait,<br />
Et femmes, musiciens, danseurs que rien n&#8217;arrête,<br />
Venaient, dans son sommeil, troublant sa jeune tête,<br />
Rire et bruire à son chevet. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Puis c&#8217;étaient des bijoux, des colliers, des merveilles !<br />
Des ceintures de moire aux ondoyants reflets ;<br />
Des tissus plus légers que des ailes d&#8217;abeilles ;<br />
Des festons, des rubans, à remplir des corbeilles ;<br />
Des fleurs, à payer un palais ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">La fête commencée, avec ses sœurs rieuses<br />
Elle accourait, froissant l&#8217;éventail sous ses doigts,<br />
Puis s&#8217;asseyait parmi les écharpes soyeuses,<br />
Et son cœur éclatait en fanfares joyeuses,<br />
Avec l&#8217;orchestre aux mille voix. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">C&#8217;était plaisir de voir danser la jeune fille !<br />
Sa basquine agitait ses paillettes d&#8217;azur ;<br />
Ses grands yeux noirs brillaient sous la noire mantille.<br />
Telle une double étoile au front des nuits scintille<br />
Sous les plis d&#8217;un nuage obscur. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Tout en elle était danse, et rire, et folle joie.<br />
Enfant ! – Nous l&#8217;admirions dans nos tristes loisirs ;<br />
Car ce n&#8217;est point au bal que le cœur se déploie,<br />
La centre y vole autour des tuniques de soie,<br />
L&#8217;ennui sombre autour des plaisirs. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Mais elle, par la valse ou la ronde emportée,<br />
Volait, et revenait, et ne respirait pas,<br />
Et s&#8217;enivrait des sons de la flûte vantée,<br />
Des fleurs, des lustres d&#8217;or, de la fête enchantée,<br />
Du bruit des vois, du bruit des pas. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Quel bonheur de bondir, éperdue, en la foule,<br />
De sentir par le bal ses sens multipliés,<br />
Et de ne pas savoir si dans la nue on roule,<br />
Si l&#8217;on chasse en fuyant la terre, ou si l&#8217;on foule<br />
Un flot tournoyant sous ses pieds ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Mais hélas ! il fallait, quand l&#8217;aube était venue,<br />
Partir, attendre au seuil le manteau de satin.<br />
C&#8217;est alors que souvent la danseuse ingénue<br />
Sentit en frissonnant sur son épaule nue<br />
Glisser le souffle du matin. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Quels tristes lendemains laisse le bal folâtre !<br />
Adieu parure, et danse, et rires enfantins !<br />
Aux chansons succédait la toux opiniâtre,<br />
Au plaisir rose et frais la fièvre au teint bleuâtre,<br />
Aux yeux brillants les yeux éteints. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">IV<br />
Elle est morte. – A quinze ans, belle, heureuse, adorée !<br />
Morte au sortir d&#8217;un bal qui nous mit tous en deuil.<br />
Morte, hélas ! et des bras d&#8217;une mère égarée<br />
La mort aux froides mains la prit toute parée,<br />
Pour l&#8217;endormir dans le cercueil. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Pour danser d&#8217;autres bals elle était encor prête,<br />
Tant la mort fut pressée à prendre un corps si beau !<br />
Et ces roses d&#8217;un jour qui couronnaient sa tête,<br />
Qui s&#8217;épanouissaient la veille en une fête,<br />
Se fanèrent dans un tombeau. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">V<br />
Sa pauvre mère ! – hélas ! de son sort ignorante,<br />
Avoir mis tant d&#8217;amour sur ce frêle roseau,<br />
Et si longtemps veillé son enfance souffrante,<br />
Et passé tant de nuits à l&#8217;endormir pleurante<br />
Toute petite en son berceau ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">A quoi bon ? – Maintenant la jeune trépassée,<br />
Sous le plomb du cercueil, livide, en proie au ver,<br />
Dort ; et si, dans la tombe où nous l&#8217;avons laissée,<br />
Quelque fête des morts la réveille glacée,<br />
Par une belle nuit d&#8217;hiver, </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Un spectre au rire affreux à sa morne toilette<br />
Préside au lieu de mère, et lui dit : Il est temps !<br />
Et, glaçant d&#8217;un baiser sa lèvre violette,<br />
Passe les doigts noueux de sa main de squelette<br />
Sous ses cheveux longs et flottants. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">Puis, tremblante, il la mène à la danse fatale,<br />
Au chœur aérien dans l&#8217;ombre voltigeant ;<br />
Et sur l&#8217;horizon gris la lune est large et pâle,<br />
Et l&#8217;arc-en-ciel des nuits teint d&#8217;un reflet d&#8217;opale<br />
Le nuage aux franges d&#8217;argent. </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">VI<br />
Vous toutes qu&#8217;à ses jeux le bal riant convie,<br />
Pensez à l&#8217;espagnole éteinte sans retour,<br />
Jeunes filles ! Joyeuse, et d&#8217;une main ravie,<br />
Elle allait moissonnant les roses de la vie,<br />
Beauté, plaisir, jeunesse, amour ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">La pauvre enfant, de fête en fête promenée,<br />
De ce bouquet charmant arrangeait les couleurs ;<br />
Mais qu&#8217;elle a passé vite, hélas ! l&#8217;infortunée !<br />
Ainsi qu&#8217;Ophélia par le fleuve entraînée,<br />
Elle est morte en cueillant des fleurs ! </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;">avril 1828 </span></p>
<p><span style="font-size:x-small;font-family:trebuchet ms,geneva;"><br />
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</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Procès autour du coeur de Grétry]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/29/liege_proces_coeur_gretry/</link>
<pubDate>Sat, 29 Mar 2008 00:43:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/29/liege_proces_coeur_gretry/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Peu de temps avant sa mort,le célèbre compositeur Grétry avait témoigné le vœu que son ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Peu de temps avant sa mort,le célèbre compositeur Grétry avait témoigné le vœu que son coeur fût remis à la ville de Liège, comme preuve du sincère attachement qu&#8217;il avait conservé pour sa ville natale.<br />
Son héritier et neveu par alliance écrivit aux magistrats de Liège qu&#8217;il était tout disposé à accomplir les volontés de son oncle. Les événements politiques ne permirent pas de s&#8217;occuper sans délai de cette affaire. Provisoirement, le coeur fut déposé dans un petit monument à l&#8217;Ermitage de Montmorency.<br />
<a href='http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/04/liege_statue_gretry_3.jpg'><img src="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/04/liege_statue_gretry_3.jpg?w=400" alt="Liège, la statue de Grétry" width="400" height="264" class="alignright size-medium wp-image-437" /></a><br />
Au bout de quelques années, les magistrats de Liège réclamèrent le don qui leur avait été fait. Mais alors les dispositions du neveu étaient changées : il attachait le plus grand prix à conserver le cœur de l&#8217;artiste célèbre, dont le nom répandait une sorte de prestige sur sa maison de campagne. De là procès de la part de la ville de Liège, qui confia sa cause à Hennequin. II semble que la question de droit et le sujet même offraient peu de ressources au talent. Mais le défenseur sut en découvrir. Il débuta par une biographie pleine d&#8217;intérêt du célèbre compositeur; il fut ingénieux, enjoué, dans l&#8217;exposé des faits; il établit par une série de preuves habilement enchaînées le bon droit de la ville de Liège. La cour rendit un jugement en sa faveur.&#8221;</p>
<p><sub>Nouvelle biographie universelle générale, publ. sous la direction de Mr le Dr Hoefer, Tome 23, Paris, 1858<br />
</sub></p>
<p align="right">
<sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/personnalites_de_liege/"> Personnalités de Liège </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/droit-et-justice-a-liege/"> Droit et justice à Liège</a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle </a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les hospices de Liège et l'hôpital de Bavière]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/27/hospice_de_liege_hopital_de_baviere/</link>
<pubDate>Thu, 27 Mar 2008 15:59:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/27/hospice_de_liege_hopital_de_baviere/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Les hospices de Liège sont au nombre de sept. Tous sont tenus très-proprement. Ils ont une ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Les hospices de Liège sont au nombre de sept. Tous sont tenus très-proprement. Ils ont une boulangerie, une brasserie, et une pharmacie, centrales ou communes. le petit nombre des vases et des tiroirs de la pharmacie, le peu de local qu&#8217;elle occupe, m&#8217;ont fort édifié.</p>
<p>La fourniture de viande est passée aux économes des maisons à un prix déterminé; ils s&#8217;en pourvoient où bon leur semble: si elle n&#8217;est pas bonne, ils en sont responsables.<br />
<a href='http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/04/liege_hopital_de_baviere.jpg'><img src="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/04/liege_hopital_de_baviere.jpg?w=400" alt="Lèege, Hôpital de Bavière" width="400" height="255" class="aligncenter size-medium wp-image-439" /></a><br />
L&#8217;hôpital nommé de Bavière est un hôpital général de malades. Ils y sont 150 dans trois salles, susceptibles d&#8217;en contenir jusqu&#8217;à 200. La maison est pour hommes et femmes, malades et blessés. On y est reçu sur un billet d&#8217;officiers de santé commis à cet effet, lesquels sont tenus de spécifier la maladie dans leur billet. La direction immédiate est entre les mains d&#8217;anciennes soeurs hospitalières. Les salles sont très-élevées; mais les fenêtres ne descendent point jusqu&#8217;au sol des salles, il s&#8217;en faut dix pieds au moins. Le médecin a prétendu qu&#8217;il ne résultoit de là aucune insalubrité, à cause du soin extrême qu&#8217;on a de la propreté. On nettoie le sol des salles, qui est couvert de planches, avec du tan.  Les lits sont trop fermés, parce que, outre les rideaux, le lit a un ciel.  On se propose de le supprimer . On tire sur le côté du lit, de dessous le traversin, une planche qui forme table, et est très commode pour poser les vases ou autres objets nécessaires au services du malade.</p>
<p>Deux maisons séparées forment, l&#8217;une, l&#8217;hospice des hommes incurables où j&#8217;ai vu 45 personnes; l&#8217;autre, l&#8217;hospice des femmes incurables , ou je les ai vues, au nombre de 82, servies par 17 soeurs d&#8217;une communauté hospitalières; mais quelques-unes de ces soeurs peuvent être comptées elles-mêmes, ne fut-ce qu&#8217;à cause de leur âge, au rang des incurables. Les salles sont grandes, belles, aérées, claires. C&#8217;est celui de leurs hospices que les Liégeois vantent le plus pour son étendue, sa propreté, sa bonne tenue; et ils ont raison. &#8220;</p>
<p><sub><br />
Voyage fait dans les départemens nouvellement réunis, et dans les départemens du Bas-Rhin, du Nord, &#8230;, Camus, Armand-Gaston, 1803<br />
</sub></p>
<p><sub> </sub></p>
<p align="right"> <sub><a href="http://liegecitations.wordpress.com/calamites-a-liege_peste_inondation_pluie_epidemie/"> Autres billets sur la santé à Liège</a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle </a> </sub></p>
<p><sub></sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les brasseries en province de Liège vers 1830]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/27/brasserie_biere_liege_province_xix/</link>
<pubDate>Thu, 27 Mar 2008 00:07:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/27/brasserie_biere_liege_province_xix/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Le nombre des brasseries de la province de Liège est de 243; 80 brasseries environ sont éta]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Le nombre des brasseries de la province de Liège est de 243; 80 brasseries environ sont établies pour le commerce, les autres sont attachées à des exploitations agricoles; toutes les matières employées à la fabrication de la bière, viennent de la province de Liège.<br />
Les brasseries destinées au commerce, emploient environ 260 ouvriers, plus 160 chevaux pour le transport des bières; l&#8217;entretien, des ustensiles des brasseries est très-onéreux, l&#8217;article de la tonnelerie qui s&#8217;y rattache est considérable ; on peut dire sans exagération que les brasseries de la province de Liège mettent annuellement en circulation un capital de 900,000 florins des Pays-Bas.&#8221;</p>
<p><sub><br />
Dictionnaire géographique de la province de Liége, Bruxelles, 1831<br />
</sub></p>
<p align="right"> <sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19 ème siècle </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/le-commerce-a-liege/"> Le commerce à Liège </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/industrie_liege/"> L&#8217;industrie à Liège </a><br />
</sub><a href="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/06/liege_principaute_compagnon_brasseur.jpg"><img src="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/06/liege_principaute_compagnon_brasseur.jpg?w=251" alt="Liège, compagnon brasseur" width="251" height="300" class="alignnone size-medium wp-image-460" /></a></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'amour malheureux d'un homme de trop]]></title>
<link>http://levraoueg.wordpress.com/2008/03/21/lamour-malheureux-dun-homme-de-trop/</link>
<pubDate>Fri, 21 Mar 2008 21:30:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>levraoueg</dc:creator>
<guid>http://levraoueg.wordpress.com/2008/03/21/lamour-malheureux-dun-homme-de-trop/</guid>
<description><![CDATA[ 

  

La nouvelle &#8220;Journal d&#8217;un homme de trop&#8221;, datée de 1850, fait partie de]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p align="justify"> </p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://levraoueg.wordpress.com/files/2008/03/le-journal-dun-homme-de-trop.gif" alt="le-journal-dun-homme-de-trop.gif" /></p>
<div style="text-align:center;">  </div>
<div style="text-align:center;"><img style="width:80px;height:15px;" src="http://storage.canalblog.com/41/23/346056/23349182.gif" border="0" alt="challengeabc2008" width="80" height="15" /></div>
<p style="text-align:justify;">La nouvelle &#8220;Journal d&#8217;un homme de trop&#8221;, datée de 1850, fait partie des premiers écrits d&#8217;Ivan Tourguéniev (1818-1883). Elle se présente sous la forme d&#8217;un journal intime tenu par Tchoulkatourine du 20 au 31 mars 18..</p>
<p align="justify">Tchoulkatourine se met à écrire alors que le médecin sort de chez lui. Il vient d&#8217;apprendre qu&#8217;il n&#8217;a plus que deux semaines à vivre et accueille la nouvelle avec philosophie, pour ne pas dire résignation : <span style="color:#800000;">&#8220;</span><span style="color:#800000;">Eh quoi ? S&#8217;il faut mourir, autant mourir au printemps.&#8221;</span> Il se met à écrire sans projet précis : <span style="color:#800000;">&#8220;Que pourrais-je bien raconter ? Ses maladies sont un sujet dont un homme bien élevé ne parle pas ; écrire, disons un roman, n&#8217;est pas de mon ressort ; les discussions sur des sujets élevés dépassent mes capacités ; les descriptions de la réalité qui m&#8217;entoure n&#8217;arrivent même pas à m&#8217;intéresser moi-même ; mais à ne rien faire, je m&#8217;ennuie, et je n&#8217;ai pas le courage de lire. Tiens, tiens ! je m&#8217;en vais me conter à moi-même ma propre vie. Excellente idée ! A la veille de mourir, cela convient à merveille, sans pour autant vexer personne. Je commence.&#8221;</span></p>
<p align="justify">Et voilà donc que Tchoulkatourine entreprend de raconter sa vie par le commencement. Il débute son récit par le traditionnel &#8220;je suis né&#8221; et poursuit avec l&#8217;histoire de ses parents, son enfance qu&#8217;il qualifie de &#8220;pénible et morne&#8221;. Régulièrement il interrompt son récit pour retrouver le présent de l&#8217;écriture, sa vie solitaire au village de La Fontaine-aux-Moutons avec sa bonne nourrice Térentievna, la nature au début du printemps comme un écho au jardin de son enfance qu&#8217;il évoque avec une infinie nostalgie. Mais alors il se rappelle à l&#8217;ordre, ne souhaite pas se laisser aller au sentimentalisme du souvenir : <span style="color:#800000;">&#8220;La journée d&#8217;hier a excité en moi, parfaitement hors de propos, une foule de sentiments et de souvenirs inutiles. Cela ne se reproduira plus. Les effusions sentimentales sont un peu comme des bâtons de réglisse : quand on commence à les sucer ils paraissent savoureux, mais après ils laissent dans la bouche un très mauvais goût. Je vais raconter ma vie simplement et tranquillement.&#8221;</span></p>
<p align="justify">Pourtant, à peine recentré sur son projet d&#8217;autobiographie simple et tranquille, il s&#8217;interroge : <span style="color:#800000;">&#8220;Mais tout d&#8217;un coup je me demande : est-ce vraiment la peine de raconter ma vie ?&#8221;</span> Et parce que son parcours n&#8217;a rien de bien original, il répond par la négative : <span style="color:#800000;">&#8220;&#8230; je ne vais pas me mettre à raconter ma vie (&#8230;) Je tenterai plutôt de m&#8217;exposer à moi-même mon propre caractère.&#8221;</span> C&#8217;est à cette question <span style="color:#800000;">&#8220;quelle sorte d&#8217;homme suis-je ?&#8221;</span> qu&#8217;il répond <span style="color:#800000;">&#8220;un homme de trop&#8221;, &#8220;cadenassé à l&#8217;intérieur&#8221;, &#8220;la cinquième roue du carrosse&#8221;, tournant &#8220;en rond, comme un écureuil dans sa roue&#8221; <span style="color:#000000;">:</span> &#8220;Pendant toute la durée de ma vie, j&#8217;ai constamment trouvé ma place occupée, peut-être parce que je cherchais cette place là où je n&#8217;aurais pas dû le faire.&#8221; </span></p>
<p align="justify">Et c&#8217;est pour prouver (à qui ?) la justesse de cette définition de lui-même, que Tchoulkatourine entreprend le récit qui sera le coeur de la nouvelle, celui de son amour non partagé pour la jeune Elisabeth Kirillovna qui lui préfèrera son exact contraire, un beau prince qui ne méritait pas son amour. De promenade dans la nature avec Elisabeth, en scène de bal, puis de duel, nous suivons les illusions et désillusions de ce pauvre Tchoulkatourine. Cet épisode n&#8217;aura duré que quelques semaines, mais sera tout ce dont il trouvera la force de se souvenir à l&#8217;approche de la mort. A la fin de la nouvelle, alors qu&#8217;il sait vivre ses derniers instants <span style="color:#800000;">&#8220;à moitié penché déjà au-dessus du gouffre béant et muet</span>&#8220;, Tchoulkatourine écrit encore. Il écrit la peur panique qui s&#8217;empare de lui : <span style="color:#800000;">&#8220;j&#8217;ai grand-peur (&#8230;) Comme c&#8217;est dur, pour un être vivant de quitter la vie !&#8221;</span> Il lui reste malgré tout assez de lucidité pour analyser ce qu&#8217;il vient d&#8217;écrire : <span style="color:#800000;">&#8220;Adieu, Lise ! A peine ai-je écrit ces deux mots que j&#8217;ai failli éclater de rire. Cette exclamation me semble livresque. On dirait que je compose une nouvelle sentimentale ou que je termine une lettre désespérée&#8230;&#8221;</span></p>
<p align="justify">Cette nouvelle est en effet tout cela à la fois, sentimentale et désespérée. A sa lecture on est ému, et parfois agacé par cet homme de trop qu&#8217;on aimerait voir sortir de lui-même au moins une fois dans sa vie ; amusé parfois aussi, notamment quand le diariste termine son entrée du jour par un touchant <span style="color:#800000;">&#8220;à demain</span>&#8220;. Lisant ses dernières pages, ses dernières lignes, le lecteur l&#8217;accompagne dans sa dernière épreuve qui sera aussi une délivrance : <span style="color:#800000;">&#8220;Ma petite comédie est terminée. Le rideau tombe. En rentrant dans le néant, je cesse d&#8217;être de trop&#8230;&#8221;</span></p>
<p align="justify">Beau portrait d&#8217;un homme peu doué pour la vie&#8230;</p>
<p align="justify"><span style="color:#800000;">Le journal d&#8217;un homme de trop / Ivan Tourguéniev, traduit du russe par Françoise Flament, Mercure de France (Le petit Mercure), 2007, ISBN 978-2-7152-2818-4</span></p>
<p align="justify"><span style="color:#ff6600;">Illustration de couverture : Illia Répine, Au soleil (Portrait de Nadia Répina, fille de l&#8217;artiste), détail, Galerie Trétiakov, Moscou</span></p>
<p> </p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les exportations de fonte Liégeoise vers l'Allemagne ont fortement chuté]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/18/chute_liege_export_fonte_allemagne_commerce/</link>
<pubDate>Tue, 18 Mar 2008 13:30:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/18/chute_liege_export_fonte_allemagne_commerce/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Les hauts fourneaux de Liège ont perdu leur important débouché de l&#8217;Allemagne depuis]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Les hauts fourneaux de Liège ont perdu leur important débouché de l&#8217;Allemagne depuis que les fourneaux de la<br />
Ruhr ont des moyens de communication qui leur amènent à des conditions favorables, sur leur bassin houiller, les<br />
riches minerais du Nassau et de Siegen. Si l&#8217;on ajoute à cela que le charbon ne se vend sur la Ruhr que 6 à 7 fr.<br />
50 c. les 1,000 kilogrammes, on comprendra comment il se fait que la Belgique qui expédiait dans le Zollverein<br />
49,612 tonnes de fonte en 1858, a vu ses exportations se réduire à 24,408 tonnes en 1859, à 8,851 tonnes en 1860<br />
et 5,835 tonnes en 1861. Et si les droits d&#8217;entrée en Prusse ne sont pas réduits, comme le demandent les producteurs liégeois, ils peuvent s&#8217;attendre à la perte complète de ces marchés.&#8221;</p>
<p><sub>Annuaire de l&#8217;économie politique et de la statistique pour 1864, Guillaumin (Gilbert-Urbain), Joseph Garnier, Maurice Block, Paris, 1864<br />
</sub></p>
<p align="right"> <sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/industrie_liege/">Autres billets sur l&#8217;industrie à Liège</a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/le-commerce-a-liege/"> Le commerce à Liège </a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Les femmes liégeoises portent de courts vêtements rayés]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/14/femmes_liegeoises_portent_de_courts_vetements_rayes/</link>
<pubDate>Fri, 14 Mar 2008 00:56:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;Les Liégeois parlent aussi une espèce d&#8217;idiôme corrompu, mais qui serait cependant r]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Les Liégeois parlent aussi une espèce d&#8217;idiôme corrompu, mais qui serait cependant reconnu par un académicien de Paris, pour être immédiatement dérivé du français.</p>
<p>Mais je n&#8217;ai point reconnu l&#8217;élégance française dans la manière de se vêtir, du moins dans la classe peu aisée du peuple. Les femmes liégeoises portent de courts vêtements rayés, des corsets ou une  espèce de jaquette, avec des manches plissées, sur laquelle elles mettent un manteau de coton qui se termine au bas de la taille. Lorsqu&#8217;elles sortent, elles ajoutent un voile d&#8217;étoffe de coton à fleurs. Il est à présumer que cette parure a été imaginée pour se garantir du vent du nord qui souffle presque continuellement.&#8221;</p>
<p><sub><br />
Abrégé de l&#8217;Histoire générale des Voyages continué par Comeiras, Jean-François de La Harpe, 1804<br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Un Institut archéologique s'est formé à Liège]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/08/institut_archeologique_a_liege/</link>
<pubDate>Sat, 08 Mar 2008 10:58:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;Liége a d&#8217;autres préoccupations et d&#8217;autres intérêts que ceux de l&#8217;arch]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Liége a d&#8217;autres préoccupations et d&#8217;autres intérêts que ceux de l&#8217;archéologie : l&#8217;industrie y fait chaque jour des progrès nouveaux et sait y changer le fer en or. Cependant, à côté de ce monde actif et agité, vivent et pensent quelques hommes studieux et savants. La vue des beaux monuments que possède la ville et le soin de leur restauration ont tourné quelques esprits vers l&#8217;étude de l&#8217;architecture; un Institut archéologique s&#8217;y est formé, qui s&#8217;enorgueillit, à juste titre, des noms de M. le chanoine Devroye, de MM. Grandgagnage, Petit de Rosen, Delsaux, l&#8217;habile architecte du palais des Évêques.</p>
<p>Là donc, aussi, l&#8217;archéologie compte des adhérents, et il n&#8217;en pouvait être autrement chez un peuple aussi intelligent que celui de Liége. &#8220;</p>
<p><a href="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/04/liege_musee_archeologique.jpg" title="Liège, musée archéologique"><img src="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/04/liege_musee_archeologique.thumbnail.jpg" alt="Liège, musée archéologique" /></a><br />
<sub> Annales archéologiques, Adolphe Napoléon Didron, Edouard Didron, 1852<br />
</sub></p>
<p align="right"> <sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Histoire de Liège au 19ème siècle </a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Le passage Lemonnier à Liège]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/03/le_passage_lemonnier_liege/</link>
<pubDate>Mon, 03 Mar 2008 07:46:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;C&#8217;est à M. Lemonnier que l&#8217;on doit le projet et l&#8217;exécution du passage co]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;C&#8217;est à M. Lemonnier que l&#8217;on doit le projet et l&#8217;exécution du passage couvert qui conduit de la rue de l&#8217;Université à la rue Vinave-d&#8217;Ile. On n&#8217;aurait qu&#8217;une idée bien imparfaite de ce vaste et bel édifice, si l&#8217;on se bornait à le contempler du dehors. Cela suffirait déjà, il est vrai, pour faire admirer la noble simplicité de sa façade, et le bon goût qui règne dans tous les détails de sa riche allée. Mais, pour bien apprécier le talent de celui qui l&#8217;a créé, il faut le visiter à l&#8217;intérieur.</p>
<p><a href="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/03/liege_passage-lemonnier_2.jpg" title="Liège, passage Lemonnier"><img src="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/03/liege_passage-lemonnier_2.thumbnail.jpg" alt="Liège, passage Lemonnier" /></a>Voyez comment toutes ces parties s&#8217;harmonient et se fondent dans l&#8217;ensemble pour le rendre plus parfait! Que de délicatesse dans ces escaliers de fonte, que de vie et de fraîcheur dans ces peintures, que de soins minutieux apportés à la perfection de ces mille et une petites choses, souvent trop négligées en pareille occurrence!</p>
<p>Malgré tout cela, cependant, le passage Lemonnier est loin encore d&#8217;avoir obtenu chez nous le succès et la vogue qu&#8217;il mérite à si juste titre : l&#8217;artiste à qui nous le devons y a dépensé sa fortune, et jusqu&#8217;aujourd&#8217;hui la seule récompense qu&#8217;il en ait eue, est d&#8217;y avoir attaché son nom. Au moyen âge c&#8217;était beaucoup ; aujourd&#8217;hui on pense assez généralement que ce n&#8217;est pas assez.&#8221;</p>
<p><sub>Liége pittoresque: ou Description historique de cette ville.., Matthieu Lambert Polain, 1842</sub></p>
<p align="right"> <sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/patrimoine-religieux-de-liege/"> Le patrimoine de Liège, autres billets </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Histoire de Liège au 19ème siècle </a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Une dérivation de la Meuse à Liège ]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/02/une_derivation_de_la_meuse_a_liege/</link>
<pubDate>Sat, 01 Mar 2008 23:05:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
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<description><![CDATA[« la première idée d&#8217;une dérivation de la Meuse, prise de la Chapelle du Paradis, aboutiss]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>« la première idée d&#8217;une dérivation de la Meuse, prise de la Chapelle du Paradis, aboutissant à-peu-près au point désigné maintenant, est bien antérieure à tout ce qu&#8217;on a eu l&#8217;air d&#8217;inventer depuis 1830. Voyez plusieurs articles insérés dans un journal de Liège , notamment les 20 et 24 avril 1828. Ce projet parut d&#8217;abord gigantesque, colossal, inexécutable, ainsi qu&#8217;il arrive à toute idée nouvelle; car, comme le disait Fontenelle : &#8221; Une idée nouvelle est un coin qui se présente par le gros bout. &#8220;</p>
<div id="attachment_556" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/07/liege_derivation_meuse_pecheurs.jpg"><img src="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/07/liege_derivation_meuse_pecheurs.jpg?w=300" alt="Liège, dérivation de la Meuse et pecheurs" width="300" height="185" class="size-medium wp-image-556" /></a><p class="wp-caption-text">Liège, dérivation de la Meuse et pecheurs</p></div>
<p>Au lien de retourner ce coin, de mûrir et d&#8217;améliorer ce projet, ce qu&#8217;il fallait faire, on voulut le réduire , le rappetisser , l&#8217;amoindrir pour l&#8217;abaisser au niveau des finances disponibles, comme si l&#8217;exécution d&#8217;un tel projet devait se payer en une année! La régence fit exécuter le pilotis des Augustins; on en vit bientôt l&#8217;absurdité, tout fut abandonné, et il en coûta fort cher à la ville pour avoir fait une sottise. »</p>
<p><sub><br />
Scénologie de Liége, ou Lettre sur les théatres et leurs modifications &#8230;, Frédéric Rouveroy, 1844<br />
</sub></p>
<p align="right"> <sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/description_liege/"> Description de Liège</a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle </a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Essai public d'éclairage au gaz à Liège ]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/01/liege_emulation_essai_public_eclairage_gaz/</link>
<pubDate>Fri, 29 Feb 2008 23:39:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;Un essai public d&#8217;éclairage au gaz sous la direction d&#8217;un des frères Poncelet, ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Un essai public d&#8217;éclairage au gaz sous la direction d&#8217;un des frères Poncelet, fabricans d&#8217;acier, eut lieu à Liége en 1811 à la société d&#8217;émulation; ce fait est constaté par un procès-verbal; mais quoique fait avec succès, il n&#8217;y fut pas donné de suite.</p>
<p>En octobre 1818, le café Larivière à Bruxelles fut éclairé par ce procédé. On a vu que M. Cockerill fit construire un gazomètre à Seraing pour éclairer ses ateliers vers 1819. C&#8217;est à cette même époque que l&#8217;application en grand du système commence en Belgique.&#8221;</p>
<p><sub><br />
Sur les inventions et perfectionnements dans l&#8217;industrie depuis la fin du XVIIIè siècle jusqu&#8217;à nos jours, N. Briavoinne, 1837, in<br />
Mémoires couronnés par l&#8217;Académie Royale, Tome XIII, 1838.<br />
</sub></p>
<p align="right">
<sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/sciences_technique_liege/"> Sciences et techniques à Liège </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle</a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[En Avroy, l'église des Augustins ne sera plus un moulin à ciment ]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/29/quartier_avroy_eglise_augustins_ste-veronique/</link>
<pubDate>Fri, 29 Feb 2008 06:43:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/29/quartier_avroy_eglise_augustins_ste-veronique/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Le quartier d&#8217;Avroy à Liége, considérablement augmenté par l&#8217;ouverture et la ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Le quartier d&#8217;Avroy à Liége, considérablement augmenté par l&#8217;ouverture et la construction de plusieurs nouvelles rues, par la station du chemin de fer, le pont du Val-Benoît, le jardin botanique , etc., n&#8217;avoit qu&#8217;une seule église (Ste Véronique), petite et délabrée. Heureusement, au centre des rues neuves, existoit une autre église (celle des anciens Augustins) plus spacieuse, élégante, et bâtie seulement depuis 63 ans, mais aliénée et transformée par le malheur des temps en magasin et en moulin à ciment.</p>
<p><a href="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/04/liege_eglise_st_sacrement.jpg" title="Liège, église St-Sacrement (anc. Augustins)"><img src="http://liegecitations.wordpress.com/files/2008/04/liege_eglise_st_sacrement.thumbnail.jpg" alt="Liège, église St-Sacrement (anc. Augustins)" /></a><br />
Cette église étoit à vendre depuis quelque temps. La fabrique de Ste Véronique, quoique pauvre, n&#8217;a pas cru devoir négliger cette occasion ; les propriétaires de l&#8217;église des Augustins ont fait une promesse de vente en sa faveur, à un prix modéré. Des subsides ont été sollicités, et ils seront accordés; mais il faut que, de son côté, la fabrique fournisse un quart de la dépense (25,000). Privée de toute ressource, elle s&#8217;est vue obligée de recourir à la piété des fidèles et d&#8217;ouvrir une souscription. Nous sommes persuadés que cet appel sera entendu, et que le conseil de fabrique de Ste Véronique n&#8217;aura pas compté en vain sur la généreuse charité du peuple liégeois.&#8221;</p>
<p><sub><br />
Journal historique et littéraire, Tome IX, Liège, 1842<br />
</sub></p>
<p align="right"> <sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/patrimoine-religieux-de-liege/"> Autres billets sur le patrimoine religieux de Liège </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/description_liege/"> Description de Liège</a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle</a><br />
</sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Liège n'a encore rien fait pour l'archéologie]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/23/liege_archeologie_19e/</link>
<pubDate>Fri, 22 Feb 2008 22:04:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/23/liege_archeologie_19e/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Liége n&#8217;a rien fait du tout. La ville de Liége, patrie de Notger, d&#8217;Hemricourt,]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>&#8220;Liége n&#8217;a rien fait du tout. La ville de Liége, patrie de Notger, d&#8217;Hemricourt, de Grétry, de Lairesse, de René Sluse et tant d&#8217;autres, séjour des Arts, terre des Lettres, Athènes de la Belgique, la ville de Liége n&#8217;a rien fait du tout [dans le domaine de l'archéologie].</p>
<p>Mais il faut le dire ; la cité liégeoise a eu tant à faire, elle a tant fait ailleurs, qu&#8217;on peut bien lui pardonner quelque chose ici. Vous savez comme moi, mes lecteurs, tout ce qu&#8217;elle a fait. Elle a eu à tuer un parti puissant,  à renverser un vieux ministère, à pousser ses hommes ferme et haut, à introduire la lumière non-seulement au sein du pouvoir, mais dans l&#8217;humide labyrinthe de ses vieilles rues, étroites et ténébreuses. Elle a eu encore à créer un jardin botanique, des serres superbes, un vaste et bel athénée, un musée de tableaux, des quais, des ponts, des aqueducs, une société libérale, un bourgmestre libéral et des pompiers libéraux. Elle a de plus à surveiller la restauration de l&#8217;immense palais de ses anciens princes, comme aussi l&#8217;érection d&#8217;une prison monumentale où personne, en vérité, n&#8217;aura trop de répugnance à entrer à un titre quelconque. Elle a même à changer son fleuve, à le rejeter bien loin, à le précipiter, fier et aventureux, dans des voies nouvelles, incertaines, inconnues. Liége aime assez l&#8217;inconnu. Aussi parfois commence-t-elle un peu sans savoir, pour avoir apparemment le plaisir de recommencer. Voilà certes beaucoup de grandes choses que je viens d&#8217;énumérer. C&#8217;est que Liége, en effet, comme la plupart des cités anciennes aspirant aux splendeurs de l&#8217;époque moderne, avait presque à se refaire des pieds à la tête. Eh bien! tout cela s&#8217;est fait, se fait ou se fera; et je dois le dire, tout cela ne se fait pas trop mal&#8230; à la cinquième ou à la sixième fois.</p>
<p>Le musée archéologique, communal ou provincial, ne se fera pas moins bien [..]<br />
Mais j&#8217;en jure par le grand Saint-Lambert, patron de la cité, j&#8217;en jure par les doctes ombres de Méan, de Louvrex, de Bertholet, de Jean Varin et de Gilles d&#8217;Orval, Liége n&#8217;est pas femme à souffrir plus longtemps que le vœu d&#8217;un Institut Archéologique ait été formé dans son sein, et que ce soit précisément ce même sein qui demeure jusqu&#8217;à présent stérile. Non, non; cela ne peut durer. Liége fera tard, mais bien. &#8220;</p>
<p><sub><br />
Annales de la Société archéologique de Namur, Société archéologique de Namur, 1849<br />
</sub></p>
<p align="right"> <sub><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/2008/03/08/institut_archeologique_a_liege/"> Lire aussi: Création de l&#8217;institut archéologique</a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/description_liege/"> Autres billets sur la description de Liège </a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/sciences_technique_liege/"> Sciences et techniques à Liège</a><br />
<a href="http://liegecitations.wordpress.com/liege_19_xix_siecle/"> Liège au 19ème siècle </a> </sub></p>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[PROUST : LA LANGUE DE L'ECRIVAIN COMME LE SON DU VIOLONISTE]]></title>
<link>http://calisto235.wordpress.com/2008/02/15/proust-la-langue-de-lecrivain-comme-le-son-du-violoniste/</link>
<pubDate>Fri, 15 Feb 2008 08:44:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>calisto235</dc:creator>
<guid>http://calisto235.wordpress.com/2008/02/15/proust-la-langue-de-lecrivain-comme-le-son-du-violoniste/</guid>
<description><![CDATA[ 



Marcel Proust, Lettre à Madame Émile Straus, 1908
MADAME ÉMILE STRAUS
Vendredi.
[Vers janvi]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><!-- beginn #posts --> </p>
<div><!-- beginn .post --></p>
<div lang="fr-FR" class="post "><!-- google_ad_section_start --><a href="http://calisto-235.blog.fr/2008/02/15/proust_la_langue_de_l_ecrivain_comme_le_~3730349" title="LA LANGUE DE L'ECRIVAIN comme le son du violoniste "></p>
<h2 class="post-title"><img vspace="5" src="http://data3.blog.de/media/960/2345960_4f5cb26afc_m.jpg" hspace="5" alt="Proust" /><br />
<font color="#996600">Marcel Proust, Lettre à Madame Émile Straus, 1908<br />
MADAME ÉMILE STRAUS<br />
Vendredi.<br />
[Vers janvier 1908]<br />
</font><br />
<font size="2" color="#996600" face="tahoma,arial,helvetica,sans-serif"><strong>Madame</strong></font></h2>
<p></a></p>
<div class="post-body"><font size="2" color="#996600" face="tahoma,arial,helvetica,sans-serif"><strong>Je vous remercie infiniment de votre lettre si ravissante, si drôle, si gentille&#8230; Les seules personnes qui défendent la langue française (comme l&#8217;Armée pendant J&#8217;Affaire Dreyfus) ce sont celles qui « l&#8217;attaquent ». Cette idée qu&#8217;il y a une langue française, existant en dehors des écrivains et qu&#8217;on protège, est inouïe. Chaque écrivain est obligé de se faire sa langue, comme chaque violoniste est obligé de se faire son « son ». Et entre le son de tel violoniste médiocre, et le son (pour la même note) de Thibaut, il y a un infiniment petit, qui est un monde ! Je ne veux pas dire que j&#8217;aime les écrivains originaux qui écrivent mal. Je préfère - et c&#8217;est peut-être une faiblesse - ceux qui écrivent bien. Mais ils ne commencent à écrire bien qu&#8217;à condition d&#8217;être originaux, de faire eux-mêmes leur langue. La correction, la perfection du style existe, mais au delà de l&#8217;originalité après avoir traversé les faits, non en deçà. La correction en deçà « émotion discrète » « bonhomie souriante » « année abominable entre toutes » cela n&#8217;existe pas. La seule manière de défendre la langue, c&#8217;est de l&#8217;attaquer, mais oui, madame Straus ! Parce que son unité n&#8217;est faite que de contraires neutralisés, d&#8217;une immobilité apparente qui cache une vie vertigineuse et perpétuelle. Car on ne « tient », on ne fait bonne figure, auprès des écrivains d&#8217;autrefois qu&#8217;à condition d&#8217;avoir cherché à écrire tout autrement. Et quand on veut défendre la langue française, en réalité on écrit tout le contraire du français classique. Exemple : les révolutionnaires Rousseau, Hugo, Flaubert, Maeterlinck « tiennent » à côté de Bossuet. Les néoclassiques du dix-huitième et commencement du dix-neuvième siècle, et la « bonhomie souriante » et 1&#8242; « émotion discrète » de toutes les époques, jurent avec les maîtres. Hélas les plus beaux vers de Racine<br />
Je t&#8217;aimais inconstant, qu&#8217;eussé-je fait fidèle!»<br />
Pourquoi l&#8217;assassiner? Qu&#8217;a-t-il fait? A quel titre? Qui te l&#8217;a dit?<br />
n&#8217;auraient jamais passé, même de nos jours dans une revue&#8230; Note, en marge, pour la « Défense et l&#8217;illustration de la. langue française. » « Je comprends votre pensée; vous voulez dire je t&#8217;aimais inconstant, qu&#8217;est-ce que cela aurait été si tu avais été fidèle. Mais c&#8217;est mal exprimé. Cela peut signifier aussi bien que c&#8217;est vous qui auriez été fidèle. Préposé à la défense et illustration de la langue française je ne puis laisser passer cela. »<br />
Hélas, madame Straus, il n&#8217;y a pas de certitudes, même grammaticales. Et n&#8217;est-ce pas plus heureux? Parce qu&#8217;ainsi une forme grammaticale elle-même peut être belle, puisque ne peut être beau que ce qui peut porter la marque de notre choix, de notre goût, de notre incertitude, de notre désir, et de notre faiblesse. Madame, quelle sombre folie de me mettre à vous écrire grammaire et littérature! Et je suis si malade ! Au nom du ciel pas un mot de tout ceci. Au nom du ciel&#8230; auquel nous ne croyons hélas ni l&#8217;un ni l&#8217;autre.<br />
</strong></font><br />
<font size="3" color="#cc6600" face="book antiqua,palatino"><strong><em>Retrouvez<br />
</em></strong></font><img vspace="5" src="http://data3.blog.de/media/703/2096703_597eb5a273_t.jpg" hspace="5" alt="LogoNumérisé" /><br />
<a href="http://www.calisto-235.com/"><font color="#2c73b9">http://www.calisto-235.com</font></a></div>
</div>
</div>
</div>]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Liége n'est plus cité belliqueuse et turbulente ]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/14/liege_cite_belliqueuse_turbulente_descrpition_xix/</link>
<pubDate>Thu, 14 Feb 2008 08:50:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
<guid>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/14/liege_cite_belliqueuse_turbulente_descrpition_xix/</guid>
<description><![CDATA[« Liége n&#8217;est plus la cité belliqueuse et turbulente qui tint tête aux plus puissants prin]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>« Liége n&#8217;est plus la cité belliqueuse et turbulente qui tint tête aux plus puissants princes ; c&#8217;est aujourd&#8217;hui une ville  commerciale, où le seul mouvement qu&#8217;on remarque est celui  des affaires.Est-ce encore, comme le prétendait un ancien proverbe, « l&#8217;enfer des femmes et le paradis des prêtres? » Quant au premier point, il est difficile de rien affirmer ; mais le clergé y est très-nombreux et très-respecté ; quoiqu&#8217;une partie des églises de Liége ait disparu, et notamment  son antique cathédrale bâtie au xie siècle, il en reste  assez pour témoigner en faveur de la dévotion de ses habitants.<br />
Liége possède encore dix-huit églises plus ou moins considérables. »</p>
<p><sub><br />
Les bords du Rhin, Frédéric Bernard, 1854<br />
</sub></p>
<p align="right"> <sub><br />
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<title><![CDATA[Liège a encore assez de tourelles, assez de façades à pignons volutés. ]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/07/liege_victor_hugo_clochers_facades_tourelles/</link>
<pubDate>Thu, 07 Feb 2008 10:19:10 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
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<description><![CDATA[« Du reste, il faut pourtant le dire, Liége, gracieusement éparse sur la croupe verte de la monta]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>« Du reste, il faut pourtant le dire, Liége, gracieusement éparse sur la croupe verte de la montagne de Sainte-Walburge, divisée par la Meuse en haute et basse ville, coupée par treize ponts dont quelques- uns ont une figure architecturale, entourée à perte de vue d&#8217;arbres, de collines et de prairies, a encore assez de tourelles, assez de façades à pignons volutés ou taillés , assez de clochers romans, assez de portes-donjons comme celles de Saint-Martin et d&#8217;Amercœur, pour émerveiller le poëte et l&#8217;antiquaire même le plus hérissé devant les manufactures, les mécaniques et les usines. »</p>
<p><sub>Le Rhin: lettres à un ami, Victor Hugo, 1842</sub></p>
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<title><![CDATA[La fabrication des aiguilles à Liége (1841)]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/05/fabrication_des_aiguilles_liege/</link>
<pubDate>Mon, 04 Feb 2008 23:33:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
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<description><![CDATA[« C&#8217;est en 1837 que M. J.-J. Bauduin,de Liége, a entrepris d&#8217;introduire en Belgique la]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p>« C&#8217;est en 1837 que M. J.-J. Bauduin,de Liége, a entrepris d&#8217;introduire en Belgique la fabrication des aiguilles. Il avait tout à faire; la tâche était d&#8217;autant plus rude, en outre, que la législation douanière ne frappe que de très-faibles droits l&#8217;entrée des aiguilles, et M. Bauduin a réussi. Quatre ans lui ont  suffi pour porter sa fabrication au point où nous la montre l&#8217;Exposition; il en est arrivé à pouvoir fournir un millier d&#8217;aiguilles pour 1 fr. 80 cent., et il fabrique les pointes pour filatures de lin aussi bien et à meilleur marché que les Anglais.</p>
<p>Si pour les qualités supérieures il reste encore à M. Bauduin quelques progrès à faire, avant peu il atteindra la perfection des aiguilles anglaises, il est dans une trop bonne voie pour qu&#8217;on puisse en douter. Ce qui prouve enfin combien ont été rapides les progrès de cet industriel et combien il mérite d&#8217;être encouragé, c&#8217;est qu&#8217;il paraît que déjà il exporte la majeure partie de ce qu&#8217;il fabrique.»</p>
<p><sub>Revue de l&#8217;Exposition des produits de l&#8217;industrie nationale en 1841, Édouard Perrot</sub></p>
<p align="right">
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<title><![CDATA[Liège - les inondations de 1862]]></title>
<link>http://liegecitations.wordpress.com/2008/02/01/liege-les-inondations-de-1862/</link>
<pubDate>Thu, 31 Jan 2008 23:01:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>liegecitations</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8221; Dans la journée du
1er février, les eaux de la rivière, qui avaient déjà atteint une gr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><p><a href="http://liegecitations.wordpress.com/files/2007/08/liege_inondations_1926_b.jpg" title="liege_inondations_1926_b.jpg"><img src="http://liegecitations.wordpress.com/files/2007/08/liege_inondations_1926_b.thumbnail.jpg" alt="liege_inondations_1926_b.jpg" /></a>&#8221; Dans la journée du<br />
1er février, les eaux de la rivière, qui avaient déjà atteint une grande hauteur, se sont encore élevées de quelques pieds. On ne se rappelle pas avoir vu une crue aussi rapide.<br />
Il paraît que cette grande masse d&#8217;eau est venue en partie de la France, et principalement des montagnes des Vosges, dont les sommets étaient couverts de neiges abondantes, qui se sont rapidement fondues sous l&#8217;influence des grandes pluies et de la température de ces derniers jours. Toute la vallée de la Meuse, depuis Dînant jusqu&#8217;à Maastricht, est complètement inondée. Elle présente le spectacle d&#8217;une immense nappe d&#8217;eau qui s&#8217;étend jusqu&#8217;au pied des montagnes. Un grand nombre d&#8217;habitations ont été envahies, des campagnes ravagées, des bestiaux noyés.&#8221;</p>
<p><sub>Le Journal de la Meuse, 2 février 1862<br />
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